Bait
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Upvz18
Upvz18

4 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 août 2026
BAIT

Si habituellement j’ai tendance à commencer mes notes par le fond dans ce cas précis c’est la forme qui s’impose. C’est clairement un film expérimental correspondant à un cahier des charges que le réalisateur s’impose, notamment au vu du choix d’une caméra Bolex et d’une pellicule 16mm en noir et blanc. Pellicule par ailleurs mal traitée qui laisse paraître pas seulement de la « neige » mais carrément « une tempête de grèle». Ce choix esthétique et les plans choisis ont fait penser à des films muets, des films documentaires des pays de l’est et à la limite à l’expressionisme allemand. L’ensemble est inséré dans une forme elliptique où les premières et les dernières séquences sont identiques à la différence près que le spectateur a changé son point de vue.
Quant au fond il est largement subversif et une lecture sémiologique dès les premières images sous guident vers une lecture sociologique. J’en veux pour preuves les myrtilles, la pastèque , le champagne et les bottes du pêcheur, pour comprendre il faut aller voir le film. Il est question de gentrification et d’oppositions de classe sociales, d’eux et nous. Les touristes et les locaux ne peuvent pas faire communauté, l’un vivant aux « bénéfices » et aux dépens de l’autre. Film qui sort de l’ordinaire et qui aiguise la vue du spectateur avec de nombreuses références. On note au passage la bande-son emphatique.
Christian RZ
Christian RZ

95 abonnés 313 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 juillet 2026
Montage parallèle systématique un peu désuet, film en noir et blanc assumé crade qui évoque les films militants des années 70 type Sanjinez (qui faisait rejouer par leurs protagonistes les luttes des pays andins) , un son faussement non mixé et le format 1:35 qui crée un hors/champ anxiogène tout cela ne manque pas du charme, même si l’histoire est un peu simpliste
Helene Tourbine
Helene Tourbine

27 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 juillet 2026
Quelle bonne idée le distributeur ED a-t-il eu de sortir des limbes cet OVNI britannique, où Ken Loach (pour le fond) aurait rencontré Derek Jarman (pour la forme).
Bait date de 2019 et avait été présenté à la Berlinale, mais ne nous arrive que maintenant, après Enys Men sorti en 2024.
Sur la trame un peu attendue et prévisible de la confrontation, dans une toute petite bourgade des Cornouailles, entre une communauté de pêcheurs et l’arrivée de touristes et investisseurs dans des locations de vacances, Mark Jenkin multiplie les effets de montage alterné et de gros plans pour suggérer les différences de vue et de classe : les gestes du travail d’un côté vs un frigo qu’on remplit de champagne et de victuailles de l’autre, les outils du quotidien des pêcheurs vs les mêmes filets, bouées et hublots transformés en déco cool et « typique".
La facture traverse la communauté elle-même puisque les frères Martin et Steven se déchirent, le second ayant récupéré le bateau de pêche familial pour emmener les touristes et autres enterrements de vie de garçon faire un tour sur l’eau, tandis que Martin vivote de ce que lui ramènent ses filets.
Le vol d’un homard sera à la fois le déclencheur du drame à venir et de la scène la plus saisissante du film, autour de la réparation d’un casier - à homard donc - devenu point d’attention de tout un pub.
Tourné en 16 mm charbonneux, Bait bouscule aussi la chronologie, inserrant des images de péripéties à venir, comme pour en souligner le caractère inexorable dans ce contexte tendu, et fait surgir le fantastique sous les traits du défunt patriarche, qui délivre à Martin ses conseils et prophéties.
Si le sujet aurait mérité un peu de nuance - les clans des gentils et des méchants sont ici définis sans appel ni réflexion sur les impacts respectifs des deux activités - l’audace et l’inventivité formelles dont fait preuve Mark Jenkin méritent largement de goûter à l’expérience.
norman06

432 abonnés 1 843 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 juin 2026
Beau film, entre poésie filmique et chronique communautaire. Un jeu de montage éblouissant. Une rareté.
Frédéric T
Frédéric T

37 abonnés 56 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 22 juin 2026
Le thème du " grand remplacement" touristique sur les belles côtes de Cornouaille pouvait donner lieu à un bon film " social" dont les anglais ont le secret. Mais le parti pris d'une facture archaïque et d'un maniérisme confinant au grotesque produit un film dit expérimental, hermétique et ennuyeux, qui n'est pas sans rappeler le cinéma muet et le surréalisme des années 20. Expérimental et confidentiel.
Corinne76100
Corinne76100

89 abonnés 668 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 17 juin 2026
Film très austère, ardu et lourd. Les scènes en noir et blanc se succèdent sans trop de liant et il ne se passe pas grand chose. Assez décevant
Pascal
Pascal

269 abonnés 2 519 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 juin 2026
"Bait" autrement dit " l'appât " repose sur un scénario ou la forme indique sans ambiguïté le sens du propos défendu par le cinéaste : le respect et l'hommage à la tradition mise à mal par la modification de la hiérarchie des valeurs instituée par la société marchande.

