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CH1218
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4,0
Publiée le 4 décembre 2019
Avec ce film, Louis-Julien Petit met la lumière sur ces « Invisibles » femmes que l’on ne voit pas ou plutôt, que l’on ne veut pas voir, ainsi que sur celles qui ont choisi de les guider, ou plus exactement, de les éclairer. Bien que peu réaliste, cette chronique sociale tragi-comique est vraiment touchante et garnie de personnalités plus qu’attachantes. Bonne surprise.
Les invisibles est un film à l’échelle humaine, montrant des humains en bas de l’échelle sociale. Ceux qu’on évite, qu’on ne regarde pas, à la misère contagieuse. Difficile partant de là de ne pas faire dans le mélodrame. Pourtant le réalisateur Louis-Julien Petit est parvenu à équilibrer le tout avec des pointes d’humour, jouant principalement avec la simplicité des personnages et une pincée de tendresse. Ça semble parfaitement authentique, les situations, les travailleurs sociaux comme les sans-abris, tous ceux qui connaissent un peu ces milieux diront que ça sent le vécu. C’est loin d’être tout rose, mais il y a un parfum d’espoir dans ce film, c’est triste mais pas déprimant. Bravo à Audrey Lamy, Corinne Masiero, Noémie Lvovsky et Sarah Suco pour leurs prestation qui portent le film, et merci à ces dames pleines de gentillesses, jouant les SDF qui nous montre un joli visage de l’humanité. Bref, Les invisibles n’est pas le film de l’année, mais il est simple et sincère, c’est toujours agréable.
Comprendre les misères des français les plus pauvres, sans haine, sans politique, sans arrières pensées. Les faits rien que les faits. La puissance de ce film magnifique est de ne pas juger. Les fameux invisibles ne sont pas des parfaits ou des immondes. Des êtres humains tout simplement. Des gueules cassées par l'absence d'éducation, de parents, de chance…. Entre 2 souffrances, des lueurs d'espoir. Fragiles. Ne vous trompez pas. Ce film est d'abord joyeux, optimiste. Mais il ne fait aucune concession à la réalité. Mention spéciale à Audrey Lamy. Tout simplement stupéfiante et magnifique.
Audrey et Manu (Audrey Lamy et Corinne Masiero), des travailleuses sociales investies corps et âme dans leur mission, travaillent à l’Envol, une centre d’accueil de jour pour femmes à la rue. Leur équipe se complète de bénévoles dont Hélène (Noémie Lvovsky), un femme fantaisiste en instance de divorce et de salariées dont Angélique (Déborah Lukumunea).
Presque toutes les bénéficiaires du centre jouent leur propre rôle ce qui donne au film un aspect documentaire et très sincère. Leur journée : prendre une douche, laver le linger, déjeuner, trouver du répit et du réconfort.
Mais les autorités sociales reprochent à Manu et Audrey de trop chouchouter les femmes et de ne trouver pour elles aucune solution d’insertion, l’Envol risque d’être fermé. Dans le même temps, les femmes à la rue sont « délogées » du quartier où elles campent et invitées à rejoindre un centre de nuit situé à 50 km de l’Envol.
Manu et son équipe cherchent coûte que coûte des solutions pour aider ces femmes à retrouver une place dans la société.
Résumé ainsi, cela semble être un film social comme les autres, mais c’est tout autre chose. Filmé avec discrétion et sans ambition cinématographique d’ordre esthétique, « Les invisibles » est davantage un film à messages multiples.
La situation des femmes sans abri est décrite en quelques événements significatifs, vraiment saisissants : le délogement des femmes à 5h du matin par les CRS, les protections mises sur les divers lieux communaux qui pourraient être des aires de repos…
L’implication des travailleuses sociales qui mouillent vraiment leur chemise et portent les femmes à bras le corps est admirable.
Ce qui crève l’écran c’est la justesse du jeu des femmes. L’humour et la fantaisie sont bienvenus et salvateurs, tant l’insécurité et le manque d’espoir plombent leurs existence à reconstruire.
Des questions essentielles restent posées même si le scénariste esquisse des réponses : faut-il vraiment ne pas « chouchouter », « porter à bout de bras » des personnes en extrême difficulté ? Des lieux de répit et rassurants doivent-ils être supprimés s’ils ne sont pas rentables en terme d’insertion ? La logique comptable des technocrates du monde social est-elle compatible avec ce monde de vies brisées ?
le cliché de l'assistante sociale déprimée et dépassée. ça se regarde mais un peu caricatural. encore une fois un sujet hyper intéressant et sensible très axé sur le travail de l'ASS, malheureusement très orienté a la deprime a mon gout.
Du trio de tête d affiche, j ai été très agréablement surpris par Audrey Lamy que j avais déjà vu très bien dans d autres films mais qui m a semblé particulièrement remarquable dans ce film. Pour les deux autres, je le savais déjà.
Outre la force du sujet, d une manière générale il est superbement mis en images : qualité des acteurs, diversité des situations, justesse du scénario. J ai moins apprécié ce qui a trait à la fille adoptive (encore que j ai trouvé intéressante sa colère, mais je l ai trouvé trop outrée), la journée porte ouverte et le caractère trop caricatural (dans un but comique) de l évolution des pensionnaires.
