La Loi de Téhéran
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Nicolas L.
Nicolas L.

117 abonnés 2 061 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 31 mars 2022
Polar iranien sec, nerveux, social quasi documentaire sur la brigade des stup à Téhéran. Quelques longueurs parfois mais des scènes marquantes et des personnages extrêmements bien écrits et interprétés.
Bmr Mam
Bmr Mam

10 abonnés 83 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 mars 2022
  La loi de Téhéran de l'iranien Saeed Roustayi : sans aucune doute le film de l'été à voir et à ne pas manquer.
Un polar iranien, tourné là-bas par des iraniens : l'affiche est alléchante et rares sont les occasions de mieux connaître ce pays mal-aimé (et d'écouter de l'iranien en VO !).
Le thriller commence lors d'une descente de police par une course poursuite haletante dans les ruelles de la ville.
Du déjà vu, c'est même un peu longuet, où va-ton Saeed ?
Et puis la chute, c'est le cas de le dire, une chute qui laisse le spectateur pantois sur son siège, bouche bée, alors là !!!? voici donc les lois de Téhéran qui n'ont pas grand chose à voir avec les nôtres ... et c'est parti pour deux heures sans temps mort, deux heures de scènes hallucinantes : les sdf toxicos qui vivent dans les tuyaux, la perquise chez la femme du dealer, et puis toutes ces scènes inoubliables du commissariat-prison, ...
C'est filmé presque comme un reportage : l'idée de départ était celle d'un documentaire, tant du côté des camés que du côté de la brigade des stups.
Des personnages complexes et attachants, des acteurs très convaincants (et quasi inconnus chez nous forcément), presqu'aucune fausse note (celle de l'interrogatoire de la nièce peut-être ?).
Une intrigue suffisamment complexe pour nous permettre de saisir quelques tensions et pressions de la société iranienne moderne.
Bref, un excellent moment d'un cinéma original et une belle occasion de voyager à Téhéran au-delà des clichés habituels.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 15 février 2022
Quel choc !!!

Chef d'oeuvre à ne pas manquer. L'un des films majeurs de 2020.
Thriller iranien haletant (pléonasme volontaire ) avec des vertus de documentaire. Scénario, jeu des acteurs, tournage, montage tout est parfait.
Je recommande vivement.
gimliamideselfes

3 433 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 janvier 2022
La loi de Téhéran, c'est un peu Bac Nord en bien.

Le film de Saeed Roustayi tire sa force de son rythme effréné et de son ambigüité. Si on commence bien par suivre les policiers, à s'intéresser à leurs intrigues internes, promotion, vie familiale, etc, on comprend bien vite qu'ils ne sont pas tout blanc. Et c'est là que le film va basculer son point de vue et opter pour celui du trafiquant de drogue. C'est un choix payant puisque c'est finalement c'est lui qui est le plus beau personnage du film. Il a beau être un véritable enfoiré, on se retrouve à avoir plus d'empathie pour lui que pour les policiers. Les séquences "émotions" du film sont centrés sur lui, sur ses états d'âme.

Pour le dire simplement, Saeed Roustayi a réussi à faire de son méchant un beau personnage tragique. Rien n'excuse ce qu'il a fait et pourtant il est terriblement humain. On est loin des clichés des narcotrafiquants des films avec des méchants très méchants totalement unilatéraux. Disons qu'on a une écriture qui rend véritablement hommage au personnage, en en faisant un être humain avec des faiblesses, des motivations qui sont compréhensibles par le spectateur.

Donc rien que pour ça le film est réussi, c'est tellement rare dans ce genre de film d'avoir un antagoniste aussi réussi et crédible.

Et de manière générale, le film est crédible, le film ne ralentit jamais, les arrestations s'enchaînent, les interrogatoires se succèdent, sans qu'on sache d'ailleurs trop combien de temps s'est écoulé entre chaque scène (c'est peut-être le défaut du film, le manque d'indicateurs temporels). On est happé par la frénésie de ce qui se passe à l'écran. La caméra à l'épaule va renforcer ce côté pris sur le vif et dynamique.

