Il y a un tour de force dans ce film : c’est la transformation de Charlize Theron pour qu’elle ressemble à la journaliste Megyn Kelly ––bien que ça puisse beaucoup gêner certains (de plus, une actrice n’a pas à ressembler parfaitement au personnage réel). En revanche, la transformation de John Lithgow pour qu’il ressemble à Roger Ailes ne gêne pas du tout, au contraire (allez comprendre !). En tout cas, ce tour de magie demandé au make-up est une réussite (impression 3D des prothèses due à un certain Kazu Hiro). Voilà pour ce détail technique qui n’en est pas un. Pour le reste, ce film aurait été une bombe si le scandale du harcèlement sexuel n’avait pas éclaté en octobre 2017 (avec l’affaire Weinstein et #MeToo). Car l’affaire qu’il relate date d’un an avant et n’avait pas été très médiatisée. Aujourd’hui, évidemment, on connaît une montagne de détails sur ces questions et le film a moins d’effet, mais c’est injuste (car comme le dit un personnage, "attaquer son patron, c’était comme sauter d’une falaise" en 2016 ––Nicole Kidman). Néanmoins, le film est utile parce qu’il raconte les choses par le menu, sans aucune diversion (et la vie privée des personnes publiques captive). Le film est également divertissant parce que les trois actrices jouent très bien ––et parce que John Lithgow joue extrêmement bien (que ne le voit-on davantage !). On ne voit pas le temps passer. Mais est-ce un film exceptionnel ? Ça manque d’émotion. C’est un film américo-américain, dont les scènes et les dialogues fatiguent parfois (surtout dans la première partie) ––en revanche, certaines réparties sont mémorables, genre "quand on veut jouer dans la cour des grands, il faut vouloir jouer avec les grands". La fin du film nous refroidit après qu’il nous a rassuré, puisque finalement le prédateur sexuel n’a pas fait un jour de prison et qu’il a récupéré 65 millions de dollars d’indemnités de licenciement. A.G.
on a beau savoir, c'est bien choquant...Je n'avais rien lu avant d'y aller, même pas fait le rapprochement. Je ne suis pas une critique ascéré mais j'en suis ressortie choquée, bouleversé. A voir absolument.
" bombshell" nommé trois fois au oscar cette année est un biopic convaincant. En effet même si on peut reprocher au film son manque d'émotions celui s'avère passionnant de bout en bout dans cette affaire d'harcelement sexuel qui a défrayé la chronique en 2016 précurseur de l'affaire Weinstein. Belle performance pour le trio actrice Nicole Kidman, Charlize Theron et Margot Robbie qui a valut une nomination au oscar pour la seconde et troisième citées.
Un casting fourni , une histoire vraie dont le sujet est au cœur de la société française mais il manque un peu de tout pour en faire un très bon film , dommage
Je suis allée le voir avec des a priori : un film US dont l'affiche présente trois actrices « bankable », et qui s'inscrit opportunément dans la continuité du mouvement « ME TOO ».
En fin de compte, même si le film est brouillon par endroits, il m'a intéressée.
Il s'inspire d'une histoire vraie : celle de femmes journalistes au sein de la chaîne TV FOX NEWS qui, en 2016 (un an avant l'affaire Weinstein), ont dénoncé le harcèlement sexuel du PDG de la chaîne .
En plus de la répugnante question du harcèlement, ce film montre des femmes qui, pour réussir dans cet univers médiatique, doivent se travestir comme des clowns, à coup de faux seins, de faux cils, de faux cheveux, de mini robes moulantes aux couleurs criardes et de talons qui font mal aux pieds.
Car c'est ce qui plaît aux téléspectateurs de cette chaîne de TV conservatrice qui a contribué à faire élire Trump, ami des dirigeants de la chaîne et par ailleurs connu pour ses propos grossiers et ultra sexistes.
Alors bien sûr, les femmes ont le droit d'être belles, de se faire belles et même de jouer de leur physique, pourquoi pas ? La question, c'est pourquoi sont elles alors considérées comme de vulgaires poupées. Et ont-elles le choix ?
Il y a par ailleurs une vraie zone grise sur la question du consentement : entre les femmes qui acceptent, celles qui se taisent, celles qui refusent et celles qui dénoncent; ce qui est sûr, c'est que la façon dont les femmes sont traitées dans cette entreprise donne la nausée et que lorsqu'elles n'ont pas su ou pas pu dire non, elles ont une image épouvantable d'elles-mêmes.
En conclusion, SCANDALE est un bon film, servi par trois excellentes comédiennes (Charlize Theron, Nicole Kidman et Margot Robbie) qui sont très bien placées pour connaître la complexité et les ambiguïtés du sujet traité.
très belle prestation des 3 actrices. de s'être frottées à un monument et le faire tomber c'est fort. sans argent et sans "carnet d'adresses" elles n'auraient pas été entendues. un film qui pose beaucoup de questions sur le courage de revenir sur des situations dégradantes qui marquent une vie.
Gros casting, mais pas assez de profondeur sur la folie de roger ailes au vu de l'histoire, la serie loudest voice est vraiment mieux, je suis decu du resultat.
