1917
Note moyenne
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1 545 critiques spectateurs

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benoitG80

3 590 abonnés 1 464 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 26 janvier 2020
« 1917 », ou le comble du factice, pour un film dont l’essence même est de se vouloir tout le contraire en terme de réalisme et de vérité...
Sam Mendes pourtant talentueux dans le magnifique « Noces Rebelles » ou encore dans un tout autre registre avec « Skyfall », semble s’être fourvoyé en se focalisant sur ce fameux plan séquence censé nous immerger dans l’action à travers la notion d’étirement linéaire du temps.
Sauf qu’ici cette prouesse technique prend nettement le pas en tant que particularité cinématographique, sur le tragique, sur l’émotion !
Tout cela respire la mise en scène à plein nez, ce que confirme l’omniprésence de la musique ciblée juste comme il faut, quand il faut à en être envahissante au possible et faire l’effet inverse du but recherché...
De même que les images, pourtant quelquefois extrêmement saisissantes d’effroi en terme de détail et d’horreur du début, deviennent ensuite des clichés très esthétisants, à en oublier purement et simplement le conflit et donc l’enjeu même du film.
On assiste ainsi à des ruines éclairées de manière irréelle et fantomatique, à des champs tranquilles et vierges de toute violence, à des cours d’eau mués en véritables torrents et en cascade, alors que l’on est juste près d'Arras dans le Nord !...
Sans compter ce montage typé très film catastrophe, dans lequel nos deux émissaires vont connaître des situations ou des moments quelquefois totalement invraisemblables ou décalés, et à des lieues de ce que l’on attendait dans ce terrible contexte...
Avec même de temps à autre l’impression de se trouver dans un jeu vidéo, dans lequel notre héros court et... s’envole, pendant que Sam Mendes détient la manette du joueur !
Le réalisateur semble tellement s’être concentré sur la technique et la forme, qu’il perd ce qui aurait dû faire l’âme de son film, c’est à dire l’intensité, l’émotion afin d’être atteint véritablement et bouleversé...
C’est d’ailleurs ce que l’on ressent également dans le jeu extrêmement dépouillé des deux acteurs bien trop lisses dans tous les sens du terme. Un jeu bien trop calculé et maîtrisé dans les expressions, en particulier chez l’impassible George MacKay dont la direction par le réalisateur, semble lui avoir ôté toute dimension dramatique.
Dommage d’arriver à ce résultat à propos d’un moment d’histoire étonnant en 1917, qui aurait dû par son sujet et sa gravité, en étant ce parcours de l’impossible contre la montre avec à la clé 1600 soldats à épargner, nous faire vibrer, nous emporter au sein même du danger et de l’horreur de la guerre.
On se remémore évidemment d’autres grandes réalisations bien mieux réussies sur ce thème, mais peut-être faut-il encore mieux se plonger dans le fabuleux livre « Ceux de 14 » de Maurice Genevoix, afin de (presque !) vivre cette guerre cauchemar comme les poilus l’ont vraiment vécue...
legend13
legend13

289 abonnés 1 097 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 juillet 2020
Le talent de cinéaste de Sam Mendes n'est plus à prouver et sa filmographie plaide largement en sa faveur. C'est donc avec beaucoup d'attente que je suis allez découvrir sa nouvelle œuvre : "1917". Et bien, son film de guerre est tout simplement monumental. Un récit des plus simple mais porté par une réalisation flamboyante. Plusieurs plans séquences empilés mais le tout parfaitement monté pour qu'on est la sensation d'en voir qu'un seul. Juste génial. Une claque qui emmène les spectateurs aux premieres loges de cette mission à hauts risques. Et franchement, certains passages sont vraiment prenant et même parfois stressant. Le tout emmené par de formidables acteurs. Bref, une réussite totale dans tout les domaines. Un chef d'œuvre, ni plus ni moins.
HamsterPsycho
HamsterPsycho

147 abonnés 1 186 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 11 décembre 2019
Toute la maestria de Sam Mendes au service de l'hommage aux soldats britanniques de 14-18 parmi lesquels figurait son grand-père, qui l'a inspiré pour ce film choc. La technique de filmage devrait marquer, de même que la prestation des comédiens et la profonde humanité que dégage cette oeuvre. Réussi de bout en bout et ne donne pas le temps de se rendre compte de la véritable durée du film. La technique de Sam Mendes y est sans doute pour beaucoup.
Chris58640
Chris58640

