2342 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
150 critiques spectateurs
5
34 critiques
4
46 critiques
3
24 critiques
2
22 critiques
1
14 critiques
0
10 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Jade Lisa
10 abonnés
254 critiques
Suivre son activité
4,0
Publiée le 17 avril 2020
Mélancolique, métaphysique, étrange, ce film sombre se voulant lumière, transporte dans un ailleurs et nous conte le cheminement intellectuel et les désirs d'un ange prêt à abandonner ses ailes pour goûter aux plaisirs terrestres. La mise en scène très soignée, bénéficie de l'interprétation fine de Peter Falk, de Bruno Ganz, et de la grâce de Solveig Dommartin.
Un film pas banal du tout mais à voir. Les acteurs sont tout simplement géniaux, avec un rôle pour l'attachant Peter Falk. Avec un scénario hors du commun, Wim Wenders signe un film poétique qui traite de nombreux sujets difficiles comme la mort, l'abandon, le désir.. sans jamais ne s'éparpiller! L'idée de l'alternance entre le noir/blanc et les couleurs est une idée excellente. Voilà une oeuvre métaphysique hors du commun!
Conte poétique signé Wim Wenders, "Les Ailes du désir" nous raconte l'histoire d'un ange qui tombe amoureux d'une mortelle et qui devra faire le choix entre le monde des humains et celui de leurs anges gardiens invisibles. Ce film au rythme lent (parfois trop, certaines scènes sont étirées inutilement sans qu'une émotion ne s'en dégage) a reçu le prix de la mise en scène à Cannes. Il y a beaucoup de très bonnes idées et la plupart sont bien exploitées, à l'image de la vision des anges sur terre en noir et blanc, car ils ne peuvent pas ressentir les émotions humaines comme le décrit si bien Peter Falk, alors que la vision des humains est en couleur. La vision de Berlin juste avant la chute du mur est magnifique, et cette œuvre poétique est une belle ode à la beauté de la vie. Les interprétations sont excellentes. C'est tout simplement un beau film, simple et complexe car cette œuvre nous fait réfléchir et poser pleins de questions. Un beau film.
Un véritable petit bijou sur un ange déchu jouant son bourreau des coeurs sur une pellicule délicate, pleine de retenu, qui embrasse le côté mystique de l'amour surmontant la foi d'un de ses symboles. Une trame que Wenders ne cessera d'explorer tout au long de sa filmographie mais qui ne sera jamais aussi bien représentée que dans ce film. Une oeuvre forte, intelligente, dont l'homme reste le pivot incontestable de cet ingénieux cinéaste allemand.
3 ans après "Paris Texas", Wenders sortait un nouveau chef d’œuvre ! Un de mes préférés dans sa filmographie! Noir et blanc somptueux, superbes vues de Berlin, scénario travaillé et très original. Et idée géniale de voir Peter Falk en ange Columbo... Et surtout, ce film m'a permis de découvrir Nick Cave et ses Bad Seeds, qui depuis ne m'ont jamais quittés, vu que j'ai toute la discographie du grand Australien... On n'entend plus trop parler de Wim Wenders ces dernières années, mais force de reconnaitre que c'était un grand réalisateur !
C'est particulièrement dommage. Le synopsis se révèle intéressant, tout comme le casting. Mais le film se pète la gueule dès le début. On assiste pendant une heure à une déambulation dans Berlin en écoutant des personnages raconter leurs peurs, problèmes et rêves. A part ça, il ne se passe rien. Le film ne débute vraiment que lorsque Damiel rencontre Marion et où, enfin, il y a un peu de jeu de la part des acteurs, un minimum de mise en scène et de vie. Je dis bien "un minimum" parce que ça reste long et ennuyeux. Les dialogues sont invraisemblables, je ne sais pas comment ils ont pu être validés, mais personne ne parle comme ça... Que ce soit les pensées intérieures des personnages ou la discussion entre Damiel et Marion, c'est impossible d'y croire. L'ambiance est assez vide et n'apporte pas grand chose. Certes, avec l'arrivée des couleurs, on ressent le changement de Damiel, ses sentiments et son amour pour Marion, mais il est présent depuis le début de l'humanité, il erre et surveille tout depuis le premier homme et d'un seul coup, il veut tout quitter. C'est très mal amené, il n'y a pas de transition, pas de doutes au niveau du personnage. Et même lorsque le scénario avance on s'en contrefiche. Cette histoire aurait pu être intéressante si les personnages étaient mieux écrits, si les anges faisaient des choses concrètes (à part aider un type qui ne va pas bien, ils déambulent juste dans la ville, ils n'ont rien à faire ?), si la mise en scène, les dialogues et le jeu d'acteur nous faisaient rentrer dans le film, cela aurait pu être excellent. Mais non, on se retrouve avec un film qui se prétend sentimental avec une histoire grotesque au possible, un film sans aucun effort. Il y a une suite, mais ce sera sans moi.
Un film d'une vérité touchante, sommet du romantisme. Il met en scène la vie, simplement, avec maestria. Vous ne regarderez plus le monde de la même façon après cette hymne.
Peut être le plus grand film de tous les temps. Ce film est un chef d'oeuvre porté par Bruno Ganz, Peter Falk et cette musique tellement grandiose...Fabuleux film !
