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Charles R
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4,5
Publiée le 4 juillet 2020
Un petit conseil formulé d’emblée : si vous recherchez un film de divertissement propre à saluer le déconfinement, n’allez surtout pas voir Benni qui est l’un des films les plus éprouvants que l’on puisse imaginer. Mais si vous avez une armure d’acier qui vous protège des empathies cinématographiques, n’hésitez pas : ce film est tout bonnement admirable. Bernadette, surnommée Benni, est une petite fille de neuf ans, une jolie blondinette qui sait avoir un sourire d’ange. Mais son esprit est atrocement perturbé, au point qu’elle ne peut supporter qu’on lui touche le visage, ce qui déclenche alors des crises qui se traduisent par des cris interminables et une attitude d’une violence extrême. Délaissée par une mère totalement incapable de se prendre en charge elle-même et d’assumer son rôle de mère, Benni est ballottée de services sociaux en familles d’accueil et se voit refuser l’accès aux innombrables foyers sollicités, tant sa conduite s’avère ingérable. Seul un éducateur s’occupera pleinement d’elle, mais à ses risques et périls surtout lorsqu’il l’introduit dans son propre foyer. Le propos de la réalisatrice Nora Fingscheidt est clair : comment un être fragile – en l’occurrence un enfant – peut-il s’intégrer dans une société qui n’est pas faite pour lui ? Comment la société des êtres « normaux » peut-elle prendre en charge une personne à l’esprit malade et qui peut constituer un véritable danger physique et moral pour son entourage ? La réponse la plus appropriée serait l’amour, cet amour qui lui fait tant défaut dans sa famille comme dans ses relations avec les autres enfants. Mais Nora Fingscheidt se garde bien d’apporter des solutions angéliques à ce problème : aussi le film s’achèvera sur un énième point d’interrogation. Saluons en tout cas l’extrême virtuosité avec laquelle la cinéaste sait nous introduire au cœur de la maladie mentale. Et l’on ne pourra que faire le rapprochement avec l’inoubliable Mommy de Xavier Dolan. Oh, il est des scènes pénibles à voir et à entendre : lors des crises de l’enfant, l’écran se couvre de motifs abstraits et vivement colorés défilant selon un montage radical et la musique se fait agressive au possible. Ainsi tout voyeurisme est évité : c’est au spectateur de vivre le temps d’une crise la douleur paroxystique qu’éprouve la petite Benni. Il fallait une jeune actrice hors du commun : la cinéaste l’a rencontrée en la personne d’Helena Zengel, une petite rebelle hyperactive qui a trouvé dans son rôle un moyen de donner libre cours à son incroyable énergie. Ajoutons un casting remarquable dont se détachent Albrecht Schuch, admirable d’humanité dans son rôle d’éducateur, et Gabriela Maria Schmeide, qui incarne avec une belle humilité la directrice du centre social. Sans aucune démagogie et sans la moindre compassion larmoyante, le film se présente ainsi comme un hommage aux travailleurs sociaux et en particulier aux éducateurs qui exercent leur mission avec un dévouement exemplaire et dont l’action est trop souvent méconnue, voire tenue pour négligeable par les pouvoirs publics.
Ce film pose le délicat problème de l'agressivité hors norme parfois liée à la schizophrénie qui , parmi d'autres psychoses, rend les enfants non scolarisables.. C'est une de ces filles là que nous suivons dans une histoire tour à tour bouleversante, poignante et touchante.;Pourtant cette histoire à multiples rebondissements ne connait pas de fin rationnelle ce qui donne une oeuvre qui ne se termine pas vraiment.La jeune actrice Hélène Zengel y fait une interprétation remarquable et prometteuse de prix et d'avenir ce qui rattrape un peu les maladresses du scénario.
Extraordinaire film que ce "Benni" au niveau de l'émotion qu'il dégage. Il n'est pas sans rappeler "Mommy" ou "La tête haute". Benni, jeune fille de 9 ans 3/4, est en proie à des accès de violence incontrôlables jusqu'au jour où elle va tomber sur Micha, un éducateur qui va essayer de la canaliser. Helena Zengel est impressionnante, notamment lors de ses crises, mais elle dégage une tendresse et un franc-parler attendrissants. C'est un film très éprouvant à regarder, la réalisatrice n'hésitant pas à dénoncer le manque de moyens des services sociaux. Au risque de me répéter, la prestation d'Helena Zengel est tout simplement époustouflante et glace le sang. Formidable film!
« Benni » de Nora Fingscheidt est un film vraiment poignant qui témoigne de la difficulté de la prise en charge au sein d’un foyer d’une petite fille de 9 ans, violente dans ses gestes et ses paroles par carence d’amour maternel car sa mère est incapable de transmettre l’amour qu’elle ressent pour elle et ne sait pas maitriser sa propre vie. Les rôles de l’Assistante Sociale et de l’Assistant de Vie Scolaire sont prodigieusement bien rendus avec toutes leurs difficultés, incertitudes et petites réussites. Quant à Benni interprétée par Helena Zengel, elle est d’une justesse incroyable. Un film allemand fort bien réalisé qui dure près de 2 h mais qui nous « capte » par son intensité ! Ce film a reçu l’Ours d’Or pour un premier film lors de la dernière Berlinale … c’est dire sa puissance. A voir absolument … sauf si vous détestez le « social » !
