Madre
Note moyenne
3,2
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126 critiques spectateurs

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Coric Bernard

455 abonnés 851 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 février 2020
Le réalisateur de « EL REINO » nous relate là un drame intimiste assez attachant. Le scénario très subtil nous relate l'histoire de cette mère qui a perdu son enfant de 6 ans dans des circonstances autant dramatiques que mystérieuses relatées dans les 10 premières minutes du film. L'intérêt du film réside dans l'ambiguité de la relation de cette mère avec un jeune ado de 16 ans qu'elle va rencontrer sur les lieux présumés de la disparition de son fils. L'interprétation de la mère est absolument remarquable. Dommage cependant que le film soit un peu trop long.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 14 avril 2021
Comment, après un premier quart d'heure flamboyant, un film peut-il se vautrer aussi lamentablement ?
Je ne sais pas...
Sur l’enlèvement de l'enfant, on ne saura rien de plus. Ce n'est clairement pas le sujet du film.
Alors, quel est-il ?
Je ne sais pas...
Peut-être le transfert d'un enfant mort sur un ado lui ressemblant vaguement ?
Je ne pense pas qu'Elena ait un seul instant pu croire que Jean pouvait être son fils.
Peut-être alors est-ce une histoire d'amour un peu malsaine entre un ado exalté en crise contre sa famille et une femme qui lui montre de l'intérêt et le comprend ? C'est ce que nous laissent à penser les baisers échangés dans la voiture et l'abandon par Elena de l'homme qui partage sa vie lorsqu'elle vole « au secours » de l’éphèbe qui a planté ses parents trop rigides au bord de la route.
Je ne sais pas….
On parle d'un film sur la reconstruction d'une mère.
Je ne sais pas…
On parle de « la folle de la plage » mais moi, j'ai vu une femme bien intégrée professionnellement ( bien qu'elle serve des shots à des mineurs jusqu'à l'ivresse, ceci expliquerait le terme de « folle ») et sentimentalement stable.
Je ne sais pas…
Ce que je sais, par contre, c'est que je me suis ennuyée pendant près de 2h en espérant que quelque chose se passe.
Yves S
Yves S

14 abonnés 36 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 1 août 2020
Le problème c'est que lorsque la mère espagnole parle en français, on ne comprend rien à ce qu'elle dit en l'absence de sous-titres...à cause de son accent. On se demande même si elle parle bien français.
Sinon, avec de bonnes intentions, le film est trop décousu avec des scènes sans intérêt pour l'intrigue telles que celle où l'héroïne complètement ivre se retrouve embarquée dans la voiture de jeunes gens qui veulent faire la fête et qui veut s'échapper de la voiture malgré l'insistance de ces jeunes (j'ai cru un moment que ça allait se terminer par un viol en réunion). Très mal à l'aise également lorsque l'héroïne s'introduit de façon bruyante dans la maison du jeune de 16 ans et se fait rabrouer violemment par les parents de celui-ci et qui ne comprennent pas son insistance à courir après leur adolescent. Il aurait plus simple que la mère épleurée raconte son histoire à la mère de cet adolescent comme elle lui a proposé à un moment mais non c'est dans le caractère et sa souffrance que l'espagnole préfère se fermer et se taire. Film finalement assez pénible
Bowen Tyler
Bowen Tyler

3 abonnés 112 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 mai 2023
Un chef d'œuvre. La disparition d'un enfant et l'impossible nécessité de vivre et de survivre à cette douloureuse absence jour après jour, avec l'espoir de le voir enfin reparaître, voilà ce à quoi est confronté le personnage principal de Madre. Sans chercher à nous expliquer l'indicible, Sorogoyen nous fait partager les errements psychologiques de cette mère qui ne peut tourner la page ni ne peut tout à fait arrêter de vivre.
velocio

