Pour dire comment va le monde , ce premier film signé Vincent Maël Cardona reprend les fondamentaux de notre passé assez récent, sur les années Mitterrand, et cette transition politique qui nous conduira vers un libéralisme débridé. Philippe surnage au milieu de cette bulle inconfortable, mais tout aussi passionnante pour sa jeunesse qu’il coule auprès de son frère Jérôme qui occupe beaucoup de place. Les radios libres sont encore pirates mais la fratrie prend malin plaisir à inonder les ondes . Avant que l’âge adulte ne rattrape les mauvais côtés du grand frère quand Philippe découvre l’amour et donc la vie. Rien de simple, l’aimée l’est aussi par Jérôme. Le service militaire, les fêtes et la boisson, la famille en charpie , l'apprentissage de la vie aux accents de la grande Histoire. Vincent Maël Cardona conjugue avec adresse l'art de la jeunesse mêlée aux bruissements du monde. AVIS BONUS Une décoratrice, un preneur de son racontent la manière dont ils opèrent. Le réalisateur au festival de Cannes répond au public. Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Le récit d'apprentissage, doublé du portrait d'une époque et d'une génération, est réussi. C'est un concentré de nostalgie avec un souci du détail, du sensoriel, qui doit être bouleversant pour ceux qui étaient adolescents/jeunes adultes dans les années 80. On ressent une recherche permanente de la justesse, une pudeur des sentiments, un refus de l'esbroufe qui sont les bienvenus... Mais le film finit par se perdre entre portrait générationnel et coming of age, se dilate dans sa reconstitution et, à l'image de son personnage principal qui aime bidouiller des sons plus qu'il n'aime la musique, loupe le coche de l'émotion, trop embué dans sa mélancolie rétrophile.
Le côté artistique est maîtrisé mais ça s'arrête là. Scénario franchement pas intéressant et hyper lent. Je n'ai pas du tout accroché. Autant regarder Good Morning England
Difficile de saisir les intentions de Vincent Cardona dans ce premier long-métrage. C'est un drame assez étrange qui se cherche tout le long sans jamais se trouver, et dont le scénario, aux enjeux imprécis, évolue dans un faux rythme constant.
C'est un joli film, émouvant, voire bouleversant: il joue avec nos émotions. Il y a de belles images et une vraie atmosphère. C'est noir et en même temps joyeux. La reconstitution de cette fin des années 70, et début des années 80 est bien faite. Le scénario est pas mal non plus, avec une histoire qui se tient, une fin plutôt sympa, bien qu'elle ne soit pas tout à fait une fin. A voir.
Une psychanalyse d'une vie et d'une époque en mode radiophonique : celle de l'après adolescence celle d'un monde qui bascule dans des choix. La fébrilité de l'entrée dans l'âge adulte est merveilleusement jouée par le personnage principal qui malgré les vagues s'accroche au fil de sa vie. A voir et a vivre.
Film plusieurs fois primé, "Les magnétiques" décrit la vie de deux frères aux caractères opposés après la victoire de Mitterand en 1981. L'heure est aux premières radios pirates et à tous les excès. Quand Jérôme doit quitter le garage familial pour effectuer son Service National en Allemagne, il se rend compte qu'il aime la même femme que son frère. Une bande-son qui ravira les nostalgiques des années 80, la scène punk à Berlin-est, le tout teinté de dramaturgie, ce film a vraiment de la gueule. Vincent Maël Cardona signe un premier long-métrage très prometteur, porté par des acteurs non-professionnels, qui dégagera chez certains une nostalgie prégnante.
Vu ce film cet après midi, j'ai tout simplement adoré. Ce film est une petite pépite poétique, nostalgique, romantique, drôle, dramatique. Un film unique en son genre, intelligent et à l'abri de toute forme d'influence. Une oeuvre d'art. Mention spéciale à Marie Colomb, tout simplement parce que je suis totalement sous le charme, subjugué. Tous les autres acteurs sont bons aussi. Ce film est une perle rare. Bravo au réalisateur.
Film poétique, plein de vie et de musique. Pas simplement nostalgique. Portrait de plusieurs êtres qui se débattent, aiment, déçoivent, ancrés dans une époque.
Ce qui fait l’originalité, et donc la valeur des Magnétiques est la façon avec laquelle il aborde l’historique par le prisme de l’atmosphérique : la caméra semble flotter dans les airs, suffisamment légère et mobile pour sauter d’un lieu à l’autre, d’un pays à l’autre. Le travail sonore crée un microcosme organique qui nous intègre et suscite en nous des émotions, voire réveille des souvenirs au moyen des chansons ou des ondes magnétiques qui résonnent – la séquence de première diffusion à l’étranger, au cours de laquelle Philippe fait pendre les micros et entendre au monde ses sons, compte parmi les plus belles d’un long métrage surprenant, love story et désillusion à la fois qui creuse l’image mythifiée de la France de Mitterrand pour en révéler les aspérités.
La réalisation multiplie les trouvailles sans jamais paraître clinquante ou chercher à le devenir ; modération et talent se conjuguent, de la même façon qu’elles s’incarnent en Philippe, amoureux qui vit ici un récit d’apprentissage et trouvera, à terme, les moyens de déclarer sa flamme, des moyens au carrefour de la parole et du sonore. Les acteurs sont tous excellents et contribuent à l’incandescence générale – « ça brûle, ça brûle encore », entend-on sans cesse. Premier (grand) film de Vincent Maël Cardona : à suivre !
