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Tumtumtree
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4,5
Publiée le 14 juillet 2019
Un film immensément ambitieux et assez réussi tant sur le fond que sur la forme. Cette fresque de plus de trois heures et s'étendant sur 40 ans ne sera pas aisée à comprendre pour tout le monde. L'histoire de ces deux familles unies par des drames communs est en effet racontée selon une chronologie complexe imposant au spectateur d'attendre parfois 15 minutes voire une heure pour saisir les relations entre les personnages. Les conséquences des événements sont souvent fournies bien avant leurs causes, ce qui n'est pas fréquent au cinéma. Cette épopée mélodramatique, malgré quelques passages à vide, se densifie chemin faisant et nous réserve quelques scènes d'une grande intensité. Les acteurs sont très bons. Mais surtout, le réalisateur croit profondément au cinéma et à la mise en scène. Retenant la leçon d'Hitchcock ou de Bresson, il dit les choses souvent sans dialogues, par la puissance même de l'image. Il alterne des séquences de caméra à l'épaule, de grands plans panoramiques fourmillant de personnages et de scènes intimes en plans rapprochés. La première séquence, substituant un enfant par un autre dans le même plan, est très forte ; tout comme la scène de la noyade qui arrive 5 minutes après. Enfin, le film est un état des lieux de la Chine et de son histoire récente. On y comprend la dérive qui consiste à laisser l'état gérer les affaires familiales de ses citoyens, la fascination pour l'Occident, la mutation capitaliste récente, les inégalités sociales ou encore la folie d'une politique urbaine déracinée et brutale.
La compréhension du film fait appel à de fines qualités d’observation. Pour évoluer dans ce labyrinthe spatio-temporel de plus de 3 heures, jonché d’ellipses, chaque détail est important, essentiellement dans les images : un téléviseur des années 80, une mèche de cheveux blancs, tantôt une moustache, tantôt un visage glabre, un smartphone… Quelques mots lancés ici et là permettent de se repérer à qui reste attentif.
Plusieurs époques se mêlent et mènent vers les jours actuels, non sans allées venues d’une époque à l’autre, avançant toujours davantage vers la vérité des faits et la vérité des sentiments.
Cette gymnastique intellectuelle à travers le temps se fait parfois au détriment de l’émotion, mais c’est peut-être une façon d’être pudique.
C’est l’histoire d’un couple d’ouvriers, de leur fils, Xingxing, et de leurs amis proches, deux couples avec des enfants. En filigrane, l’Histoire de la Chine depuis les années 80, dont le fil conducteur reste la politique sur l’enfant unique. Le rapport aux enfants est central et essentiel, au coeur de cette narration éclatée.
J’ai beaucoup aimé la photographie, belle et précise, tout le travail sur le vieillissement des personnes des lieux et des objets. Les événements les plus graves sont finement amenés, davantage suggérés que frontalement filmés.
Pas une minute d’ennui devant ce film complexe, porté par des acteurs expressifs et impliqués malgré une grande retenue. Mon blog : larroseurarrose.com
Contrairement à ce que prétendent les critiques français mal informés Wang Xiaoshuai n'est pas un cinéaste indépendant chinois que l'on découvre mais un réalisateur de 53 ans produisant des longs métrages exceptionnels depuis 1993 et qui a été reconnu en obtenantr l'Ours d'Argent à Berlin avec le sublime Beijing Bicycle en 2001. Son douzième film qui vient de sortir en France inaugure une trilogie de trois films de trois heures balayant l'histoire de la Chine depuis les années 60. Au moment de la politique de l'enfant unique, un couple formé des deux grands acteurs très connus en Chine acteurs Wang Jingchun (interprétant Liu Yaojun) et Yan Mei (Wang Liyunperd) perd son fils, comme l'indique le titre. On suit leur vie et celle du couple d'un de leurs amis qui travaillaient dans la même fonderie et de leurs enfants (dont la sublime Qi Xi inconnue en France, mais star en Asie) au cours des épisodes de la privatisation progressive de l'industrie s'accompagnant de licenciements massifs, de destructions des droits sociaux, de construction de villes géantes etc. Wang Xiaushuai débute ainsi par ce chef d'oeuvre de 3h, parfaitement interprété, montrant le décor du pays en transformation sur une période de 40 ans (notamment la très belle rivière des perles) et filmé avec une totale rigueur, une fresque sur la famille en Chine. PS : ne vous inquiétez pas, au début on est un peu perdu (qui est qui, quand cela se passez-t-il et où ?) mais tout s'éclaire au bout de vingt minutes. PPS : Le film porte en France le titre "So Long My Son" mais le titre chinois signifie à peu près " Pour Toujours". PPPS: pour ceux qui l'on vu quelle est votre scène préférée ?
