Les Misérables
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Humphrey D.
Humphrey D.

21 abonnés 17 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 décembre 2019
Tout a été dit à propos du film de Ladj Ly, coup de poing, dynamite visuelle, suffocation respiratoire, renouveau du film de banlieue, dans une superlativisation qui pourrait paraître suspecte au premier abord. Et puis non, au fil des séquences, le doute disparaît, les tripes se nouent, le cœur se resserre, l'esprit s'affole, le frisson gagne, pris d'un vertige face au gouffre de l'explosion finale.
Ce voyage au bout de l'enfer laisse pantois et désamorce toute tentative d'analyse immédiate, dépassés que nous sommes, à l'instar du jeune flic impétrant et de ses collègues de la Bac, par l'engrenage des évènements alors que la dernière ressource des policiers est de feindre qu'ils en sont les organisateurs. Le film démarre dès la première image dans ce qui nourrira de façon emblématique la suite de la narration, à savoir le panoptisme généralisé. Un drone survole les barres d'une cité, plonge au cœur de cette banlieue par effraction, presque à la façon d'un viol, en s'attardant de manière voyeuriste devant des fenêtres derrière lesquelles se meuvent des femmes dans leur quotidien. Le ton est donné : voir à distance sans être vu, capter la vie par images dérobées et interposées, se servir desdites images comme armes de jouissance et/ou de combat. On se croirait dans Fenêtre sur cour, mais très vite le retour au sol s'amorce et l'œil qui regarde change de nature. La cellule photo-électrique qui va saisir la lumière et fixer les instants de vie de cette banlieue se trouve être une voiture de police banalisée, sorte de caméra obscura que l'on suivra dans un vaste panoramique des différentes communautés constitutives de la géographie sociale et ethnographique de la cité. État des lieux, mais aussi état des liens qui régissent les différentes interactions entre les groupes en présence : infusion du religieux par les islamistes barbus, territorialisation mafieuse dont l'ordre et la régulation sont opérés par un parrain noir plus bête que méchant, communautarisme aux relents salafistes dont le cœur battant est un café dont les femmes semblent exclues, population gitane musculeuse faisant son "cirque" à propos d'un lionceau volé, jeunesse désœuvrée tour à tour guetteuse, basketteuse, joueuse parmi les détritus avant de terminer meurtrière et haineuse. Tout ce petit monde est vu à travers les yeux de trois policiers, renards dans cette basse-cour, prédateurs qui finiront prédatés, dont l'un est suradapté à ce milieu hostile en pratiquant l'invective agressive et machiste, le deuxième lâchement complice des excès du premier et le troisième, nouveau venu, témoin atterré et littéralement sidéré par le cynisme et l'engeance de ses deux collègues.
Mais l'engrenage est fatal, au sens de la fatalité, car la violence, si elle surgit de partout, n'a pas d'autre alternative que de se reproduire dans un mouvement perpétuel. Tous coupables et tous innocents, serait-on tenté de dire alors que Ladj Ly ne prend jamais parti. Il montre sans accuser, alors que les protagonistes du film accusent parfois sans montrer (voir la séquence avec les filles à l'arrêt du bus) ou montrent pour accuser (la vidéo de la bavure ). Qui, de l'œuf ou de la poule, a fait naître le chaos ? Comment retracer la généalogie de tous ces désordres ? Aucune réponse n'est apportée, seul demeure l'énoncé des faits, et les faits sont têtus, voire meurtriers.
Document ethnographique, enquête chez les affreux, rapport circonstancié sur les territoires perdus de la République, le film est un peu tout cela à la fois. Ladj Ly serait-il le Jean Rouch des banlieues ? Si La haine, de Kassowitz, se terminait par le bruit d'une déflagration qui présageait du pire, Les misérables s'achève sur un fondu au noir dont on ne sait trop s'il est annonciateur d'une guerre à venir ou d'un retour à une raison plus pacifique. La question reste d'actualité pour nos banlieues françaises.
Attigus R. Rosh
Attigus R. Rosh