Benni a neuf ans, enfermée dans une violence qu'elle ne peut plus contenir elle est baladée de centres en familles d'accueil. Même si la mère ici a décidé de fuir ses responsabilités, ce film coup de poing est un peu le pendant allemand de "Mommy" de Xavier Dolan, sans être cependant aussi essentiel, les deux œuvres se terminent d'ailleurs de manière similaire. Helena Zengel qui interprète le rôle titre est fabuleuse, une véritable actrice-née.
Encore un film fort que l'on doit à une jeune réalisatrice, Nora Fingscheidt, l'histoire d'un cas psychiatrique, d'une enfant que, malgré les efforts magnifiques des services sociaux qui l'ont prise en charge, rien ne semble pouvoir sauver. D'une enfant de neuf ans qui, dès qu'on la contrarie, ou si on lui donne un ordre, rentre dans des crises de rage où elle pourrait tuer, un autre enfant par exemple. A côté d'elle, l'héroïne de l'Exorcisme, c'est de la gnognotte. Déscolarisée, totalement désocialisée, elle est en demande d'amour. De celui de sa mère (Lisa Hagmeister), qui a encore la garde des des deux plus petits (et vu leurs réactions incontrôlables on se dit qu'ils sont engagés dans la même filière que Benni...). Mère paumée, sans travail, à la vie sentimentale erratique, qui refuse de reprendre chez elle cette petite qui lui fait peur.
Alors dans ses bons moments, la petite fille fait la chatte pour séduire ses éducateurs, leur demandant un amour que ce n'est pas leur rôle de donner. Et dans ces moments là, elle est si attendrissante qu'ils se laissent séduire, sortent de leur fonction, comme la très sensible madame Bafamé (Gabriela Maria Schmeide). Et puis, nouvelle crise, retour à l'hôpital psychiatrique pour des tests et la prescription de médicaments qu'elle recrache.
Ballottée de foyer d'accueil en foyer d'accueil, elle rencontre un accompagnant de vie scolaire, Michael (Albrecht Schuch) qui tente avec elle une expérience déjà faite avec des ados: l'emmener trois semaines, dans une cabane en pleine nature, sans électricité, sans télévision, s'occuper des arbres.... entre parenthèse, quand on sait qu'en France un professeur n'a pas le droit d'être seul avec une élève dans la salle de classe si la porte n'est pas grande ouverte.... on a du mal à imaginer ce genre d'expérience. Cela ne se passe pas trop mal, il y a même de beaux moments dans la nature, mais la petite s'attache à Michael,spoiler: il sera son papa, elle essaye de s'insinuer dans sa famille.... même Michael baisse les bras.
Terrible histoire, portée par Helena Zengel, une petite actrice hallucinante de vérité, dont on se demande dans quel état elle est sortie du tournage!
Systemsprenger reconduit le caractère explosif de son personnage principal par une mise en scène qui se plaît à dynamiter la fluidité d’une narration traditionnelle par une accélération brutale du rythme, permise par le montage et la réalisation caméra à l’épaule lancée à toute allure derrière une jeune fille en constant mouvement. Aussi l’instabilité émotionnelle et affective de Benni trouve-t-elle une traduction à l’écran par le geste, par l’image, par la musique, tous les droits conférant à l’ensemble des allures d’œuvre punk incontrôlable et ouverte aux hasards, heureux comme malheureux. Là se tient la qualité essentielle du long métrage de Nora Fingscheidt : sa propension à désamorcer les attentes d’un spectateur certain avant même le titre d’ouverture d’y trouver les habituels clichés du genre, liés à la représentation souvent doloriste et manichéenne de la marginalité. En lieu et place, un refus du discursif et du théorique pour mieux capter les aléas d’un corps couvert de coups mais recouvert de vêtements rose bonbon, apparemment inoffensif, et d’une psyché lancés dans le monde avec une force et violence quasi primales, primitives. Aussi la réalisatrice convertit-elle Benni en une énergie source de vie et de spontanéité qui greffe au récit et à la démarche artistique une authenticité formidable. Voilà donc une excellente surprise qui atteste, avec Undine (Christian Petzold, 2020) cette année, la vigueur du cinéma indépendant allemand.
Un film dense, à la fois bouleversant et particulièrement dur. Il y a plusieurs histoires dans l'histoire, plusieurs niveaux de lecture. Le film est très bien scénographié. Les émotions sont très bien retranscrites par les acteurs eux-mêmes, le choix des couleurs, des passages monochromes est fort. L'histoire ne laisse aucun répit aux spectateurs. Intense, violent, pointes drôles parfois. Certaines scènes sont particulièrement violentes. Ce film traite d'abandon, de recherche d'amour, de reconnaissance. L'actrice qui joue le rôle de Benni tient de la performance. On plonge dans un univers brut, terrible, sans concessions. C'est un film qui fait réfléchir. On en sort bouleversé.
