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Très ennuyeux. C'est le premier mot qui vient a l'esprit quand le générique de fin arrive. Je comprend maintenant le scandale qu'a provoqué ce film en 1987 lorsqu'il recût la palme d'or. En effet Pialat signe une mise en scène très terne, sans grande profondeur, sans aucun génie. C'est seulement les prestations habitées de Gerard Depardieu et Sandrine Bonnaire qui font tenir le spectateur jusqu'au bout. Cette étoile est pour eux.
Un film d'une force incroyable et dont les images marquent profondément. G.Depardieu, stupéfiant, est remarquablement mis en valeur par la caméra de M.Pialat, également juste dans son rôle. Un terrible portrait.
Pas sûr que cette logorrhée mystico-intellectuelle de Bernanos se prêtait à un traitement cinématographique, même sous la baguette d’un réalisateur aussi compétent que Pialat. De très belles images – celles en surexposition où Depardieu semble terrassé par la lumière, par exemple. Le bon Gérard est remarquable et donne une épaisseur considérable à son personnage. Pialat acteur aussi est très bon. Par contre, Sandrine Bonnaire… actrice surévaluée de mon point de vue, et très mal à l’aise avec les tirades boursouflées sous lesquelles Bernanos l’ensevelit. Pour quelques passages intenses, on ne compte pas les moments où ça part franchement dans la pignolade, et je n’ai jamais été tout à fait convaincu qu’il y a un message assez élevé et original pour justifier tant de salamalecs. Le sentiment d’être resté en dehors… et pas forcément pour de mauvaises raisons.
Dès le départ, on comprends que l'abbé Donissant doute énormément. Il n'a pas l'impression d'être digne d'être un représentant de Dieu mais au contraire, d'être un pauvre type que l'église à bien voulu admettre dans ses rangs. Pour palier cette pénible impression, il se flagelle plus que de raison en signe de repentance. La rencontre avec le marchand, incarnation du diable à ses yeux, le renforce dans son idée qu'il est plus sous l'influence de ce dernier que de Dieu, et que le Diable est plus fort que Dieu. Aussi, quand il rencontre la jeune femme qui est coupable d'homicide, il ne la condamne pas mais semble l'absoudre. Encore sous l'influence de satan, il développe un argumentaire fallacieux (ce serait la descendance de la jeune fille qui serait cause de tout...) et ce faisant, il la pousse au suicide. En effet, celle ci, pétrie de remords, attendait dêtre condamnée, d'abord par la justice (mais son amant garde le silence), puis au moins par la religion. Elle se retrouve totalement démunie, d'un point de vue moral, par l'ignorance qui est faite d'un geste horrible et condamnable. Conscient que ce suicide est dû à la discussion qu'il a eu avec elle, l'abbé tente, s'emble t'il, d'exorciser le démon en amenant son corps devant l'autel et en plongeant son visage dans sa plaie mortelle. Suite à ce geste, il est sanctionné par l'église et se retrouve curé d'une petite paroisse. Il semble être très apprécié des villageois, et prendre sa mission avec beaucoup de coeur et de sérieux. Viens l'épisode de l'enfant mourrant. Cet épisode semble à nouveau l'ébranler et le mettre dans un état second. N'a t'il pas le même geste(il porte le corps dans ses bras), avec cet enfant, qu'avec la jeune suicidée ? Mais cette fois ci, Ô miracle, il semble avoir réussi à transformer l'entreprise du diable (la maladie) en acte divin (la résurection).
Pialat réussit à rendre cette histoire passionante, et Depardieu a rarement été aussi bon.
Pialat réussit à rendre cette histoire passionante, et Depardieu a rarement été aussi bon.
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