1 538 abonnés 3 499 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 août 2020
Les 15 premières minutes de ce film sont extraordinaires ne serait-ce que par la tension qu'elles dégagent ! Et, pourtant, il ne s'agit pratiquement que d'un seul long plan séquence, un plan séquence d'une grande simplicité dans ce qu'il raconte et dans la façon dont il est filmé : une mère qui reçoit un coup de téléphone de son fils de 6 ans qui lui dit que son père est parti il y a déjà pas mal de temps, qu'il n'est pas revenu, qu'il est seul sur une plage du sud-ouest de la France dont il est incapable de dire où elle se trouve précisément. Seul, sauf qu'un homme est en train de venir vers lui et le téléphone tombe en panne de batterie. Angoisse ! De la mère, de la grand-mère, qui assiste à la scène, et du spectateur. Il s'agit là de la reprise d'un court métrage réalisé en 2017 par Rodrigo Sorogoyen et qui a été couvert de prix dans les nombreux festivals qui l'ont accueilli. Le réalisateur a souhaité réaliser un long métrage reprenant cette scène et la prolongeant, non pas en nous racontant ce qui s'est passé tout de suite après, mais en nous entrainant 10 années plus tard, avec une mère, toujours chamboulée par la disparition de son fils, qui s'est établie dans la région où son fils a disparu et qui rencontre sur la plage un adolescent de l'âge qu'aurait son fils et qui, en plus, a des points communs avec lui. Pas question de divulgâcher ce qui va se passer entre eux ! Par contre, il y a un problème récurrent avec Rodrigo Sorogoyen : regardez la longueur de ses 3 derniers longs métrages, "Que dios nos perdone", 2 heures et 6 minutes, "El Reino", 2 heures et 11 minutes, "Madre", 2 heures et 9 minutes. Certes, "Madre" est largement supérieur à "Que dios .." et à "El Reino", 2 films dans lesquels il était difficile, voire impossible, de comprendre quelque chose. Certes il y a dans le prolongement du court métrage un certain nombre de scènes presque aussi fortes que la scène d'ouverture, mais il y a aussi un peu trop de remplissage, de scènes inutiles qui nuisent au jugement qu'on porte sur ce film et qui aurait dû, qui aurait pu, n'être que louangeur. Il y a aussi certaines incohérences, quelques scènes qui apparaissent peu crédibles. Cela, en fait, est recherché par le réalisateur et sa coscénariste : "Toutes nos histoires naissent toujours, et je dis bien toujours, de l’incompréhension du comportement d’un (ou de plusieurs) personnage/être humain". Puisque vous le dites .... Sinon, la mise en scène est vraiment top, l'interprétation également ainsi que la photographie. A noter que, dans ce film espagnol, la grande majorité des dialogues sont en français, ce qui pose d'ailleurs, parfois, un petit problème : ce que dit Marta Nieto, l'interprète de la mère (par ailleurs excellente) quand elle s'exprime en français , n'est pas toujours bien compréhensible et, bien sûr, ce n'est pas sous-titré.
Jean-luc G
Jean-luc G

88 abonnés 895 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 août 2020
Avec un pitch de départ dramatique – la perte inexpliquée d’un enfant-, le film de Sorogoyen aurait pu se fracasser dans l’écume de la renaissance miraculeuse ou s’aventurer dans des terres bien plus scabreuses. Fort heureusement, le jeune metteur en scène espagnol nous embarque avec Madre dans une introspection d’une délicatesse inattendue et ouverte sur tous les possibles.

Nous, spectateurs, n’en savons pas plus que Elena, alors, perdus comme elle, nous avançons pas à pas, minés par émotions qui traversent cette mère, déchirée entre le remords, le désir de vengeance, son déni de la vie sociale et de l’amour pour les autres.

