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Marc L.
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3,0
Publiée le 19 mars 2021
Menacé de mort par la Camorra ou non, Roberto Saviano continue à livrer des romans sur le fonctionnement interne de la mafia napolitaine, et c’est Claudio Giovannesi, qui avait officié sur plusieurs épisodes de l’adaptation sérielle de ‘Gomorra’ qui se charge de ce ‘Piranhas’ qui, s’il ne se distingue pas beaucoup d’autres analyses des mécanismes d’adhésion au crime organisé napolitain, tranche par l’âge de ses protagonistes. Cette fois, les apprentis gangsters sont des adolescents d’une quinzaine d’années, eux-mêmes excédés par la soumission auxquels leurs proches doivent consentir pour leur protection, qui décident de se tailler un fief dans les quelques ruelles du Vieux Naples dans lesquelles l’entièreté de leurs existences se déroule. Pour ce qui est de la montée en puissance, elle restera limitée : le simple fait de pouvoir entrer dans une boîte ou manger au restaurant constitue une apothéose sociale qui semblait hors de portée à cette jeunesse délaissée par les pouvoirs publics et dès lors peu sujette au moindre dilemme moral quant aux moyens de s’en sortir. Pour le reste, ‘Piranhas’, nerveux grâce à son usage soutenu du plan-séquence et tourné en dialecte napolitain, obéit scrupuleusement à toutes les règles qui régissent le film de mafia à l’italienne. La surprise n’est donc pas au rendez-vous mais en se rapprochant de ‘Gomorra’ - le film-, le résultat offre une vision tout à fait recevable de la déliquescence de la société italienne et de l’abandon d’une partie de sa jeunesse, même si d’autres productions moins médiatisées (je pense au remarquable ‘La terra dell’abastanza”) ont exprimé de manière bien plus radicale tout le tragique de la situation.
Un scénario qui ne demande qu'à décoller car on est vite peisdedans, mais finalement non... Et puis la fin me laisse pantois. 1h15 de plaisir et une demi heure d ennui. Dommage car il y avai matière, même si les jeux de acteurs sont médiocres.
La Paranza dei bambini se construit telle une tragédie avec son schéma ascension/chute que nous ne connaissons que trop bien, sa violence endémique qui frappe là où on ne l’attend pas – et, par conséquent, là où on l’attend un peu –, son protagoniste attachant dont la rébellion effraie autant qu’elle fascine. La grande force du long métrage réside dans sa mise en scène nerveuse qui articule avec efficacité séquences de tension et séquences sentimentales, d’abord séparées puis peu à peu entremêlées sous forme d’un crescendo au terme duquel la fatalité : ce qui devait arriver arrive et la caméra coupe avant l’affrontement final et la disparition de nos héros montés sur leurs scooters. Et l’articulation de la violence et du sentiment passe également par le regard que porte le réalisateur sur ses jeunes mafieux : les corps se déshabillent, se choquent, se caressent sous couvert d’une virilité beuglée haut et fort ; il y a bien un érotisme du corps nu, dévoilé sans honte ni pudeur comme traduction à l’écran d’une perte de virginité sur le plan sexuel et moral. Le film raconte une initiation à la violence par le prisme de l’adolescence : des corps insouciants qui se menacent, se ravissent et s’enlacent au son des détonations ou de l’électro des boîtes de nuit branchées. C’est dans cette fusion et cette confusion que brille La Paranza dei bambini, parvenant un temps à déjouer un scénario convenu qui suit les étapes balisées du film de gang.
J’ai trouvé ce film intéressant mais je suis tout de même resté sur ma faim. Cela est dû en partie au découpage qui n’est pas très fluide à mon goût. Alors que ce genre d’histoire est censé couler de source dans son déroulement, là il y a un rythme saccadé, pas toujours agréable. Le récit reste tout de même très prenant. De plus, j’ai trouvé que la violence n’était pas assez visible. Non pas que j’en soi un fan absolu, mais je pense que dans les milieux mafieux et de contrôle d’un territoire, elle est belle et bien omniprésente. Cela fait que ça manque de punch. On est ici dans un pur film de gangsters avec la volonté d’une ascension au sommet de ceux qui étaient en bas de l’échelle. Les jeunes acteurs, avec à leur tête Francesco Di Napoli, sont impressionnants. Ils arrivent à merveille à montrer ce qu’est un « baby-gang », phénomène de très jeune adolescent délinquant. On observe comme désœuvrer ce cercle vicieux de la misère. La manière dont la pauvreté Napolitaine est montrée, est bien faite. Ça sonne très authentique même si elle aurait pu être plus marquée par moments. On oublie des fois qu’on est dans un quartier défavorisé.