C'est déjà 1 film mais en fait 2 histoires. L'histoire des années 80. Période des premières radios libres , y a un côté "Good morning England" qui m'a tout de suite séduit ; c'est vrai que ce film sorti en 2009 , je l'ai vu et revu et tant aimé. Période aussi où la formule "P4" était connue de tous les jeunes mecs . Période de l'élection de Mitterrand qui, quelque soit les appartenances politiques de chacun et les décennies qui ont suivies, a été réellement un moment fort en émotion et en espoir. Période où plane une sorte de nostalgie. A qui peut plaire ce monde vintage, si parfaitement maîtrisé dans le film : décor, costumes, les looks , la bande son... à ceux qui avait 20 ans en 80 ? à ceux naît cette année là comme le réalisateur Vincent Maël Cardona. ou ceux qui ont 20 ans aujourd'hui ? Là, je lève le doigt et je crie haut et fort, que j'ai 20 , 40 ou 60 ans peu importe , j'aime cette ambiance, j'aime cette période pleine de promesses d'avenir. Et puis il y a l'histoire de ces 2 frères. Leur relation plus intemporelle, qui pourrait être transposer aujourd'hui . Leur relation si proche malgré leurs différences. Jêrome un peu borderline assoiffé de liberté à la vie anarchique et Philippe introverti qui s'exprime dans ses créations musicales si inventives et modernes . Deux frères et une love story. Et moi cette histoire de deux jeunes types qui ont soif de vivre ça me plaît. Alors là je me lève et j'applaudis enthousiaste. Vous avez deviné je pense, que quand j'ai vu ce film j'avais un pantalon patte d'éph. et battait la mesure . Je me serai presque remise à fumer. Vous avez deviné je pense ce film ne m'a pas laissé indifférente et je ne sais plus quel âge j'ai.
Étonnante et originale approche de ces années 80 et des radios libres ... et donc peut être aussi de cet élan de liberté inspiré par cette période post-81. Plus étrange le parcours armée puis l angle d attaque qui suit ... on nous perd. On se prend à se demander ; est ce un drame social ? Une histoire d amour ? Enfin bon ... c est au moins intriguant. On suivra donc cette aventure... magnétique, jusqu'a sa fin.
Film pour moi très ennuyeux ! Je ne voyais pas du tout où auteur et réalisateur voulaient nous emmener. Tout n’est pas à rejeter, notamment la reconstitution des années 80, le jeu des acteurs ou plutôt le fait que les acteurs ne jouent pas mais semblent habiter leur personnage. Ce qui explique ma note qui n’est pas zéro
Le bon fils, le mauvais fils, le patriarche… et la musique
Avec ce 1er film, Vincent Maël Cardona a obtenu le prix SACD à la Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes 2021. – Au demeurant, ce film a été présenté dans une foultitude de festivals et y a reçu grand nombre de récompenses -. Alors, on se dit, que ces 98 minutes ont forcément quelque chose de spécial, voire d’hors norme. Une petite ville de province au début des années 80. Philippe vit dans l’ombre de son frère, Jérôme, le soleil noir de la bande. Entre la radio pirate, le garage du père et la menace du service militaire, les deux frères ignorent qu’ils vivent là les derniers feux d’un monde sur le point de disparaître. Pour ceux qui ont vécu les années 80/85, ce drame, entre joie pure et mélancolie, est un retour en arrière plein de nostalgie. Et pour les autres, les plus jeunes, un bain de musique et la découverte d’un autre monde… d’il y a à peine 40 ans. Pas moins de 6 scénaristes, un dialoguiste et un adaptateur pour mettre sur pied cette histoire qui nous fait mesurer combien la révolution numérique a transformé le monde que nous avons connu en une sorte de songe, une époque lointaine. Ce film nous raconte ce moment – l’histoire commence – ou plutôt finit -, le 10 mai 81, lors de la soirée électorale -, où explosent différentes expressions artistiques, notamment musicales, avec de nouveaux groupes de rock, des fanzines et des radios-sonos. La musique semble avoir compris que ce qui se jouait c’était le passage d’un monde à l’autre et que dans cet autre monde à venir la notion d’avenir avait du souci à se faire. Le mouvement no future est né à cet instant et, 40 ans après, apparaît comme prophétique. L’intrigue se déroule dans une province intemporelle, celle du bistrot, des flaques d’eau, des petites départementales, très éloignée du tourbillon de la grande ville, ici le Berlin Ouest de tous les possibles, où circulait une énergie folle. L’autre film – si je puis dire – nous décrit deux triangles, l’un amoureux, l’autre familial. Tout cela s’entremêle avec habileté et n’engendre aucun moment d’ennui. Un vrai beau film. Tout comme le réalisateur, le casting formé essentiellement d’acteurs et actrices quasi inconnus. E haut de l’affiche, Thimotée Robart, qui porte le film avec une force et une conviction tout à fait remarquables. On ne demande qu’à le revoir, accompagné, entre autres, de Marie Colomb, Joseph Olivennes… Une mention pour les musiques de David Sztanke. A voir pour y découvrir un réalisateur plus que prometteur et un jeune acteur qui crève l’écran. Complexe, étrange, exalté, un 1er film étonnant de maîtrise et d’originalité. A voir !