259 abonnés 830 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 janvier 2020
Alors le voilà enfin, le grand favori des Oscars ! Le dernier film de Sam Mendes fait beaucoup parler, et notamment à cause de sa forme, alors commençons par là. Le film fait pile 2 heures et c’est un immense plan séquence. En terme simple, ça veut dire qu’il n’y aucune coupe visible à l’écran, on dirait que c’est tourné en une seule prise. Ce n’est évidemment pas le cas, c’est plus probablement l’assemblage hyper soigné de plusieurs très longs plans séquences. Mais peu importe car le rendu est impressionnant, et à une exception près spoiler: (un blackout)
, je défie n’importe qui de dénicher les coupes ! J’avais déjà été bluffé par la même technique dans « Birdman » et aussi par les très long et inoubliable plan séquence de « Dans ses yeux ».Grace à ce parti pris très audacieux et sans doute très complexe à mettre en œuvre, le spectateur est en apnée pendant 2 heures, la tension ne faiblit jamais et il faut même parfois quitter l’écran des yeux quelques secondes pour tenir le coup. Sam Mendes montre avec « 1917 » une virtuosité dans ses mouvements de caméra que bien peu pourrons lui contester. SI on ajoute à cette performance celle des décorateurs et du directeur de la photographie, on flirte clairement avec une certaine idée de la perfection. La reconstitution des tranchées, celle des villages détruits, des bunkers abandonnés, et surtout du no man’s land sont tellement réussies qu’on en reste presque bouche bée sur notre siège de cinéma. La Grande Guerre n’a pas souvent fait l’objet de film montrant sur toute sa durée la réalité du front, cette réalité qui pue la mort, la vermine, le désespoir. De la même façon, la photographie est clairement aux mains d’experts, avec une scène d’incendie (abominablement) magnifique. La seule chose qui détonne un peu, au cœur de ce concert de louanges techniques, c’est la musique. Elle est très intéressante, la musique de Thomas Newman, qui n’est pas le premier venu, je ne serais même pas contre écouter la BO à tête reposée. Mais dans « 1917 », elle est presque dérangeante tant elle appuie les effets et tant elle est forte et omniprésente. A mois d’en faire presque un personnage du film comme l’avait fait Christopher Nolan avec « Dunkerque », la musique parasite trop souvent les images. C’est le seul et inique bémol que j’adresse à «1917 » sur sa forme car pour le reste, quelle force, quelle virtuosité, quelle audace ! Encore une bonne idée de plus : le casting. Sam Mendes a offert les deux premiers rôles à deux très jeunes acteurs quasi inconnus : Dean-Charles Chapman et George McKay, et il « relègue » les grandes stars comme Colin Firth, Richard Madden, Mark Strong ou Benedict Cumberbatch au rang de seconds rôles, parfois à la limite de la figuration ! C’est là encore très audacieux dans l’industrie du cinéma d’aujourd’hui, mais cela à deux grands mérites. D’abord, cela met la Grande Guerre « à hauteur d’homme » et apporte beaucoup à la crédibilité de l’intrigue. Et puis, cela donne à Dean-Charles Chapman mais surtout à George MckKay l’occasion d’une performance comme ils n’en connaitront pas beaucoup dans leur carrière. Ce dernier notamment aura eu un rôle terriblement physique, éprouvant dans tous les sens du terme et sa performance est impressionnante. L’intrigue de « 1917 », au final, est assez simple, pour ne pas dire simpliste : une mission suicide qui pourrait sauver des centaines de vies, deux jeunes héros qui trouvent en eux des montagnes de courage et d’héroïsme pour l’accomplir, et même (même si ce n’est jamais formulé comme tel), changer le cours de la guerre. C’est sans doute là que réside la petite faiblesse de « 1917 », avoir privilégié la forme au dépend du fond, être resté dans le chemin bien balisé de l’intrigue binaire du « héros seul contre tous ». Du côté de la crédibilité, tant militaire qu’historique, je ne sais trop quoi penser. Je me doute que la Guerre fait ressortir à la fois le pire comme le meilleur des hommes, mais dois-je croire à cette mission terrible ? Historiquement, je ne suis pas assez pointue pour porter un jugement péremptoire sur le film, même si certains détails m’ont fait tiquer, certaines situations m’ont parues énormes, même presque improbables mais pudiquement, je vais passez l’éponge sur cet aspect, faute de certitudes. Reste au final un film indéniablement impressionnant, une plongée aussi rare que terrifiante dans l’enfer de la Grande Guerre, mais aussi presque une « expérience de cinéma » en tant que spectateur. En tous cas, fan de film de guerre ou pas, intéressé par l’Histoire ou non, « 1917 » mérite carrément le déplacement. Mais préparez-vous, n’allez pas le voir la fleur au fusil (sans mauvais jeu de mot), c’est une séance aussi impressionnante quelle est éprouvante !
RedArrow