Ce qui fait qu'à l'arrivée on a un film vraiment prenant grâce à sa mise en scène efficace et qui arrive à sortir des sentiers battus grâce à ses qualités d'écriture des personnages.
Jorik V

1 363 abonnés 1 952 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 janvier 2022
Le cinéma iranien ne nous avait pas vraiment habitué à ce type de films et c’est ce qui nous surprend d’autant plus. Vendu comme un film policier sous tension et sans concession, « La loi de Téhéran » est plutôt une plongée dans la misère et les trafics de la capitale iranienne d’aujourd’hui, le film abandonnant assez vite le côté thriller pour une dissection sociale d’un pays gangréné par la corruption et l’usage de drogues dures. C’est pourquoi il pourra en décevoir certains venus pour se régaler d’un suspense à couper le souffle. Et on ne peut pas dire que ce soit sa première qualité bien que quelques scènes de la première partie soient particulièrement prenantes. Le long-métrage est très bavard et pas forcément facile d’accès mais il sait captiver son spectateur, même dans sa seconde partie plus posée et psychologique.



Bref, on est loin des films de Kiarostami ou Panahi mais certains aspects de « La loi de Téhéran » peuvent le rapprocher de certaines œuvres d’Asghar Farhadi. Imposant sur la forme, cette plongée infernale dans les dédales de la drogue ose un changement de point de vue assez déroutant mais conduit de manière assez progressive et fluide pour ne pas perdre le spectateur. On suit d’abord un trio de flics bien déterminés à mettre sous les verrous un ponte de la drogue locale, qui n’apparaîtra qu’à un bon tiers du film, pour ensuite se focaliser sur ce dernier. Le film brouille même les pistes dans son discours en nuançant intelligemment les caractères établis, les bons n’étant pas si irréprochables que prévu et le méchant n’étant pas si mauvais qu’attendu. En évitant tout manichéisme, le cinéaste débutant Saeed Roustayi marque des points, surprend et donne une profondeur insoupçonnée à son premier long-métrage. Il aurait cependant gagné à parfois faire des pauses dans les tunnels de dialogues qui constituent les joutes verbales du film. C’est peu dire qu’il faut une attention de chaque instant pour ne pas être largué. On est face à une œuvre qui demande beaucoup à son spectateur au niveau de l’implication.



Certaines séquences sont sans conteste à couper le souffle. Pas au niveau du spectaculaire et de l’épate tels qu’on pourrait les imaginer mais plutôt dans le choix des décors (la descente dans un terrain de construction en début de film est impressionnante par son ampleur) et des scènes de foule (les scènes de prison). Lors de ces dernières, il filme tous ces figurants censés être des toxicomanes comme une armée de zombie et vu leur faciès on se demande d’ailleurs s’il n’a pas recruté de véritables drogués. Ces scènes mettent mal à l’aise et sont suffocantes. Elles montrent la déliquescence d’une société où les inégalités sont flagrantes et où ceux qui en sont exclus se suicident à petit feu au crack. Les petits arrangements entre policiers et les paradoxes administratifs sont également pointés du doigt et il est étonnant que la censure iranienne ait laissé passer certains aspects d’un scénario méticuleux et qu’on devine le fruit de longues recherches. Avec « La loi de Téhéran », on est presque dans du docu-fiction. Et lorsque la tragédie pointe le bout de son nez vers la fin, on se dit que le film policier n’était que le déguisement d’une descente aux enfers psychologique et sociale magistrale mais parfois ténue. Un sacré morceau de cinéma qui épate autant qu’il choque mais qui pourra en laisser certains de côté par sa densité. Un chaos asphyxiant mais magnétique qui vous tient pendant deux heures où il faut clairement s’accrocher. Mais peut-être pas non plus le chef-d’œuvre que certains voudraient faire croire...



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Jipéhel
Jipéhel

46 abonnés 176 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 janvier 2022
Les portes claquent

