Les Proies
Note moyenne
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115 critiques spectateurs

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Fifou7
Fifou7

2 abonnés 87 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 juillet 2021
Bien meilleur que la version Kidman /Farell /Dunst , qui est trop fade. Dans cette version, les personnages sont plus crédibles par rapport à la guerre en cours..(moins maquillés, moins bien habillé, présence d'une esclave...), et les personnages ont tous une part sombre qui se révèle au fur et à mesure de l'histoire.
Roub E.

1 306 abonnés 5 373 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 janvier 2019
Un film unique et inclassable. Les proies est un quasi huis clos avec Clint Eastwood alors au sommet de sa carrière d’acteur qui joue un soldat nordiste blessé qui va se réfugier dans un collège de jeunes filles sudistes. Le film est vraiment tout en nuances et extrême en même temps, tous les personnages sont tour à tour victimes et bourreaux. Le pensionnat est décrit comme une institution qui a toutes les peines à réfréner les pulsions sexuelles de ses pensionnaires et de cette frustration découlera des réactions encore plus excessives. Je m’attendais à un film beaucoup plus violent mais la violence est surtout psychologique avec une forme de cruauté non réfléchie.
Claude DL
Claude DL

122 abonnés 1 914 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 19 janvier 2019
Le principal défaut de ce film est dans son positionnement : annoncé comme drame, je trouve qu’on est surtout proche du film d’horreur. Les amateurs de films d’horreur adoreront. Pour ma part...J’ai lu du reste que les producteurs ont eu un mal fou à accepter le dénouement et que ce film a eu peu d’audience à sa sortie. Autrement, l’ambiance très particulière d’une pension de jeunes filles est parfaitement rendue, et Clint Eastwood remplit, comme toujours, parfaitement sa mission. Mais je ne suis pas fan.
jus d'citron
jus d'citron

10 abonnés 39 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 août 2018
The Beguiled, Les Proies en français, raconte l’histoire d’un soldat du Nord blessé dans le Sud durant la guerre de Sécession retrouvé puis ramené dans une école de filles. Si les occupantes décident immédiatement de le livrer le plus tôt possible aux soldats sudistes, le charme du beau Clint ne les laisse pas indifférentes et elles vont petit à petit renoncer à toute idée de se séparer de lui. Commence alors une autre guerre, dans cette école de filles, pour s’emparer du beau soldat. La réalisation de Don Siegel est tantôt très efficace (la scène de combat et les diverses ruses actions rebondissements du film très bien menées, quelques finesses de montage dans les transitions qui donnent bcp de densité au film) tantôt très lyrique (nombre de gros plans, flash-back, voix off, jeux de lumière expressionnistes, beauté picturale des cadres et des décors, et même des scènes de pures fantasmes mises à l’écran pour toujours mieux dévoiler les sentiments des personnages), ce qui nous donne l’impression d’être entre un Bergman et un film d’action. Très bien écrit et remarquablement interprété (Clint est loin d’être le seul à briller à l’écran), le film tape dans le mille avec sa puissance compacte sans aucun temps mort et son approche baroque des sentiments et de la sexualité.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 5 novembre 2018
L'introduction historique composé d'archive est bien fait, une ambiance inquiétante et étouffante, la musique donne le ton, ce style de cinéma est atypique. Une étrange histoire pour des personnages compliqués, des idées fortes intelligentes, la déviance de la nature de l'homme et de la femme, pendant la guerre de sécession. Une scène choc invraisemblable, la fin me laisse perplexe, beaucoup de question sur la provocation irrémédiable de la fatalité, Clint Eastwood est un acteur aussi surprenant pour un rôle singulier et dans des situations cocasses.
Stephenballade

