Paris, Texas
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tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 777 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 décembre 2023
Un homme réapparaît subitement après quatre années d’errance, période sur laquelle il ne donne aucune explication à son frère venu le retrouver. Ils partent pour Los Angeles récupérer le fils de l’ancien disparu, avec lequel celui-ci il part au Texas à la recherche de Jane, la mère de l’enfant. Une quête vers l’inconnu, une découverte mutuelle réunit ces deux êtres au passé tourmenté.
Après avoir contribué au renouveau du cinéma allemand dans les années 70, Wim Wenders avait réalisé des œuvres en lien avec les États-Unis, Paris, Texas explore cette voie, dans le cadre d’une coproduction allemande, britannique et française. Comme avant lui les cinéastes de la Nouvelle Vague, Wenders a toujours été fasciné par l’Amérique, via son cinéma et sa mythologie. Le film démarre par le plan d’un homme errant dans le désert texan. La partition musicale (désormais culte) de Roy Cooder accompagne ses pas, tandis que d’amples mouvements de caméra révèlent l’immensité des lieux, symbole de l’état de perdition du personnage. Musique et images à l’unisson d’une œuvre artistique intégrale ; les deux provoquent foule émotions. Travis (Harry Dean Stanton) s’effondre alors au moment où il fait une halte dans un débit de boisson. À l’hôpital, le médecin (Bernard Wicki) ne peut que constater son mutisme et son apparente amnésie.
La première heure du film devient alors un road movie, quand Walt, le frère (Dean Stockwell), ramène Travis à Los Angeles. On apprend alors que Travis avait disparu depuis quatre ans, après avoir rompu avec Jane (Nastassja Kinski, au sommet de sa beauté ; mais il faudra attendre près de 90’ pour le découvrir !!!). Leur petit garçon, Hunter, avait été confié à Walt et Anne, son épouse française (Aurore Clément). Le premier quart d’heure ne montre pas de rupture : un filmage lent, contemplatif, montrant la solitude de personnages éternellement en fuite. Ce n’est pas que la suite du récit échappe à la règle, mais Wim Wenders prend la voie d’un cinéma plus populaire de par son scénario, écrit par Sam Shepard : la narration joue en effet sur la corde sensible et émotionnelle, donnant une dimension supplémentaire à l’art de l’auteur, qui ne renonce pas pour autant à son exigence stylistique.
Car Paris, Texas est l’histoire d’une famille décomposée qui tente de se reconstruire, au même moment où des parents adoptifs se font à l’idée qu’ils vont devoir se séparer de leur enfant. Si le caractère naïf de la reconstitution d’une famille biologique pourra agacer, le cinéma de Wenders n’est en rien moralisateur. Et les deux aspects de Paris, Texas (exigence formelle et émotion de scénario) culminent dans la dernière partie du film, lorsque Nastassja Kinski joue pendant plusieurs minutes devant un miroir. Séquence culte, et sans doute l’une des plus grandes leçons de cinéma... Présenté au Festival en Cannes 1984, le film y reçut un accueil triomphal, aussi de bien de la part de la presse que du public, qui lui fit une ovation historique. Quelques jours plus tard, Le jury de Dirk Bogarde lui accordait la Palme d’or. Ce film à la fois consensuel et sublime devait être le sommet de la carrière d’un cinéaste alors âgé de trente-neuf ans. Si l’on excepte Les ailes du désir (1987), jamais Wenders ne retrouvera une telle osmose entre inspiration et communion avec le public.
Contemplatif d’une beauté formelle rare et truffé de beaux moments d’émotion.
TOUT-UN-CINEMA.BLOGSPOT.COM
Arthus27
Arthus27

126 abonnés 642 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 mai 2023
Palme d'or lors du festival de Cannes 1984, "Paris, Texas" est un très beau film revisitant le road movie étasunien. Wim Wenders joue sans arrêt avec les lumières, les couleurs, et avec la composition de ses plans souvent très méticuleux. Le mystère qui entoure les personnages et leur histoire permet d'installer une atmosphère lancinante tout au long du film. En ne cherchant pas à surexpliquer, Wenders rend son histoire universelle, et explore les thématiques de l'identité, de la famille et de nos racines avec beaucoup de justesse.
Philippe C
Philippe C