C’est le 1er film de Saeed Roustayi, cinéaste iranien de 32 ans, et c’est un véritable coup de poing. En Iran, la sanction pour possession de drogue est la même que l’on ait 30 g ou 50 kg sur soi : la peine de mort. Dans ces conditions, les narcotrafiquants n’ont aucun scrupule à jouer gros et la vente de crack a explosé. Bilan : 6,5 millions de personnes ont plongé. Au terme d'une traque de plusieurs années, Samad, flic obstiné aux méthodes expéditives, met enfin la main sur le parrain de la drogue Nasser K. Alors qu’il pensait l'affaire classée, la confrontation avec le cerveau du réseau va prendre une toute autre tournure... 134 minutes étouffantes, oppressantes, haletantes, incandescentes, qui passent à toute allure dans un véritable tourbillon. Un film qui, d’entrée, frappe très fort et ne nous lâche plus un seul instant.
Le phénomène de l'addiction au crack en Iran, au centre de La Loi de Téhéran, est très peu connu du public occidental. Ces dernières années, la toxicomanie a changé de visage en Iran. Elle est sortie de la clandestinité pour se révéler au grand jour. De plus en plus de toxicomanes sont visibles dans la rue. Chaque jour, ce sont plus de 10 tonnes de drogue qui sont consommées en Iran ! C’est ce constat qui a donné l’idée à ce jeune cinéaste de réaliser d’abord un documentaire, avant que la fiction ne s’impose. Pour commencer sa recherche, Saeed Roustayi a passé plusieurs jours à la brigade des stupéfiants, puis en prison et au tribunal. Une immersion qui a permis au metteur en scène de mieux comprendre la situation des toxicomanes inculpés, mais aussi de rencontrer des policiers et un juge dont les conseils ont été précieux. Ce film oscille entre polar, film de procès, cinéma de genre voire comportementaliste. Le réalisateur a évidemment dû faire face à la censure iranienne. Après un combat de 7 mois, il n’a concédé que de légers changements qui ne changeaient profondément son projet. On est sans cesse partagé entre les deux parties qui s’affrontent ? Difficile de s’apitoyer sur le sort réservé – hormis la peine de mort, qui on le voit, ne résout rien – à des trafiquants dont les méthodes donnent la nausée. Mais que penser, a contrario, des méthodes policières et judiciaires ? A aucun moment ce drame n’est binaire ou manichéen. Je vous laisse juge à votre tour.
Côté casting, deux grands acteurs, Navid Mohammadzadeh et surtout Payman Maadi, repéré il y a plus de 10 ans chez Asghar Farhadi entre autres dans La Séparation. A noter l’apparition de la très jolie Parinaz Izadyar. Mais, tous les comédiens, de la tête d’affiche jusqu’au plus petit rôle sont à réunir dans les mêmes éloges. La mise en scène est virtuose en particulier les scènes de foule très impressionnantes. Ce film était considéré comme indésirable, ce qui a entraîné beaucoup de pressions. Une fois qu'il a été tourné, c'est la brigade des stupéfiants qui a cherché à empêcher sa sortie. La Loi de Téhéran est devenu un des plus gros succès populaires en Iran. Un succès qui vient donc de sa véracité, et du processus d'identification qu'il suscite auprès du public. Polar, action, drame, docu, film social ? Tout cela à la fois mais simplement un très grand film.
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 778 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 janvier 2022
Cette œuvre est magistrale. Planté au cœur d’une enquête contre un trafic de drogue, ce film en dit énormément sur tout l’état d’un pays, l’Iran ; au bord du chaos. Dès la première course poursuite dans le dédale des rues pauvres de Téhéran, on est happé par ce polar sur l’enfer du crack. Et des scènes aussi époustouflantes que la première, ce film en regorge. Placé du point de vue du flic qui brigue un poste de commissaire, on perçoit très vite qu’il a des pieds d’argile. On a beau être flic et pouvoir faire appliquer la loi selon ses propres règles ; on peut vite basculer du côté des inculpés. Dans ce pays, la justice, la police et plus largement toute la société est gangrenée. Ce flic arrête plus vite que l’on ne le pense le parrain local, et là Saeed Roustayi, digne héritier d’un cinéma iranien qui lui se porte bien, fait un pas de côté. A partir de là, nous suivrons deux hommes qui jouent chacun leur vie. Le trafiquant dispose de quelques heures pour trouver dans son réseau celui qui viendra sauver sa tête ; le flic verra sa vie et sa carrière pulvérisée si le premier trouve la faille légale pour lui échapper. Le décor est planté pour un polar social ambitieux à la réalisation virtuose mais sans effet de manche. William Friedkin, réalisateur en son temps du fameux « French connection », dit même qu’il s’agit d’un des plus grands thrillers qu’il n’ait jamais vu. Ce genre de compliment place ce long métrage super haut dans la hiérarchie du cinéma mondial. Rarement film de deux heures m’aura autant tenu en haleine, paradoxe pour un film très souvent en quasi huis clos asphyxiant et extrêmement bavard.
Et pour finir avec ce chef d’œuvre, j’ai pu lire : « …l’enjeu pour ce peuple est de sortir de la pauvreté. A commencer par les policiers, prêts à toutes les corruptions ou tous les mensonges pour monter les marches de la hiérarchie ou simplement augmenter leur pouvoir d’achat, en se payant sur la peau des délinquants. Même les dealers de bas étage font figure de résistants face au chaos économique et social qui gangrène l’Iran… on est révolté par les méthodes expéditives de la police et de la magistrature… les malfrats obéissent finalement aux mêmes règles que les institutions chargées de faire régner l’ordre, c’est-à-dire la loi du plus fort ».
Au terme du film on réalise que la vie est belle dans nos pays démocratiques.
TOUT-UN-CINEMA.BLOGSPOT.COM
Hervé L'Her
Hervé L'Her