La réussite de Madre vient de l’équilibre général des choix du réalisateur: un scénario ouvert qui ne vous donnera pas toutes les réponses, une mise en scène d’une maîtrise hors pair, avec de longs plans séquences marquant les grandes étapes du retour à la vie sociale de Elena, une musique discrète dans un film qui prend son temps, et surtout une actrice Marta Nieto d’une sensibilité prodigieuse (que la caméra grand angle capte avec bienveillance).

La mer landaise filmée en scope est dangereusement belle, et souligne les ambiguïtés avec lesquelles Elena se confronte à son corps défendant. Les pistes de lectures sont multiples, et certains d’entre vous penseront peut-être à Malle, Cayatte ou Ozon. N’en disons pas plus, et courrez vous faire votre propre opinion.
Cinéma juillet 2020
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 21 août 2020
Madre, exercice de style bien léché, confirme que Rodrigo Sorogoyen est un réalisateur doué et maniériste.

Doué d'abord, parce qu'on ne peut pas nier que sa mise en scène soit efficace, par moment tellement belle que cela en devient gênant : quelques plans semblent guidés plus par une volonté de "faire beau" que d'exprimer quelque chose.

Maniéré, parce que le film se complait dans une sorte de lenteur sourde et sentencieuse, comme El reino semblait vouloir nous égarer dans une excitation de tous les instants. Dans les deux cas, il s'agit, j'imagine, de refléter les états d'âmes des personnages principaux, quitte à paraître parfois un peu scolaire.

Personnellement, j'ai vraiment eu un peu de mal à adhérer à l'histoire qui mettait proposée. Probablement parce que l'ambition du film me semble se résumer à son programme clairement exposé dès les premières minutes du films (voire dès son premier plan) : le deuil va être long, compliqué et douloureux. Peut-être aussi parce que les personnages me semblent trop corsetés dans des postures qui n'évoluent pas tout au long du film, et qui sont souvent très caricaturales. Enfin, parce que le film est trop long de trente minutes.

Je reconnais toutefois que certaines scènes ne manquent pas de brio, comme celle du début, ou celle du repas avec l'ex-mari. Bien que téléguidée, la prestation de l'actrice Maria Neto, mérite aussi d'être vue. Elle a d'ailleurs reçu un prix à Venise.
ConFucAmuS

650 abonnés 1 039 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 juillet 2020
Sonné par le choc El Reino, qui confirmait le talent de son auteur après Que Dios nos perdone, je faisais rentrer Rodrigo Sorogoyen dans la liste des réalisateurs immanquables. Après le thriller bien noir et le survival bien politique, le cinéaste espagnol tente le drame intimiste.
Officieusement, les germes de Madre étaient déjà là, au cœur d'un court métrage tourné entre ses deux premiers longs. Mais on sent que les expérimentations à l'œuvre sur El Reino ont défini le style Sorogoyen. Plans-séquences dévastateurs, steadicam à satiété, rythme à la fois aérien et resserré ; la signature est reconnaissable et elle parafe (une nouvelle fois) le contrat qui la lie à son personnage.
Lors de son introduction (remarquable), on passe avec Elena d'un état à un autre alors que la situation se pose et implose, faisant passer foule d'émotions en l'espace de quelques minutes (voire quelques secondes). À partir de là, la caméra ne lâchera jamais son héroïne, nous faisant partager son quotidien et ses imprévus, captant les souffles de vie entre les (longs) moments de suspension qui ponctuent l'existence d'un être bloqué.
Une fois encore, le génie filmique de Sorogoyen est incontestable. Il rend l'identification à Elena immédiate avec une économie de mots et de plans, et offre bon nombre d'images à tomber par terre (clairement un des auteurs les plus visionnaires de ces dernières années). Si démonstration de force il y a, c'est son excellence à servir le récit qui la rend implacable. Le dispositif mélangeant précision et chaos n'est là qu'une porte ouverte sur l'âme meurtrie d'une mère dont le cœur se remet à battre au contact d'un adolescent qui pourrait être le sien. On pourrait choisir tant de mots pour vanter la prestation de Marta Nieto mais combien arriveraient à restituer son incroyable beauté ? Faites l'expérience, vous verrez.
Madre accuse cependant un petit ventre mou en milieu de parcours, comme si Sorogoyen avait eu grande peine à couper quelques moments de vie "maternelle" (et je le comprends) pour un peu trop précipiter son épilogue. Ce qui ne l'aura pas empêché de réussir un drame désarmant de sincérité et d'arracher quelques larmes pour cette mère à la sortie du purgatoire.
SebLefr3nch
SebLefr3nch