1 871 abonnés 1 676 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 janvier 2020
À un moment du périple de ce 6 avril 1917 entamé par deux soldats pour prévenir leurs camarades de l'imminence d'une embuscade allemande, ceux-ci font une halte dans un verger de cerisiers abattus où ils se mettent à discuter de l'importante variété d'espèces de ces arbres fruitiers et de leur propension à assurer leur propre survie. La discussion n'a évidemment rien anodine, elle est même en réalité le cœur métaphorique de tout ce qui va animer l'excellence du long-métrage de Sam Mendes.
Ces cerisiers sont les soldats, ces silhouettes identiques par leurs accoutrements et prêtes à tomber sous le feu ennemi afin d'assurer la victoire de tout leur camp. Quant à la multiplicité des espèces évoquée derrière ce terme générique, elle représente les hommes, dans tous ce qui compose la pluralité de leurs identités, de leurs natures complexes derrière l'uniformité militaire exigée.

Dans un premier temps, cette frontière entre l'humain et le soldat va bien sûr se faire sentir chez les deux héros de "1917". Ils sont devenus amis sur le front, ils partagent la même mission cruciale, ils cherchent tous les deux à échapper aux dangers omniprésents de la guerre et ils peuvent même échanger des sourires juvéniles lors d'un rare instant de relâchement. Cependant, leurs histoires respectives ont beau suivre un chemin commun dans le contexte de guerre, il y aura toujours une différence entre leurs ressentis, leurs regards (le film le soulignera de façon géniale dans la première partie) et leurs manières d'appréhender les événements car leurs vécus et les expériences qui les ont définis ne sont tout simplement pas les mêmes. Leurs physiques opposés en sera une des manifestations les plus primaires à l'écran mais, lorsque chacun évoquera ses motivations ou ses doutes sur ce qui l'anime pour mener cette mission à bien, il deviendra clair que leurs spécificités peinent à être gommées derrière un ordre militaire qui voudrait les faire taire.

Toutefois, au coeur de leur mission, leur humanité n'a plus lieu d'être.
L'atmosphère de mort qu'ils sont amenés à traverser condamne de fait toute émergence de leur individualité et de leur humanité. Chaque fois que les deux soldats éluderont cette donne capitale pour laisser entrevoir leurs sentiments, la guillotine de la guerre menacera de s'abattre sur eux et de les emporter. Ce sera d'autant plus clair avec un tournant plus particulièrement tragique du film à mi-parcours, il fera presque office de cruelle illumination pour l'un des personnages : désormais, il devra s'effacer, étouffer tous ses atermoiements personnels afin de garantir la réussite de sa mission.
Ainsi, il ne restera plus que le soldat, celui qui, presque ironiquement, a le rôle de garantir la survie d'un grand nombre d'hommes devant l'horreur de la guerre. Devant chaque rencontre dans sa course qui pourrait le ramener à ses failles, il ne trahira plus rien de lui, se contentant au mieux d'un certain pragmatisme lorsque le danger en sera éloigné mais se laissant guider par une détermination sans faille, parfois même sauvage, quand sa propre vie sera en jeu.

Le sublime (mais faux) plan-séquence dans lequel se mue le propos de "1917" prendra alors encore plus d'ampleur, devenant le réceptacle idéal de la fuite en avant de son héros, celle-ci sera autant littérale par les multiples périls du front que mentale comme si le soldat échappait perpétuellement à l'ombre de l'homme qu'il essaie de faire disparaître.
Dans sa globalité, le choix de mise en scène de Sam Mendes ne se résume donc pas à un simple exercice de style : le tour de force technique est incontestablement là, diablement immersif pour faire déteindre sur nous un sentiment d'urgence permanent (avouons tout de même que notre curiosité cinéphile nous pousse à guetter un temps les astuces de raccords avant de se laisser emporter) et il regorge de passages esthétiquement incroyables, emmenant définitivement "1917" dans les sommets visuels du film de guerre (la partie nocturne est juste d'une beauté démentielle, le travail sur la photographie de Roger Deakins laisse bouche bée à chaque image !) mais tout cela n'est jamais gratuit et ne fait que servir les intérêts de la quête de son héros principal (George MacKay, habité) jusque dans les derniers instants où l'insistance de la caméra sur un des seuls vrais demi-tours qu'il aura effectué au cours de son odyssée aura une portée symbolique d'une densité émotionnelle imparable.

