LA traduction française du titre, aux accents raccoleurs (Requiem pour un Massacre, comme si la qualité du film se comptait en litres de sang), est assez peu juste pour ce film; on lui préférera la traduction littérale, "Va, et regarde", qui en dit beaucoup plus sur le fond de l'oeuvre.
Comme le dit si bien ce titre, pas de jugement à l'emporte-pièce: Il faut du temps pour assimiler ce film , au moins quelques heures, quelques jours pour se reprendre du choc qu'on vient de subir.
Ici, pas de héros bravant tous les dangers, ni d'histoire d'amour rédemptrice pour oublier la fureur des combats. Juste la réalité des horreurs d'une guerre.
La réalité? Justement, là est toute la complexité et l'intelligence de ce film: Dans un contexte d'atrocités et d'horreurs pires les unes que les autres, la réalité n'existe pas. Tout n'est que folie, surréalisme, successivement rêve et cauchemar.
Loin des fronts de l'Ouest, les SS déploient leur folie meurtrière sur les villages biélorusses, et là où quelques instants auparavant, tout n'était que vies paisibles et familles enjouées, ne restent plus que cendres et corps mutilés.
On ne verra pas, dans ce film, d'effets spéciaux gigantesques, ou de chars dévastateurs et autres amputés sanglants à la "soldat Ryan", mais la douleur d'un enfant traumatisé par la guerre, et qui s'enfonce dans un marais à la recherche de la mort.
Dans ce monde en guerre, tout a des odeurs de mort et de décomposition.
C'est peu dire qu'on ne ressort pas indemme de ce film.