Malgré des retours presses déjà mitigés… On passe un agréable moment. Certes nous sommes dans une approche très comics de l'héroïne et James Gunn ne s'en cachait pas quand il a repris les rênes du DCU !
Le film s’inscrit dans une veine de space opera plus intime, où l’aventure cosmique sert surtout à mettre en avant la solitude, le deuil et la force de caractère de Kara Zor-El. Adaptée de Supergirl: Woman of Tomorrow, cette version de l’héroïne privilégie une tonalité plus mature, avec un imaginaire SF foisonnant et des rencontres extraterrestres qui enrichissent son parcours.
L'une des qualités du film réside dans sa capacité à faire cohabiter l'extravagance visuelle du comic book et une réflexion plus humaine sur la perte. Derrière les créatures extraterrestres, les mondes improbables et les séquences d'action se cache avant tout le portrait d'une survivante. Kara Zor-El avance dans un univers où plus rien ne semble véritablement lui appartenir. Son voyage n'est donc pas uniquement géographique, il devient émotionnel. Chaque étape semble rappeler l'absence d'un foyer disparu et la difficulté de se reconstruire lorsque l'on a vu son monde s'effondrer.
La bande annonce révélait déjà la différence entre Superman et Supergirl : Lui voit le meilleur en chacun, elle perçoit la vérité !
Mais progressivement, on comprend que les promesses de ses parents d'être un guide, d'être porteur d'espoir (le fameux S) et surtout faire les bons choix pour choisir le bien. On finit par dire qu'elle n'est pas douce, mais bienveillante. Là où Kal-El fait du bien une vérité et un dogme, sa cousine, en fait une forme de morale plus empirique ! On a ici une lecture plus pragmatique : un dieu doit-il être juste ou bon ? Impartial et parfait ? Supergirl n'est pas parfaite, mais agit selon la nécessité du moment et aussi un regard bienveillant : elle défend les plus faibles, le concret et la vérité, non un idéal. Elle retire la pression sur les épaules, on ne doit pas être parfait, mais on doit faire ce qui est juste pour les autres et envers nous même !
Cette approche donne au personnage une profondeur inattendue. Là où beaucoup de récits de super-héros reposent sur des figures exemplaires, Supergirl préfère montrer une héroïne en apprentissage permanent. Elle doute, elle se trompe parfois, elle agit sous le poids de ses blessures, mais conserve malgré tout un sens aigu de la justice. Cette vulnérabilité la rend paradoxalement plus accessible et plus proche du spectateur.
La musique participe également à cette construction psychologique. Les morceaux rock et punk traduisent son indépendance, sa colère et son refus des cadres imposés, tandis que des chansons plus mélancoliques révèlent les blessures qu'elle dissimule derrière son assurance. La bande originale agit comme une autobiographie émotionnelle. Elle accompagne moins les affrontements qu'elle ne raconte les failles du personnage. Chaque chanson semble exprimer ce que Kara ne verbalise jamais totalement.
Finalement, Supergirl n'est sans doute pas le grand choc cinématographique que certains espéraient, mais il possède une sincérité et une personnalité qui lui permettent de se distinguer. Et puis, il faut reconnaître une chose : lorsque Kara finit enfin par embrasser pleinement son héritage, l'émotion fonctionne. Pour conclure, on aimerait mettre dans cette playlist Parce qu'on vient de loin de Corneil et Let Me Fly de Matt Matteo... c'est parfait et en alignement avec la BO. En somme, Supergirl est un bon film de Super héros en devenir, elle met 1h24 à enfiler le costume, mais quand elle le fait, elle lui fait honneur et incarne réellement la valeur du S !