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ATON2512
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4,0
Publiée le 2 août 2021
De Saeed Roustayi (2021). Un choc que ce film sur une réalité presqu'inconnue d'un pays qui ne laisse passer que peu d'informations. Un film captivant entre fiction naturaliste et documentaire. Le réalisateur aurait fait près d'une année de recherches sur les trafics de drogues, la police et l'univers carcéral. Le film est détaillé et fourmille de détails sur la réalité carcérale et la justice iranienne . Souvent dur dans la description des prisons et du traitement des prisonniers , le film va vous sonner sur une réalité ml connue .
Paasées les premières minutes où le film semble bavard, confus, on se fait prendre par l'intrigue, on comprend les personnages et la complexité des situations dans lesquelles ils se trouvent. Un film prenant, étonnant, intéressant qui donne à voir des aspects de l'Iran peu souvent traités dans l'actualité et la fiction.
Après seulement quelques minutes, La Loi de Téhéran se mesure déjà à French Connection, le temps d'une poursuite sèche et nerveuse dans les rues iraniennes semblables à un labyrinthe. Nous voilà donc déjà vissés au plus près des personnages. Littéralement traînés sur le bitume... La traque menée par ce flic hargneux est brutale, sans aucune concession. Prenant plus d'une fois des allures de documentaire choc. Entretenant aussi un sens du suspens haletant, le temps d'une descente chez un dealer qui se terminera de manière inattendue. L' enquête diligentée pour remonter le réseau est violente, obsessionnelle, tord les vies jusqu'à les briser pour obtenir des aveux, un tuyau, une piste. Le film aurait pu se contenter de cette traque chauffée à blanc par son Dirty Harry local qu'il aurait déjà été une intense réussite. Mais il prend le virage de l'affrontement entre un flic et sa proie. En forme de guerre des nerfs. En reprenant une approche miroir, tellement les enjeux entre les deux hommes sont finalement similaires. Tant la carrière de l'un et la vie de l'autre ne tiennent plus qu'au même fil. Ces deux-là sont pris au piège d'une situation intenable, tout comme la population iranienne presque toute entière, prise en étau entre l'absence de morale policière, la misère la plus inhumaine et la maladie de l'addiction. Remarquable interprétation également ! Que ce soit écrasée par le soleil, subissant une descente musclée dans un camp improvisé, ou encore dans une prison plus que vétuste aux allures de cour des miracle, c'est finalement tout un pays qui devient le personnage principal du film, subissant la tension sans jamais pouvoir y répondre. Subissant la pauvreté sans jamais avoir la perspective de s'en sortir. Subissant l'inhumanité d'un régime de violences. C'est là que que la caméra de Saeed Roustaee trouve son apogée. En offrant des mouvements amples. en signant des plans tantôt de toute beauté, tantôt glaçants. En filmant l'étouffement d'un pays dont elle prend le pouls : celui de l'urgence dans une première partie renversante. Avant de se poser pour montrer une chute au ralenti dans un face-à-face tendu et rugueux, où une poésie insoupçonnée peut faire irruption avant le drame familial. Le tout aboutissant à un dernier plan qui impressionne, mais véritablement désabusé, rempli de zombies s'agitant vainement sur une autoroute paralysée par une énième intervention policière dispersant une fourmilière. Achevant de dessiner une triste fresque saisissante en mode coup de poing. Telle est la loi de Téhéran ...
Dès la scène d'ouverture le ton est donné dans ce polar iranien d'une noirceur absolue. Sur fond de trafic et de consommation de drogue, Saeed Roustayi nous plonge au coeur des geôles d'un commissariat où la tension va monter entre un caïd local et un policier aux méthodes peu académiques. Entre trahison, corruption et intimidation, ce film est littéralement étouffant. Pour ces dealers ou consommateurs, le spectre de la peine de mort appliquée sans distinction en Iran plane au dessus d'eux. Le seul reproche, et je ne sais pas si s'en est un, c'est que l'on n'a pas le temps de souffler, ce qui rend le film un peu oppressant. Sinon, le Grand Prix au Festival du film policier de Reims est amplement mérité.
Incroyable œuvre que ce polar venu d’Iran, qui raconte la bataille d’une équipe de policiers contre le trafic de crack dans les rues de Téhéran, décrit ici comme un véritable fléau dans la capitale perse. Ultra-rythmé, très documenté, passionnant de bout en bout, La loi de Téhéran nous apprend beaucoup sur la société iranienne contemporaine, qui plus est sous un jour qui nous est totalement étranger. Bourré de séquences génialement mises en scène, le long-métrage est porté par deux acteurs impressionnants d’intensité, Peyman Maadi et Navid Mohammadzadeh, dans les rôles du traqueur et du traqué, qui nous offrent des séquences de face-à-face et des joutes verbales d’une intensité impressionnante, qui prennent littéralement aux tripes. Un film-choc.