De "1917", avouons que l'on craignait en amont cette aura de film à Oscars qui l'entourait, souvent synonyme d'un académisme certes parfois de qualité mais cherchant simplement à empiler les récompenses sans que l'on y décèle de grande prise de risques derrière... En sortant de cette course effrénée au cœur de la Première Guerre Mondiale, on en vient justement à lui souhaiter cette pluie de statuettes, le film de Sam Mendes s'impose clairement déjà comme un des sommets de cinéma de cette année 2020 et il a déjà toute notre humble reconnaissance de spectateurs pour ça.
lhomme-grenouille

3 615 abonnés 3 170 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 janvier 2020
« Encore un film sur la guerre.
Que va-t-il pouvoir nous raconter qu’il ne l’a pas déjà été ? »
Voilà une idée qui peut facilement surgir dans les esprits lorsqu’on découvre l’existence de ce nouveau film de Sam Mendes : « 1917 ».
De 14-18 en passant par 39-45, Viêt-Nam et Corée, Algérie et Irak, tout a finalement presque dit, expliqué et montré.
Mais justement. C’est peut-être ça toute la force d’un art.
Au fond l’intérêt n’est pas de savoir ce qu’on raconte, mais plutôt de savoir comment cela nous est raconté.
Et pour moi qui avait fini par oublier cette maxime pourtant évidente, Sam Mendes est venu m’adresser une piqûre de rappel.
Que dis-je une piqûre…
Je devrais plutôt parler d’une véritable bombe à fragmentation.

Car si « 1917 » est bien évidemment un film de guerre, il est surtout et avant tout un film. J’entends par là qu’il est un vrai film de pur cinéma.
Kine, c’est le mouvement. Et le cinématographe c’est bien l’art de chercher à écrire le mouvement. Or « 1917 » ce n’est que ça. C’est un film qui n’est qu’un somptueux mouvement, et cela dès la première seconde.

Bien évidemment, cette philosophie du mouvement, elle est indéniablement impulsée parce qui fait déjà beaucoup parler au sujet de ce film : ses très longs plans-séquences. Et c’est vrai que ce dispositif – surtout quand il est réalisé avec autant de virtuosité comme c’est le cas ici – dispose d’un véritable pouvoir pour capter l’attention. Il participe d’ailleurs grandement à cette impression qu’il a suffi d’une seule impulsion initiale – un ordre donné à deux soldats assoupis – pour que soudainement toute une mécanique se mette en branle sans que jamais elle ne puisse s’arrêter.
Et c’est vrai, dans « 1917 », jamais cette mécanique ne s’arrête.
Dès que le film est lancé, il ne s’arrête plus.
C’est un élan continu qui ne cesse de prendre de l’ampleur.

Et quand je parlais d’ailleurs de virtuosité, pour moi elle se trouve dans ce talent là : dans cette capacité à maintenir le mouvement sans fatiguer. A rester dans l’action sans lasser.
Or, toute la problématique qui tourne autour de l’action au cinéma, c’est que celle-ci ne peut prendre d’ampleur que si elle résout des tensions et transforme les enjeux. Une bonne action qui capte l’attention n’est donc pas qu’un simple bougisme mais bien une respiration complexe où il faut savoir enchainer ces différentes phases sans jamais rompre le rythme.
Et si je précise tout cela c’est parce que, justement, tout le talent de Sam Mendes dans ce « 1917 » a consisté de tout imbriquer ensemble : tension et résolution ; action et récit.
Un petit peu à la manière d’un « The Revenant » voire d’un « Mad Max : Fury Road », l’action n’empêche pas le récit ni l’inverse. Bien au contraire. Parce qu’au fond, dans ce « 1917 », action et récit ne forment qu’un.

Parce que l’air de rien, malgré son aspect très tourné vers le « survival », « 1917 » est un film qui raconte beaucoup.
Il raconte notamment beaucoup de choses sur la guerre et sur les gens qui la font.
Avancer aux côtés de Blake et Skofield, c’est d’abord quitter les champs de l’Arrière pour découvrir, strate par strate, l’organisation d’une tranchée anglaise. C’est aussi voir du matériel. Voir des conditions de vie. Voir les pratiques du quotidien.
Les suivre c’est également voir les morts qu’on enterre. Les blessés qu’on soigne. Les ordres qu’on reçoit…

D’ailleurs, le cadre a beau être en permanence en mouvement, ce dernier n’oublie jamais le pouvoir iconique d’une image bien construite. Cette réalisation est une sorte de ballet qui coulisse sans cesse d’un plan riche de sens à un autre, comme s’il entendait davantage faire vivre des peintures plutôt que simplement traverser un espace à toute vitesse.
En cela, cette seule narration par l’image est un vrai trésor tant chaque instant exacerbe les sens. Pas un moment n’est à jeter ou semble traiter par-dessus la jambe.
Chacun à sa singularité et sa force, avec même des passages absolument éblouissants qui, moi, m’ont littéralement scotché à mon fauteuil
( spoiler: Je pense notamment à toute cette séquence nocturne à Ecoust, des ruines éclairées aux flairs à cette place du village rongée par les flammes et où l’on croise parfois par malheur quelques spectres allemands semeurs de morts, tout cela m’en a vraiment foutu plein les yeux.
)

