Bait
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FaRem

10 571 abonnés 11 451 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 29 janvier 2020
Martin est un pêcheur sans bateau après que son frère a choisi de s'en servir pour promener les touristes. Le tourisme est au centre de cette histoire qui se déroule dans un petit village de pêcheurs qui se transforme avec l'arrivée de touristes. Ces derniers imposent leurs lois et se croient tout permis, car ils savent que leur présence est importante pour la survie de ce village. Ils vont même jusqu'à se plaindre du bruit du bateau, alors que les gens vont simplement travailler, ça fait penser à ce qu'on entend chez nous quand des touristes se plaignent de certains bruits à la campagne comme le chant du coq. Si les touristes jouent un rôle important, l'histoire est quand même centrée sur le quotidien de Martin qui essaie de gagner sa vie tant bien que mal en mettant de l'argent de côté pour s'acheter un autre bateau. Martin est discret, réservé, limite défaitiste, mais ça ne l'empêche pas de se faire entendre. "Bait" parle du quotidien difficile de ces gens, de l'impact que ces regards rabaissants peuvent avoir sur un homme et sa volonté de s'en sortir. Ce qui fait la particularité de ce film, ce n'est pas vraiment son histoire, mais plutôt son style. Il ne s'agit pas simplement de la cinématographie, mais de la mise en scène, de la construction du récit avec notamment de petits flashs prémonitoires d'événements à venir. Est-ce que cela apporte réellement quelque chose ? Je ne dirais pas ça. Le film est parfois déconcertant lors des premières minutes, mais par la suite, on s'y fait. Pour moi, "Bait" fait partie de ces films plébiscités que j'aurais aimé apprécier. Je dois dire que tout ce qui se passe m'a laissé de marbre. L'histoire ne dégage rien en terme d'émotion. On comprend le message, mais la façon dont il est transmis n'est pas agréable. Bref, ce n'est pas mauvais, ce n'est tout simplement pas pour moi.
Corinne76100
Corinne76100

86 abonnés 635 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 17 juin 2026
Film très austère, ardu et lourd. Les scènes en noir et blanc se succèdent sans trop de liant et il ne se passe pas grand chose. Assez décevant
Cinememories

584 abonnés 1 664 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 juin 2026
La marée est un refrain dont s’inspire Mark Jenkin afin d’amorcer un pèlerinage audacieux dans sa Cornouailles natale. Le cinéaste, qui a principalement fait ses classes dans le documentaire court, ne trahit pas son sujet ni son format. En optant pour la pellicule 16mm, il nous renvoie à sa thématique de la gentrification, qui bouscule également les habitudes des cinéastes, comme des spectateurs. Ce qui découle alors d’une lutte de classes revient à nous interroger sur la fatalité de la modernisation dans son ensemble. Bien entendu, les activités côtières, notamment la pêche, auront leurs démons à exorciser, mais ce ne serait que gratter à la surface d’un souci qui se déplace, d’un lieu à un autre et au fil du temps.

La famille Ward illustre donc cette tendance, par le biais d’une friction à double-sens. Martin (Edward Rowe) vit de son poisson et de ses crustacés, qu’il pêche avec rigueur. Même si son frère le voit davantage comme un has been, à l’image d’un métier étouffé par la culture des commerces de grandes surfaces, ce grand gaillard a du sang chaud à revendre. Ce porte-étendard du patrimoine local ne cesse d’avancer, même sans le précieux appui d’un bateau. Malheureusement, les contraintes sont trop fortes et sa ville portuaire, qui l’a élevé, commence peu à peu à changer de propriétaire. Entre les touristes occasionnels et la bourgeoisie qui peste dans l’ancien domicile familial, quelque chose s’est brisé. On parlera de frontières, dont les limites naturelles ne seront d’aucun secours à Martin. Que ce soit à quai ou sur son espace de travail, il n’y a plus de tranquillité, plus d’intimité et plus de rentabilité pour l’ermite du coin.

