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Marilou M.
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4,5
Publiée le 31 juillet 2019
Wang Xiaoshuai nous montre une fois de plus qu'il est un très grand cinéaste de la société chinoise vue de très près. Ce film aurait largement mérité la Palme d'Or, je pensais la même chose de "Beijing bicycle". Deux générations marquées par la souffrance entraînée par la loi de l'enfant unique, avec les brimades en cascade que chacun doit subir ou faire subir à celui qui est en dessous... Avortements contraints, stérilisations camouflées derrière les accidents chirurgicaux, ... Sanctions sociales et professionnelles en plus de très lourdes amendes pour les contrevenants.... Les drames familiaux qui poussent à la folie. La folie ordinaire de ceux qui vivent dans un monde gouverné par un fou. Un film à voir et à revoir.
On ne reviendra pas sur la longueur d’un film qui n’en demandait peut-être pas tant , mais qui au regard de sa maîtrise et de ses interprètes , interpelle joliment certains témoins de l’Histoire de la Chine quand Mao avait encore sa statue érigée sur les grandes places des grandes villes. Les années 80, le début de la régulation des naissances pour la politique de l’enfant unique , décision politique qui va briser le sort de nombreuses familles chinoises. Ici deux d’entre elles se partagent un récit long de 40 années au cours desquelles les destinées vont se séparer tout en demeurant le socle d’une aventure humaine que le réalisateur appelle la plus grande possible. Pour une morale de bon aloi, mais dans cette Chine là où enfanter devient un crime, il en faut une bonne couche pour y survivre. C’est aussi ce que nous dit le réalisateur … Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Film très sensible qui montre les conséquences de la politique de l’enfant unique sur un couple, qui donne un très bel éclairage sur les évolutions de la société chinoises depuis 1980. Ce film intéressera toute personne qui s'intéresse vraiment à la Chine et qui cherche à comprendre cette société. Il le fait avec d'une façon très chinoise, à son rythme qu'un spectateur occidental pourra trouver lent. Ma seule critique, s'il devait y en avoir une, porterait sur l'utilisation abusive des sauts dans le temps qui ne facilitent pas la compréhension de l'histoire.
Dans un rythme lent, l'évolution de la Chine transparaît au travers d'une famille simple, travailleuse et déchirée par une tragédie. Très intéressant d'un point vue sociologique, bien filmé, et touchant et bien joué. A voir quand on s'intéresse à l'Asie en général, et la Chine en particulier.
Un voyage introspectif en Chine absolument sublime. D'abord Wang prend son temps, il faut donc avoir trois heures de libre devant soi, ensuite il nous ballade dans un puzzle déconstruit de flash-backs, mais il ne faut pas se laisser impressionner: sa maîtrise ne vous laissera pas en chemin, et peu importe si certains détails de cette saga familiale vous ont échappé, l'essentiel viendra en temps utile. Le fil conducteur lui est basique: comment a-t-on vécu la politique de l'enfant unique imposée par le Parti Communiste Chinois? La réussite vient d'un habile mélange entre la saga sociale (le vécu collectif d'une nation toute entière dirigée vers la réussite de "la marche en avant", et la romance familiale (les impact de cette politique sur la vie des couples et des individus). Les acteurs sont remarquables de justesse, et, oh grande surprise, éprouvent des sentiments individuels très proches des nôtres. Le chinois a aussi un cœur de père ou de mère, derrière son apparente docilité. Cette proximité psychologiques étonne et force l'empathie pour ces familles ballottées par la grande Histoire. En arrière plan, les décors changent radicalement en fonction des époques et du déménagement du couple principal (un bref rappel souligne que tous les chinois ne parlent pas le mandarin, cette évocation de la persistance des langues régionales existe chez Zhang-ke). La caméra cadre subtilement, le montage ménage quelques effets de surprise. Même le titre occidental n'est pas anodin. Bref, une œuvre riche, qu'il n'est pas possible, malgré sa longueur, d'appréhender complètement en une seule fois. Merci à Wang Xiaoshuai de nous permettre d'approcher l'intimité du peuple chinois, ce qu'il serait impossible de faire lors d'un voyage touristique standard, et de plus pour une consommation de CO2 quasi-nulle en cette période de canicule: c'est aussi cela la magie éternelle du cinéma. C1 - juillet 2019
L'idée de regarder pendant plus de trois heures une fresque chinoise en plein d'été peut inquiéter. Pourtant il faut vraiment conseiller ce beau film ample, à la fois majestueux et intime.
La structure narrative de So long, my son est d'abord un modèle du genre : elle paraît d'abord complexe (de par les innombrables allers-retours temporels), avant de se résoudre magiquement dans la deuxième partie, puis de se sublimer dans le dernier quart d'heure, magnifique.