5 abonnés 29 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 janvier 2022
Belle et intéressante présentation de la brigade des stups en Iran.
La VO sous-titrée est un peu difficile à suivre au début. Le farsi n'est vraiment pas une langue habituelle.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 9 janvier 2022
Une bonne claque que ce film de flics. C'est bien ça remet les pendule a l'heure, on pas dire que le genre ait été récemment epargné par des sorties de grosse merde.
Mais là c'estsuper bien interprété, les premiers comme les seconds rôles sont excellent ! une immersion dans un milieu, dans une cité, avec un regard ,une prise de position, une maitrise de la mise en scene et du montage...what else ?
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 8 janvier 2022
Incroyable œuvre que ce polar venu d’Iran, qui raconte la bataille d’une équipe de policiers contre le trafic de crack dans les rues de Téhéran, décrit ici comme un véritable fléau dans la capitale perse. Ultra-rythmé, très documenté, passionnant de bout en bout, La loi de Téhéran nous apprend beaucoup sur la société iranienne contemporaine, qui plus est sous un jour qui nous est totalement étranger. Bourré de séquences génialement mises en scène, le long-métrage est porté par deux acteurs impressionnants d’intensité, Peyman Maadi et Navid Mohammadzadeh, dans les rôles du traqueur et du traqué, qui nous offrent des séquences de face-à-face et des joutes verbales d’une intensité impressionnante, qui prennent littéralement aux tripes. Un film-choc.
Cinememories

584 abonnés 1 664 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 décembre 2021
Dans la continuité de son « Perpétuité plus un jour », Saeed Roustayi porte son second long-métrage avec une rage et un dynamisme, qui descend indéniablement des meilleurs polars que l’on aurait déjà rencontré. Usant du chiffre hallucinant que comptent les toxicomanes de l’Iran comme titre international, nous découvrons 6,5 millions de victimes, soit 13% de la population nationale. Et là où la nuance juridique semble ironique, c’est que malgré la peine de mort imposé pour absolument tout porteur de drogue, on ne peut freiner cet autre genre d’épidémie, qui vient compléter un portrait de la misère et d’une désolation de masse. La caméra du cinéaste iranien déambule alors dans des rues, des couloirs, des cellules ou d’autres établissements, qui étouffent autant les personnages que le spectateur, surtout celui qui n’a pas l’habitude de sortir de l’influence occidental.

Avec une grande malice et un sens du mouvement, Roustayi dompte le chaos le temps d’une introspection et de plusieurs chroniques, qui touchent cette société dans le doute et avec une profonde addiction pour les vices. Dès les premières minutes, on nous propulse dans une course-poursuite effrénée entre un policier et un trafiquant, qui se conclut par une mise à mort silencieuse, invisible et suffocante. Dans cette même démarche, le réalisateur nous accompagnera dans une enquête, dans le but d’endiguer cette expansion du crack dans les rues, et à fortiori de limiter l’errance des toxicomanes. Il retrouve donc ses comédiens, Payman Maadi et Navid Mohammadzadeh, dans une opposition de force qui alimente sa fibre narrative. Le premier, Samad Majidi, est un flic intransigeant avec la loi et le devoir qu’il s’est confié, tandis que le second, Nasser Khakzad, est ce marginal, rêveur et à la tête d’un trafic majeur de stupéfiants dans la cité de Téhéran.

Alors que l’on superpose des couches de maux et d’indignation, au frais d’un système judiciaire suffisant et un rapport de force biaisé par une loi, qui pousse le plus petit maquereau à prendre les plus gros risques, pour peut-être essayer de s’extirper de la masse, c’est un duel psychologique qui s’engage. Des coups bas à base de corruptions, de violence et de domination morale viennent enrichir la cellule des protagonistes, qui ont tous un point en commun, à savoir un désaccord avec la fatalité de la justice. Tout est noir ou blanc, mais la sentence semble quasiment irrévocable et invoque sans cesse une détresse, qui désarme ceux qui ont encore la force de se défendre. Mais à quel prix ? Des familles, des carrières et des idéaux brisés par la seule force du nombre et d’une traque interminable, c’est ce que surligne très clairement l’ultime plan large, qui prend aux tripes.