Vu en 2019 au REC festival à Tarragone. Actrice magnifique, on se demande d'où elle arrive à sortir toute cette rage, film très dur et tendu. Ne pas laisser passer !
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1,0
Publiée le 10 décembre 2020
Il y a une chose qui a ruiné ce film pour moi et c'est la scène d'environ 8 minutes. Les cauchemars et l'énurésie en réponse à un traumatisme sont réels il n'y a pas de problème. La scène se poursuit en montrant le rôle principal une enfant actrice de 11 ans se déshabillant jusqu'à ses sous-vêtements puis en la montrant nue de la tête aux pieds dans la douche. Je laisse le bénéfice du doute au réalisateur la scène n'était en aucun cas sexualisée mais cela ne veut pas dire qu'elle est acceptable. L'ajout de ces deux plans n'était pas nécessaire à l'intrigue et tous les détails mineurs comme montrer ses éraflures et ses bleus auraient pu être réalisés sans qu'elle soit nue. En fait cette scène a mis en évidence un problème qui entoure le film dans son ensemble. En raison de la nature graphique émotionnelle et brutale de ce film aucun enfant ne devrait le regarder. Ce n'est pas seulement de l'ironie c'est de l'hypocrisie. Les films sont faits pour gagner de l'argent et les réalisateurs peuvent facilement être tentés de repousser les limites pour voir leur vision se réaliser. Un enfant de 11 ans ne comprend pas ne peut pas comprendre et ne devrait pas avoir à comprendre l'obscurité que ce film affiche ou à assumer la responsabilité de mettre en lumière une question importante pour les adultes. Habituellement nous l'espérons nous trouverions étrange que des adultes regardent des images d'enfants nus ou presque nus mais pour une raison quelconque nous nous convainquons que c'est normal s'il y a un sens plus profond ou si c'est de l'art. L'art n'est pas une justification pour jouer avec et profiter de la vie d'un enfant. Que les enfants soient des enfants et vous vivrez bien mieux sans voir ce film sois disant artistique...
La protection de l'enfance ne se résume bien entendu pas à ce portrait Benni écorchée vive dont la problématique représente environ 2% des enfants pris en charge en France. Les carences affectives précoces ne provoquent pas non plus toutes de tels dégâts. Des parents en grande difficulté ne montrent pas tous une telle détresse. Mais, tout cela existe. Et c'est tout à l'honneur du cinéma de mettre en scène cette réalité qui permet de rendre un plus compréhensibles cette problématique. Il n'y a là ni caricature, ni exagération. Des enfants ayant ce type de comportement, il y en a dans les foyers et dans les ITEP (Institut Thérapeutique Éducatif et Pédagogique). Explosant d'une colère, d'une rage et d'une violence qui leur échappent, ils sont dans le même temps très attachants, n'attendant qu'une chose, c'est d'être aimés. Il faut beaucoup de bienveillance, de patience et de contrôle de soi de la part des travailleurs sociaux, pour réussir à les accompagner. Ce que le film montre avec authenticité. Permettra-t-il de faire comprendre qu'il ne suffit pas "d'une bonne claque" pour remettre les choses en place, mais d’énormément de temps et d'énergie pour cheminer. Beaucoup d'enfants s'en sortent et intègrent la société. Mais pour y arriver, il faut donner aux services sociaux des moyens pour encadrer une telle population. Cela coûte cher ? Infiniment moins que les dégâts causés à l'âge adulte si on ne fait rien ou trop mal. Les personnages de ce film sont criants de vérité. Helena Zengel (Benni) est littéralement stupéfiante : comment cette petite fille réussit-elle à retransmettre ce que vivent et font vivre ces enfants ? C'est vraiment bluffant. L'assistante sociale qui se heurte à des refus d'accueil, avant de s'effondrer, est représentative des référents ASE qui suivent pendant des années les enfants qui leur sont confiés tout en se heurtant à un manque de places d'accueil. Micha, l'AVS, sans formation, mais réagissant avec ses tripes est aussi tout à fait crédible. Il y en beaucoup de cet acabit. Au final, un film qui rend compte d'une réalité qui, pour être exceptionnelle, n'en est pas moins présente et à laquelle les familles et les professionnels font au mieux et surtout ce qu'ils peuvent.
L'histoire d'une enfant violente, dangereuse pour elle -même et pour les autres, que sa mère aime mais ne peut assumer. C'est assez éprouvant, tant les crises de cette enfant font peur, et on éprouve cette appréhension jusqu'à la fin spoiler: (la fin est ouverte, la fillette se jette-t'elle dans le vide ou bien est-ce juste une sorte de rêve ?) Mais pendant la projection je n'ai pas pu me m'empêcher de me demander pourquoi il n'existe aucune structure pour accueillir de tels enfants, on est ici en Allemagne, mais je suppose que c'est la même chose en France. Quoi qu'il en soit il s'agit d'un film très attachant bien que parfois difficile à supporter.