Voir le scénario comme le portrait d'un pêcheur d'un village de Cornouailles qui ne parvient pas à s'adapter au monde moderne, serait totalement passer à côté du film et en dirait plus sur celui qui le dit que sur le propos du cinéaste.

C'est en fait exactement du contraire dont il s'agit et la façon de réaliser " Bait " ( 16 mm, image faussement altérée par le temps, en noir et blanc ) pose sans aucune ambiguïté l'angle de réflexion du sujet et le point de vue du cinéaste anglais.

Mark Jenkins souligne ici la puissance délétère de l'argent qui détruit la tradition et finalement une part de l'humanité. A la fois de celui qui fait un mauvais usage de son pouvoir économique par son incapacité émotionnelle à l'empathie ( c'est au plan neuronal une construction structurelle profondément ancrée, largement documentée ) mais aussi par celui contre lequel ce pouvoir s'exerce.

C'est ce que montre ce " Bait " ou l'appât peut être vu tout autant comme l'appât qui sert à attirer le poisson que comme l'appât du gain.

C'est réussi !

Vu au Reflet Médicis
alaind7275
alaind7275

4 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 juin 2026
une belle leçon de cinéma. Comment raconter une histoire, très forte par ailleurs, avec les moyens du cinéma, cadrages, son, montage et pratiquement sans dialogues. Fort et émouvant.
Clntra
Clntra

41 abonnés 270 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 10 juin 2026
Film dont les ambitiions sont estimables, l(étude de de la dislocation d'une communiaué, entre les pêcheurs et les touristes.
anzlysee avec une violeabsolue sans que les raisons soient vérutitablement ckaires. Une mise en scènes totalement disloquée. Film que j'ai trouvé ennnuyeut.
Aubert T.
Aubert T.

146 abonnés 162 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 juin 2026
D'une écriture d'une rare perfection, cadrages sublimes, montage d'une inventivité qu'on rencontre peu souvent... C'est formellement et plastiquement parfait.
Il n'est pas courant de voir un film aussi exceptionnel (alors que j'y allais à reculons.)
Yves G.

1 875 abonnés 4 105 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 9 juin 2026
"Bait "se déroule de nos jours peut-être dans un petit village pittoresque des Cornouailles. L’afflux des touristes en a modifié l’économie. Les habitations proches du port ont été vendues à de riches Londoniens ; les pêcheurs se sont reconvertis. Martin Ward (Edward Rowe) vit mal cette évolution. Il pêche à la nasse au bord du rivage des bars ou des homards depuis que son frère aîné a, à son grand dam, transformé le bateau de son père en promène-touristes.

On avait découvert le cinéma anachronique de Mark Jenkin en 2024 avec la sortie d’"Enys Men" (2022), l’étrange histoire sans paroles d’une botaniste recluse sur une île déserte. Il nous déconcerte à nouveau par un film surprenant, tourné en 2017, projeté à Berlin en 2019 et resté à ce jour inédit en France.

Son histoire est banale : celle d’un homme déclassé et humilié qui n’accepte pas l’évolution du monde et voudrait à tout prix maintenir un mode de vie frappé d’obsolescence. C’est sa forme qui est radicalement déconcertante : "Bait" a été tourné avec une caméra Bolex 16mm. Il a le grain des films muets en noir et blanc des années 30. Le son a été post-synchronisé. Ses paysages rappellent "L’Homme d’Aran" (1934), certains raccords surréalistes "Un Chien andalou" (1929).

La question qui se pose est l’adéquation de la forme au fond : pourquoi avoir filmé cette histoire-ci avec cette forme-là ? Quelle nécessité y avait-il à emprunter aux techniques des débuts du cinéma pour raconter une histoire ultra-contemporaine ?