Anobli par William Friedkin, « La Loi de Téhéran » (Metri Shesh Va Nim) n’est jamais mécanique, si ce n’est pour en venir explorer la psyché d’hommes et de femmes, qui ont accepté le déni comme une illusion protectrice. D’autres s’abandonnent à une dépendance, qui reflète la maladie d’une société qui ne sait plus quoi faire et qui ne sait pas comment réellement agir pour que chaque action soit pertinente et durable. Rien ne l’est ici, tout réside dans l’instant, parfois si fin qu’il ne faudrait pas grand-chose pour faire pencher la balance et c’est dans une oscillation permanente que l’œuvre nous transporte, nous terrifie et nous chante son hymne le plus torturé.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 23 décembre 2021
Ces dernières années le cinéma iranien nous a gâté. Que ce soit par l’intermédiaire d’Asghar Farhadi (Une séparation) ou de Jafar Panahi (Taxi Téhéran) ou Mohammad Rasoulof (un homme intègre), la patte de ces réalisateurs a marqué durablement la cinématographie mondiale. Un autre réalisateur pourrait bien rejoindre le rang des grands cinéastes venus du pays de Kiarostami : Saeed Roustayi.
Il faut dire que son premier film La loi de Téhéran constitue d’ores et déjà un grand moment de cinéma pour cette année 2021.

Un film qui nous mène dans les bas-fonds de la ville de Téhéran pour découvrir que la drogue, et notamment le crack, a contaminé une bonne partie de la population pauvre de cette ville. Pour lutter contre le trafic de drogue, Samad (Payman Maadi) et son équipe de policiers utilisent la manière forte.

Les premières séquences du film sont époustouflantes. Elles montrent un talent évident de metteur en scène chez le réalisateur iranien. La manière avec laquelle il nous plonge dans les quartiers pauvres, dans les rues de Téhéran et dans les geôles d’un commissariat de police surpeuplée est fascinante. Tout comme celle avec laquelle il filme la traque les dealers, du parrain ou les scènes de confrontation devant le juge qui sont proches du documentaire. La façon dont la caméra se balade dans les couloirs sinistres du commissariat donne l’impression au spectateur d’y être.
Un film fort, violent, sombre, sans complaisance ou la justice ne transige pas, où les flics sont soumis à une pression constante dans leur travail. La loi de Téhéran est un film qui se regarde et qui ne se raconte pas. Un vrai choc.
https://www.hop-blog.fr/la-loi-de-teheran-film-de-saeed-roustayi/
Abdelkader S
Abdelkader S

5 abonnés 15 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 décembre 2021
entre 4 et 5
menotté au réalisateur on est tiré, poussé , enchaîné, ressorti, les portes s ouvrent et se claquent derrière nous, pas de pause, pas le genre de film ou tu manges tes popcorn comme un bovin lobotomisé. Du cinéma qui laisse des traces et c est ce que je cherche. A voir évidemment...
brunocinoche
brunocinoche

137 abonnés 1 227 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 décembre 2021
"La loi de Téhéran", thriller venu d'Iran nous tient immédiatement avec une belle scène de poursuite remarquablement filmé, l'efficacité de la mise en scène se continuant dans la 2ème partie du film quasiment en huis clos dans un univers carcéral étouffant et oppressant. Le scénario est également impeccable, très intéressant sur le plan social et politique bien que parfois un peu difficile à suivre tant les revirements sont nombreux. Les acteurs sont excellents et nous font vite oublier la barrière de la langue incarnant des personnages complexes tant du côté des policiers que du côté des accusés. Un final implacable, finalement assez attendu, et au final un film fort mais, et c'est son point faible, dénué d'émotions.
mat niro

462 abonnés 2 158 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 décembre 2021
Dès la scène d'ouverture le ton est donné dans ce polar iranien d'une noirceur absolue. Sur fond de trafic et de consommation de drogue, Saeed Roustayi nous plonge au coeur des geôles d'un commissariat où la tension va monter entre un caïd local et un policier aux méthodes peu académiques. Entre trahison, corruption et intimidation, ce film est littéralement étouffant. Pour ces dealers ou consommateurs, le spectre de la peine de mort appliquée sans distinction en Iran plane au dessus d'eux. Le seul reproche, et je ne sais pas si s'en est un, c'est que l'on n'a pas le temps de souffler, ce qui rend le film un peu oppressant. Sinon, le Grand Prix au Festival du film policier de Reims est amplement mérité.
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