Trois ans après le sublime « Paris, Texas » Wenders qui décidément se sent pousser des ailes sort ce film profondément humain qu’est « Les ailes du désir ». Du scénario cérébral ressort une profonde réflexion qui allié à une mise en scène (primé à Cannes) magnifique ramène à l’essence même de l’homme. Les dialogues très philosophiques constituent l’emballage d’une œuvre qui à pour fil conducteur une histoire d’amour. Le désir y est la clef du coffre des tourtereaux en devenir. Le film bouleverse par sa poésie et illumine par son esthétique. Wenders et son directeur photo Henry Alekan film à merveille Berlin et effleure la perfection dans ce domaine de Manhattan de Woody Allen. L’histoire devient d’autant plus touchante puisque le spectateur peut capter les sentiments des personnages mais également l’ambiance du Berlin d’avant la chute du mur. Ultime aboutissement de l’œuvre et symbole d’une alchimie parfaite entre fond et forme, le jeu des couleurs. En effet, Wenders invite le spectateur à côtoyer la vision du monde des anges avec un superbe noir et blanc reflétant un monde sans conflit mais aussi sans saveur. Pour l’Homme, l’image devient coloré, le monde imparfait mais plus gouteux. Pour ceux qui pénètreront dans l’œuvre des ailes leur pousseront dans le dos, ils s’élèverons et gouterons par moment à ce qu’on appelle un moment de cinéma. Vous savez celui ou le temps n’existe plus.
Certainement mon film préféré, cette aventure douce et rêveuse, poétique et romantique. La sensibilité est partout, dans les images, les couleurs, les paroles, les mouvements. La surprise est sans pareille, que ce soit auprès de l'ange Damiel, de la trapéziste française ou de l'acteur américain, le message est clair et posé : qu'est-ce qui peut donner envie de vivre ? A côté de cela, la déchéance de la culture est montrée... Wenders a eu l'oeil vif, il a su placer la caméra où il faut, pour toucher un public dans un Berlin tangeant de l'avant-chute du mur. Magnifique.
Un film qui pour moi porte l'âme, aux frontières des émotions, une poésie toute en finesse qui survole la citée des hommes. Un ange, un ange qui aime, qui préfère, qui déguste les saveurs d'une vie terre à terre, ce qui paradoxalement l'élève à nouveau, vers d'autres cieux ! L'une des beautés de ce film c'est son aspect, son visuel, esthétique et coloré, une force de l'image portée par une histoire touchante, vraiment bien.
Le plus merveilleux dans ce joyau de poésie, c'est qu'il peut être compris différemment par chacun d'entre nous. On sent d'ailleurs un envoutement magique, comme si le jeu des acteurs n'était plus qu'un détail anodin. Un long poème de deux heures, luisant de philosophie existentialiste, brillant de lyrisme et jetant sur ce bas-monde un œil de puissante vérité. C'est là un pur chef d'œuvre.
Ce film est d'une beauté incroyable, la poésie y est omniprésente. Wim Wenders signe ici une oeuvre dont la réalisation est parfaitement soignée comme le prouve l'alternance aisée entre le noir et blanc et la couleur, et qui frappe par son caractère profondément mélancolique bien qu'un bon nombre de passages soient assez joyeux. Les personnages de Daniel et de Cassiel sont magnifiques de même que la musique. Mais ce qui frappe le plus le spectateur, c'est la ville de Berlin qui est présentée ici comme une entité quasiment vide et encore marquée par les stigmates de la 2nde Guerre Mondiale. Une expérience unique à conseiller à tous cinéphiles.
«Dans l'espace plus vide ressemblant à l'air, l'archange balance ses ailes déployées, pour contempler de loin et à loisir le ciel empyrée: si grande en est l'étendue qu'il ne peut déterminer si elle est carrée ou ronde. Il découvre les tours d'opale, les créneaux ornés d'un vivant saphir, jadis sa demeure natale» (John Milton, Le Paradis perdu)
Un des anges gardiens veillant sur l'existence des Berlinois est irrésistiblement attiré par leur incarnation, leur finitude et décide de se faire homme. C’est ce sujet si commun depuis l’Antiquité des immortels enviant les mortels qui est repris par Wim Wenders dans Der Himmel über Berlin. Si nous n'étions ces «êtres vers la mort» dont parle Heidegger, si nous n’avions la certitude que tout aura un jour une fin, comment pourrions nous tant jouir de ces choses terriblement simples qui nous emplissent d’une infinie félicité : la joie d’entendre une aventure passionnante, le plaisir de découvrir combien nous sommes doués dans une activité insoupçonnée, la chaleur dont nous emplit une gorgée de café par une matinée glaciale d’hiver ?
Comme beaucoup d’autres films de Wim Wenders (Perfect Days en particulier), celui-ci est une ode sublime à la simplicité. Car nous humains avons cette chance immense, bien trop souvent oubliée, d’être à la fois esprit et corps (et pas seulement cette substance pensante déconnectée de toute réalité physique à laquelle nous a réduit Descartes). Et en effet il n'existe point de joie supérieure à celle de sentir à quel point nous sommes vivants. C’est donc en redevenant pleinement êtres de chair dans toute leur fragilité et leur imperfection que nous accédons à un bonheur que dieux et anges ne pourrons jamais connaître. Les hommes à qui l'immortalité fut proposée ne l’ont-ils d’ailleurs pas refusée ou ont regretté leur choix dans le cas contraire ? Wim Wenders, philosophe de la simplicité, nous rappelle donc combien nous sommes chanceux d’être capables d’éprouver la joie, la tristesse, la colère, le remords, l’amour, de pouvoir goûter à la chaude caresse des rayons du soleil, à la brûlante morsure du froid, à l'incandescente moiteur des lèvres qui nous embrassent, même à la saveur salée de notre sang encore tiède qui s'écoule d’une plaie, bref tous ces instants qui nous font penser à cette phrase qui seule finalement compte : nous sommes vivants.