Mais « 1917 » parle également.
Et bien évidemment, quand il parle, il raconte aussi.
Mais là encore, la parole se fait toujours en mouvement.
Et quand certains se risquent à s’interposer, ils sont très vite écartés.
Ces mots qu’on entend sont certes des ordres, des consignes, des directives, des objectifs. Mais ils peuvent être aussi des remarques qui viennent graviter tout autour de cela.
Quand par exemple l’officier des York donne ses indications pour traverser le no man’s land, il évoque des odeurs, des anecdotes, des dangers. Tous ces éléments ne sont que des briques supplémentaires rajoutées à l’édifice narratif. Encore un peu plus de neige qu’amasse cette boule qui dévale cette grande pente.
Et l’air de rien, en deux heures de temps, « 1917 » va avoir le temps de nous en montrer et de nous en raconter des choses. Lignes anglaises. Lignes allemandes. No man’s land. Fermes abandonnées. Communications détruites. Villages occupés. Civils désœuvrés. Combats au sol. Combats aériens. Combats d’artillerie.
Et tout ça, donc, dans un seul et unique mouvement…

Un mouvement qui tient parce toutes les phases sont savamment imbriquées les unes dans les autres. Pendant qu’on résout une tension, on amorce en même temps celle de la phase suivante.
Un mouvement qui tient aussi parce qu’il ne répète jamais et ne revient à aucun moment sur ses pas. (sauf peut-être à la fin, mais de cela on n’en reparlera un peu plus loin.)
Et en plus de la variation des lieux c’est aussi en termes de variation de séquences que ce « 1917 » parvient à travailler son enrichissement permanent. Traversées discrètes. Fouilles. Fuites. Traque. Planque. Perdition. Recherche. Confrontation avec l’ennemi. Confrontation avec les siens… Chaque situation a son propre rythme et sa propre tension. Et bien sûr Sam Mendes a poussé l’excellence jusqu’au fait – logique mais tellement peu appliqué de nos jours – de graduer tout cela pour que s’opère un magnifique crescendo.
Aussi faudra-t-il attendre la toute fin pour assister à une vraie grosse scène de bataille. (Et tant mieux !) Tant mieux parce qu’en attendant Sam Mendes nous a appris à sentir, à voir, à regarder tout cela avec distance, à hauteur d’humains, avant que l’accomplissement final ne s’abatte sur nous.

Autant vous dire que rien qu’avec tout cela, ce « 1917 » m’avait déjà pleinement conquis, mais en plus il a fallu qu’il fasse ce choix de se conclure ainsi :
spoiler: Tout s’arrête une fois les missions de Skofield accomplies. Il a empêché un assaut meurtrier sans pour autant empêcher les suivants. Il a réussi à sauver un Blake mais au prix d’un autre. Accablé, mitigé entre le sentiment du devoir accompli et l’impression de profonde inutilité de son action, il retourne, épuisé, au pied du même type d’arbre que celui au pied duquel on l’avait réveillé en tout début de film. Il s’assoit alors face à un champ de fleurs qui rappelle lui aussi beaucoup celui de l’introduction, et alors il médite, le regard perdu dans le vide. Retour au point de départ. Rien n’a changé. Si ce n’est deux choses. La première c’est qu’ils sont désormais deux fois moins au pied de cet arbre. La deuxième c’est que désormais, Skofield veut rentrer chez lui et retrouver les siens. Ecran noir là-dessus.


Et là, d’un seul coup, j’ai pris conscience d’une chose.
Au fond ce film ne s’est pas contenté de nous parler d’une journée de la Première guerre mondiale. Son mouvement, en fait, traduit ce qu’a été toute cette guerre en son entier.
Finalement tout est résumé par les paroles du colonel MacKenzie / Benedict Cumberbatch : spoiler: « Aujourd’hui je reçois un ordre pour me replier. Mais je sais que dans une semaine j’en recevrais un autre pour repartir à l’assaut. »

Tout s’arrête, mais ce n’est que provisoire. Tout ça reprendra. Sans que ça ait pourtant plus de sens.
Quel plus beau choix d’ailleurs pour illustrer cela que l’année 1917.
1917 c’est l’année la plus meurtrière. C’est l’année de l’enlisement et des mutineries.
C’est l’année où on sait que la victoire se jouera à l’épuisement. Au « last survivor »…

