Bon, on admettra que les intentions sont bonnes. partager les difficultés d'un monde économique, celui du paysan...Mais après tout est assez lourd, que ce soit le jeu de Guillaume Canet, beaucoup de désinvolture là où il aurait fallu de l'angoisse..Je peux vous dire pour l'avoir vécu chez un ami, que le regard d'un agriculteur en proie au suicide et alcoolique n'est pas rêveur comme celui de Canet allongé sur son lit. Qu'il ne glisse jamais un mot d'humour quand sa ferme est en péril. Il y a dans le film pas mal d'incohérences de ce type, même si les détails dans l'ensemble sont crédibles . mais Le film hélas, est dans un registre téléfilm populaire, plus pour TF1 que pour un cinéphile...c'est un peu la déprime pour les nuls, spoiler: même si la scène du suicide vous
noue la gorge, on en demande pas tant (à éviter pour les âmes sensibles d'ailleurs) , voilà un bilan mitigé pour un film qu'on a peut être trop encensé, à vous de voir.....
Après le succès public et le buzz autour du film, je m'attendais à autre chose. Même si le sujet et le récit sont édifiants (histoire vraie de la famille du réalisateur), je me suis ennuyé et trouvé cela pas très bien fait. Pour moi, il ne se dégage aucune émotion. Les acteurs sont bien, sans plus, mais Guillaume Canet en paysan je n'y ai pas cru. Seuls Rufus et le jeune Anthony Bajon (nommé aux César en révélation masculine) tirent leurs épingles du jeu. Déception pour un ratage donc...
Un bon film authentique et bouleversant. Les acteurs jouent avec brio même si moins convaincu par la prestation de Canet. Le réalisateur s'attelle à la lourde tâche de mettre en scène son destin familial. On comprendra ainsi sûrement le format brut de cette adaptation à ne pas scénariser à outrance. Du bon malgré tout et de bonnes promesses pour la suite
En fait, j'ai l'impression de ne pas avoir vu le film qu'on me promettait c'est à dire sur la vie extrèmement dure des agriculteurs. En réalité, on ne nous décrit pas une descente aux enfers due aux conditions économiques drastiques et inhumaines auxquelles le monde des agriculteurs est malheureusement confronté mais une descente aux enfer due à un évènement isolé qui survient un jour dans la vie du personnage que joue Canet. Je croyais voir un film militant qui aurait décrit, et ce n'est malheureusement pas si courant, l'injustice que vivent ces gens qui crèvent étranglés par les prêts bancaires, par la concurrence des pays emergeants ou d'autres pays comme l'Espagne soumis à une politique gouvernementale moins rigoureuses. Alors oui, on passe un bon moment sans temps mort, Canet joue très bien mais moi qui ait toujours été sensibilisée par la noblesse de ce métier et le courage dont font preuve les agriculteurs qui en quelque sorte nous nourrissent, j'aurais aimé que ce film mettent les politiques devant la rude réalité de ce monde et que ce film fassent bouger les choses.
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3,5
Publiée le 5 février 2020
"Au nom de la terre" s'inspire de l'histoire vraie de son réalisateur qui en profite pour rendre hommage à son père agriculteur tout en mettant en avant les difficultés du métier. Ce n'est pas le premier film qui traite ce sujet, il y a eu de très bons films français là dessus ces dernières années, mais celui-ci est un vrai cri du cœur. En plus de s'inspirer de sa vie, Edouard Bergeon avait déjà réalisé plusieurs documentaires autour du monde paysan, donc il connait très bien son sujet, ce qui se ressent. Le film est très réaliste et les personnages très justes. Une fois passée l'excitation des débuts, la réalité vient vite frapper à la porte pour annoncer une descente aux enfers très brutale. Le film est puissant, dur et nous met un petit coup derrière la tête après sa conclusion qui est très forte. Si le personnage de Guillaume Canet, qui est excellent d'ailleurs, sort logiquement du lot, les autres sont tout aussi importants. Claire, brillamment incarnée par Veerle Baetens, est une femme forte qui soutient son mari, peu importe les décisions qu'il prend tandis qu'Anthony Bajon qui incarne Thomas est probablement celui qui est le plus conscient des choses. Il dit lui-même qu'il n'est pas prêt à reprendre la ferme. Il aime ce métier, mais il sait qu'une fois engagé, il ne pourra plus faire machine arrière. Sans pathos ni fioritures, "Au nom de la terre" fait un constat dur, réaliste et alarmant sur le monde agricole. Le pire est que cette histoire date et est malgré tout d'actualité. Bref, un film bouleversant et particulièrement touchant.
