Le Daim
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lhomme-grenouille

3 616 abonnés 3 170 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 juillet 2019
Et bim ! Je viens de me ramasser un nouveau film de Quentin Dupieux dans la face et voilà maintenant qu’arrive ce moment fatidique où je dois m’efforcer de poser des mots dessus. C’est jamais évident ce genre d’exercice et ça peut très vite basculer dans une forme de pathétisme, la vidéo de Durendal à ce sujet en étant une très belle illustration. Parce qu’en effet, il est quand même un peu frappé l’ami Dupieux et c’est vraiment chose difficile que d’avoir à commenter son travail. Certes, avec le temps – et parce qu’il commence à enchaîner les films – on finit par voir chez lui quelques schémas se dégager. Seulement voilà; c’est aussi parce qu'il a cette capacité à rompre avec les schémas – y compris les siens – que Quentin Dupieux parvient toujours plus ou moins à me séduire. En tout cas, pour ce « Daim », il parait assez évident que l’ami Quentin est davantage revenu à l'esprit de ses épisodes « américains ». Alors que le retour en France qu’incarnait « Au poste » avait fait dévier son cinéma vers un vaudeville plus maniéré et convenu, on sent ici qu’avec le « Daim » il entend clairement revenir aux origines. On retrouve ainsi davantage cet humour de l’image sans le verbe, ce comique construit sur le décalage. On renoue aussi avec ce jeu sur les codes du cinéma de genre et même avec cette photographie laiteuse qui faisait l’identité de ses productions californiennes. Du coup, forcément, avec ce « Daim » reviennent les problématiques des « Rubber » et autres « Wrong ». Et le problème de ces films, pour moi, ça pouvait se résumer en une question : « jusqu’où le délire peut-il tenir ? » Parce qu’aussi absurde se veut-il être, un film reste avant tout un cheminement. Et même s’il y a un vrai plaisir à voir un auteur jouer avec les codes du cinéma comme le ferait un sale gosse, le risque est de très vite tourner en rond et de lasser le spectateur (ce qui était pour moi le gros problème de « Rubber » et, en partie mais en moindre mesure, de « Wrong »). Mais dans le cas de ce « Daim », on sent quand même que Dupieux continue de mûrir son art (à moins que ce ne soit moi qui en ai mûri la vision), puisqu’ici, au-delà des contre-pieds et ruptures avec lesquels il s’amuse, le réalisateur trublion arrive à poser un fil conducteur auquel le spectateur peut se raccrocher. Pour ceux qui ont vu ce « Daim », je parle ici notamment de spoiler: la « deerification » de Georges : véritable métamorphose vestimentaire qui suit en fait la métamorphose du personnage et du film. On sait qu’une fois la mutation pleinement accomplie, on sera à un paroxysme filmique. Et c’est tout bête mais pour moi c’est le genre d’artifice dont j’ai besoin pour me mettre en phase avec la dynamique d’une œuvre. Ça me fait plaisir que l’ami Quentin se permette ce genre de concession afin d’offrir au spectateur une voie d’accès. De mon point de vue ça ne retire rien à son exigence, mais ça le fait sortir d’une volonté d’obscurantisme qu’on pourrait qualifier d’égotique et d’égoïste.
Et puis au-delà de ça, ce « Daim » fonctionne aussi d’autant mieux sur moi qu’à ce fil conducteur s’associe un vrai propos que j’ai trouvé très intéressant d’explorer. Alors certes, à mon sens on ne retrouve pas ici la puissance et la richesse de ce chef d’œuvre (sûrement indépassable) qu’est « Réalité », mais on va clairement au-delà de films comme « Rubber » ou « Wrong » en termes de profondeur et de construction. Car ce « Daim » se veut clairement une déclaration d’amour, voire une introspection, à la démarche auteuriste dont Dupieux se réclame. Difficile d’ailleurs de ne pas voir en ce personnage incarné par Jean Dujardin une sorte de transposition du personnage qu’incarne Dupieux en dehors des plateaux de tournage. Même barbe blanchie, même décalage vestimentaire, même verbe désabusé, décalé et souvent abrupt. Georges c’est lui et son cinéma. C’est cette œuvre qu’on construit quasiment à l’arrache, guidé par une sensation pas forcément construite ni noble, et qui nous mène parfois on ne sait où. Il y a un peu de folie là-dedans, une forme de masque et de mégalomanie, beaucoup de solitude. Mais au final tout cela peut se réduire en tout et pour tout à… spoiler: un daim. C’est-à-dire un animal pas très futé qui s’agite pas mal, avec beaucoup d’insouciance, avant de mourir bêtement, sans clairvoyance sur l’existence de la menace, mais surtout sans véritable considération de la part de celui qui l’a abattu.
Alors certes, tout cela est au fond assez méta et pas mal égocentrique, ce qui n’est pas forcément mon trip à la base, mais avec Dupieux ça passe carrément. Ça passe d’abord parce que Dupieux fait l’effort de transformer son introspection en véritable objet filmique intrigant et amusant, contrairement à d’autres qui font beaucoup moins d’efforts quand il s’agit de s’autopomper la nouille (kof kof « Amour et gloire » kof kof). C’est court. C’est dense. C’est direct. Et surtout, ce film, il transpire le cinéma de partout. Cette introduction décalée, mais en même temps sèche et brute, ça m’a tout de suite fait penser à du Tarantino. Même chose pour les moments de spoiler: slasher
qui m’ont rappelé la crudité et l’efficacité des récentes productions scandinaves. Et que dire de ce final, totalement absurde, mais qui vient faire référence de manière totalement décalée spoiler: au « Deer Hunter » de Michael Cimino. Or, pour le coup, ce genre de décalage, c’est clairement de l’humour Canal comme moi je l’aime !
Et au fond, c’est ça moi qui me fait aimer le cinéma de Quentien Dupieux. Au-delà de sa personne et de ses névroses qui imprègnent ses œuvres, il y a un véritable amour du cinéma qui se ressent dans chacun de ses plans, qui s’inscrit dans ses films, et qui se transmet ensuite aux spectateurs qui savent y être sensibles. Et donc moi, rien que pour ça, je ne peux qu’aimer ce mec, aimer son cinéma. Aimer « le daim »… Oui, je l’ai dit : je t’aime Quentin Dupieux. Mais bon après, tout ça ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
mat niro