455 abonnés 1 241 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 30 janvier 2018
La première adaptation du roman éponyme de Thomas Cullinan a le mérite d’avoir été remis au goût du jour par le remake de Sofia Coppola en 2017. Sinon il est très probable que je serai passé à côté. En effet, cette production aujourd’hui endormie ne compte pas parmi les films majeurs de Clint Eastwood, principalement à cause de l’échec commercial amené par une très mauvaise promotion. Pourtant, c’est un film pas si mal que ça : le générique de début nous plante le contexte avec une efficacité redoutable, en faisant entrer le spectateur dans le contexte de la Guerre de Sécession par le bruit des pas cadencés, le sifflement d’un train, la musique, de vrais faux clichés photographiques d’archives, puis le déferlement des armes à feu et pièces d’artillerie. Puis vient ensuite la première maladresse, avec le secours un peu facile d’un soldat de l’Union par une jeune fille de tout juste 12 ans. Au moins, on ne peut pas dire que le scénario s’encombre d’entrée en matière des plus détaillées. Au contraire, on vient rapidement au fait et on a vite fait de deviner qui sont les proies. Et le développement de l’intrigue va suivre cette voie-là, sans s’attarder plus que ça sur l’évolution des blessures du soldat, ni sur la naissance des sentiments. Allons, allons, il n’y a guère d’opération de séduction avant que toutes ces femmes jeunes et moins jeunes ne tombent à genoux devant leur Apollon. Par je ne sais quel miracle, elles tombent toutes raides dingues de ce soldat. L'opération du Saint-Esprit sans doute... En revanche, et c'est assez paradoxal, la psychologie des personnages est bien travaillée, illustrée notamment par des flashbacks. Honneur a été donné à la dimension psychologique (devrais-je dire « l’emprise » pour être plus précis et mieux me faire comprendre) dans un pensionnat de jeunes filles sudiste dans lequel on enseigne bon nombre de choses, dont les codes de bonne conduite. L’avantage est que cette approche donne du liant au développement de l’histoire, en personnifiant l’objet de désir irrésistible, ce qui ne va pas manquer de perturber le bon fonctionnement de l’établissement, promu véritable vivier de proies faciles. Convoitises, désirs, rivalités vont peu à peu constituer le nouveau rythme de vie de ce havre de paix au féminin… au point de transformer ces femmes malgré elles en prédatrices ? En hébergeant un homme contrairement à leur éthique liée à leur appartenance politique, vont-elles finalement transformer leur invité impromptu en proie ? Vous trouverez la réponse en regardant ce film. Intéressant, mais il y a des choses qui auraient méritées d’être creusées, comme dit plus haut.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 17 décembre 2017
Clint Eastwood incarne un soldat yankee blessé qui trouve refuge dans un internat pour fille dans le Sud des Etats Unis. Riche de ses ambiguïtés, le film est terrifiant dans les passions contraires qu'il met en scène. L'amour rebondit contre la jalousie, le désir a un goût coupable, la faute cache un amour qui absout. Un drame psychologique à visages multiples déchirant. A voir.
Antoine D.
Antoine D.

47 abonnés 343 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 janvier 2019
Le générique de début est un mix de photos de la guerre de sécession. Le compositeur Lalo Shiftin rajoute dessus le son d'artillerie et de fusils.

Une jeune fille de 12 ans sauve un soldat Yankee de la mort. Clint Eastwood l'embrasse. On sait déjà comment va se dérouler le film quand ensuite elle l'emmène dans un camp d'instution de jeunes filles.

Au début le soldat est comparé à un "ventre bleu" et à un intrus.
Cependant, les jeunes filles commencent à défiler dans la chambre du blessé.

Le titre français (Les Proies) et le titre original (The Beguiled=le séducteur) explique déjà tout le synopsis du film. Mais le terme "beguile" en anglais à plusieurs significations: envoûter, ensorceler, enjôler, tromper, séduire et charmer.
On a l'impression que le mot à été créé spécialement pour Don Siegel.

La mise en scène ne montre pas un prisonnier mais plutôt des jeunes filles prisonnières d'une institution qui ne connaissent rien du monde.
La seule personne qui est réellement libre est celle qui ne devrait pas l'être car c'est une esclave noire. Don Siegel se moque ouvertement de l'Amérique de l'époque et c'est beau.

La mise en scène aborde le thème de la castration. Quand Clint Eastwood se fait amputer sa jambe, en réalité c'est son engin qu'on lui coupe, on lui enlève donc sa dignité et son attirance.
mx13
mx13

284 abonnés 1 963 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 août 2018
La nouvelle version du film de Sofia Coppola était meilleure, néanmoins l’ancienne version n’était pas ridicule. Ça a mal vieilli, mais l’intrigue est on ne peut plus intéressante. Clint Eastwood est bon. Je le déconseille aux moins de 10 ans. 3/5
Frédéric M.
Frédéric M.