Un bon film dénonçant les abus sexuels dans le cadre professionnel, pratique apparemment très courante à la Fox. Une très belle interprétation de Charlize Theron, Nicole Kidman et Margot Robbie.
Le prologue du film nous plonge dans les coulisses d'une grande chaîne de télévision américaine, et pas la moindre puisqu'il s'agit aussi d'un bastion le plus conservateur de l'Amérique et reste donc politiquement très dirigé à droite. Outre le scandale sexuel donc, le film s'engage en filigrane également dans un pamphlet politique. C'est à la fois le point fort du film et son défaut. Sur l'affaire elle-même on constate que les victimes sont montrées avant tout comme des femmes aux dents longues, hyper ambitieuses, prêtes à tout pour réussir ! Et pourtant Jay Roach signe un film passionnant, toujours sous tension avec de vraies prises de risques. Outre les thématiques la mise en scène est inspirée quitte à mettre mal à l'aise le spectateur comme cette scène d'entretien entre Kayla et Roger Ailes où on se pose malgré nous en voyeur. Malgré ses maladresses, ce film reste sincère dans son propos et la violence n'en est pas moins effroyable. A voir et à conseiller. Site : Selenie
C’est un film à l’américaine, et plus spécialement hollywoodien en cela qu’il use de tous les procédés techniques, scéniques et scénaristiques pour mettre en scène de manière grandiloquente un sujet éminemment actuel et de plus en plus brûlant : le harcèlement sexuel . Le fait de jouer avec la grande artillerie n’enlève en rien la nécessité de reprendre effectivement ce genre de débats ( personnellement je préfère la finesse et l’approche subtile de « Nina Wu » ) surtout que le réalisateur le place un peu au-dessus des contingences Allusif ou suggestif dans la dénonciation des faits incriminés, il les resitue dans l’ordre établi d’un patriarcat de droit divin. Une puissance dictatoriale à l’égale des oligarques qu’il protège ou qu’il sert. C’est le petit plus de ce film dont le grand plus revient à un casting quasiment irréprochable. Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Un film en plein dans son époque ! Relatant l'histoire de la chute du patron de Fox News, notamment par le biais de trois femmes (interprétées par Nicole Kidman, Charlize Theron et Margot Robbie), « Scandale » évoque ainsi les cas de harcèlements et d'agressions sexuelles au travail. L'emprise du pouvoir qui avait permis à Roger Ailes de rester dans sa confortable position pendant des années se brise en éclat grâce aux courages de ces femmes, parlant, s'affirmant et combattant cette soumission. La narration est dynamique et on accroche vite au film, nous présentant dès les premières scènes le fonctionnement et les coulisses de cette chaîne de télévision. Les faits sont donc globalement bien retranscrits malgré une fin que j'ai trouvé un peu expéditive. « Scandale » montre ainsi une grande évolution de la liberté de parole des femmes, tout en sachant que beaucoup reste à faire... http://cinephile-critique.over-blog.com
C'est toujours embêtant de parler de film "nécessaire" dès lors qu'il ne s'agit pas d'un documentaire et en évitant de trop l'égratigner à partir du moment que sa cause et ses intentions sont évidemment dignes, voire courageuses. En l'occurrence, Scandale ressemble plutôt à un objet destiné à épouser l'air du temps avec cette culture de l'immédiateté, sans beaucoup de recul, qui est aussi celle des chaînes d'information et beaucoup moins souvent, fort heureusement, celle du cinéma. Le récit de la chute de Roger Ailes, grand pervers à la tête de Fox News jusqu'à juillet 2016, devrait être palpitant et ne laisser aucune place à des interrogations mais, bizarrement, la charge n'est pas si appuyée dque cela dans le sens où on le voit très peu exercer son pouvoir de domination auprès des femmes qu'il invite dans son bureau. Le film expose en long, en large et à travers les accusations portées à son encontre mais ne montre volontairement presque rien de l'humiliation endurée par ses victimes. Pruderie de la réalisation ou peur de procès éventuels ? Toujours est-il qu'il manque au film un scène réellement "choquante", non par voyeurisme mais pour ressentir un peu mieux le côté vil du comportement de ce sinistre individu, pur produit d'un système également, qui perdure depuis des lustres, dans tous les lieux de pouvoir et que le film n'explique pas du tout, préférant le factuel à l'analyse. Scandale tente de dissimuler son manque de profondeur en accélérant parfois le rythme du montage mais est rattrapé par son côté verbeux et sa narration erratique qui essaie de se partager entre trois personnages féminins principaux, interprétés avec une sincère conviction mais où seule Charlize Theron parvient à impressionner. En définitive, le "héros" du film aurait pu ou dû être le grand patron libidineux. What the Fox ! comme titrait un quotidien américain au lendemain de la déchéance de l'abject Roger AIles.
Wow ! Film remarquable sur le harcèlement au travail ! Porté par trois actrices incroyables. Une oeuvre nécessaire qui denonce de façon subtile un mécanisme malheureusement courant. Bravo !