J’ai beau avoir cherché, je n’ai pas trouvé de réponse satisfaisante à ces questions. J’en ai tiré une conclusion bien sévère : Bait se réduit à mes yeux à un exercice de style certes original mais vain.
lipfy
lipfy

8 abonnés 88 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 juin 2026
Très beau, très émouvant. Noir et blanc superbe. Mise en scène épurée. Jeu d'acteur sans artifice. Film à la fois réaliste et poétique. Rare.
Sam Artfun
Sam Artfun

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 juin 2026
En utilisant les mêmes procédés techniques que pour tous ces courts métrages et Enys Men (tournage en 16 mm à la Bolex, prise de son en post-synchronisation), et en installant son récit dans ses Cornouailles natales, Mark Jenkin creuse un sillon singulier dans le cinéma britannique. Avec son image rugueuse, ses jeux de montage alternés et de zoom, le film semble atemporel. Au-delà de cet aspect technique le film aborde des questions tout à fait contemporaines puisqu'il s'intéresse à la vie d'un petit village de pêcheurs qui fait face à l'installation de citadins, et aux conflits qui en découlent. Loin d'être manichéen, le film explore les différentes tensions qui peuvent survenir dans ce genre de situations, qui ne se cantonnent pas aux côtes des Cornouailles...
gimliamideselfes

3 455 abonnés 4 019 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 juin 2026
La première chose qui frappe dans ce Bait c'est l'image. On est sur un vieux noir et blanc qui sent bon le 16mm bien crade avec plein d'artefacts sur l'image qui donnent immédiatement du charme au long métrage.
La deuxième chose c'est le montage. Jenkin va mettre en parallèle les gestes du pêcheur un peu loser, sans bateau (sans grand chose en fait) et celui du touriste huppé de la ville. Ouvrir, déplacer, ranger... D'un côté on a ces gestes associés au luxe, on met des bouteilles de champagne dans un frigo et de l'autre à un labeur manuel.

Rien que par ce montage les enjeux du film sont fixés : les riches anglais oisifs qui viennent sur la côte pour les vacances et les pêcheurs locaux qui tentent de survivre et qui doivent s'adapter à la transformation de leur village. Et heureusement on n'est pas dans une comédie où tout est bien qui finit bien, où tout le monde va fêter une réconciliation autour d'un bon homard et d'une mauvaise bière. On montre l'absence de retour en arrière possible et que les locaux en souffrent.

Même ce qui pourrait être un espace de conciliation, à savoir les jeunes qui fricotent ensemble, parce qu'ils sont jeunes, parce qu'ils sont beaux, parce qu'ils le peuvent, se révèlent être un point de discorde.
Et si sur le fond cette tension locaux/touristes n'est pas forcément originale notamment entre les locaux qui tentent de résister au tourisme et ceux qui veulent s'y adapter mais j'aime la manière avec laquelle elle est traitée, notamment encore une fois par le montage. On a plein de flash qu'on n'explique pas. Des séquences qui ne semblent pas s'imbriquer totalement avec le reste et qui ne prennent sens que plus tard.

Ainsi la séquence d'ouverture ne prendra pas son sens immédiatement. Tout comme les nombreux inserts de verre brisé, de voiture de police, etc. Ce qui fait que le film a un côté intriguant, on nous annonce que tout ça ne peu pas bien finir et le film avance un peu comme une tragédie car aucun signal positif n'est renvoyé de tout ça.

Le noir et blanc quant à lui permet des plans magnifiques sur ces visages de vieux hommes barbus, fatigués qui tentent de survivre dans un monde nouveau. Il se dégage quelque chose de profondément touchant de cette mise en scène des corps, quasiment toujours en gros plan, avec peu de dialogues, où l'expression des acteurs seule suffit à dire quelque chose et à fait ressentir au spectateur ce qui se passe.
traversay1

4 524 abonnés 5 439 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 mai 2026
Deux ans après Enys Men, le premier long métrage de Mark Jenkin, récompensé aux BAFTA 2020, sort enfin dans les salles françaises son tout premier film. C'est un drôle d'objet, en noir et blanc et 16 mm, avec un son enregistré en post-production. L'œuvre d'un artisan/styliste, dans une veine très formaliste et un montage digne d'un film soviétique des années 30. Autant dire une anomalie dans la production cinématographique actuelle pour un sujet pourtant très contemporain : la disparition progressive des métiers traditionnels, ici la pêche sur la côte des Cornouailles, au profit du tourisme. Pourquoi alors cette forme presque expérimentale ou en tout cas volontairement désuète pour raconter une histoire d'acculturation combattue, appâts comptés ? C'est la licence de l'artiste et de Mark Jenkin, dans un film qui, bien que consciemment anarchique dans sa progression narrative, possède quelques personnages bien dessinés, à commencer par son héros, pêcheur sans bateau, sévèrement buriné et obstiné contre la gentrification qui s'installe dans son village. D'autres figures, féminines notamment, bien que légèrement en retrait, complètent ce riche tableau. Pas destiné à plaire, par son austérité exigeante, Bait convainc en grande partie par son atmosphère maritime et son évocation d'un monde ancestral qui résiste encore avant de couler définitivement.
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