239 abonnés 2 154 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 octobre 2017
Je découvre l'autre version après celle de Sofia Coppola. La trame demeure bien identique, mais le film creuse d'avantage les personnages principaux notamment grace à des flash backs. On cerne du coup beaucoup mieux les personnages, là ou le doute subsiste dans la nouvelle version. Rien à dire sur la réalisation et le jeu des acteurs, mais du coup on se demande le l'interet de la nouvelle version. Il ne reste plus qu' à lire le livre pour aller plus loin dans l'histoire.
gimliamideselfes

3 433 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 septembre 2017
J'ai mis pas mal de temps avant de voir ce film très réputé du très bon réalisateur Don Siegel, peut-être l'ai-je vu pour critiquer ensuite le remake de la fille Coppola, mais la méchanceté a du bon parce que c'était vraiment très bien.

Je pense que bien évidemment un réalisateur comme Norifumi Suzuki en aurait fait quelque chose d'un peu plus bandant, mais là Don Siegel livre un film qui s'éloigne du western pour se rapprocher du thriller intimiste où tout à coup un coq surgit dans un poulailler. Forcément on peut directement à un des sketchs du Decameron de Pasolini où un jeune homme devait contenter toutes les bonnes sœurs d'un couvent et où épuisé il dit qu'un coq ne pourrait se satisfaire de dix poules, mais que dix hommes ne sauraient satisfaire une femme.

Et ça ne manque pas, parce qu'elles sont toutes là à le regarder, à le dévorer du visage, à le vouloir pour elle, à être mauvaises entre elles, à faire des coups bas, à faire du chantage pour pouvoir se l'accaparer. Ces femmes ont des besoins mais elles n'osent pas l'assumer, lui a des besoins, semble l'assumer, mais il vient du nord, il est forcément le méchant, l'ennemi, c'est lui que l'on va blâmer... (bon et puis il joue sur plusieurs tableaux, mais qui n'en aurait pas fait autant ?

Et c'est cette tension qui nourrit le film, cette tension qui naît des regards lubriques de ces jeunes filles, du regard désapprobateur de la directrice du pensionnat et lui au milieu qui ne sait plus à quel sein se vouer.

Ces jeux ne restent bien entendu pas sans conséquences, la jalousie et la colère font faire des choses horribles dont on regrette les conséquences. Don Siegel filme ça sans jamais trop en montrer, sans jamais être lourd et il arrive à capter l'intensité de certaines scènes, notamment une assez sanglante, sans jamais être gratuit. Les personnages font naître un malaise, notamment la directrice qui semble avoir un lourd passé peu reluisant... Tout est fait dans la construction de l'histoire, dans la mise en scène, dans l'écriture des personnages pour que ce qui pourrait être le paradis de tout homme finisse petit à petit à se transformer en enfer à cause de la jalousie.

Bref, c'était vraiment bien, et j'aime vraiment les paysages et l'ambiance du Sud américain, avec ces arbres, cette architecture et ces plantations qui donnent indéniablement un cadre envoûtant au film...
Ricco92
Ricco92

284 abonnés 2 330 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 septembre 2017
Les succès d’Un shérif à New York et de Sierra torride permet au duo Don Siegel/Clint Eastwood de se lancer dans un film moins commercial mais qui constitue le meilleur des cinq que le premier réalisera et que le second interprétera (leur sixième collaboration, Un frisson dans la nuit, étant une réalisation d’Eastwood où Siegel ne fait qu’une brève apparition). En effet, Les Proies est un film d’une puissance dramatique rare où la tension sexuelle transpire à chaque plan. Effectivement, ce drame (le film étant plus à classer dans ce genre que dans celui du western) montre chaque personnage en proie à des pulsions sexuelles plus ou moins avouables spoiler: : McBurney essaie de séduire toutes les femmes qu’il croise et n’hésite pas à embrasser sur la bouche une fille de 12 ans pour se cacher des soldats sudistes, Martha a entretenu une relation incestueuse avec son frère, semble avoir des pulsions lesbiennes envers Edwina et rêve d’une scène de triolisme avec cette dernière et McBurney (séquence s’achevant sur une reproduction d’une Pieta, rendant le tout blasphématoire), les jeunes filles étant isolées de la gente masculine désirent toutes plus ou moins McBurney…