Rien n’est facile pour ce pêcheur depuis le début, mais c’est à sa collision avec un couple londonien qu’on distinguera les nuances d’une perfidie collatérale. Les nouveaux occupants, sont dupés par l’hostilité des lieux et Martin voit ses efforts et son héritage sombrer par le portrait amer, où il ne serait qu’un simple rocher à peine émergé, heurté par les vagues. Et dans toute cette agitation, la communauté trouve tout de même la force de repousser les intrus, qui ne cherchent pas tous à s’adapter, mais plutôt à leur arracher une bonne bouchée de homard. Wenna (Chloe Endean) en fait partie et ne mâche pas ses mots pour l’exprimer. Mais à chaque élan antihéroïque de la jeune serveuse, des relations s’effondrent et les possibilités de dissiper la fureur s’échappent. Tout est dans l’idée de ces gros plans, qui privent les personnages d’un horizon. Le choix des plans, l’enchaînement et la structure catalyse l’expressionnisme d’une ambiance aussi bien percutante qu’envoûtante.

Ainsi, au cœur d’une pleine mutation, la ville portuaire se noie dans un flot de rage ou d’impuissance, face une force supérieure qui dépasse chaque résident. « Bait » convoque par bien des manières la sensibilité dans une fable onirique, où le chant de sirène n’aura rien à voir avec les mythes maritimes. On met en évidence une situation critique, où le déclin se transmet d’une génération à l’autre, mais également cette ultime éventualité de préserver ce qu’il reste de plus précieux, non pas au nom du collectif, mais au nom d’une culture, surexploitée sans la moindre profondeur. Ce film reconnaît ses cicatrices, mais ne les panse pas dans le deuil, bien au contraire, il se nourrit de cet appât, de cette franchise et nous serons les premiers à mordre à l’hameçon.
Coric Bernard

455 abonnés 851 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 10 décembre 2025
Ce film en noir et blanc sur les pécheurs et les touristes manque tout de même de « pèche ». De plus la pellicule n’est pas d’une grande qualité. Le scénario qui raconte l’antagoniste latent entre les résidents de ce port de pèche anglais et les vacanciers est certes intéressant mais tout cela manque parfois de clarté et de liant.

Bernard CORIC

(Film visionné à la journée de prévisionnement du GNCR le 09/12/2025 à la FEMIS à PARIS)
In Ciné Veritas
In Ciné Veritas

108 abonnés 922 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 14 octobre 2021
Mark Jenkin, réalisateur et scénariste de Bait, est issu de la sphère des documentaristes. Sur la forme, il opte pour une austérité certaine que rien dans l’histoire narrée ne semble justifier. Il choisit ainsi un format carré et un noir et blanc tirant sur le sépia. Pour renforcer le côté vintage apparemment visé (pourquoi ?), les photogrammes ont fait l’objet d’un traitement en postproduction pour ajouter de fausses rayures. Jenkin semble, via des artifices techniques, vouloir donner l’impression que le film a été tourné sur pellicules désormais usagées. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com/dinard-2021/#B
Marc G
Marc G

4 abonnés 127 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 février 2026
Un petit village côtier des Cornouailles, ses mouettes, son pub, ses pêcheurs, ses traditions, ses touristes venus de la ville… le décor planté par le réalisateur Mark Jenkin pourrait être une parfaite et charmante carte postale, ainsi qu’une liste d’ingrédients toute prête à devenir un énième film social et réaliste comme les Britanniques savent les faire. Or dès les premiers plans, Jenkin envoie valser très loin ce fameux réalisme. Dans son ton, son montage et surtout son traitement visuel: Bait ne ressemble à rien de ce que l’on voit aujourd’hui, au Royaume-Uni comme ailleurs...
source & suite : /
NB: Film vu au Bellevaux de Lausanne en 2020 , je garde d'ancien ticket ciné
traversay1