En cela, pour la richesse qu’il offre sur la Première guerre mondiale, « 1917 » se pose comme un chef d’œuvre. Une pièce unique.
Et dire qu’au moment d’apprendre la sortie de ce film je marmonnais encore :
« Encore un film sur la guerre.
Que va-t-il pouvoir nous raconter qu’il ne l’ait pas déjà été ? »
Eh bien désormais j’ai ma réponse.
Il ne m’a rien raconté de nouveau, c’est vrai.
Mais par contre, dans la manière dont il me l’a raconté, là, pour moi, c’est tout simplement du jamais-vu.
Comme quoi, au cinéma, il y a toujours moyen d’inventer, de surprendre et d’émouvoir.
Mais pour cela, encore faut-il savoir maitriser cet art gracieux qu’est celui « d’écrire le mouvement »…

Mais bon… Après ça ne reste que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 658 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 janvier 2020
Le feu irradie un champ de ruines urbaines qu’il tire de sa nuit profonde pour, l’espace de longues minutes, en faire un théâtre de spectres, une zone intermédiaire entre rêve et réalité où la peur intérieure du protagoniste principal s’extériorise, s’incarne par la lutte à mort entre lumière et ténèbres. Sous ces ruines en feu, l’ébauche d’une famille un temps recomposée : le soldat devient père, la femme trouve un mari, le bébé une figure réconfortante. La maison familiale brûlait également dans Skyfall, emportant au gré des vents les souvenirs d’un passé aussitôt ressuscité aussitôt désintégré. Cette même scène symbolique intervient à un moment-pivot du dernier long-métrage de Sam Mendes ; et à partir de cet instant, l’exercice de style cède le pas à l’art, la technique virtuose atteint la grâce tant attendue, la démonstration meurt et renaît en jaillissement imagogène. Le film est un phénix. Les fragments d’existence deviennent les véhicules d’une mémoire à entretenir : les lettres, les photographies déchirées ou maculées de sang, les médailles, les bagues, les mots : il faut transmettre, il faut survivre pour transmettre, et permettre ainsi à ceux qui ont péri de voir leur récit amorcé. L’Histoire ne s’écrit que par les vivants à partir de la douleur des morts. 1917 pourrait en ce sens s’apparenter à un lent et périlleux sauvetage de la mémoire, contrainte de s’embourber, de se couvrir de poussière et de cendre, de risquer l’immédiateté de son présent pour, après tant d’efforts, après le hasard affronté au corps-à-corps et la mort soutenue du regard, atteindre le militaire puis le frère, leur annoncer le repli. Repli des forces armées. Repli d’un cœur qui devra continuer sa course sans celui pour qui il avait l’habitude de battre. En rendant hommage à son grand-père, Sam Mendes brosse un portrait à la fois terriblement réaliste et profondément poignant de la Première Guerre mondiale, sujet certes rebattu mais auquel le cinéaste parvient à transférer ses thématiques, à imposer sa palette d’artiste pour mieux en proposer une déclinaison personnelle. Sa réussite, il la doit toutefois davantage à sa seconde partie – celle qui succède à l’écran noir – qu’à sa première. Car le choix d’un seul et unique plan-séquence plonge d’emblée le spectateur dans un microcosme au réalisme saisissant mais qu’il sait faux ; d’où cette curieuse impression d’être embarqué dans une attraction digne du Futuroscope. La guerre comme si vous y étiez. Une heure. Accrochez-vous. Un cheval mort, non deux non trois. Des rats. Croisière parmi les cadavres, partout. La fluidité du plan-séquence doublée d’une absence de montage – plan-séquence oblige – rend suspectes toutes les interventions qui perturbent notre duo de tête. On admire la chorégraphie, virtuose, mais on se dit que la technique manque son objectif, à savoir se faire oublier pour donner à vivre la réalité des tranchées. Et si le souffle est coupé, si l’air vient à manquer, ce n’est finalement pas tant à cause des horreurs représentées qu’à cause de la représentation elle-même, cette longue déambulation dont on ne cesse de se demander comment elle a pu être réalisée. Il ne saurait y avoir de virtuosité que par la confrontation d’un procédé rare – et donc voué à porter le virtuose – avec une grammaire traditionnelle par ailleurs connue et respectée. Que deviendrait le sublime de la phrase excessivement prolongée de Belle du Seigneur si ce procédé dépassait l’échelle du chapitre pour gagner l’entièreté du texte ? Ce qu’il se passe, justement, dans la première partie de 1917 (soit avant le coup et l’irruption dans la nuit) : l’excès de grandeur qui empêche aussitôt le naturel et donc le sublime de naître. Avec la nuit naît le miracle. Le plan-séquence finit par se faire oublier, et la magie opère enfin. 1917 s’affirme alors comme une fresque intimiste des plus admirables : depuis le camion de soldats s’observe le sentier de la perdition si cher à Sam Mendes, cette baraque isolée qui laisse voir ses meurtrissures derrière un long chemin en ligne droite. Nous nous raccordons à ce foyer en feu, à la mémoire que ce dernier menace de faire disparaître. L’image en guise de clausule sonne comme un cri d’espoir tout autant que comme le constat tragique d’une violence destinée à se répéter encore et encore. La boucle se referme sur elle-même, et il suffirait de relancer le film pour redémarrer le martyre d’une humanité à bout de souffle, mais que les bribes d’espérance maintiennent en vie. Dès lors, 1917 transcende son statut de film de guerre pour atteindre celui de la tragédie, d’une tragédie contemporaine à visionner de toute urgence dans les salles de cinéma munies, de préférence, d’un grand, d’un très grand écran.
Hollywood-Biographer
Hollywood-Biographer