220 abonnés 691 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 août 2020
Rodriguo Sorogoyen revient avec un drame extrêmement maitrisé. "Madre", le court-métrage qui l'a fait connaître, ouvre le film avec un plan-séquence qui marque dès le départ, aussi bien par sa maîtrise, par son actrice et par le style. Le film suit cette ligne directrice et nous subjugué par la beauté de ces ballets, par l'interprétation des acteurs, les images splendides, rappelant par moment "Roma". L'histoire est très prenante. Cette mère qui ne fait pas le deuil de son enfant et, 10 ans plus tard, pense le reconnaître dans un adolescent qui s'amourache d'elle. C'est intriguant et parfois dérangeant ... En l'espace de deux films Rodriguo Sorogoyen s'impose dans les cinéastes à suivre.
Loïck G.

389 abonnés 1 825 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 juillet 2020
Rodrigo Sorogoyen quitte brillamment le registre de ses deux précédents films (« Que Dios Nos Perdone » et « El Reino ») pour l’intime rencontre d’une mère avec son douloureux passé. Elena a perdu son fils de six ans sur une plage française alors qu’il se trouvait avec son père dont elle est séparée. Elle a vécu au téléphone ses derniers moments, et depuis dix ans ne sait rien de cette disparition, de cet enlèvement.. La manière dont le cinéaste nous conte ce drame intime et familial, ce bouleversement universel d’une mère dépossédée de son enfant est magistrale. Elena n’aura de cesse de le retrouver dans le visage d’un jeune surfer rencontré sur cette même place dix ans plus tard. Leurs relations ambiguës, leur attirance mutuelle, tissent la trame d’un récit déjà vécu mais cette fois entretenu avec attention par un réalisateur fascinant et des acteurs tout aussi grands.
Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
QuelquesFilms.fr

354 abonnés 1 759 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 août 2020
Malgré un bon plan-séquence, le début du film pose un argument de thriller assez basique et "facile", au sens où il est facile d'émouvoir avec la disparition d'un enfant vécue par une mère impuissante. La suite est heureusement plus complexe et troublante, même si l'on est en terrain connu : deuil et reconstruction impossibles, illusion et obsession autour d'un fils de substitution… Là où le film trouve son originalité et sa force, c'est dans la confusion des sentiments qui se déploie entre Elena, la mère, et Jean, cet ado rencontré sur la plage. Quelque chose d'aussi trouble qu'une atmosphère de bord de mer chargée d'embruns. Un élan d'instinct maternel face au désir et à la compassion, une attraction réciproque avec un transfert consenti. Tout cela est traité avec un délicat sens de l'ambiguïté et une tension permanente, pour une réussite funambule qui doit beaucoup au talent de l'actrice Marta Nieto dans un registre borderline et à la qualité de la mise en scène. Le reste du casting (Jules Porier, Alex Brendemühl, Anne Consigny, Frédéric Pierrot) est très bon. Petit bémol concernant le scénario, développé à partir d'un court-métrage du même réalisateur, qui est probablement un peu tiré en longueur sur un enjeu dramatique unique, et qui aurait pu avoir d'autres ramifications. Ce drame intimiste n'en demeure pas moins très prenant, dans la lignée efficace des précédents thrillers de Sorogoyen (Que Dios nos perdone, El Reino).
Joce2012
Joce2012

262 abonnés 750 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 juillet 2020
Thriller qui tient en haleine du début à la fin. ...impression de malaise car beaucoup de non dits qui mettent le doute, compassion et incompréhension se mélangent. ..
Nathan C.
Nathan C.

