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Padami N.
63 abonnés
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3,0
Publiée le 19 janvier 2019
le film est dérangeant dans son histoire et dans son traitement , c'est une fable fantastique et horrible qu'on film de manière très réaliste.j'en suis sorti un peu déconcerté et sur ma fin
Tina est malheureusement hideuse. Comme une résurgence de la femme de Neandertal. Elle est douanière sur un port du nord. Son flair sans pareil lui vaut d’être utilisée comme un chien renifleur. Rien ne lui échappe. Pas même un téléphone mobile chargé d’images pédophiles. Un jour, elle tombe sur Vore, un type au faciès aussi disgracieux que le sien. Genre Quasimodo scandinave… Tina sent des émotions monter, mais aussi quelques trafics suspects… A part ça, tous deux adorent la nature, vont pieds nus dans les sous-bois, se baignent à poil dans les lacs et se nourrissent volontiers d’insectes et de larves… Tous deux aussi été foudroyés dans leur jeunesse, ce qui expliquerait certains dérèglements hormonaux… à moins qu’ils soient issus d’erreurs chromosomiques ? Plus on les découvre, moins on les comprend. Tina et Vore sont juste les héros d’une aventure fantastique, limite gore parfois. Ou les Trolls d’une fable onirique aux accents écolos et antisystème. Border est un film aux frontières mal identifiées. Comme « un rêve étrange et pénétrant » nourri de pensées sombres et lucides. Bien que le scénario s’égare parfois sur des chemins tortueux, la mise en scène est brillante et la musique originale. Les deux comédiens sont évidemment étonnants, sachant qu’ils ont dû prendre chacun vingt kilos pour le rôle et qu’ils avaient quatre heures de maquillage avant de pénétrer sur le plateau… Border a obtenu le prix d’Un certain regard, à Cannes. Le réalisateur Ali Abbasi peut penser que ça lui va bien.
Sous ses teintes vertes, Border se laisse de prime abord abordé comme une satire sociale contre les canons de la beauté, maiaisant à souhait. Mais après une scène érotique des plus atypiques, on change de point de vu et c'est un vert tout en poésie qui nous revient. Dommage pour les trops nombreuses longueurs au début.
Border est un film pour le moins étonnant qui a la volonté de ne jamais laisser indifférent. Il se sert d’un postulat fantastique pour développer une thématique sur la tolérance, même si finalement le message compte moins que l’atmosphère d’étrangeté dégagé par le métrage lui-même. Assez glauque dans son déroulement, parfois très noir dans sa description d’une humanité perverse, le film se veut en même temps une œuvre ouverte sur la connaissance de soi-même. Chaque individu ne doit pas se déterminer en fonction de son appartenance ou de son milieu, mais bien en fonction de son propre code moral. Le tout se déploie au long d’un film décidément très bizarre, mais totalement en accord avec l’atmosphère déjà déployée dans certaines séries télévisées nordiques comme Jordskott. Ceux qui sont familiers de cet univers décalé, à cheval entre description clinique de la société et fantastique, ne seront guère étonnés de retrouver cette ambiance ici.
Shelley (2016), premier long métrage d’Ali Abbasi, reste à ce jour inédit en France. Pour sa part, Border son deuxième opus ne passe pas inaperçu. Dans la quête identitaire menée par Tina (Eva Melander) flanquée de Vore (Eero Milonoff) son double masculin, le cinéaste se joue des limites du cinéma de genre. A l’image de Get out (2017, Mixité des genres) de Jordan Peele mais dans un autre registre, Border déplace les bornes pour rendre visite sans rendre visible la frontière entre animalité et humanité. De ce parti pris fort nait un film étrange, troublant et par instant prodigieux. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com
Comment comprendre l’enthousiasme critique dont a bénéficié Border à sa sortie ? Une telle notoriété tient certainement à son pays d’origine, la Suède, puisque chaque film exporté est attendu comme le messie d’une nouvelle manière de voir et de représenter : on se délecte de la froideur et de la noirceur de ce cinéma qui se plaît à ensauvager l’homme saisi dans son environnement naturel fondamental. En ce qui concerne Border, voilà l’une des productions les plus ridicules vues depuis longtemps : soit la passion animale entre deux êtres qui partagent la même laideur physique ainsi qu’une capacité, voire un besoin, à se raccorder à l’espace forestier entendu comme étendues d’arbres et de lacs dans lesquelles poussent mousses et vers. La bêtise du scénario va de pair avec la grossièreté de l’approche puisqu’est mise en scène une romance entre deux personnes qui se reniflent et s’attirent par l’incompréhension initiale que suscite leur odorat. Pensant sublimer la laideur, le long métrage part d’une donnée initiale abjecte selon laquelle celles et ceux qui effraient et font se retourner dans la rue sont véritablement des créatures hybrides qui ne peuvent communiquer qu’entre eux, observés par une caméra dévoratrice d’intimité. Aussi le réalisateur ressemble-t-il à Barnum dont les tours de passe-passe avaient pour unique fonction d’attirer un spectateur soucieux de frissonner en toute sécurité devant l’altérité avec laquelle il ne partageait rien. Sauf qu’entretemps le spectateur a changé et sait différencier une poésie primitive de la cruauté ; c’est du moins ma conviction, ébranlée en partie par la réception dithyrambique d’un film qui a dépassé le bord pour tomber dans le gouffre de l’idiotie. « »
Abbasi ose surprendre, troubler. Son scénario emprunte des sentiers sinueux dont chaque virage dévoile un aspect inattendu jusqu'au dénouement. Il va jusqu'à réinventer l'inévitable scène de sexe en un instant bizarre, très curieux, bien plus que simplement bestial ou passionné. Border est un film fascinant qui touche à beaucoup de sentiments en explorant toutes les facettes de l'humanité et son contraire.