L’intelligence de Metri Shesh Va Nim consiste à nous convaincre de l’absurdité d’une loi – celle qui condamne à mort quiconque est surpris à consommer ou à vendre de la drogue au-delà d’une certaine quantité – par la redistribution permanente des rôles qui s’y opère, à laquelle correspond une liberté esthétique et tonale fort à propos. Nous avons l’impression de voir entremêlés des films issus de genres différents : polar nerveux lors de la traque initiale, pamphlet politique, documentaire sur les conditions de détention des prisonniers, réflexion sur le service de son pays par le biais d’un policier dont l’incorruptibilité ne suffit pourtant pas à le préserver en accord avec ses principes moraux. L’art du long métrage réside aussitôt dans l’entrelacs de l’individuel et du collectif : sa façon de placer ses personnages dans des espaces remplis de masses populaires que l’on déplace d’un endroit à l’autre, qui partagent une même déshumanisation, incarne par la mise en scène l’injustice fondamentale d’une loi qui non seulement ne résout pas les problèmes liées à la drogue, mais qui place les individus dans une position de coupables par défaut. Il suffit de voir la facilité avec laquelle les accusations glissent depuis Naser vers Samad pour apprécier ce règne de la suspicion collective. Le film a l’audace de révéler l’inutilité d’une loi qui empire les choses ; ce faisant, il déplace la question de la drogue non en se contentant d’en punir les détenteurs, mais en exhibant les fractures et les incomplétudes d’une société qui pousse ses citoyens à en consommer comme seule échappatoire accessible à la précarité environnante. Une œuvre très aboutie, remarquablement mise en scène.
Samad, flic obstiné, met enfin la main sur le parrain de la drogue Nasser K. Alors qu’il pensait l'affaire classée, la confrontation avec le cerveau du réseau va prendre une toute autre tournure...
C'est une réalisation de l'Iranien Saeed Roustayi qui en a aussi écrit le scénario. Ce film policier a reçu le Grand Prix et Prix de la Critique au Reims Polar, sans oublier sa sélection officielle de la Mostra de Venise 2019.
Depuis sa sortie mercredi, je n'ai vu que des éloges sur ce film et j'en attendais surement trop. En effet, malgré que je l'aie trouvé bien, je pensais avoir mieux.
On ne va pas se mentir, le fait que ce soit un long-métrage Iranien joue beaucoup dans sa hype. En effet, il y a un côté oriental dans son style qui dénote avec le schéma occidental. Pour ma part, j'ai trouvé l'approche par rapport au système policier et juridique Iranien intéressant. Alors certes, cela ne permet pas de se faire une vérité figée à travers un seul film, mais cela donne des pistes. Toute cette partie est relativement bien faite. Déjà dans le fonctionnement de cette brigade luttant contre des malfrats, après la plongée dans une prison aux conditions d'insalubrité effarante, puis enfin pour répondre face au juge. Des procédées bien détaillés.
Par contre, le film veut justement peut-être montrer un peu trop de choses. On va facilement dévier de l'axe principal pour se perdre dans ces thèmes plus secondaires.
L'histoire principale est prenante. Entre la recherche de ce trafiquant notoire, puis la volonté de le faire craquer. L'intensité est bien présente. Dommage justement que les "à côté" ajoutent parfois des passages faisant trainer le tout en longueur. Je pense que se recentrer un peu sur le cœur n'aurait pas fait de mal.
D'autant plus que finalement les personnages principaux policier ne sont pas super bien exploité. On voit leur comportement sans rien connaitre à leur histoire. Il est alors difficile de situer leur moralité, ou leur motivation. Cela n'empêche pas Payman Maadi et Houman Kiai d'être deux excellent acteur, impliqué dans leur rôle. J'ai le préfére dans sa profondeur est le trafiquant. On le cerne assez bien jusqu'à l'humaniser dans ce qui l'a entrainé sur cette pente du crime. Navid Mohammadzadeh m'a totalement bluffé dans son interprétation.
Formidable film de Saeed Roustayi qui nous donne à voir l'Iran sous un angle inédit : la lutte de la police de Téhéran contre le trafic et la consommation de drogue. Sujet sensible au pays des Ayatollahs. Une manière habile de montrer la réalité de la société iranienne sous le glacis trompeur de la morale religieuse. La réalisation est magistrale, le scénario est haletant, la mise-en-scène discrète mais diablement efficace. Peyman Maadi est une nouvelle fois extraordinaire en policier devant jongler avec ses supérieurs, sa famille, la morale et la corruption. Le seul reproche que l'on peut faire à ce film est la part belle qu'il donne au chef du réseau, lui laissant dérouler un long réquisitoire pour justifier ses actes. Que la détresse sociale puisse attirer sur le chemin de la délinquance est un processus compréhensible, que la misère absolve des crimes commis est plus discutable.