bcp trop long, pas mal mais une heure de moins ça l'aurait mieux fait..La première heure est particulièrement poussive.C'est bien joué et filmé mais franchement j'ai quand même du mal à comprendre ce déferlement de louanges...Le scénario ne me semble pas incroyable, et parfois le pathos et le larmoyant sont too much..
Quel grand film, un vrai chef d oeuvre, une réalisation impeccable, des acteurs excellents, des émotions si intenses, une histoire si profonde, vraiment 3h exceptionnelles ! Foncez voir cette pépite !
Magnifique et émouvant. Scénario d'une très belle construction. Les années 80 en Chine avec les antagonismes entre nouveaux riches et nouveaux pauvres. Une prestation d'acteur splendide. 3h qui inquiétaient le scénariste que je suis mais qui m'ont ravies. Bref, courez voir ce film et laissez-vous emporter par son rythme lent et suggestif.
Ce film c'est un peu tout ce que j'aime, ça se passe en Chine, on parle d'une famille ordinaire qui font des choses ordinaires, ça s'étale dans le temps et on voit la vie, aussi tragique qu'elle puisse être, passer et laisser séquelles desquelles on ne se remet jamais totalement.
Sur le papier j'étais parti pour adorer. Alors en pratique c'est un peu long, même si le coup de mou vers deux heures de film est vite remplacé par une heure finale de haute volée où naît enfin l'émotion tant attendue. Tout y est déchirant, le film qui était sans arrêt en mouvement se pose et permet réellement de ressentir quelque chose devant cette famille abimée par la vie.
Le film n'a de cesse de faire des aller retour entre les différentes périodes, éclairant ainsi plus ou moins certains aspects de la vie de ses protagonistes. Le procédé est intéressant à plusieurs reprises puisque le film s'ouvre sur une noyade, deux jeunes sont au bord d'un barrage, un veut nager, l'autre non... on devine qu'un mort... on ne sait pas lequel, on ne sait pas qui sont ses parents parmi tous les personnages et tout est fait pour non laisser dans le flou, voire pour nous faire croire l'inverse. C'est plutôt habile et ça fonctionne bien.
Par contre il y a des moments où malgré tout on a du mal à situer l'action dans le temps. Il y a ainsi des séquences entières, qui fonctionnent à elles-seules et c 'est pour ça que le film n'en pâti pas réellement, que je ne sais pas avec certitude replacer dans la chronologie. Il y a un côté nébuleux, comme si c'était un amoncellement de souvenirs d'une vie beaucoup trop triste. Il y a un côté poétique à ces aller retour, mais j'avoue qu'ils m'ont un peu perdu par moments, même si globalement ce n'est pas très dur à suivre et qu'avec un peu de déduction on arrive à tout remettre dans l'ordre.
Il y a des éléments qui n'ont pas de réponse, je pense à l'adolescent qui s'enfuit au début du film, on ne saura jamais réellement d'où il sort... On n'a pas toutes les clés en main... Mais la plus belle inconnue, reste l'inconnue finale lors de la conversation par Skype. De qui est ce gamin ? La caméra qui s'arrête sur le père potentiel rend la scène magnifique. Il y a quelque chose de réellement fort qui se produit puisque seul lui et le spectateur sont dans la confidence et bien évidemment il ne peut pas poser la question. Il doit se contenter de sourire...