Lui-même fils d’agriculteurs, Edouard Bergeon met en scène avec réalisme le drame de l’endettement programmé des paysans français à travers cette saga familiale âpre et bouleversante avec un Guillaume Canet dans un de ses meilleurs rôles.
Dure réalité.Ce film est d'utilité publique. Il met en évidence la folie et les dérives de l'industrialisation, les dégâts que cela génère sur l'agroalimentaire, sur la santé publique, et sur les exploitants agricoles et éleveurs.
Les producteurs étranglés par les commerciaux et les financiers finissent par perdre leur âme et la raison en acceptant de d'agir contre tout bon sens afin de conserver leur activité.
On réduit la valeur marchande, provoque la surexploitation, modifie l'ordre naturel, pollue, stérilise, infecte, aux noms de l'offre et de la demande.
très bon film avec une excellente prestation de Guillaume Canet. Bravo au réalisateur qui a su dépeindre avec réalisme la souffrance vécue dans ce monde de l'agriculture. 4/5
Il est dommage qu’Au Nom de la terre rejoigne dans sa dernière partie la démonstration d’un lanceur d’alerte tant la justesse de son regard sur la paysannerie contemporaine suffisait non seulement à bouleverser, mais aussi et surtout à faire prendre conscience de la gravité de la situation ici dépeinte. Le contraste entre d’une part l’image colorée et fort bien cadrée qui offre des paysages superbes et d’autre part le désarroi progressif qui ronge l’intériorité de Pierre Jarjeau atteste ce divorce involontaire entre un art de vivre et un marché économique qui l’écrase sous les dettes, les contraintes, les contrats prétendument avantageux. Le personnage campé par Guillaume Canet –imposant Guillaume Canet ! – ne perd pas seulement ses cheveux, il voit sa dignité humaine s’affaiblir à mesure que l’étau se resserre. Aussi le film prend-il la forme d’une transmission impossible voire interdite entre un père qui a tout reçu du sien et son fils auquel il ne veut rien transmettre, sinon un nouveau départ. Prendre la suite, ce serait propager le mal. Et contre cela, déraciner radicalement. Se retourner l’estomac comme on retourne la terre. Un lavement, une pierre, et la famille est saine et sauve. Endeuillée aussi. Au Nom de la terre cultive un fond de détresse humaine pour laisser éclater des séquences d’une noirceur terrifiante, contrebalancée par des couchers de soleil majestueux qui tantôt renvoient à la tranquillité qui règne tout là-haut tantôt trahissent l’indifférence d’un monde à la cause qui pourtant le nourrit. Et cette poésie entravée, minée dans ses entrailles, suffisait à donner à voir et à vivre au spectateur cette tragédie contemporaine. Une poésie des grands espaces qui s’ouvre sur un jeune homme sillonnant une campagne qu’il aime tant et qui s’achève dans le couloir d’entrée, une poésie qui emprunte au passage la texture musicale de Warren Ellis et Nick Cave – la musique fait penser à L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford. Il est dommage, donc, que le film tombe dans l’exercice à thèse lourdement soulignée par la clausule qui, bien que renvoyant à une réalité terrible, témoigne alors d’une perte de confiance en la puissance même du cinéma. Reste une œuvre importante qui a l’immense mérite de placer au cœur de son récit et de son image les campagnes françaises pendant longtemps désertées par le cinéma.
Superbe film très prenant. Les acteurs sont tous excellents. G. Canet mérite un césar pour la justesse de son interprétation. Rufus égal à lui même : excellent ! Anthony Bajon confirme une fois de plus qu'il a tout d'un grand ! Il ira très loin ! V. Baetens : Magnifique elle aussi. Ils sont tous criants de vérité !