Un bon film. Le sujet a été 1000 fois traité mais il est intéressant. La bande d'acteurs est vraiment bonne. Je n'ai pas aimé la fin, qui annonce un recommencement. Un bon moment malgré le manque d'originalité.
Un début prometteur, une histoire plutôt bien ficelée mais au fil des minutes, on s'ennuie petit à petit. Les jeunes acteurs jouent très bien, ils incarnent bien leurs personnages. La fin est bâclée. C'est dommage!
Dans le même style que Gomorra et Romanzo criminale, Piranhas (titre français stupide, La paranza de bambini-l 'escadron des enfants- est bien plus évocateur) tient son rang. Des adolescents napolitains décident de devenir des camoristes, en éliminant la concurrence. Le film montre bien qu'ils demeurent néanmoins des enfants, avec leurs parents, leurs amourettes....Sans gros moyens, le réalisateur nous fait découvrir Naples et ses turpitudes. Pour ces enfants, il n'y a évidemment aucun espoir, sinon celui de vivre vite, comme ceux de Da prisa, da prisa un vieux Carlos Saura, auquel le film fait penser. Triste, mais malheureusement réaliste. Les jeunes acteurs sont excellents. A voir.
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1,5
Publiée le 19 juillet 2020
Piranhas suit un groupe de jeunes chômeurs autour de Naples alors qu'ils deviennent ancrés dans les affaires mafieuses. Voilà le thème et le message. Mais le film n'est qu'une série de scènes disjointes et déconnectées qui visent à montrer le style de vie chaotique et instable de ces mécréants. Quelques scènes feraient passer le même message mais un film entier fait comme ça devient ennuyeux. Nous avons donc un groupe d'enfants dans un film fade avec presque aucune violence ou un jeu d'acteur formidable. Le film utilise apparemment des non-acteurs et ça se voit. Un film un peu enfantin et une perte de temps à regarder...
Un Gomorra sans la puissance ni l'intensité de ce dernier. On suit malgré tout sans déplaisir les pérégrinations de cette "sympathique" bande de "cailleras" napolitaine. Le casting non professionnel tient la route ce qui prouve que le réalisateur est un talentueux directeur d'acteurs . Quelques longueurs et un certain manque de rythme (au contraire de la bande-annonce particulièrement accrocheuse) se font parfois gênants mais globalement, on ne s'ennuie pas. Napoli et les us locaux y sont pour beaucoup...
Un film qui ne donne aucun espoir mais qui, en tant que tel, décrit avec force la montée en puissance " criminelle " presque naturelle de jeunes imprégnés de l'ambiance mafia de Naples
La dénonciation des mafieux par Salviano a toujours été ambiguë. Ne dit-il pas que le mobster est le dernier héros épique ? Après lecture de "La paranza dei bambini" juste traduit en français, la qualité du roman m'avait moins touché que la possibilité d'en tirer un excellent film.
Malheureusement le film réalisé est fort éloigné du roman. PIRANHAS, c'est juste un navet commercial. Bien joué, bien filmé, mais ça ne suffit pas. La Camorra a acheté les droits pour couler le film ? Ou plutôt pour en faire de l'argent en effaçant tout ce qui pouvait être vraiment dérangeant dans le scénario ?
Dans le roman, on assiste au surgissement, puis à la montée en puissance d'une nouvelle génération de truands qui veut faire comme les aînés maintenant en prison, brûle les étapes et se brûle. Dans le film, ça secoue à peine comme la "Guerre des boutons". Pas de Beretta, des pistolets à amorces.
Je m'attendais honnêtement à mieux. Je suis un grand fan de Gomorra, et particulièrement de la série qui, pour moi, est l'une des meilleures que j'ai pu voir. Certes, on retrouve cette ambiance napolitaine, ces quartiers inquiétants, la corruption, la fraternité, etc. Mais, selon moi, le scénario ne tient pas vraiment la route.
Contrairement à Gomorra, on suit ici des adolescents (très jeunes) et leur ascension me semble peu crédible. De plus, on s'attend à beaucoup de choses tout au long du film. Mais finalement, il ne se passe pas grand chose.
Je conseille quand même ce film qui reste intéressant grâce à son ambiance. Mais ne vous attendez pas à voir un chef-d'oeuvre.
Pas trop mal sans plus.... Des jeunes napolitains omnibulés par l argent facile .... Les scènes sont jouées très rapidement et manquent vraiment de profondeur... On rencontre des boss et des parrains comme quand on rentre à la boulangerie du coin.... Ils survivent à leurs péripéties on se demande bien comment....les jeunes acteurs jouent assez juste ce qui n est pas le cas des parrains bien peu crédibles.. Tout ça manque cruellement de véracité ... Reste Naples et pour ceux qui connaissent le quartier espagnol.... On est loin du réalisme et de l authenticité de gomorra...