253 abonnés 2 690 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 juin 2020
Les Misérables est un film puissant signé Ladj Ly, dont l'impact et les polémiques qu'il a suscité ne sont évidemment pas sans rappeler l'effet qu'a eu le film La Haine sur le cinéma français.
Contrairement à ce qu'on pourrait redouter, le film n'est pas du tout manichéen ; les principaux acteurs de la banlieue (flics, gamins turbulents, chefs de gangs, gitans, salafistes repentis, …) ont tous leurs – quelques – qualités et leurs défauts. Ce long-métrage dessine avec précision une banlieue qui est au bord de l'explosion spoiler: (le plan final suggère même qu'elle explose puisqu'on peut supposer que le flic va tirer et / ou que le mioche va lancer son cocktail molotov)
et qui, à défaut d'être exactement comme la nôtre (nous ne sommes pas encore dans un état de siège) y est extrêmement proche. D'où la nécessité de voir en ce film un message d'alerte, nous rappelant que la situation actuelle des banlieues peut déraper sur un bête kidnapping de lionceau avec des conséquences incontrôlables.
Sans grandes performances, les acteurs sont convaincants.
Très bon long-métrage.
Travel S
Travel S

16 abonnés 54 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 novembre 2019
Kourtrajmé est un groupe d'amis vidéastes/cinéates, qui ont toujours étaient proches de la culture Hip-Hop et qui ont, à leur début, réalisé des clips, puis des films, salués par la critique.
Et tout comme Kim Chapiron et Romain Gavras, Ladj Ly nous livre sont premier long métrage, nommé LES MISÉRABLES !

Ne tournons pas autour du pot : Cette oeuvre est un véritable uppercut.

Le scénario, l'écriture, les personnages, nous embarquent dans ce drame, à la tension infernale.

La mise en scène n'est pas forcément impressionnante malgré que les plans en drônes soient magnifiques, mais une telle histoire n'a pas forcément besoin d'une mise en scène hyper technique et Ladj Ly l'a très bien compris. La force de son métrage est dans son scénario. Et quel scénario !

Mais il y a aussi ces personnages, qui sont hyper charismatiques et très bien retranscrits à l'écran.
On a l'impression que ce ne sont pas des personnages de Cinéma, mais bien des hommes qui mènent leur vie de tout les jours, dans cette brigade. Ils sont vrais et ne surjouent pas.

Le casting est vraiment parfait, les acteurs sont quasi inconnus du grand public et leurs personnages sont crédibles et attachants.

La photographie est belle, les plans sont très académiques, certes, mais très beaux à la fois.

L'affiche du film est d'ailleurs très réussie, aussi.

LES MISÉRABLES est à la base, un court métrage, que Ladj Ly avait réalisé avec les mêmes acteurs.

Damien Bonnard qui interprête le nouveau membre de la BAC, Stéphane alias Pento, est vraiment l'acteur remarquable du film, avec l'interprête du personnage Chris, campé par Alexis Manenti, et qui est un autre membre de cette brigade et présenté comme le supérieur de celle-ci.

Puis Djebril Zonga interprête Gwada, le troisième membre. Acteur et ami de longue date du réalisateur, qui est très charismatique aussi.
Son personnage est très touchant également.

Mais l'histoire est surtout vue des yeux de Pento (Damien Bonnard) qui est un homme qui veut faire correctement son travail, mais qui se rend vite compte qu'ici, c'est quasi impossible de ne pas devenir corrompu...

Cet acteur va se faire une grande place dans le Cinéma, je pense.

J'ai beaucoup aimé l'interprêtation d'Alexis Manenti également, qui est très détestable dans son rôle.

Le long métrage est sous tension, dans sa quasi totalité et nous sommes captivé du début à la fin.

Et quelle fin !

Bref, Ladj Ly s'impose grandement dans le septième Art et ça promet pour la suite de sa carrière de metteur en scène.

