Dans la richesse de son cinéma, il est rare que l’Iran nous rapporte un film policier de cette tenue, qui plus est dans l’environnement des narcotrafiquants et du désastre humain qu’engendre la consommation de crack. Un combat sans issue parait penser Sadam une fois bouclé positivement son dossier. Ce grand flic acharné sur les réseaux de drogue va en effet claquer la porte, conscient du travail jamais fini autour des laboratoires qui se reconstituent une fois le nouveau caïd en place. Saeed Roustayi le réalisateur combine habilement le dehors et le dedans pour nous dire aujourd’hui l’état de ce pays aussi bien malmené par ses voyous que par ses responsables. Sadam n’est pas forcément au-dessus du lot, mais agit pour le bien public. Ses manières sont expéditives, ses interrogatoires musclés. Jamais violent, mais une logorrhée impressionnante qui à terme détruit l’adversaire. Le verbe, toujours le verbe pour le cinéaste-scénariste qui en use avec autant de brio que sur la noirceur de ses images oppressantes. L’opposition de deux excellents comédiens Payman Maadi et Navid Mohammadzadeh couronne ce polar inhabituel dans un pays peu coutumier du genre. La déflagration est payante. AVIS BONUS De la lecture collective au plateau de tournage, des répétitions à la mise en place des décors, il ne manque quasiment rien à cet excellent making of Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Très bon polar, surprenant avec des personnages à la fois nuancés, retors et avec de fortes convictions, que nous n'attendions pas dans ce contexte (fausses idées médiatisées). La qualité des dialogues nous dévoile la personnalité d'un parrain au moins aussi complexe que celle d'un Don Corleone...
L'histoire, on le comprend vite, est compliquée avec plusieurs tiroirs plus ou moins communicants, mais Saeed Roustayi prend son temps (131 mn) pour nous faire comprendre ce qu'il est important de comprendre.
Formidable film de Saeed Roustayi qui nous donne à voir l'Iran sous un angle inédit : la lutte de la police de Téhéran contre le trafic et la consommation de drogue. Sujet sensible au pays des Ayatollahs. Une manière habile de montrer la réalité de la société iranienne sous le glacis trompeur de la morale religieuse. La réalisation est magistrale, le scénario est haletant, la mise-en-scène discrète mais diablement efficace. Peyman Maadi est une nouvelle fois extraordinaire en policier devant jongler avec ses supérieurs, sa famille, la morale et la corruption. Le seul reproche que l'on peut faire à ce film est la part belle qu'il donne au chef du réseau, lui laissant dérouler un long réquisitoire pour justifier ses actes. Que la détresse sociale puisse attirer sur le chemin de la délinquance est un processus compréhensible, que la misère absolve des crimes commis est plus discutable.
J'avoue que je m'attendais à mieux après avoir lu le pitch, mais l'ambiance est tellement spéciale à chaque scène du film qu'on a presque l'impression de regarder du théâtre. C'est un bon mélange de scènes dérangeantes et drôles voire absurdes, avec quelques scènes d'actions qui mettent un peu de rythme
Cette immersion dans le trafic de drogue à Téhéran est remarquablement filmée ; on retiendra en particulier une scène d’ouverture impressionnante, ainsi que celles dans la prison. Le rythme ne faiblit pas, les personnages sont bien campés et le scénario est très solide. A inscrire d’urgence parmi les polars urbains de haute volée.
La Loi de Téhéran est une sacrée claque signée Saeed Roustayi. Je ne m'attendais vraiment pas à tomber sur un film mêlant policier et social (puisque le film s'articule autour du trafic de drogue enlisant toute une partie de la population iranienne) avec autant de brio. Le film démarre par une scène de poursuite absolument parfaite : haletante, prenante et se terminant par un plan particulièrement glaçant. Et le reste du film tient avec succès le rythme et la virtuosité de cette première scène. Il réussit notamment l'exploit de nous faire éprouver beaucoup d'empathie pour le personnage de trafiquant de drogue alors qu'il nous était présenté en tout début de film comme un personnage cruel. Les acteurs sont franchement convaincants. A voir absolument.