Le cinéaste suédois Ali Abassi nous livre ici un film transgenre profondément malsain et déroutant. Mélange de conte horrifique, thriller et comédie sociale romantique il questionne à travers ses deux créatures qu'on croirait sorties d'un clip cauchemardesque d'Aphex Twin la part de bestialité dans l'homme et celle d'humanité dans l'animal. Malmené et dérouté le spectateur n'as plus qu'à se questionner sur sa propre acceptation de la différence. Une experience quelquefois dégoûtante non exempte de défauts mais qui brille par sa radicalité.
Après le sublime "Morse" de Tomas Alfredson en 2008, cette magistrale nouvelle adaptation d'un roman de John Ajvide Lindqvist donne furieusement envie de lire l'intégralité des oeuvres de cet auteur. Fable organique sur la normalité et l'anormalité, conte panthéiste sur l'humanité et la bestialité, "Border" dérange, secoue, interroge sur la frontière ténue entre la vision du bien et du mal, entre cette normalité qui s'affiche mais qui cache les pires horreurs ou cette laideur apparente mais qui s'ouvre sur un océan de sensibilité. Pendant la quasi totalité du film, le spectateur est submergé, bouleversé, angoissé, ému par l'ambiance sans cesse borderline et éminemment viscérale qu'Ali Abbasi insuffle à sa mise en scène aidé en cela par un travail d'une extrême sensibilité de l'ingénieur du son, Christian Holm et l'interprétation bouversante, magistrale et animale de Eva Melander et Eero Milonoff. La fin du film trop explicative et surtout beaucoup trop cartésienne casse malheureusement un peu la magie du conte sans toutefois gâcher la fascination exercée par ce long métrage. A trop vouloir ouvrir la porte fermée à clé de Barbe Bleue......
Border est sans contexte un film aussi difficile à aborder qu'à regarder au vu de sa nature hybride de thriller fantastique qui distille sa nature tout au long du film. L'histoire d'une femme au physique hors-norme ayant des capacités hors-du-commun (l'odorat et la symbiose avec les animaux/nature) qui rencontre un être qui lui ressemble au premier abord mais qui se révélera plus qu'étrange m'a embarqué. Border ou Grans sait prendre son temps en développant ses personnages tout au long du récit et dévoile ce qu'il faut au bon moment pour toucher. Même si je trouve que la fin s'empêtre dans un axe narratif assez maladroit, la relation entre les deux protagonistes est vraiment fascinante tout en restant assez glauque et étrange pour nous, pauvres spectateurs que nous sommes. Le film est singulier sans aucun doute et représente une expérience unique venant d'un pays dont on a peu de leurs productions. A voir !
original; à voir car la on est vraiment en dehors des chemins battus c 'est assez dur de résumer le film car chacun pourra trouver un fil que d autres ne verront pas il faut le voir pour s' approprier les personnages et ressentir touts l' emotion du film
Une très belle surprise. Je ne savais rien du film et j'ai été immédiatement happé par l'étrangeté de l'univers et surtout par ce personnage hors norme de Tina. Plus le film avance, dévoilant le secret de cette dernière, et plus j'ai été séduit par le mélange de poésie, de noirceur et de féérie.
Un film vraiment très spécial, qui brouille nos repères et notre perception de ce qui est ou non réaliste. Mais le sentiment de longueur et certaines séquences trop "perchées" le rendent assez dérangeant. Intéressant donc de voir un conte moderne bizarre mais c'est insuffisant pour le rendre exceptionnel.
Que demandé t'on au cinéma ? De nous surprendre, de nous émouvoir et parfois de nous faire peur... Pour tout ces points Border atteint sa cible et on est subjugué, inquiet et interloqué par la laideur de Tina... Et par le mystère entourant ses facultés olfactives extraordinaires... Et quand arrive Vor son double ?!, on se demande où tout cela ira t'il... Le film grâce au talent de son réalisateur et à sa mise en scène nous entraîne dans cet univers et cette œuvre est inclassable polar, fantastique, drame, horreur... On ne comprends pas tout mais Border est un ovni et moi j'aime les mystères... Et je suis curieux... A découvrir pour les autres, passer votre chemin car le troll va vous manger !
Film de genre encore. Cette fois venu d'Europe nordique via le jeune réalisateur d'origine iranienne Ali Abbasi, son deuxième opus après Shelley en 2016. Si son premier long-métrage était passé plutôt incognito, la sensation est au rendez-vous pour Border. Rarement le prix « Un certain regard » attribué à Cannes aura porté aussi si bien son nom, et donc sa légitimité. Car pour ce qui est du regard atypique sur le monde, on est servi avec ce conte fantastique alliant angoisse et exubérance, dégoût de l'humanité et triomphe de l'état animal. Car s'il s'agit au final d'une histoire d'amour intense, elle se fonde en premier lieu sur la méfiance, le rapprochement de deux individus face au rejet extérieur. L'implication des acteurs, enlaidis jusqu'à la démesure, est totale, leurs gestes lents et précis instillent malaise et fascination, nous remuent tout en nous incitant à ne pas détourner le regard. Le film comporte quelques séquences d'exultation qui sortis de leur contexte particulier seraient perçues comme d'authentiques élans de grâce, une sorte de romantisme macabre. On pense particulièrement à ce pique-nique autour de larves, ou ces bains de minuit dans des eaux glacées, mis en scène de manière audacieuse pour ôter toute éventuelle portée comique. Vore se pose en initiateur, propose à Tina de découvrir sa vraie nature, de choisir entre ses racines sauvages et le rôle régulateur que lui a assigné la société. Nous sommes troublés autant qu'elle par ce dilemme, cette insatisfaction transpirant de son être à l'issue du récit. Une expérience dont on sort changé.