Il faut soutenir ce genre de Cinéma français.
Paquito d
Paquito d

2 abonnés 13 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 novembre 2019
Une œuvre sidérante, impressionnante de maîtrise. Une vision de notre société réaliste, aucun parti pris qui rend ce film indispensable. Nos politiciens devraient absolument le visionner pour qu'il comprennent ce qu'il se passe dans notre belle France autant du cotés des policiers que des personnes qui vivent en banlieue . Un chef d'oeuvre ...
Henry L.
Henry L.

1 abonné 3 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 25 novembre 2019
Dresser le tableau de ce qui se passe dans les banlieues était déjà un parti pris ! Qu.a voulu montrer le réalisateur? Mal tourné avec des plans trop rapides, ce film ne mérite pas tous ces éloges.
Paul Roux
Paul Roux

13 abonnés 81 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 décembre 2019
Vous voulez saisir ce qui se passe dans les quartiers dits sensibles de la banlieue de Paris, où la police craint de se rendre et où sont parqués Maghrébins et Africains, allez voir ce film coup de poing. C’est mieux qu’un traité de sociologie.
Ladj Ly, qui est né dans ces quartiers et qui y vit toujours, a créé une fiction basée sur des choses vécues, notamment sur l’arrivée d’un nouveau flic et sur l’histoire d’un drone qui surveille le travail des policiers.
Pendant la première partie du film, on se balade dans un milieu que l’on découvre. C’est filmé sans clichés sur la banlieue, sans simplification outrancière et sans manichéisme. Comme le dit le réalisateur, ce n’est pas « les gentils jeunes contre les méchants flics ou le contraire ». Ly montre sans juger. Les gens, dit-il encore, sont « tour à tour sympas, dégueulasses, humains ».
Puis brusquement, tout s’accélère, tout devient dur et brutal. La tension, presque insoutenable, monte de plusieurs crans. Du grand cinéma, digne de s’appeler « Les misérables » !
Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 658 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 décembre 2020
Les Misérables est saisi d’une urgence vitale qu’il donne à voir et à vivre en construisant un vaste crescendo dramatique placé sous le signe de l’amplification et de la fatalité : les abus de pouvoir des uns commencent par compenser l’agressivité des autres, le véhicule de brigade est un corps qui parcourt les tensions intestines et vient rétablir une harmonie en conjurant la violence par la violence. Nous sommes embarqués, nous nous identifions au personnage de Stéphane, point de vue pertinent parce qu’extérieur, comme l’est le spectateur, parce qu’il dévoile un quotidien invivable et s’efforce de restaurer une morale, forcément abstraite. Tous les protagonistes sont sur le fil du rasoir : ça va exploser, on le sent on le sait, mais quand ? Le film de Ladj Ly est un film de circulation des corps dans les espaces : dans un cirque, sur le marché, à la brigade, au bar, dans les immeubles, sur les toits. Cette mobilité essentielle permet à la fois de sublimer la banlieue en la donnant à voir telle qu’elle est – pensons aux séquences captées par un drone – et d’accentuer son caractère multiethnique : les communautés se suivent, se rassemblent sans se ressembler, affirment leurs particularismes et les règles qui organisent leur cohabitation. Les Misérables aborde le cinéma comme un art capable d’immerger le spectateur dans un chaos urbain mêlant la beauté et l’horreur, un microcosme sous tensions et dont les tensions ne sont pas l’apanage d’un pôle : brigadiers et banlieusards sont renvoyés dos-à-dos dans leurs pratiques, et la focalisation de Stéphane révèle cette égalité impossible, intenable, qu’il condamne sans pouvoir en proposer d’alternatives cohérentes. En construisant son long métrage comme un thriller, Ladj Ly échappe au manichéisme. Jusqu’au panneau-texte. Et la citation de Victor Hugo. Qui fout tout par terre. « Il n’y a ni mauvaises herbes ni mauvais hommes. Il n’y a que de mauvais cultivateurs ». Une citation belle et forte, certes. Mais une citation manichéenne à réinsérer dans son contexte d’expression. À qui renvoie ici la mention de « cultivateurs » ? Aux représentants de l’État, chargés d’éduquer la banlieue ? Mais reconnaître la nécessité d’éduquer la banlieue, n’est-ce pas mettre en valeur son caractère sauvage, faisant de l’éducateur un missionnaire porteur de la bonne parole ? En concluant son film sur ces mots, Ladj Ly rétablit une dichotomie et tombe dans la victimisation de la banlieue, par souci certainement de refermer son long métrage par une petite leçon de morale littéraire mais hors-sujet. Reste une œuvre puissante, certainement la représentation la plus juste et intelligente de la banlieue que le cinéma ait connue.
MovieSW
MovieSW