Excellent film. Une authentique descente dans le monde de la drogue en Iran, du consommateur au couloir de la mort au travers d’un thriller tres rythmé qui donne à voir les coulisses de la police et la justice. Un jeune réalisateur, Saeed Roustayi (né en 1989) , qui n’a pas dû ménager sa peine pour obtenir les autorisations de filmer dans ce pays si méfiant vis à vis du cinéma mais où l’on tourne bon an mal an 120 films et de très remarquables séries. Le film met aux prises le policier Samad Majidi (Peyman Maadi) à un gros bonnet de la drogue, Naser Khakzad (Navid Mohammadzadeh) qui est dénoncé par son ex-petite amie Elham (Parinaz Izadyar - à voir dans Life and a day ou Shahrzad) et qui sera finalement condamné à la peine capitale et exécuté. L’intérêt du film tient bien sûr à cette descente dans les coursives de l’appareil policier, carcéral et judiciaire, tout autant qu’à la façon dont sont traités les personnages, à la manière de Dostoïevski. Le film ne désigne ni les bons, ni les méchants et laisse au spectateur le soin d’être confronté à la réalité sociale d’individus qui luttent pour survivre dans les bas fonds Téhéranais, qui ont tous une cohérence interne puissante et de bonnes raisons ou de bonnes excuses d’être ce qu’ils sont devenus. Ni les policiers, ni le juge ( Farhad Aslani) n’échappent tout à fait à ce “line up” dérangeant. C’est la loi de Téhéran qui in fine fait le tri, sans aucune circonstance atténuante. Le rideau tombe à cet instant laissant l’amère impression que dans tout ce gâchis humain, justice n’est pas complètement rendue. Ce n’est pas dit, c’est senti. C’est l’Iran… où deux millions de spectateurs ont vu ce film. C’est dire s’il parle …
(Sur)Vendu par la presse et les « spécialistes » comme le polar de l’année. Je cite « une course poursuite comme vous n’en avez jamais vu ». Le film est bon mais la hype extrêmement exagérée. Encore un film qui aurait eu moins de louange s’il avait été Français, ou pire Américain. Mais comme c’est Iranien, les «spécialistes » fonctionnent comme avec le cinéma « asiatique » et sont beaucoup plus prompt à dégainer le terme chef d’œuvre ... « Ah qu’est ce que je suis cinéphile en mettant en exergue un cinéma éclectique... » . Bref. Quant au film en lui même il est tout de même bon, bien que déroutant. A mi-film on sort du polar conventionnel pour se diriger vers un film davantage social, une description et critique du système judiciaire Iranien. Bien fait, plutôt intéressant, mais quelques longueurs...
Premièrement, visionnez le en VOST, quelle musicalité dans cette langue ! Ensuite, ce film est à voir. Il est poignant, révoltant, intelligent. On stresse pour tous les personnages. Est-ce que c'est un thriller ? C'est plutôt un polar.
j'ai découvert un peu après tout le monde ce film formidable. Une claque, des acteurs géniaux, une dénonciation du système et de la peine de mort coup de poing. Allez le voir au plus vite car il ne passe plus bcp en salles avant l'autre film iranien coup de poing de l'année : LE DIABLE N'EXISTE PAS du génial Mohammed Rasoulof (UN HOMME INTEGRE) qui sort le 1er décembre après son Ours d'Or au festival de Berlin.
La première scène est saisissante, on reste bouche bée. Elle plonge de suite dans l’ambiance dure et cruelle du trafic de drogues. Le reste du film est moins trépidant, mais n’en reste pas moins très intéressant sur le mode de fonctionnement de la brigade anti-drogues de Téhéran. Le policier Samad (Payman Maadi) est opposé au narcotrafiquant Nasser Khakzad (Navid Mohammadzadeh), les deux acteurs sont très justes, en particulier Navid Mohammadzadeh qui montre plusieurs facettes de son personnage. Les plans sont magnifiques, très soignés. Il y a aussi tout un aspect qui fait vraiment documentaire, au point d’être parfois mal à l’aise par rapport à ce qu’on voit (le traitement dans les prisons, les toxicomanes). J’ai particulièrement aimé la fin, spoiler: que j’ai trouvée très poétique (lorsque le neveu de Nasser fait des acrobaties avant la mise à mort, la musique reprend, le temps s’arrête). Le personnage de Nasser est particulièrement intéressant, il est parfois même touchant, surtout à la fin lorsqu’il explique ses actes. Le film permet de voir les deux côtés de la situation, sans pour autant prendre position, ce n’est pas le but.
Un film à la fois, original par sa façon de filmer et de mener l'action, un chef d'œuvre quant au rythme, au plan séquence, à l'histoire, une prouesse technique quant à la maitrise de l'image et des acteurs.... ! Un vrai moment de bonheur .... A voir absolument ! hâte de voir le prochain film du réalisateur. Merci ! merci merci !.
Un film d'auteur authentique et tourné dans un contexte compliqué. une critique virulente du système policier iranien et une vive alerte sur la surconsommation de drogue dans ce pays.
Au fur et à mesure le scénario s'intensifie, on ne sait plus de quel côté se ranger ; avec force chacun défend jusqu'au bout sa vérité.