126 abonnés 1 186 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 janvier 2021
Un film à la fois familial et road-movie où il faut attendre les dernières 10 minutes pour comprendre ce qui a poussé le personnage principal, Travis, à disparaitre pendant plusieurs années, abandonnant femme et enfant avant de réapparaitre un beau jour au milieu du désert, hagard, asocial et quasiment muet..... entre temps on l'accompagne dans sa réintégration progressive au sein de la société, de sa famille (surtout son fils), jusqu'à arriver à verbaliser ce qui l'a conduit à cet itinéraire.
Il y a de jolies images de l'Amérique profonde, mais le film se traine un peu en longueur et ne suscite pas vraiment d'émotion, sauf dans la scène finale.
La bande son est, elle, vraiment très réussie et rythme parfaitement le récit.
andika
andika

115 abonnés 323 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 avril 2020
Paris, Texas est un road movie se déroulant aux États-Unis mais entièrement pensé et conçu par des européens. Paris, Texas est une histoire d'amour aussi. Paris, Texas, surtout, c'est une authenticité viscérale. Il faut en savoir le moins possible avant de s'y plonger, pour se laisser hypnotiser. L'affiche mystérieuse avec la magnifique Nastassja Kinski suffit à elle seule pour fasciner celui qui la contemplera. Wim Wenders a été touché par la grâce et ce, malgré les difficiles conditions de production et d'écriture de ce film. Tout semble si vrai, et de là nait une émotion d'une puissance inégalable. Palme d'or unanime à Cannes en 1984, ce film est entré depuis dans la légende.

Paris, Texas est pourtant une histoire banale autour de gens banals. Mais Wim Wenders parvient à en faire quelque chose d'extraordinaire. Notamment avec le soin apporté à la réalisation, la photographie. Ces grands paysages désertiques du début, à ces espaces plus restreints de la fin. L'omniprésence de cette couleur rouge qui jalonne le film avant de laisser place peu à peu à des teintes plus sombres, pour terminer avec un bleu-vert crépusculaire.

Mais pourquoi ça marche ? Parce que Travis est interprété par Harry Dean Stanton qui n'aura jamais été aussi mutique avant de peu à peu revenir vers son humanité. Jane, elle, est campée par une Nastassja Kinski qui n'aura jamais été aussi magnétique et bouleversante. Des paysages américains qui n'auront jamais été aussi lyriques. Ce film présente des éléments qui permettront à chacun d'y trouver un écho dans sa propre vie. Que ce soit l'amour, la séparation, l'absence, la peine, les retrouvailles.

Les retrouvailles tout d'abord avec ce Travis perdu de vu depuis des années, qui peu à peu va se reconnecter avec sa vie, avec ses proches. Mais tout est mis en scène avec une si grande justesse que cela devient immédiatement réel. La banalité d'une virée pour retrouver l'être aimé devient ainsi une grande aventure, pleine de suspens et de tension, là où on sait que la logique scénaristique nous mènera forcément au but. Et Paris, Taxas, c'est ça. C'est une machine à transformer la banalité de nos existences en quelque chose d'infiniment précieux, et qu'on se met à chérir comme si notre dernier jour était arrivé.

Tout cela grâce à l'esthétisme impeccable de la mise en scène, une écriture sans faille mais surtout, des acteurs habités. Rarement le cinéma n'aura autant parlé un langage de vérité. Paris, Texas, c'est vous, c'est nous, c'est la vie tout simplement.
SB88
SB88

35 abonnés 1 575 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 octobre 2023
Film très lent sur un homme peu bavard et perdu. Les 30 dernières minutes du film se réveillent enfin mais toujours en lenteur spoiler: quand il recroise son ex, prostituée pour lui restituer leur enfant.

Je n'ai pas trouvé un grand interêt à ce film, loose et ennui même si on croise un peu d'humanité
2,9/5
Kouto
Kouto

29 abonnés 4 749 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 août 2025
Une ballade mélancolique signée Win Wenders qui impressionne par la retenue dont fait preuve le réalisateur dans un récit pourtant émouvant et qui aurait pu vite devenir lacrymal. Les acteurs sont pour beaucoup dans cette justesse.
Laurent Stéphane Baussart
Laurent Stéphane Baussart

17 abonnés 41 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 avril 2024
40 ans déjà. Un de mes tout premiers films vus seul à Paris le mercredi. Pas revu depuis 15 ans au moins. C'est toujours aussi beau, poétique et triste. Le jeu d'Harry Dean Stanton est tellement pur. Le gamin aussi. Tout est éclatant dans ce chef d'œuvre de Wim Wenders. Et je ne parle pas de la bande son de Ry Cooder. Toujours autant de force !
Roub E.

