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Frédéric Le Mouël
24 abonnés
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3,0
Publiée le 16 avril 2014
"Maigret voit rouge" n'est pas le meilleur Maigret de Gabin. Le climat de l'enquête est assez loin de l'univers de Simenon. Les dialogues manquent de consistance. Mais, comme c'est Gabin (qui a pris du buffet), on aime quand même.
Certes, ce film n'est pas très palpitant. La mise en scène un peu classique mais on retrouve l'atmosphère de Simenon. Jean Gabin incarne parfaitement un commissaire Maigret doté d'une autorité naturelle, d'un charisme indiscutable et d'un humour discrètement corrosif..... l'histoire n'est pas dénuée d'intérêt puisque, bien avant la french connection, elle évoque les liens entre la mafia des USA et la pègre française. Quant aux dialogues, nés sous la plume de Jacques Robert, ils sont incisifs et n'ont rien à envier au cinéma d'Audiard.... Bref, pas un chef-d'œuvre mais tout de même un bon moment de cinéma.
Comme d'habitude, Jean Gabin assure en commissaire humain et tranquille, pouvant s'appuyer sur quelques bonnes répliques pour nous apporter le sourire de temps à autre. Pour le reste, nous sommes au niveau polar moyen, fréquentable mais ne se tuant pas à la tâche pour nous offrir un scénario béton, sans parler d'un Gilles Grangier décidément bien limité techniquement. Quelques personnages, notamment ce médecin à la morale pour le moins originale ou encore l'élégant Harry Mc Donald, viennent heureusement pimenter à quelques reprises une œuvre sans grande personnalité, se regardant sans déplaisir à condition d'être indulgent avec les grosses ficelles animant parfois le récit. Honnête donc, mais vite oublié.
Ce fut le Maigret de trop pour Jean Gabin et le grand écran.Le policier méticuleux et anachronique de Georges Simenon ne trouve pas matière à s'exprimer avec cet opus très sage,parfaitement désuet et incohérent.Comment expliquer autrement que les truands américains soient joués par des Français pure souche ne sachant pas manier la langue de Shakespeare?Ou qu'ils passent leur temps à semer les indices facilitant leur arrestation?"Maigret voit rouge"(1963)porte bien son titre,puisque Jean Gabin cède à ses vieux démons et fait du Gabin:un one-man show de truculence et de pontifiance,où les autres acteurs s'arrêtent de jouer pour mieux l'admirer.Françoise Fabian en maquerelle trouble ou Michel Constantin en colosse insaisissable font le job,mais le film s'enfonce dans la médiocrité,par manque de rigueur,d'enjeux et de respect de l'oeuvre originelle.
L’univers de Simenon est un monde à part, façonné en orfèvre par un écrivain de génie. L’univers particulier de la série des Maigret est un condensé de cette œuvre où l’auteur a mis énormément de lui-même pour produire un personnage qui a une telle épaisseur qu’au bout de quelques heures de lecture on a l’impression d’avoir toujours vécu avec lui. Le paradoxe est que cette œuvre, si peu propice à des adaptations cinématographiques est une des plus adaptées pour le grand ou le petit écran. Et puis, qui pour jouer Maigret ? Pour des raisons de vedettariat, Gabin s’est frotté plusieurs fois à ce rôle immense. Les deux premières (Maigret tend un piège et Maigret et l’affaire Saint-Fiacre) avec Delannoy à la mise en scène sont honnêtes à défaut d’être brillantes et restituent au moins une certaine atmosphère même si elle est à des lieues de l’univers véritable précédemment évoqué. Hélas, pour sa troisième (et dernière) tentative, c’est Gilles Grangier qui se colle à la réalisation avec un Gabin qui a vieilli, bedonnant et jouant du Gabin, sans plus rien de l’original. Comme de plus l’intrigue est particulièrement psychologique avec très peu d’action, il faudrait un cinéaste de génie pour restituer la progression psychologique de l’enquête à l’écran. On sait que c’est loin d’être le cas et on a ainsi une espèce de parodie des Cinq dernières minutes qui se traîne en longueur dans des dialogues d’une lourdeur fabuleuse et de rares scènes d’action ridicules. On en sort avec la seule idée d’aller lire ou relire un Maigret, un vrai…
Troisième et dernier Maigret avec Jean Gabin dans le rôle du célèbre commissaire crée par Georges Simenon, et aussi de loin le moins convaincant. Il y a toujours Gabin et sa stature solide et imposante, et il y a quelques bons dialogues même si c'est loin d'être du Audiard. Mais c'est loin d'être crédible tout ça, entre des gangsters "américains" joués par des acteurs français qui parlent aussi bien l'anglais que moi le suédois, qui font tout ce qu'il faut faire pour se faire prendre, et des flics qui n'arrivent pas à les prendre ce qui montre qu'ils réussissent l'exploit d'être encore plus cons. Avec Gabin, Françoise Fabian est la seule au niveau de l'interprétation à donner de la saveur à quelques scènes. Donc à voir éventuellement pour ces dernières ainsi que pour quelques répliques.