462 abonnés 2 158 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 5 juillet 2019
Adoubé par les critiques, le dernier film de Quentin Dupieux m'a déçu comme je l'avais été pour le précédent "Au poste". Déjà, le format du film est trop court comme souvent avec le réalisateur (1h17), et Jean Dujardin, malgré quelques répliques bien senties, semble bridé dans son rôle. Et pourtant, j'adore cet humour décalé et tout ce côté absurde mais là, la facilité l'emporte. C'est dommage car Jean Dujardin dirigé par les "Grolandais" dans "I feel good" avait su trouver un rôle à contre emploi, plein d'autodérision Génialissime ou nullissime, la frontière est mince pour le spectateur.
pierre b
pierre b

4 abonnés 16 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 25 juin 2019
Très mauvais film ! Un scénario minimaliste ou l’on s’ennuie beaucoup.
Jean Dujardin compose un personnage matérialiste et égocentrique pas très inspiré.
Jean-claude G.
Jean-claude G.

15 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 25 juin 2019
Aurait fait un bon court-metrage .
40 mn a attendre qu'il se passe quelque chose et c"est déjà fini . Il est loin le temps où Dujardin se la pétait après the artist...
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 25 juin 2019
Comment résumer un film de Quentin Dupieux? Je pense que c'est impossible, le bonhomme arrive vraiment à imposé son style loufoque et déjanté, qu'on le reconnait immédiatement à chacun de ces films. Je ne vais donc pas vous expliquer ce qu'est le Daim mis à pat redire le synopsis "Georges et son manteau 100% Daim ont un projet" et après avoir lu ça et ayant pris connaissance que Georges et joué par Jean Dujardin on ne peut qu'avoir envie de voir ce film pour peu qu'on connait un peu les travaux de M.Dupieux.
Aprés nous avoir plongé dans une ambiance plus tournée comédie avec son film "Au poste", Quentin Dupieux nous plonge dans une sorte de slasher/comédie/drame avec "Le daim", et ça marche du Tonnerre, notamment grâce a la prestance de Jean Dujardin dans le rôle de Georges, car on ne vas pas se voiler la face, ce dernier porte le film de lui-même avec Adéle Haenel.
Le daim est un bon film de Dupieux mais il ne s'adresse pas à tout les publics et c'est ce qui fait son charme, il faut savoir entrer dans son univers et dans ce qu'il raconte, car c'est tellement singulier que c'est compréhensible que certaines personnes trouvent ça "à chier" ou "sans aucun sens". D'ailleurs c'est la principale qualité du Film son côté "particulier" et "loufoque" suivre georges accomplir son projet est un vrai road trip mental qui nous pousse de réflexions en réflexions.
La force de ce film réside donc dans le personnage de Georges et sa relation avec la "monteuse", on veut comprendre son délire et du coup on le suit pour ça, la conclusion est bonne mais arrive un peu comme "un cheveu sur la soupe". Ce n'est pas le meilleure Dupieux mais il reste tout de même un bon film singulier que vous ne trouverez pas identique à un autre et en plus c'est français!