1 306 abonnés 5 373 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 juin 2019
Pour moi c’est une déception. Après en avoir entendu parler pendant des années, avoir lu plusieurs choses dessus (sûrement trop), je m’attendais à prendre une immense claque. Alors oui je veux bien lui reconnaître énormément de qualité, tout d’abord sa photo admirable, souvent proche du western et qui rend le film hypnotique. La mise en scène sobre et pourtant travaillée de Wim Wenders. Ses acteurs qui font vrais. Son sujet sur la famille, l’identité, la relation père fils, l’amour et la rupture et le deuil impossible de cet amour. Il y a la musique elle aussi magnifique. Et pourtant l’ensemble de tout cela ne m’a pas du tout touché. Oui je reconnais de belles choses dans ce film, est ce que j’aurais envie de le revoir? Pas vraiment.
Shawn777

805 abonnés 3 934 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 mai 2023
Ce film, réalisé par Wim Wenders et sorti en 1984, n'a pas volé sa réputation de film culte ! J'ai pourtant mis un certain temps à le regarder, notamment à cause de son synopsis qui ne m'intéressait pas spécialement et puis de sa durée, relativement longue. Mais finalement, je dois avouer que je suis complètement tomber sous le charme du film, même si j'émets tout de même quelques réserves. Walt retrouve son frère, disparu depuis quatre ans, dans le désert du Texas. Il a laissé derrière lui un enfant de huit ans et une jeune compagne, disparue elle aussi. Walt essaye alors de comprendre ce qui a pu lui arriver. Très énigmatique dans un premier temps, le film tient effectivement son spectateur en haleine puisqu'on se demande bien ce qui a pu arriver à ce type qui s'obstine à marcher vers Paris au Texas. Toute cette première partie est par ailleurs très réussie, à la fois dans la mise en scène mais également dans la relation entre les deux frères, dont s'est d'ailleurs sûrement inspiré Barry Levinson pour son film "Rain Man". On retrouve en effet chez Travis (le frère disparu) un comportement presque autiste : il ne parle pas, ne se souvient de rien, fait une crise avant de prendre l'avion etc. Et c'est son petit frère qui s'occupe de lui et se montre protecteur, tout en essayant de comprendre ses traumas. C'est par ailleurs dans cette partie que le réalisateur nous offrira de magnifiques plans du Texas, ce désert américain à l'apparence hostile mais qui réserve de magnifiques paysages qui semblent ne jamais prendre fin. C'est ensuite toute la partie se déroulant à Los Angeles que j'ai moins appréciée car elle constitue, je trouve, le ventre mou du film. En effet, c'est à cause de cette partie que j'émets quelques réserves sur le film car je trouve alors que, même si la relation entre Travis et Hunter et touchante, cette partie comporte beaucoup de scènes longues et finalement peu intéressantes, enfin à mon sens. Néanmoins, le film se rattrape heureusement lorsque Travis et Hunter tentent réellement de renouer dans une partie qui revient sur du road trip et puis bien-sûr la toute dernière partie nous offrant ces magnifiques séquences de discussions entre Travis et Jane. Je dirai d'ailleurs que le film ne vaut le coup rien que pour ces séquences (c'est d'ailleurs Nastassja Kinski qui prend l'entièreté de l'affiche alors qu'elle n'occupe réellement qu'un quart du film) qui sont d'une beauté à couper le souffle sur le plan de la mise en scène mais également sur le plan de l'écriture. "Paris, Texas" est donc une très belle découverte, autant sur le plan esthétique que narratif.
Loïck G.