Comme précisé, toute la dernière heure est réellement forte en émotion puisque c'est l'heure des retrouvailles et des séparations, ce qui a été amorcé pendant deux heures doit trouver sa résolution (enfin plus ou moins). Il y a des scènes d'une tendresse infinie, notamment la dernière rencontre avec leur amie, où l'on sent qu'une mauvaise décision qu'elle a prise il y a des années la hante encore même sur son lit de mort... Rien de plus déchirant. Et le film multiplie ces séquences où malgré la tristesse absolue des situations proposées, tout est pardonné... parce que finalement ce couple a survécu à toutes ses misères.
Mais il n'y a pas que la dernière heure qui vaut le détour, on a droit à quelques séquences hallucinantes, notamment liées au communisme, qui valent le détour. Tous les ouvriers sont réunis dans un immense auditorium avec des remises de prix ou des licenciements. Franchement on s'y croirait et voir les mouvements de foule, avec l'héroïne seule au centre de l'image, statique, c'est sublime. Disons que l'émotion naît à chaque fois que le film s'arrête, propose un plan fixe, comme pour montrer la tragédie qui se déroule dans le chaos d'une époque.
Ceci dit, je n'ai pas adoré non plus, car un poil trop long malgré tout et un peu confus par moment. Reste que c'est un beau film qui monte en puissance tout du long avec la Chine et sa politique en toile de fond.
c'est tout en finesse, un regard très intéressant sur la société chinoise et la place des femmes et des hommes dans cette société au cours des trente dernières années. Un film très important
Alors là bravo, j'ai dégusté ce film de 3h , chaque image, chaque regard, chaque expression sur les visages des acteurs remarquables. J'avais tout oublié de cette période en Chine...Les rapports humains sont donnés avec finesse, on partage ce qu'ils ressentent. Ce film m'a happée et il aurait pu durer une heure de plus je pense que cela m'aurait été agréable.
Je serai plus bref que le film. Si Wang Jing-chun et Yong Mei méritent leur Ours d'argent pour leur interprétation; le film ne mérite pas selon moi la pluie d'hommages qu'il a reçu à cause d'un scénario mal ficelé et trop tordu; et surtout d'un appui trop marqué sur la touche "attention, vous allez vous émouvoir". J'ai eu parfois l'impression d'être dans un truc étasunien... Bref, le cinéma chinois nous a proposé bien mieux
Ce beau mélodrame sur fond de politique de l'enfant unique est parfois remarquable, avec certaines scènes poignantes. La photographie est digne d'éloges, en particulier dans la partie du film se déroulant dans un port. Le réalisateur instaure une distanciation avec les personnages qui peut décontenancer; l'empathie n'est pas totale, comme il se devrait dans un mélodrame. Mais le spectateur est souvent perdu par les ellipses et les flash-back. Mieux vaut être prévenu, d'autant que le film dure 3 heures. Cela posé, il s'agit tout de même d'un film à voir absolument, décrivant avec brio les affres d'un couple victime de la politique de l'enfant unique, entre autres malheurs. L'arrière fond politique des années 80 est superbement rendu, en particulier dans les scènes se passant dans l'usine.
Première remarque: la durée... Le premier travelling du film auquel on a droit, d'un bout à l'autre d'une cuisine décrépie, est aussi misérabiliste que superfétatoire. On comprend tout de suite qu' on va en baver! Et en effet, si la dernière partie, contemporaine, est (heureusement!!) bien rythmée, les 2h qui la précèdent sont longues, mais longues... !!! 慢死了!!!
Deuxième remarque l'interprétation: c'est le point fort du film. Rien à redire, les interprètes sont bons et cerise sur le gâteau, le vieillissement des personnages est très bien maîtrisé, chapeau à tous!.