Ainsi, on découvre que les personnages vivent sur des mensonges spoiler: : les femmes du pensionnat veulent se présenter comme des modèles de vertu mais sont toutes mues par la sexualité, McBurney fait croire à chacune qu’ils les aiment et s’invente un passé altruiste en opposition avec la réalité montrée dans les flashbacks, Carol prétend que McBurney l’a forcée à avoir une relation sexuelle alors qu’elle a tout fait pour que celle-ci se déroule… Même le comportement des soldats sudistes semblent peu franc lorsqu’ils viennent prévenir de leur départ le pensionnat alors que ce dernier est dans leur camp. Finalement, la seule adulte étant assez franche (Amy l’est également assez mais cela est surement dû à son jeune âge) est Hallie qui n’hésite pas à faire comprendre à McBurney que la lutte contre l’esclavage n’est qu’un prétexte pour justifier la guerre de Sécession car, par son statut d’esclave, elle est victime de l’hypocrisie depuis sa naissance (l’esclavage allant à l’inverse des valeurs d’amour revendiquées par les religions)
.
Ce scénario d’une incroyable tension et dénonçant toute les formes d’hypocrisie est renforcée par la rigueur de la réalisation du bon artisan qu’est Don Siegel et par une interprétation est tout point parfaite (ce qui a permit aussi aux critiques et au public de commencer à se rendre compte que Clint Eastwood n’était peut-être pas qu’un tueur monolithique).
Ces aspects permettent ainsi de faire de ce film, sous des dehors de série B, un véritable chef-d’œuvre par la forme et par le fond hélas trop méconnu.
btravis1
btravis1

127 abonnés 529 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 septembre 2017
Souvent sous-estimé, Don Siegel a réalisé de très bons films dont 'les proies', qui est pour moi son plus abouti et celui que je revois toujours avec plaisir. C'est également l'un des meilleurs rôles de Clint Eastwood, qui dégage ici un charme certain et montre l'étendue de son talent. Un soldat yankee, qu'il interprète, est secouru et hébergé dans un pensionnat de jeunes filles, en plein territoire sudiste, pendant la guerre de sécession. Le casting du pensionnat est très bon, la tension permanente (les sudistes sont dans le coin) et l'atmosphère légèrement érotique qui s'installe autour du soldat blessé sont parfaitement rendues. Le réalisateur prend le temps de s'attacher aux personnages, l'utilisation de flash-backs pour illustrer les propos du soldat est ingénieuse et le final bien amené. Un grand film.
Le Loubar
Le Loubar

47 abonnés 147 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 août 2017
Bien que cette nouvelle collaboration entre Don Siegel et Clint Eastwood se déroule pendant la Guerre de Sécession, celle-ci ne sert que de toile de fond à un pur drame psychologique. Un soldat nordiste se retrouve gravement blessé lors d'un combat en forêt et est retrouvé agonisant par une petite fille qui va la conduire à son pensionnat pour le faire soigner. La situation devient alors très ambigüe car, en plus de se trouver en territoire sudiste, l'homme n'a pas vu de femme depuis des lustres et vice-versa.. Le film s'intéresse à la nature humaine, à ses tentations et pulsions et à ses mensonges. Tous les personnages du film sont d'une densité remarquable, chacun ayant ses objectifs au début mais finissant par tout gâcher à cause de ses péchés : spoiler: le caporal voulait juste guérir mais finit par désirer plusieurs femmes du pensionnat, la directrice voulait le livrer aux sudistes après sa guérison mais finit par s'attacher à lui, ... La fin du film, surprenante et dramatique, retourne le titre "Les proies" pour faire de ses jeunes femmes prétendument innocentes le prédateur de McB (la fausseté de cette innocence est très bien représentée par le plan où McB commence à avoir des nausées suite à son empoisonnement et où elles sont toutes le visage baissé, refusant d'affronter la réalité, mais aussi par la scène de son enterrement où les responsables de sa mort, la plus vieille comme la plus jeune, refusent d'assumer leur acte). Les femmes seraient donc des démons cachés, dissimulant leur violence (ordinairement attribuée aux hommes qui font la guerre) par des masques de beauté et d'innocence !
Le film brasse des thématiques assez sombres, notamment l'inceste et le viol, ce qui est plutôt osé. La performance de Clint Eastwood est vraiment remarquable, l'acteur délaissant son rôle habituel de héros mystérieux pour incarner ici un personnage a priori sympathique mais sombrant petit à petit dans le péché. Un film intense et angoissant qui porte un regard assez pessimiste sur la nature humaine !
Cinememories