Le film commence par les mesures anti-sdf (accoudoir au milieu des bancs pour empêcher de s allonger, il y a une belle série,). J ai trouvé cela intelligent car cela suggère qu il est possible de « choisir » un peu les endroits qu on leur laisse plus facilement accessible et les rendre moins visibles. Je rappelle à ce sujet le film « quand tu descendras du ciel » sur les arrêtés anti-mendicité du sud de la France de la fin des années 1990.
Un beau pavé dans la marre qui résonne fortement en pleine crise des Gilets jaunes. Un tableau assez brut et réaliste de notre société. Mais contrairement à d'autres films abordant le même sujet, je trouve que celui-ci fait la part belle à l'optimisme (malgré tout), même si certains aspects de l'histoire peuvent paraitre un peu décalés, voire candides. L'ensemble des comédiennes crée une belle synergie, qu'elles soient professionnelles ou pas, à la fois attachantes et crédibles. J'ai en particulier aimé les compositions d'Audrey Lamy et de Noémie Lvovsky, qui apportent entre autres leur drôlerie et leur sensibilité. Quant à Pablo Pauly, je trouve que son personnage n'est pas assez développé, bien qu'il permette de prendre quelques distances amusantes avec le fil narratif. Et ce comédien mérite de tourner davantage !
Un documentaire qui sort de l'ordinaire.... bien que l'actualité chaque hiver, passe par les difficultés énormes rencontrés par les personnes en difficulté de la vie, sans Job, souvent sans santé non plus pour au moins dormir, se laver, etc... Sans tomber dans le pathos, grâce à une Audrey Lamy géniale, et bien d'autres, j'aurais du mal à noter ce film comme je le fais habituellement. La qualité des images est toute relative, beaucoup de sautillements, le son n'est pas top non plus, par contre les vrais personnages hommes et femmes de l'ombre sont parfaits !! Ils ne jouent pas, ils sont eux-mêmes.... Belle solidarité humaine et féminine (il faut reconnaître) !! **
Ce film est un rappel à la réalité et un appel à l'altruisme. Les problèmes que rencontrent ces femmes sont montrés avec la dureté nécessaire. On retrouve Audrey Lamy et Corinne Masiero particulièrement touchées par ce sujet, de surcroît en découle un jeu d'acteur sensible et sincère. Bravo !
très beau moment d'émotion j'avais envie d'y aller rien qu'en voyant la bande-annonce et je n'ai pas été déçue bien au contraire. C'est juste ça sonne bien. C'est drôle mais pas caricatural non plus. un vraiment bon film français. ça fait du bien
un film bouleversant et drôle à la fois ! Une réelle bouffée d’oxygène, une remise en question et une exposition de la réalité de la société ! fan de ce film ��
En 2018, Louis-Julien Petit nous plonge dans l’univers d’un centre d’accueil pour femmes SDF. On suit leur quotidien tout en découvrant leur passé et leurs désirs. Ce film très humaniste et sincère, tel un documentaire, ne triche pas avec la détresse humaine. Aux côtés d’actrices non professionnelles qui jouent leur propre rôle, on retrouve les travailleurs sociaux qui les accompagnent et transgressent les règles administratives pour survivre (en particulier Audrey Lamy, Corinne Masiero, Noémie Lvovsky et Déborah Lukumuena). Bref, si l’on sourit souvent devant la spontanéité de toutes ces femmes, on ne peut qu’être abattu face à ce drame social.
Vitalité et humanité. Voilà ce que rétablit Les Invisibles. Voilà ce qui justifie le choix de la fiction pour traiter une thématique n’ayant, quant à elle, rien à voir avec la fiction. La vitalité est d’abord soufflée par le rythme alerte du métrage qui n’hésite pas à enchaîner les petits sketchs parfois mal coordonnés entre eux pour décupler sa puissance immersive : le spectateur est embarqué, conquis. L’humanité provient du regard porté par le réalisateur et son équipe sur les personnes à la rue, regard jamais condescendant ni moralisateur, mais fraternel. Et la fraternité fait du bien dans ces temps si individualistes. Car ces femmes forment une famille où les conflits s’expriment et se résolvent par la seule force de la parole et de l’écoute. Éloge de l’espoir et de l’entraide, Les Invisibles n’en oublie pas la rugosité quotidienne qui perce çà et là les bulles de bonheur que le film met en scène de façon excessive. Nous regretterons cependant que l’âpreté de la réalité ne soit portée que par certains personnages dont la fonction est justement d’incarner cette fatalité : pensons à cette jeune fille instable dont la parole enfin libérée achève le rêve éphémère de notre grande famille. Pensons également à cette mère larguée dans une relation familiale qu’elle ne comprend plus – et que nous ne comprenons guère –, traitée avec une grande vulgarité. L’enrobage feel good movie ne doit pas être critiqué en tant que tel, il est la tonalité adéquate d’une comédie dramatique où prime la fiction sur la réalité ; néanmoins, il en constitue aussi la principale limite. Est-ce que le refus du format documentaire – ou plutôt son redoublement par le prisme de la fiction – s’avérait nécessaire ? Pourquoi ne pas laisser simplement ces femmes raconter leur histoire ? Pourquoi forcer l’émotion à tel point que celle-ci ne découle plus des femmes, mais du film lui-même ? On ressort des Invisibles en se demandant ce qu’aurait bien pu apporter le regard d’un cinéaste sur un sujet aussi fort, tout en se réjouissant de la vitalité et de l’humanité que revendique le film sur un sujet jusqu’alors oublié des écrans de cinéma. Et cette puissance sensible est déjà, à elle seule, une belle victoire.