Troisième remarque le contenu: c'est là que je voudrais apporter quelques éclairages à ceux qui prennent Wang XiaoShuai pour un courageux dénonciateur du régime communiste... Rien n'est moins faux! Sachez que si tel était le cas, son film n'aurait jamais été autorisé à la diffusion en Chine. S'il l'a été, c'est qu'il colle parfaitement à la doctrine "Travail, Famille, Patrie" de Xi Jinping, et surtout, qu'il attaque frontalement la politique de Deng Xiaoping, le premier président chinois à avoir ouvert la Chine sur l'extérieur, aussi honni par le président actuel que Barack Obama l'est par Donald Trump! Pour qui connait bien la Chine et fait preuve d'un peu plus de subtilité que nos critiques de France, on voit très vite ce que vante ce film: les valeurs chinoises et en contrepoint, le rejet de l'occident. Cela commence avec la citation de Deng Xiaoping comme "horrible" instigateur de la politique de l'enfant unique (qui dans les faits nous a évités 500 millions d'humains supplémentaires sur la planète: on peut lui dire mille fois merci à Deng XiaoPing, sans lui la planète qu'homo sapiens détruit à vitesse grand V serait encore plus mal!!) Cela continue avec un hommage à Mao (salut à la statue du grand leader depuis la voiture avec un côté "mon pauvre vieux, si tu voyais comme ils nous ont dévoyé notre pays avec le capitalisme!") Et cela finit avec le personnage de Moli,spoiler: la belle apprentie, qui passe du statut d’héroïne qui rachète la faute initiale en donnant un fils de substitution à un couple en souffrance, au statut de traître à la patrie qui part émigrer à l'étranger et fait/adopte (on ne sait pas trop) un enfant sur place. Ça c'est le pompon pour notre brave Liu Yuajun ne peut réprimer un sourire de mépris appuyé en voyant le gamin sur skype! Heureusement, la morale est sauve, qques minutes plus tard le fils abandonné par Moli, son fils d'adoption à lui, un enfant chinois bien de chez nous, avec une fille bien de chez nous se rappelle à lui. Le message de Xi Jinping, qui est raccord avec le film est le suivant: soyez patriote, faites des gosses et oubliez l'étranger, la Chine a connu bien des vicissitudes mais elle a déjà pris sa revanche économique et continuera sur sa lancée. Ne cédez pas aux mirages de l'étranger (comme le fait Moli qui se perd) mes chers compatriotes, respectez le pays et sa doctrine. Vous rencontrerez des épreuves, qui n'en a pas, mais vous pourrez être fier de votre patrie! Pas comme Deng Xiaoping qui avait imposé: - la limitation du nombre de mandats en tant que président (non mais quelle absurdité! C'est bien mieux que je sois président à vie!) - la limitation du nombre de naissances (encore une absurdité! ) - l'ouverture au monde extérieur (peut-être la pire des absurdités, on est bien mieux à rester centré sur nos "valeurs", plutôt qu'à chercher à apprendre et partager avec l'étranger!!)
Après Zhang Yimou et Jia Zhangke, entre autres, au tour de Wang Xiaoshuai de livrer une fresque virtuose sur la Chine des 40 dernières années. Mélodrame familial autour de la perte et de l'absence, le film raconte l'évolution sociale et politique d'un pays où le sens du collectif a toujours eu la primauté sur le développement individuel, tout du moins jusqu'à une période récente. Le récit de Wang est sinueux, usant jusqu'à l'excès de flashbacks et d'ellipses, laissant parfois le spectateur dans une zone de flou jusqu'à ce que le puzzle narratif se révèle dans ses grandes lignes, après 3 heures de projection. Ces moments d'incertitudes, géographique et temporelle, ne nuisent cependant pas à la puissance de cette aventure humaine qui s'articule autour de la politique de l'enfant unique, qui ne prit fin qu'en 2011. Film sur le deuil, So long, my Son, est aussi une oeuvre vibrante sur la permanence du couple, sur l'amitié, sur le pardon et sur la résilience. Wang n'a pas peur de jouer sur le registre sentimental, notamment dans la dernière partie, sommet d'émotion et de mélancolie alors que les deux personnages principaux, les parents (admirablement interprétés), sont désormais vieux et sereins. So long, my Son forme un tout qui peut paraître hétérogène et parfois opaque mais c'est la somme des tranches d'existence qui constituent son trésor, convoquant le ressenti plutôt que l'analyse. Que le réalisateur n'ait pas cherché à faire des compromis scénaristiques et de montage pour se rendre plus compréhensible aux yeux du public occidental est digne d'éloges, autant que sa volonté de ne pas édulcorer un discours politique que la censure chinoise a dû moyennement goûté. Ce qui reste du film, c'est son humanisme et son portrait d'une génération sacrifiée, peut-être moins violemment que la précédente, au temps de la Révolution culturelle, mais de manière plus sourde et intime.