4 480 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 mai 2026
Deux ans après Enys Men, le premier long métrage de Mark Jenkin, récompensé aux BAFTA 2020, sort enfin dans les salles françaises son tout premier film. C'est un drôle d'objet, en noir et blanc et 16 mm, avec un son enregistré en post-production. L'œuvre d'un artisan/styliste, dans une veine très formaliste et un montage digne d'un film soviétique des années 30. Autant dire une anomalie dans la production cinématographique actuelle pour un sujet pourtant très contemporain : la disparition progressive des métiers traditionnels, ici la pêche sur la côte des Cornouailles, au profit du tourisme. Pourquoi alors cette forme presque expérimentale ou en tout cas volontairement désuète pour raconter une histoire d'acculturation combattue, appâts comptés ? C'est la licence de l'artiste et de Mark Jenkin, dans un film qui, bien que consciemment anarchique dans sa progression narrative, possède quelques personnages bien dessinés, à commencer par son héros, pêcheur sans bateau, sévèrement buriné et obstiné contre la gentrification qui s'installe dans son village. D'autres figures, féminines notamment, bien que légèrement en retrait, complètent ce riche tableau. Pas destiné à plaire, par son austérité exigeante, Bait convainc en grande partie par son atmosphère maritime et son évocation d'un monde ancestral qui résiste encore avant de couler définitivement.
gimliamideselfes

3 433 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 juin 2026
La première chose qui frappe dans ce Bait c'est l'image. On est sur un vieux noir et blanc qui sent bon le 16mm bien crade avec plein d'artefacts sur l'image qui donnent immédiatement du charme au long métrage.
La deuxième chose c'est le montage. Jenkin va mettre en parallèle les gestes du pêcheur un peu loser, sans bateau (sans grand chose en fait) et celui du touriste huppé de la ville. Ouvrir, déplacer, ranger... D'un côté on a ces gestes associés au luxe, on met des bouteilles de champagne dans un frigo et de l'autre à un labeur manuel.

Rien que par ce montage les enjeux du film sont fixés : les riches anglais oisifs qui viennent sur la côte pour les vacances et les pêcheurs locaux qui tentent de survivre et qui doivent s'adapter à la transformation de leur village. Et heureusement on n'est pas dans une comédie où tout est bien qui finit bien, où tout le monde va fêter une réconciliation autour d'un bon homard et d'une mauvaise bière. On montre l'absence de retour en arrière possible et que les locaux en souffrent.

Même ce qui pourrait être un espace de conciliation, à savoir les jeunes qui fricotent ensemble, parce qu'ils sont jeunes, parce qu'ils sont beaux, parce qu'ils le peuvent, se révèlent être un point de discorde.
Et si sur le fond cette tension locaux/touristes n'est pas forcément originale notamment entre les locaux qui tentent de résister au tourisme et ceux qui veulent s'y adapter mais j'aime la manière avec laquelle elle est traitée, notamment encore une fois par le montage. On a plein de flash qu'on n'explique pas. Des séquences qui ne semblent pas s'imbriquer totalement avec le reste et qui ne prennent sens que plus tard.

Ainsi la séquence d'ouverture ne prendra pas son sens immédiatement. Tout comme les nombreux inserts de verre brisé, de voiture de police, etc. Ce qui fait que le film a un côté intriguant, on nous annonce que tout ça ne peu pas bien finir et le film avance un peu comme une tragédie car aucun signal positif n'est renvoyé de tout ça.

Le noir et blanc quant à lui permet des plans magnifiques sur ces visages de vieux hommes barbus, fatigués qui tentent de survivre dans un monde nouveau. Il se dégage quelque chose de profondément touchant de cette mise en scène des corps, quasiment toujours en gros plan, avec peu de dialogues, où l'expression des acteurs seule suffit à dire quelque chose et à fait ressentir au spectateur ce qui se passe.
Yves G.

1 845 abonnés 4 019 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 9 juin 2026
"Bait "se déroule de nos jours peut-être dans un petit village pittoresque des Cornouailles. L’afflux des touristes en a modifié l’économie. Les habitations proches du port ont été vendues à de riches Londoniens ; les pêcheurs se sont reconvertis. Martin Ward (Edward Rowe) vit mal cette évolution. Il pêche à la nasse au bord du rivage des bars ou des homards depuis que son frère aîné a, à son grand dam, transformé le bateau de son père en promène-touristes.

On avait découvert le cinéma anachronique de Mark Jenkin en 2024 avec la sortie d’"Enys Men" (2022), l’étrange histoire sans paroles d’une botaniste recluse sur une île déserte. Il nous déconcerte à nouveau par un film surprenant, tourné en 2017, projeté à Berlin en 2019 et resté à ce jour inédit en France.