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3,0
Publiée le 31 mai 2012
Après "Maigret tend un piège" en 1957 puis "Maigret et l'affaire Saint-Fiacre" en 1959 (tous les deux signès par Jean Delannoy), "Maigret voit rouge" est le troisième Maigret qu'interprète Jean Gabin à l'ècran! Ce dernier enquête sur la tentative d'assassinat d'un inconnu par des automobilistes, aux abords de la gare du Nord à Paris! Cette adaptation du roman de Georges Simenon est certes acadèmique mais elle est rehaussèe par la photographie particulièrement soignèe de Louis Page (surtout dans les scènes nocturnes) et par la performance d'acteur de Gabin, remarquable de sobriètè! Avec ègalement de solides seconds plans tels que Marcel Bozuffi, Michel Constantin et Paul Frankeur! Un Maigret consciencieusement fait et impeccablement interprètè avec une atmosphère de toute une èpoque...
Tout est grotesque dans ce Maigret ,les second rôles jouent comme des pelles à tarte ,Constantin doublé en Américain risible ,seul Gabin et Fabian se tirent de cette galère ,que dire des situations loufoques .A éviter !.
Jean Gabin est vraiment très à son aise dans le rôle de l'inspecteur Maigret, au point ici de faire une de ses meilleurs performances que j'ai pu voir jusqu'à présent. A ses côtés, on retrouve des seconds rôles bien intéressant, dont celui de Michel Constantin dans le rôle d'un tueur américain, ou encore la charmante Françoise Fabian. De plus, nous avons le droit à une intrigue très plaisante à suivre et qui est fort bien mener par une réalisation de Gilles Grangier très sérieuse et d'une grande application. A noter enfin la présence d'une photographie en noir et blanc très réussi et qui s'inscrit d'ailleurs parfaitement avec le style de l'écrivain Georges Simenon, et le tout fait donc que l'on passe un excellent moment de cinéma.
L’atmosphère des années 50 tournée en 1963. Un grand Gabin, une histoire certes pas très cocasse mais une ambiance spécifique. Françoise Fabian, jeune actrice. L'année 1963 à Paris et son petit nombre de voitures.
très décevant. Mal joué, scénario d'une nullité rare, passage anglophone abscons, et réalisation pathétique. On est loin des deux Delannoy précèdent et on ne peut que s'apitoyer sur notre sort en visionnant ce long métrage après "Maigret tend un piège" et "Maigret et l'affaire Saint fiacre" ou le duo Gabin-Delannoy fonctionne à l'unisson. Touchant le niveau "navet" ce "Maigret voit Rouge" me désole.
Dernier volet de la trilogie des "Maigret" campé par le monstrueux Jean Gabin, ce "Maigret voit rouge" (titre pas très adapté au ton du film) restera comme l’opus le plus faible, ce qui explique sans doute qu’aucune autre suite n’ait été envisagée. Il faut dire que le film partait avec deux handicaps majeurs, à savoir les départs du réalisateur Jean Delanoy et du dialoguiste Michel Audiard. Difficile, dans ces conditions, d’espérer une quelconque continuité dans l’œuvre, la présence de Jean Gabin étant le seul véritable dénominateur commun entre cet épisode et ses 2 prédécesseurs. Pourtant (et c’est sans doute la meilleure surprise du film), l’absence du génial Audiard ne se fait pas trop sentir, les dialogues, signés de l’écrivain Jacques Robert, étant plus qu’à la hauteur. Concernant la réalisation, le ton gothique du premier épisode et la vague nostalgique de sa suite font ici place à une ambiance policière de facture très (trop ?) classique à laquelle on pourra reprocher un manque de suspense et de rebondissements (aucun mystère n’entoure l’identité des tueurs). Néanmoins, la séquence d’ouverture (et sa tentative de trancher avec les autres épisodes en faisant moderne) laissant craindre un film hybride, on se satisfait sans peine de cette enquête qui permet, en outre, de se rendre compte de l’évolution de la France en 10 ans, les intrigues très franco-françaises des films précédents se voyant ainsi teintées d’une touche internationale avec la présence de la CIA et de gangsters américains (campés, notamment, par un Michel Constantin étonnant). Dommage cependant que ce "Maigret voit rouge" manque autant de caractère (ou, tout simplement, de la patte d’un grand metteur en scène) car, avec la prestation toujours aussi parfaite de Gabin et des 2nds rôles (Guy Decomble, Françoise Fabian, Paul Frankeur, Laurence Badie…), on aurait pu avoir droit à un grand classique du 7e art. On reste face à un témoignage émouvant d’une époque révolue.