Le scénario commence d’abord par mettre en place le personnage principal – Lise, la jeune fille au bracelet – (comprendre en liberté provisoire sous contrôle judiciaire avant son procès aux Assises) – et distille quelques éléments très partiels de l’intrigue, seulement pour la situer. La meilleure amie de Lise a été assassinée dans sa chambre et Lise est la dernière personne à avoir passé la nuit avec elle. Et comme ce drame fait suite à la divulgation sur les réseaux sociaux d’une vidéo à caractère sexuel tournée par la victime et mettant en scène Lise, l’affaire, la culpabilité semblent entendus malgré l’absence d’aveux et le mutisme de l’accusée. Mais pour autant, le spectateur ne sait rien, ne saura rien de ce qui s’est passé. Le récit glissera et se concentrera sur le débat judiciaire en salle d’audience. Avec un Président de Cour d’Assises qui crève l’écran. Ah, eh bien oui, ce n’est pas un acteur mais un avocat qui s’est glissé dans ces habits-là ! Il connait. Annie Mercier, surtout vue et reconnue au théâtre, assure bien aussi son office dans le rôle de l’avocate de la défense. La plaidoirie à la barre, n’est ce pas finalement une forme de théâtre ? A côté de ça, la sœur du réalisateur (Anaïs Demoustier) fait pâle figure en tant qu’Avocate générale, représentant comme chacun sait la Société. Il est fort possible que, mis à part de gros procès avec procureur expérimenté, ce soit finalement une image ordinaire de la justice. Le spectateur suivra donc les débats. Le suspens sera entretenu jusqu’à la fin : coupable, pas coupable ? Et encore ce ne sera que vérité de Cour de justice. On pourra regretter que la bande-annonce, pour ceux qui l’ont vue, ait pointé l’attention sur un couteau de cuisine disparu, potentiellement l’arme du crime, et retrouvé dans les mains du jeune frère de l’accusée. Mais peut-être était-ce nécessaire pour créer un point de fixation de l’attention du spectateur, pour contourner l’absence d’aspérité dans la mise en scène ? C’est au final un film sur un procès d’assises, sans grande démonstration, ce qui sert certainement le réalisme. C’est plutôt passionnant à suivre, tant l’esprit vagabonde et réfléchit comme le fait sans doute un Jury populaire. Intime conviction. En la matière, il n’est pas demandé davantage. On sentira bien que c’est fragile et risqué comme règle du jeu judiciaire.