Réalisé par un jeune homme, Saeed Roustaee, "la loi de Teheran " est un film dont le professionnalisme crève l'écran. Il faut, selon moi, par honnêteté envers le futur spectateur le prévenir qu'il s'agit ici d'un vrai faux film policier. Qu'est-ce à dire ? Si dans la première heure d'un film qui en comprend plus du double, on suit le registre du film de genre, décliné à la mode persane, le film bascule peu à peu dans un tout autre registre. On comprend qu'on est au-delà du film de distraction et qu'on bascule dans une introspection clinique des méandres du système judiciaire et politique du pays, qui fait penser dans son traitement notamment à l'extraordinaire "un homme intègre" de Mohamed Rassoulof. Le décalage culturel est tel, que parfois on est saisi par ce qui serait des incohérences scénaristiques sous nos latitudes. On est tout simplement dans un autre univers que le nôtre. La direction d'acteurs est tellement exceptionnelle qu'on ne saisit parfois plus, si l'on est dans un documentaire ou dans un film de fiction. On sait depuis plus d'un trentaine d'années que le cinéma Iranien est un des meilleurs du monde. "La loi de Teheran " nous le rappelle brillamment. En résumé, il s'agit d'une enquête pour remonter jusqu'à un gros trafiquant de drogue. Un fois arrêté , on nous montre les arcanes procédurales policières et juridiques du traitement de l'affaire. J'ai vu dans une critique professionnelle que "la loi de Teheran " avait , selon l'auteur de l'article, quelque chose à voir avec L 627 de B.Tavernier. Ce n'est pas faux, bien que L 627 nous proposait, à mon avis, une proximité beaucoup plus grande de la vie des policiers tandis qu'ici c'est une vision politique societale plus large qui nous est montrée. Les spectateurs qui ont aimé, "Le Caire confidentiel" sorti il y a 3 ou 4 ans ne manqueront pas "la loi de Teheran ".
faussement classique et très efficace. On ne s'ennuie pas, distribution du tonnerre. Ou comment faire un film super avec un sujet peu affriolant.. Ah oui, cela fait du bien de voir un film qui montrent les dealers tels qu'ils sont : des pourvoyeurs de mort. Marre de la complaisance des films français envers les dealers, montrés comme des bosseurs avec leurs problèmes comme tout un chacun, les pauvres chéris, qui nourrissent et engraissent toute leur famille dénuée de morale à fermer les yeux sur l'origine des fonds (la faute à un milieu du cinéma consommateur qui s'en fourre plein le pif, peut-être?) J'ai pas mis 4 ou 5 étoiles, parce que si c'avait été un film européen ou américain, on aurait trouvé ça classique. Respectons ce cinéaste !
Chef d'oeuvre à ne pas manquer. L'un des films majeurs de 2020. Thriller iranien haletant (pléonasme volontaire ) avec des vertus de documentaire. Scénario, jeu des acteurs, tournage, montage tout est parfait. Je recommande vivement.
Cet excellent thriller confronte un policier inflexible et un ponte dealer de crack. C'est du grand spectacle, de la confrontation de haut niveau entre ces deux protagonistes.
L'émotion est bien évidemment là et la tension présente de la 1ère à la dernière minute. Long film (+de 2 heures) mais 0 temps mort, sans longueur, haletant où la démonstration d'une société gangrenée par la drogue (et, en filigrane, le pourquoi) est excellemment faite, posant encore une fois la question sur la nécessité d'appliquer la peine de mort (à grande échelle en Iran, que l'on possède 30 grammes ou 50 kilos).
De l'Iran filtre peu de chose, un film/une réalité à voir sans conteste.
Film « choc », car révélateur d’une société tout entière, ce polar sur l’enfer du crack dans la capitale iranienne contient quelques séquences très fortes dont la toute première dès le début spoiler: (la fin de la 1ète poursuite)
Le jeune réalisateur, Saeed Roustay, présente dans son 2ème film un portrait édifiant de la société iranienne engrenée dans la drogue, via un suspense haletant autour des deux hommes., le chef de police et le trafiquant (2 grosses pointures du cinéma iranien); dans un véritable huis clos asphyxiant,. tellement les 2 bords sont corrompus (ou corruptibles) La mise en scène sans artifice, proche du documentaire présente différents points de vue, sans prendre partie Des bas-fonds de Téhéran, cette faune hirsute, hagarde, est traquée puis capturée pour croupir dans des prisons insalubresspoiler: (où les prisonniers sont tellement tassés, qu’ils ne savent s’assoir). . Ces scènes incroyables nous laissent sans voix. Son titre anglais « Just 6.5 » indique 6.5 millions de drogués « à la dure » dans ce pays. Pour info, il a été salué dans le monde entier et a reçu « le prix du public » à Téhéran, pays qui faute d’être tolérant permet à ses jeunes cinéastes d’exister, pourvu qu’ils s'attaquent à une gangrène largement accepté par le pouvoir en place
Excellent ! Le schéma narratif est original, les personnages très bien construits, les images belles. C'est un film assez lent et quel plaisir d'en profiter !