4601 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
279 critiques spectateurs
5
55 critiques
4
122 critiques
3
68 critiques
2
21 critiques
1
6 critiques
0
7 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
ANDRÉ T.
95 abonnés
485 critiques
Suivre son activité
3,5
Publiée le 25 octobre 2019
À 83 ans révolus, on ne le changera pas; Ken Loach est du côté des exploités! Humanité, solidarité, dignité, sont des mots qui résonnent chez lui et comment ne pas être touché par son propos ? Le regard apeuré de la fillette sur la famille en danger, est d’une grande justesse. L’ado lui, entouré de la tendresse des siens, accumule les provocations en tous genres; c’est presque trop ! Ken Loach gagnerait parfois à ne pas accumuler tous les malheurs, la même journée…. Mais il nous explique clairement, le fonctionnement de l’ UBERISATION, un nouveau monde où on se croit patron mais où on n’est qu’ESCLAVE….
Le grand avantage avec les films de Ken Loach c’est qu’on en connaît d’avance le thème. Cette fois-ci nous nous retrouvons au cœur d’une famille que tout bouscule et qui petit à petit va imploser. La société que nous avons construit, dans toute sa splendeur, et qui pour certain est un vrai un chemin de croix. Voilà ce que nous montre Ken Loach, une fois de plus, avec une grande habilité. Des acteurs convaincants et attachants et une mise en scène coup de poing. 4 étoiles
Dans son dernier film, le scénariste s’intéresse à la cellule familiale qui n’est pas épargnée par le contexte économique. Encore une fois, il nous fait le portrait d’une Angleterre laborieuse , éreintée par les pratiques libérales. Son regard se porte sur les travailleurs soit disant indépendants qui sont en réalité les esclaves modernes et sur les aides à domicile qui s’occupent des personnes âgées ou handicapées. Dans les plateformes logistiques gouvernées par les données, il n’y a pas de place pour l’autonomie ou l’indépendance.Il manque peut-être à ce film les éléments concernant l’utilisation des données personnelles qui lui aurait donné peut-être une envergure plus moderne. Quand à la femme qui doit s’occuper des personnes à leur domicile, elle en vient à déserter le sien et à ne plus avoir le temps de s’occuper de ses enfants. En interrogeant les conditions de vie au delà du travail, l’impact des horaires à rallonge et le mirage du travailleur indépendant, le scénario démontre comment l’homme est meurtri, voire broyé. Comme à chaque opus, le film est vraiment puissant. Cette fois-ci, il met en évidence que les victimes sont aussi les enfants, témoins impuissants de la dégradation du monde. Ils essayent de se révolter mais leurs actes sont contre-productifs. Ken Loach dresse un portrait noir et quasi sans espoir de notre société. On pourrait presque s’étonner que son « témoignage » demeure le même tout en variant: les plus démunis restent les victimes du système.
Toujours aussi remonté contre le système capitaliste qui empire d’année en année, Ken Loach continue sa croisade contre le grand capital et contre l’exploitation humaine sous toutes ses formes. Il se lance ici dans une diatribe contre l’uberisation de la société et la multiplication de ces contrats précaires où l’on vend aux pauvres gens du rêve, avant que tout ceci tourne au cauchemar. Le cinéaste décrit avec efficacité un système qui prend les plus démunis en otage en leur faisant supporter tous les frais au détriment d’une vraie sécurité. Bien entendu, le cinéaste n’a pas la main légère et charge les personnages de tous les problèmes du monde. L’effet d’accumulation pourrait mener vers le mélodrame, mais Ken Loach y échappe une fois de plus en cernant au mieux ses personnages et en s’appuyant sur des acteurs plus vrais que nature. Bien entendu, tout ceci sert un propos largement orienté, mais peu importe tant la dénonciation s’avère forte et puissante. A noter qu’il ne s’agit pas d’une projection très plaisante puisque le but de Loach est de nous scandaliser et donc de nous énerver face à une situation inextricable.