Ce film est d’une pudeur qui ne protège pas le regard ni les sentiments. Bien au contraire, tout s’observe avec plus d’attention et d’émotion. Les plans sont à la hauteur de la longueur de ce film, que je n’ai (presque) pas vu passer! Tout est en justesse et le contexte historique est bien illustré à travers l’histoire. Très belle œuvre!
Voici l'histoire sur près de quarante ans d'un couple, Liu Yaojun et Wang Liyun, employés dans un conglomérat industriel d’État, soumis à la politique de l'enfant unique, confronté à la perte irréparable de leur garçon.
La littérature a sur le cinéma un avantage : il existe des romans plus ou moins longs alors que les films ont tous, peu ou prou, la même durée. Vous me direz qu'il y a des films qui durent quatre heures - voire quatorze comme récemment "La Flor" - et vous aurez raison. Je vous rétorquerai que quatre-vingt-dix minutes est la norme et je n'aurai pas tort.
Pourquoi cette laborieuse entrée en matière ? Parce que "So Long, My Son" fait plus de trois heures et a exactement la durée qui convient à son propos. Comme "Autant emporte le vent", comme "Docteur Jivago", "So Long, My Son" suit ses personnages pendant plusieurs décennies et avait besoin d'au moins trois heures pour raconter leur histoire.
Il aurait pu le faire en suivant paresseusement la chronologie - comme le faisait d'ailleurs les chefs d’œuvre susmentionnés. Mais ce simplisme n'est plus de mise. Les modes de narration se sont sophistiqués. "So Long, My Son" est construit sur une succession d'ellipses et de flashbacks particulièrement complexes. Il serait croustillant d'en reproduire la succession sur l'axe du temps. Mais ce découpage, aussi complexe soit-il, n'en demeure pas moins parfaitement lisible : un détail vestimentaire, un élément du paysage ou du climat, un calendrier permettent rapidement au spectateur de se repérer dans le temps et dans l'espace. Et il s'avère d'une redoutable efficacité car il donne de l'épaisseur à une histoire qui, si elle avait été racontée dans l'ordre chronologique, n'aurait pas eu le même relief.
Sans doute est-ce donner dans cette critique trop de place à un élément bien technique. Car "So Long, My Son" est un film dont les qualités ne se limitent pas à son seul découpage. C'est un film politique. C'est en même temps un film profondément émouvant.
Comme dans ses précédentes réalisations, le réalisateur Wang Xiaoshuai, né avec la Révolution culturelle en 1966, entend faire résonner la petite histoire avec la grande. Le destin de Liu Yaojun et Wang Liyun est celui de tant de Chinois ordinaires nés au mitan du siècle. Ils connurent dans leur jeunesse les camps de rééducation. Ils durent s'employer aux champs ou à l'usine. Ils furent ensuite confrontés au démantèlement de leurs unités de travail, seuls les plus malins réussissant à tirer parti des opportunités offertes par le capitalisme naissant.
Le destin de Liu Yaojun et Wang Liyun a été brisé par la politique de l'enfant unique qui leur interdit d'avoir un second enfant quelques mois avant de perdre le premier dans des circonstances dramatiques. Le drame que constitue pour un couple la mort brutale de leur enfant, la difficulté à s'en relever est déjà, en soi, un sujet poignant. Mais "So Long, My Son" lui en greffe plusieurs autres avec l'éducation d'un autre enfant dont on découvrira bientôt les origines et la douloureuse réconciliation avec un couple d'amis dont le fils porte la responsabilité de la mort de leur fils.
Leur dignité face aux épreuves, leurs douleurs tues, leur résilience pour employer un mot à la mode sont si édifiantes qu'elles frisent l'académisme. Mais nos dernières réserves sont emportées par un épilogue à faire pleurer les pierres.