Le très beau scénario est parfaitement servi par une mise en scène d'une élégance rare (il y a un peu de Jia Zhang-ke chez Wang Xiaoshuai), une photographie splendide et une très solide interprétation des acteurs principaux.
Le film se déroule sur plusieurs décennies, mêlant un drame intime complexe à la trame générale de l'évolution de la société chinoise (souvenirs de la révolution culturelle, introduction de l'économie de marché, politique de l'enfant unique) : cela donne à So long, my son une densité remarquable, qui en fait sans nul doute un des films les plus remarquables de l'année.
Bon film mais un peu lent comme la vie des deux parents qui regardent leur vie passer plutôt que de la vivre. Le terrible drame qu'ils ont vécu et le poids de l'éducation pour ne pas dire la rééducation chinoise les empêchent d'être eux même, ils subissent leur vie.
Ce film vaut pour la description de la société chinoise et la gestion de la politique de l enfant unique. L intrigue principale - le décès accidentel d un enfant - est correctement traité. De belles images et une bande son satisfaisante bien que trop discrète. Pour autant, le film souffre d un gros problèmes de longueur. On s ennuie ferme pendant de trop long moment. C est dommage et cela gâche le travail réalisé
Ce film veut montrer les inconvenients de la politique d'un enfant par famille. Il est trop long et simpliste: Si l'enfant unique mort, quoi faire ?! Comme s'il est necessare que chaque personne laisse sa trace genetique sur cette planet ! Cependant il motre bin que les problemes de cette politique est surtout pour les femmes que les hommes.
À travers une narration non linéaire d'une famille d'ouvriers chinois, 40 ans de politique de l'enfant unique et de primauté du collectif sur l'individu.
Un lourd deuil entrecoupé de flashback dans la Chine "denguiste", pays marqué dès lors par l'ouverture "à marche forcée" vers le libéralisme et le contrôle des naissances... Si la résilience est ponctuée d'épreuves, le sens de l'existence ne doit son salut ici que par le pardon et l'éclosion de la vérité... Et si cette fresque sur l'amitié peut paraître déroutante tant dans sa construction que sa compréhension, elle n'en demeure pas moins un indéniable chef-d'œuvre...
le film est long, 3heures, et la narration avec des aller retour dans le passé casse le lenteur et permet l'explication de certaines scènes précédentes,, l'aspect sale délabré des decors va bien avec la manière décousue de raconter l'histoire. . mais l'histoire est complexe et le cadre politique ou sociale pas assez développé.l' errance du couple avec leur fils ou leur solitude est bien décrite mais il manque plein détails ou morceaux de scénario. beau film un peu fouillis
Immense fresque familiale, « So long, my Son » du réalisateur chinois Wang Xiaoshuai, justement récompensé lors de la Berlinale 2019 par deux Ours d’argent, pour chacun des deux actrice et acteur principaux du film.
Deux familles pékinoises ont chacune un enfant, deux garçons, nés le même jour. Elles respirent le bonheur, se réunissent autour des gâteaux d’anniversaire, jusqu’à la survenue d’un drame terrible. L’un des deux enfants est retrouvé mort près d’un barrage, noyé.
A partir de ce point de non retour, Wang Xiaoshuai tisse une sorte de labyrinthe autour de ces deux familles, ponctué de nombreux flashbacks. Parfois, on s’y perd un peu, mais ce n’est pas grave. C’est l’époque de l’enfant unique par famille, ce qui ne facilite pas les choses. Un adolescent remplace l’enfant mort, jusqu’à son prénom, mais la greffe aura du mal à prendre. Vingt ans plus tard, on sort du labyrinthe : l’émotion prend le spectateur à la gorge. Pékin est transformé. Peut-être faut-il voir dans l’œuvre de Wang Xiaoshuai, une immense allégorie de la Chine passée par des années de plomb, aujourd’hui ouverte au capitalisme financier mondialisé. Mais pour quel résultat ?
Wang Xiaoshuai nous offre un happy end, ce qui n’est pas très courant pour le cinéma chinois, où l’on voit le plus souvent des réalisateurs qui mettent le doigt sur les difficultés de la société chinoise d’aujourd’hui, tels Jia Zhang-ke dans « les Eternels », ou Wang Bing avec « Argent amer » ou « les trois Sœurs du Yunan », ou bien encore Dong Yue avec « une Pluie sans fin ».
On retrouve dans ce très long métrage d’un peu plus de trois heures, mais qui passent relativement vite, les ingrédients des films asiatiques concernant la famille, sorte de pivot sans lequel la société se désintègrerait. Car c’est souvent autour du cercle familial que les cinéastes, qu’ils soient japonais, chinois ou coréens, bâtissent leurs scénarios. Une équipe d’acteurs remarquables, un directeur de la photographie qui nous offre des portraits d’une sensibilité inouïe, c’est aussi cela « So long, my son » !