« Sorry we missed you » : certains diront que c’est à nouveau du Ken Loach et ils ont en partie raison … et c’est pour cela – je pense - qu’il n’a pas eu à Cannes une 3ème palme d’Or (décernée au film coréen « Parasites »). C’est du Ken Loach classique en termes de technique avec un montage linéaire très simple, des décors parfaitement adaptés, une lumière de qualité, une bande son sobre et un jeu d’acteurs assez étonnant en particulier celui des 2 enfants, Seb (ado en début de crise) et Liza Jane (12 ans encore dans les jupes de sa mère mais plus mature qu’on ne pourrait le penser). C’est du Ken Loach également sur le fond car ce cinéaste âgé de 83 ans se bat de nouveau contre la société, en particulier le capitalisme dévorant lié à la mondialisation. Il s’attaque ici à un « leurre » proposé à des jeunes : devenir « auto-entrepreneur, « à leur compte et en devenant ainsi leur propre patron » mais en franchise pour une grosse boite de transports de colis. Ricky, le père y croit et espère ainsi pouvoir enfin acheter sa maison à Newcastle, et il demande à sa femme, Abby, auxiliaire de vie très dévouée auprès de ses « petits vieux » mais payée à l’heure par une société de services, de vendre sa voiture pour pouvoir acheter à crédit une camionnette pour faire ses tournées. Dans l’entreprise tout est « gouverné » par Maloney qui distribue le travail, les amendes, les pénalités et pousse bien sûr à des tournées avec une charge de travail de plus en plus importante (au point qu’il faut pisser dans une bouteille pour ne pas perdre de temps) et faire des journées de plus de 12 h éreintantes … le tout sous le contrôle d’un mini-ordinateur qui géolocalise le camion et vous calcule même les HEA = heure estimée d’arrivée chez le client et ainsi de suite Le film a peut-être moins plu à Cannes que « Moi, Daniel Blake » (2016) qui était un réel cri contre la société dite moderne car dans son nouvel opus, Ken Loach s’attache à montrer ce que ce système « bancal » (tel que le chien à 3 pattes qu’on aperçoit au début du film) engendre au sein de la vie de la famille avec comme dit par Abby « une spirale les attirant tous vers le fond » : la communication cesse entre les membres de la famille ou se fait par téléphone, par sms, par mot déposé sur la table, tout le monde est crevé et déchiré …et Seb de partir sur une mauvaise pente. Le bémol que je mettrai est que notre héros -Ricky – a quand même une certaine chance : sa famille est très soudée, sa femme de par son métier (et qui est obligée de payer ses tickets de bus pour travailler) est très à l’écoute de ses enfants et de son mari et elle réagit de façon très positive face aux catastrophes ; Seb à la chance de tomber sur un vieux policier qui arrive à calmer la situation … et même à la limite, le méchant Maloney qui confiera à Ricky que lui aussi est « surveillé » par la société mère de transports et que toutes les sociétés de ce type se font elles-mêmes la guerre pour le dieu « argent » ! A voir … si on a le cœur à gauche bien évidemment !
Sorry we missed you concourait en sélection officielle du festival de Cannes 2019. Il s'inscrivait ainsi dans les traces du précédent film réalisé par Ken Loach, Moi, Daniel Blake. Dans la continuité de ce dernier et bénéficiant des mêmes qualités, Sorry we missed you forme un diptyque avec la Palme d'or 2016 mais sans obtenir le moindre prix en mai dernier. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com
on ne peut pas dire que Ken Loach fait dans la nuance , son film nous montre une famille dans les difficultés matérielles , la mère ( une sainte laïque ! ) s ' occupe avec amour de ses chères personnes âgées et a des horaires démentiels , le père qui a cumulé les emplois de toutes sortes s ' engage dans une société du genre Amazon et va connaître les cadences infernales et les règlements iniques de cette entreprise avec à son sommet un patron à peine caricatural !!! complètent ce tableau les enfants du couple , une fillette charmante qui aime son père , sa mère et son frère aîné qui bien sûr a des gros problèmes de comportement ! bon , mais tout cela donne un film émouvant , brillamment interprété et qui même dans ses outrances pose des problèmes bien présents de nos jours ! J ' ai adoré !
Quand on va voir un film de Ken Loach, on ne va pas voir une comédie pour rire ou se changer les idées agréablement. On sait qu'on va voir un film triste et plombant. C'est cela tout l'intérêt car ce réalisateur fait des films percutants et pertinents qui dépeignent bien la triste réalité économique et sociale du monde capitaliste occidental.
Ken Loach excelle dans la peinture de la working class anglaise aux prises avec la brutalité du monde qu'on nous propose aujourd'hui. Pas besoin d'être anglais pour comprendre la vie, les difficultés, les espoirs, l'humanité de cette famille et être ému parce qu'elle traverse. C'est universel. Un film beau, triste et réussi.
J'aime bien les films de ken Loach habituellement. Mais la, c'est too much. Le propos du film est insupportable et tellement peu subtil. Les parents n'arrivent à pas éduquer leurs enfants et c'est forcément la faute du capitalisme, l'ennemi de ken loach !!! Ce sont surtout des parents sans autorité et forcément trop gentils, car selon le réalisateur, tous les pauvres sont tous extrêmement gentils. Bref... ça en était drôle presque la 2e partie du film tellement c'était
C'est un très bon Loach!! bon cela ne détrône pas "Kes" pour moi, le bijou de Loach...C'est sec, à l'os mais la démonstration est parfaite pour faire comprendre l'arnaque complète de la start-up nation...Il y a ceux qui en bénéficient et il y a ceux qui trinquent... c'est tragique. Heureusement qu'il y a encore des cinéastes comme ken Loach, qui ne restent pas dans leur quant à soi et qui dénoncent les injustices du monde moderne et les "fariboles" qu'on nous vend comme pourrait dire l'autre. Les acteurs sont parfaits et parfaitement crédibles, les situations sont totalement crédibles, et seraient transposables en France ou partout ailleurs certainement. Loach a un tel talent qu'on se croirait dans un docu.
Sorry, we missed est un film social d'une grande importance et d'une rare humanité, qui prouve que notre façon de consommer peut être un acte de résistance !
Un film comme il en faudrait en France. Comment l'ultralibéralisme, l'ubérisation de la société parviennent-ils à détruire les familles et broyer l'être humain. Il n'y a que Ken Loach pour en parler ainsi, sans jamais tomber dans le pathos, avec ses éclairs de tendresse pour des personnages qui ont une épaisseur existentielle extraordinaire et sans aucune rupture de rythme dans le récit cinématographique. Bravo !