236 abonnés 1 533 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 janvier 2020
Avec ce film donnant l'illusion du temps réel, Sam MENDES réinvente l'art de filmer la guerre et propose une expérience de cinéma viscérale, doublée d'un hommage aux combattants de la Première Guerre mondiale. "1917" est une aventure épique et tumultueuse, brillante et captivante, racontant la mission suicide de deux soldats britanniques au cœur des tranchées. C'est poignant et techniquement époustouflant. Il vibre ici quelque chose d'intensément personnel. Une émotion que le réalisateur a reçu en héritage de son aïeul, et qu'il transmet à son tour avec maestria. Sam MENDES évite le piège de l'héroïsme belliqueux du cinéma de guerre patriotique et sanglant, car "1917" nous apprend que le plus beau des combats est celui pour sauver l'homme. Le talent des deux jeunes acteurs principaux, la photographie de Roger DEAKINS et la musique de Thomas NEWMAN y sont pour beaucoup. C'est une idée géniale que d'avoir confié le premier rôle d'un tel spectacle à ce visage à la fois familier et encore peu identifié par le grand public. Comme si ce jeune homme nous était à la fois inconnu et très proche. Grâce à son visage, George MACKAY parvient à dire en un regard la terreur et l'effroi, mais aussi la détermination et la bravoure. Avec DEAN-CHARLES, les deux jeunes héros ont des allures de révélations.
Bruno François-Boucher
Bruno François-Boucher

125 abonnés 164 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 janvier 2020
Très, très beau film. Une immersion aux portes de l'enfer, une sorte de poème lyrique sur l'absurdité de la guerre dont on ressort soufflé tant l'intensité dramatique demeure intacte durant les deux heures de projection. La caméra accomplit une traversée époustouflante, 70 ans après '' La corde'' d'Hitchcock qui fut le premier à utiliser l'illusion de tout un film en plan séquence. En opposition à tout effet de style, ce procédé ici totalement justifié nous prend à la gorge pour accompagner le point de vue en temps réel du personnage principal au fur et à mesure que les événements se présentent à lui. Un tour de force qui donne au film une empreinte saisissante, très loin des blockbusters et des films de guerre traditionnels. Au milieu des décombres, des morts et des charniers, certaines séquences sont plus proches du cinéma de Wajda que des ''Sentiers de la gloire'' ou du "Soldat Ryan" comme on a pu le dire. C'est du très grand cinéma, d'une profonde humanité, porteur d'un message sur la folie des hommes qui fait écho à la période que le monde traverse actuellement.
Cinemadourg

906 abonnés 1 784 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 janvier 2020
Avril 1917, en pleine guerre des tranchées, deux soldats anglais se voient confier une mission quasi suicide censée sauver la vie de centaines d'alliés, dont le frère de l'un d'entre eux.
La réalisation est simplement grandiose !
Le réalisateur Sam Mendes marque les esprits de tout son talent avec cette oeuvre présentée comme un seul plan-séquence de deux heures !
L'énorme point fort est donc bien évidemment le côté immersif totalement hallucinant, on ne regarde pas un film, on vit cette mission en temps réel en même temps que ces deux militaires.
Léger revers de la médaille : suivre l'action en temps "humain" sans aucune coupe ou aucun raccord donne certes un aspect hyper réaliste à tout l'ensemble, mais propose également quelques moments un peu plus "creux" et moins intenses, si l'on peut vraiment oser parler de "creux" en évoquant une excursion périlleuse en terrain ennemi.
La copie finale est tout de même brillante, la beauté de certaines scènes couplée à l'horreur et l'absurdité de la guerre font de ce drame un moment cinéma intense et puissant.
Percutant !
Site www.cinemadourg.free.fr
Xavier d
Xavier d

12 abonnés 266 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 janvier 2020
Époustouflant ! le jeu des acteurs, la réalisation, le montage en 2 (faux) plans séquences, la bande son, l'histoire simple et traitée avec une grande justesse. On pouvait craindre une production hollywoodienne à grand spectacle et pas forcément fine, c'est tout l'inverse, une belle surprise.
À Crocs D’Écrans
À Crocs D’Écrans