Je vous conseille de voir son film juste pour ce qu'il est est car c'est une sorte d'OVNI cinématographique et surtout n'oubliez pas d'aller au cinéma !
Chris Marou
Chris Marou

9 abonnés 193 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 juin 2019
Que dire. on adhère ou pas. on se laisse prendre au jeu ou pas.
Si vous aimez des films déjantés courez , sinon passez votre chemin.
c est l histoire d'un solitaire complétement dingue qui parle avec son blouson .il fallait oser et j 'aime ceux qui osent.
rogerwaters
rogerwaters

168 abonnés 1 089 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 juin 2019
Comme toujours avec Quentin Dupieux, le spectateur est convié à suivre une intrigue totalement absurde, avec des personnages décalés par rapport à la réalité. Au passage, le cinéaste réfléchit sur la matière filmique, sur la distinction entre fiction et réalité. Toutefois, par sa durée encore ramassée, le moyen-métrage n’a jamais le temps d’approfondir les pistes ouvertes. On a juste le temps de prendre conscience que l’on est une fois de plus en présence d’un OVNI. En tout cas, on apprécie beaucoup les dérapages sanguinaires du personnage, ainsi que son obsession pour les vêtements en daim. Dujardin est une fois de plus magistral, confirmant dans un registre absurde qui lui allait si bien dans le dernier Kervern-Delepine I Feel Good. Une œuvre intéressante, audacieuse, farouchement autre et donc motivante.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 25 juin 2019
C'est le premier film de dupieux que je vois j'accompagnais un pote qui est fan, et je comprend pourquoi !! je connaissais surtout monsieur oizo mais j'avais jamais capté qu'il faisait aussi du ciné, ce type est un ouf il a vraiment des idées tordus mais c'est hyper drôle et jouissif, surtout les scènes où le personnage parle avec son blouson c'est nimp on voit la bouche de dujardin qui parle, on voit vraiment que c'ets un taré à ce moment là le gars. bref super film je le conseille
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 25 juin 2019
Pour une fois, Dupieux tente le réalisme : rien n'est impossible ou absurde dans le Daim, tout pourrait arriver dans notre monde, et c'est bien ça qui rend le film terrifiant et fascinant. Sans être hilarant, le réalisateur distille un humour latent qui tranche avec les comédies potaches auxquelles on est habitué en France. A voir
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 25 juin 2019
Un navet, pas rythmée, pas drôle, une fin trop plate et les 3/4 sont partis avant la fin!
Dommage !
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 25 juin 2019
Film qui ne plaira sûrement pas à tout le monde. Très intéressant, évolutif, questionnant, on découvre un véritable potentiel si on se laisse porter..
Jean Pierre  F.
Jean Pierre F.

5 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 25 juin 2019
Mal filmé ; violent ; inutilement violent; sans queue ni tête, nul
Heureusement qu'il faisait bon dans la sale en période de canicule
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 24 juin 2019
Un film qui témoigne une époque révolue, sans téléphone portable, sans CB et sans blouson ! Ce film touche juste tous ceux qui ont approché un caméscope dans les années 90, l'absurde et les séries de B à Z. C'est un régal visuel ou l'on y retrouve tous les codes qui ont bercé l'éducation d'apprentis cinéphiles : rendu visuel rétronumérique, détails sonore qui crépitent et hémoglobine qui tache. Un réa qui transporte, des acteurs qui dégagent style de malade, un décor qui sent la naphtaline et un scénario qui nous plonge une atmosphère d'où l'on ne ressort pas totalement indemne. Alors ça dérange, ça perturbe, ça intrigue mais ça nous rappelle que le cinéma, c'est aussi - et surtout - CA, et ça fait du bien !
Steph N.
Steph N.

41 abonnés 88 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 25 juin 2019
J'aime les acteurs, j'aime les films humoristiques, j'aime les films qui prennent des risques, mais là, je n'ai pas accroché du tout...
Citrouilleman
Citrouilleman

88 abonnés 658 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 juin 2019
Un film inclassable, totalement irrationnel et délirant. Un petit film rapide et savoureux avec un excellent Jean Dujardin. A voir.
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