Son histoire est banale : celle d’un homme déclassé et humilié qui n’accepte pas l’évolution du monde et voudrait à tout prix maintenir un mode de vie frappé d’obsolescence. C’est sa forme qui est radicalement déconcertante : "Bait" a été tourné avec une caméra Bolex 16mm. Il a le grain des films muets en noir et blanc des années 30. Le son a été post-synchronisé. Ses paysages rappellent "L’Homme d’Aran" (1934), certains raccords surréalistes "Un Chien andalou" (1929).

La question qui se pose est l’adéquation de la forme au fond : pourquoi avoir filmé cette histoire-ci avec cette forme-là ? Quelle nécessité y avait-il à emprunter aux techniques des débuts du cinéma pour raconter une histoire ultra-contemporaine ?

J’ai beau avoir cherché, je n’ai pas trouvé de réponse satisfaisante à ces questions. J’en ai tiré une conclusion bien sévère : Bait se réduit à mes yeux à un exercice de style certes original mais vain.
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 408 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 juin 2026
"Bait" autrement dit " l'appât " repose sur un scénario ou la forme indique sans ambiguïté le sens du propos défendu par le cinéaste : le respect et l'hommage à la tradition mise à mal par la modification de la hiérarchie des valeurs instituée par la société marchande.

Voir le scénario comme le portrait d'un pêcheur d'un village de Cornouailles qui ne parvient pas à s'adapter au monde moderne, serait totalement passer à côté du film et en dirait plus sur celui qui le dit que sur le propos du cinéaste.

C'est en fait exactement du contraire dont il s'agit et la façon de réaliser " Bait " ( 16 mm, image faussement altérée par le temps, en noir et blanc ) pose sans aucune ambiguïté l'angle de réflexion du sujet et le point de vue du cinéaste anglais.

Mark Jenkins souligne ici la puissance délétère de l'argent qui détruit la tradition et finalement une part de l'humanité. A la fois de celui qui fait un mauvais usage de son pouvoir économique par son incapacité émotionnelle à l'empathie ( c'est au plan neuronal une construction structurelle profondément ancrée, largement documentée ) mais aussi par celui contre lequel ce pouvoir s'exerce.

C'est ce que montre ce " Bait " ou l'appât peut être vu tout autant comme l'appât qui sert à attirer le poisson que comme l'appât du gain.

C'est réussi !

Vu au Reflet Médicis
Aubert T.
Aubert T.

143 abonnés 159 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 juin 2026
D'une écriture d'une rare perfection, cadrages sublimes, montage d'une inventivité qu'on rencontre peu souvent... C'est formellement et plastiquement parfait.
Il n'est pas courant de voir un film aussi exceptionnel (alors que j'y allais à reculons.)
Clntra
Clntra

41 abonnés 270 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 10 juin 2026
Film dont les ambitiions sont estimables, l(étude de de la dislocation d'une communiaué, entre les pêcheurs et les touristes.
anzlysee avec une violeabsolue sans que les raisons soient vérutitablement ckaires. Une mise en scènes totalement disloquée. Film que j'ai trouvé ennnuyeut.
lipfy
lipfy

8 abonnés 81 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 juin 2026
Très beau, très émouvant. Noir et blanc superbe. Mise en scène épurée. Jeu d'acteur sans artifice. Film à la fois réaliste et poétique. Rare.
alaind7275
alaind7275

4 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 juin 2026
une belle leçon de cinéma. Comment raconter une histoire, très forte par ailleurs, avec les moyens du cinéma, cadrages, son, montage et pratiquement sans dialogues. Fort et émouvant.
Sam Artfun
Sam Artfun

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 juin 2026
En utilisant les mêmes procédés techniques que pour tous ces courts métrages et Enys Men (tournage en 16 mm à la Bolex, prise de son en post-synchronisation), et en installant son récit dans ses Cornouailles natales, Mark Jenkin creuse un sillon singulier dans le cinéma britannique. Avec son image rugueuse, ses jeux de montage alternés et de zoom, le film semble atemporel. Au-delà de cet aspect technique le film aborde des questions tout à fait contemporaines puisqu'il s'intéresse à la vie d'un petit village de pêcheurs qui fait face à l'installation de citadins, et aux conflits qui en découlent. Loin d'être manichéen, le film explore les différentes tensions qui peuvent survenir dans ce genre de situations, qui ne se cantonnent pas aux côtes des Cornouailles...
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