389 abonnés 1 825 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 août 2022
La musique qui s’accorde au paysage, à la ville, à l’histoire. Celle d’un homme perdu dans un décor presque irréel. C’est pourtant le désert Mojave, puis Los Angeles où l’inconnu devenu Travis retrouve son fils Hunter qui ne l’a pratiquement jamais connu. Après la virginité du désert, un autre vide que ce passé absent de toutes relations humaines, fraternelles ( il vit un peu chez son frère ), familiales, qu’il va falloir rattraper sans trop d’illusions. C’est la troisième partie de ce film prenant, hypnotique qui ne vous lâche pas. Wenders pointe maintenant vers l’utopie des grandes cités, ses perspectives sophistiquées qu’il noie dans une lumière magnétique. Il donne à voir un temps de pause et de réflexion dans la vie d’un couple qui ne se connait plus. Ce sont de fabuleux monologues confessés, des scènes inoubliables. Le sourire de Nastassja Kinski porté à l’aune d’une interprétation aussi discrète que puissante illumine toute la tendresse qui autrefois l’unissait à Transit. Harry Dean Stanton, inimaginable dans sa pelure squelettique, mutique, hypnotique. Une très grande interprétation à la cadence d’une musique tout aussi … énigmatique ! Ry Cooder s’il vous plait !
Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Vador Mir

304 abonnés 999 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 août 2022
Le début du film rappelle un peu Rain Man. Le reste est un émouvant road movie porté par des acteurs excellents, des scènes impactantes.
CH1218
CH1218

280 abonnés 3 232 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 septembre 2020
Casquette rouge vissée sur la tête, un homme (Harry Dean Stanton dans le rôle de sa vie) erre seul au milieu de nulle part sur les accords de la guitare de Ry Cooder. Je ne suis pas un adepte du cinéma de Wim Wenders mais son palmé « Paris, Texas » m’a séduit par son esthétisme et sa mélancolie, moins par sa lenteur et sa longueur. Dans le dernier tiers, le film prend une autre dimension avec l’apparition émouvante de Nastassja Kinski.
Agnes L.
Agnes L.

229 abonnés 2 011 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 novembre 2021
Rares sont les films américains qui s'intéressent autant à la psychologie d'une personne frustre (comme il se désigne lui même). Cet homme qui a du mal à s'exprimer parce qu'il n'y est plus trop habitué va se rendre compte que le bonheur de son petit garçon est la chose qui compte le plus dans sa vie. Film magnifique avec un petit défaut, celui de trop insister sur les silences qui ne paraissent pas assez naturels.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 19 décembre 2021
Vu à sa sortie. J’avoue ne pas en avoir gardé un souvenir mémorable. En le revoyant, je me suis réconcilié. Réconcilié avec cette lenteur qui m’avait marqué. Je le comprends aujourd’hui, elle s’inscrit très naturellement dans le récit : Travis marche dans le désert ; Travis et son frère prennent la route plutôt que l’avion ; Travis apprend à connaître son fils ; Travis et son fils roulent vers Houston ; Travis et son fils attendent à la banque ; Travis fouille scrupuleusement le peep show ; Travis prend le temps de parler à Jane pour recoller les morceaux ou plutôt pour replacer les choses à leur place d’origine : spoiler: une mère se doit de vivre avec son enfant. Enfin, si on veut, Travis parle par voie téléphonique derrière une glace sans tain et en tournant le dos.
spoiler: Cette longue séquence résume son impossibilité à regarder Jane dans les yeux tant il a honte de son passé violent.
Replacer les choses à leur place, surtout après 4 ans d’absence, cela prend nécessairement du temps. Cette narration étirée est précieuse pour Wim Wenders ; tout ne se reconstruit pas sur un simple claquement de doigts. Travis c’est Harry Dean Stanton. « Paris, Texas » c’est Harry Dean Stanton. Il livre une prestation touchante qui s’étire sur toute la durée du film. Wim Wenders lui a donné l’opportunité d’exprimer tout son talent que l’on décelait (parfois avec frustration) dans d’autres films dans lesquels il était souvent deuxième ou troisième couteau. Je comprends l’acteur pour qui « Paris,Texas » est Le FILM de toute sa fourmillante filmographie. A voir ou à redécouvrir… en V.O si possible pour l’accent frenchi d’Aurore Clément !
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 26 février 2013
Une histoire intéressante, prise au sérieux (même si c'est une comédie), simple et racontée simplement, c'est tout ce que l'on attend du cinéma. "Paris Texas" compile tout cela et bien plus la fois. À travers le récit d'un père et de son fils, Wenders raconte l'une des plus émouvantes histoire du 7 ème art. Tout fonctionne d'une impressionnante justesse. On ne compte plus les séquences "cultissimes", notamment celles qui jalonnent toute la fin. Filmé sans prétention ni complaisance, l'auteur sublime l'Amérique et offre l'envie d'être aux côtés des personnages et les accompagner. Un film immense, un véritable chef d’œuvre intemporel.
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