218 abonnés 1 114 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 31 janvier 2020
Après avoir réalisé les derniers James Bond, Sam Mendes revient sur le registre de la guerre qu'il avait quitté en 2005 avec Jarhead la fin de l'innocence. Il tente une réalisation assez rare parce que fastidieuse, celle du plan-séquence. L'effet est plus que réussi: rares sont les films aussi immersifs, on est à l'échelle humaine, au plus près du réalisme, c'est captivant. Bravo aux acteurs, surtout à Georges MacKay et Dean-Charles Chapman, qui nous guide presque tout le film dans ces tranchées. C'est sale, glauque, dur, les moments de tension sont prenants, c'est vraiment réussi. On ne voit de ce fait aucun plan d'ensemble, pas d'horizon, pas de vu sur ce qui va venir, on a la tête dans la boue, mais ça n'empêche pas les images d'être vraiment travaillées et certains moments sont très beaux visuellement. Bref, ce film est clairement une réussite, il offre une authenticité rare, incontournable pour tous fans de film de guerre !
m_queen
m_queen

251 abonnés 1 243 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 janvier 2020
Boue, barbelés et cadavres sont au 1er plan dans cette très réaliste reconstitution de la guerre de 14-18. 2 jeunes comédiens inconnus tiennent le devant de la scène pendant les 2 heures du film. Ils sont bons. Le spectateur ressent bien les souffrances et les privations qu'ont enduré les soldats pris dans ce cataclysme. C'est puissant
traversay1

4 481 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 janvier 2020
Inutile de gloser à l'infini sur les prouesses techniques de 1917, elles sont réelles, particulièrement impressionnantes dans les tranchées et sur le champ de bataille. Mais la satisfaction pour le spectateur, à moins de ne s'intéresser qu'à la virtuosité de la mise en scène, est bien évidemment à chercher ailleurs et principalement dans ce que Mendes a entrepris de nous raconter à propos de la Grande Guerre, avec les yeux de deux conscrits britanniques à peine sortis de l'adolescence, comme l'étaient la plupart des protagonistes de ce premier conflit mondial. Au fil du récit de 1917, il y a beaucoup de figures imposées qui ne témoignent pas d'une originalité folle (la mort d'un camarade, la rencontre d'une "autochtone", le duel avec un ennemi ...) et ressemblent presque à un "best of" des scènes à faire. C'est donc un scénario assez classique, avec un bon suspense pour donner un sens à la mission de départ : tout est compréhensible et bien balisé. Cela fonctionne tout de même parce que Mendes donne une vision réaliste et moderne, a posteriori puisque plus d'un siècle après, qui complète assez bien la filmographie abondante liée à la première guerre mondiale. Ce n'est pas la même intensité que dans Les croix de bois de Raymond Bernard (1932), mais l'idée reste la même : décrire la folie humaine dans toute sa "splendeur" et le sacrifice de toute une génération. 1917 montre peu la vie dans les tranchées et le quotidien des poilus mais entend raconter une expérience individuelle et symbolique, traversée par une palette très large de sentiments. Certains diront le film n'a pas de point de vue et ce n'est pas tout à fait vrai puisqu'il est en l'occurrence celui de simples soldats qui doivent assurer leur survie et obéir sans rechigner aux ordres avant de penser à la compétence de leurs chefs où de l'absurdité de la guerre. 1917 a été une année marquée par des mutineries mais ce n'est pas l'objet du film auquel il ne faut pas demander d'être le long-métrage définitif sur un sujet qui comme la guerre mondiale suivante n'en finira pas de sitôt d'alimenter les scénarios. Tel quel, sans prétendre au chef d’œuvre, 1917 a suffisamment à offrir en matière de bon cinéma pour ne pas se montrer déçu, en dépit d'une attente amplifiée artificiellement par les puissances du marketing roi qui tente de nous faire croire presque chaque semaine que le film du siècle va sortir.
sameplayerparis
sameplayerparis

50 abonnés 174 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 19 janvier 2020
Aucun intérêt, en dehors de l'exploit -relatif- du fait que ce film de 2 heures consiste en deux plans séquences. Sinon, c'est longuet, avec un scénario minimaliste totalement plat. On se croirait par moment dans les Aventuriers de l'Arche Perdue, le héros s'en sort toujours, enseveli, flingué à bout portant, à moitié noyé, et pourtant même pas décoiffé! La reconstitution historique est ratée: les "poilus" sont tous des têtes de bambins rasés de frais, on voit quelques soldats noirs et en turban histoire de donner un parfum d'empire britannique, alors que les régiments de la guerre 14-18 étaient tout sauf mixtes, bref une production à l'américaine pour des publics "familiaux" bas de plafond. Une perte de temps.
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