27 abonnés 36 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 septembre 2023
Film déchirant, à la force surpuissante, dépassant l'irrationnel en expliquant la névrose de ses héros sans les trahir. Un film fort qui fera pleurer les spectateurs les plus sensibles.
montecristo59
montecristo59

40 abonnés 288 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 août 2020
Dans cette histoire d'un deuil empêché, difficile de se décider pour une note carrément haut de gamme tant est prégnante la frustration de spectateur qu'on ressent au final. Si le réal a d'abord voulu nous faire ressentir la permanence du manque et du doute qui prend possession d'une mère confrontée à une disparition mystérieuse, il réussit son coup haut la main, peut-être mieux encore que F.Ozon dans "Sous le sable" (où C.Rampling voyait "s'évanouir" quasiment sous ses yeux son B.Cremer de mari, au bord d'une plage). Il s'appuie surtout sur l'excellente et sobre Marta Nieto (Elena), belle et fine mère courage anéantie qui lutte pour survivre à l'inconnu. Autour d'elle il place une palette de faire-valoirs bien dirigée, à commencer par le jeune Jules Porier (Jean), assez juste dans sa relation équivoque avec la belle inconnue qui s'intéresse à lui.
Si par contre il a voulu tisser la trame d'un thriller psychologique angoissant en jouant la carte de l'originalité, il a pratiqué trop d'ellipses pour qu'on adhère à fond...
Je pencherais plutôt pour la première option. Reste que pour moi ce bon film cherche quand même un peu trop son registre. La tension est constante, certes, et l'attention itou du coup. Mais grande est la faim sur laquelle on reste à la fin !
Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 658 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 janvier 2021
La puissance de Madre tient à ce cadre estival hors du temps qui constitue à la fois un conservatoire du traumatisme passé et un espace de rétablissement tendu vers un avenir radieux, une zone de turbulences pour une femme et ses proches qui n’obéit à aucune règle, qui ne dispose pas d’un bornage moral mais qui finit par se heurter à l’impossibilité d’une substitution. Rodrigo Sorogoyen réussit magnifiquement à composer un personnage principal à mi-chemin entre le rêve et la réalité, un être de fiction dont le combat intérieur est à ce point constant et contenu qu’il le raccorde à une authenticité éprouvante : toujours prête à vaciller, flottant pieds nus sur les sols qu’elle arpente– le sable de la plage, le revêtement de son appartement –, Elena apparaît comme un fantôme, aussi discrète dans ses fréquentations qu’efficace dans son emploi de gérante d’un restaurant. Le français utilisé en langue étrangère accentue cette impression d’exil volontaire, de purgatoire vécu sur un paradis terrestre. Et au milieu du chaos, une rencontre. Celle d’un adolescent, d’un garçon, d’un fils. D’un amant également. Le trouble que génère le long métrage s’avère remarquable en ce qu’il s’impose de lui-même, évident, naturel : il bouleverse par le destin déchirant qu’il programme, accéléré par les parents de Jean, accepté par Elena en guise de clausule. Madre raconte le deuil comme une histoire d’amour, affirme que la seule façon pour une mère de faire ses adieux à son enfant est de renoncer à l’approche thriller initiale (chercher la justice, obtenir réparation alors qu’une disparition ne saurait être réparée) pour mieux choisir la romance estivale et, par la superposition de l’être perdu sur un être aimé, le ressusciter et l’offrir à la vie. Un acte de foi en la puissance de l’amour magistralement réalisé et interprété – immense Marta Nieto –, qui recourt au calme et la fluidité pour exprimer le tumulte d’une intériorité tourmentée. L’un des plus beaux films de l’année 2020.
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