584 abonnés 1 664 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 août 2017
Don Siegel est un passionné de western, jusqu’à réutiliser ses codes dans le genre policier. Et il fallait une grosse tête d’affiche qu’il trouve de nouveau en Clint Eastwood, afin d’apporter le charisme nécessaire pour la compréhension d’une œuvre étouffante. La fatalité de l’homme est à l’étude, d’où l’adaptation du roman de Thomas Cullinan qui s’inspire lui-même d’un récit grec. L’homme et plus encore la femme, peuvent se montrer fourbes, manipulateurs et violents. On y trouve autant de sentiments qui se révèlent être les réelles sources du conflit.

La guerre de Sécession part de l’esclavage, où le Nord tente de l’abolir et le Sud de le préserver. A l’image d’un conflit qui commence à s’éterniser, des troupes de chaque camp deviennent incontrôlables et dévient de leur devoir, fautes à des pulsions sexuelles qui se réveillent. On pourrait en dire autant des femmes, bien entendu. Et lorsque le caporal John McBurney (Clint Eastwood) de l’Union fait soudain irruption dans un pensionnat de femmes sudistes d’âges différents, la sournoiserie derrière les mots peuvent commencer à éclore. Ce stratagème est le reflet d’une infiltration en territoire ennemi, donc hostile. Nul besoin de se familiariser aux champs de batailles, où gicle le sang et la terreur pour comprendre que la guerre est également intérieure en soi.

Siegel propose alors une lecture audacieuse des vices liés à la sexualité. Les images montrées à l’écran attestent une forme de révolution, tout comme l’intrigue qui traite de l’humain, esclave de ses sentiments. Inceste, pédophilie, manage à trois, etc. Ces termes ont de quoi faire douter à l’époque. Et aujourd’hui encore, on se questionne sur cette histoire de consentement. Dans le récit, McBurney est un séducteur qui ose, ce qui sème ambiguïté et jalousie chez la horde qui l’accueille. A tour de rôle, il capte les faiblesses des filles et femmes qui, malgré les règles sociétales fixées, reconnaissent peu à peu un moment d’égarement. Mais la bêtise humaine retombe toujours sur son expéditeur, jusqu’à ce qu’ombre et poussière viennent hanter ces derniers jours.

C’est à ce moment que la controverse apparait. Victime d’une « castration symbolique », John passe instinctivement du rôle de prédateur à proie. La figure de la femme rebondit alors pour laisser l’image délicieusement perverse et affective derrière elle. On le sent à la vue d’un huis clos en position et d’un cadrage qui resserre l’étau sur le soldat, désarmé de tout part. Il y a tant de symbolisme qui font appel à la folie et la raison. D’un simple regard, d’un simple message d’amour, on se laisse manipuler à l’image de chaque protagoniste pour qui nous avons eu le temps de nous y acclimater et attacher. On ne peut en vouloir aux personnages d’éprouver des sentiments, mais lorsque les choses se compliquent, on ne peut plus adhérer à cette cruelle mascarade qui dépeint la brutalité et la faille de l’Homme…

« Les Proies » de Don Siegel est un thriller psychologique particulièrement vicieux et sensuel. Il porte en partie la carrière d’Eastwood et met en avant ce que l’envie engendre, si l’on s’approche trop de la flamme. L’acteur signe là son premier rôle antipathique qui vaut le détour. S’il fallait résumer le tout en un mot, « possession » serait adapté. Que ce soit le cœur d’un homme ou d’une femme, ils convergent tous vers le même désir. Ce même désir peut tourner à l’obsession, l’obsession à la jalousie, la jalousie à la haine et la haine mène à la « souffrance ».
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