13 abonnés 447 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 7 mai 2025
Ladj Ly signe avec Les Misérables une œuvre prétentieuse, confuse, et d’une lourdeur assommante, qui se prend bien trop au sérieux sans jamais assumer sa vacuité narrative. Sous couvert de dénoncer les tensions sociales dans les banlieues, le film aligne les clichés comme un devoir scolaire mal rédigé.
La mise en scène, soi-disant nerveuse, n’est qu’un enchaînement maladroit de plans tremblotants, sans vision ni rythme. On y sent un faux souffle documentaire, mais tout sonne creux : le scénario est prévisible, les personnages sont stéréotypés à l'extrême (le flic raciste, le jeune de banlieue en colère, le maire de quartier impuissant…), et aucune nuance ne vient sauver cette caricature.
Le film veut choquer mais ne fait que pointer du doigt sans jamais proposer. Sa conclusion explosive ? Une facilité scénaristique pour masquer l’absence totale de développement psychologique.
Pire encore, Les Misérables se prend pour un brûlot engagé mais se contente d’une révolte de surface. Un film qui pense dénoncer mais ne fait que crier dans le vide, en espérant que le vacarme suffise à convaincre.
yannick R.
yannick R.

119 abonnés 966 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 1 avril 2020
Film long et pénible avec les habituels clichés de la banlieue et la victimisation de ses habitants!
Ceiner M
Ceiner M

54 abonnés 252 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 décembre 2019
Même si le duel - préados des cités à la fois drôles, plein de vie et à la dérive et une équipe de la bac est central au film et donne une vision très ciblée et peu réaliste (les ados et jeunes adultes sont absents du cadre), ce film est vraiment très réussi et intelligent. J'ai beaucoup ri, les dialogues font mouche...on dirait une réponse réussie à Dheepan, film de Jacques Audiard totalement à côté de la plaque sur la banlieue. Dialogues trash mais drôles, rythme soutenu, attention à poser les personnages, vision mesurée et non-manichéenne. Bref c'est du bon taf . Le film se permet des blagues sur la religion que personne n'ose plus faire .Je ne voulais pas y aller car j'habite dans le coin et j'aime aller au ciné pour changer d'air. Franchement, je ne regrette pas d'y être allée.
GéDéon
GéDéon

134 abonnés 711 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 novembre 2022
Véritable coup de poing, ce premier long métrage du réalisateur Ladj Ly remporte notamment le César du meilleur film en 2020. Et c’est franchement mérité tant l’immersion dans l’univers des cités de Montfermeil est puissante. La première partie, qui s’apparente presque à un documentaire, suit trois membres de la Brigade Anti-Criminalité (Damien Bonnard, Alexis Manenti et Djebril Didier Zonga) dans leurs interventions quotidiennes. C’est tourné et monté très efficacement avec beaucoup de rythme. Puis, c’est la bavure policière et là tout dérape. La force de cette œuvre repose sur la critique objective et sans parti pris d’une société complexe, où chaque clan contrôle sa parcelle de pouvoir sans empiéter sur celle du voisin pour éviter les ennuis. Les rapports de force sont éprouvants, violents moralement et quel final explosif ! Bref, deux films en un, guidés par l’absence de concession.
Kevin dioles
Kevin dioles

78 abonnés 779 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 août 2021
LES MISERABLES (2019): Un quartier difficile de la banlieue parisienne, des enfants livrés à eux-mêmes. Désœuvrement, agressivité, violence, misère sociale, une réalité quotidienne surveillée par une patrouille de la B.A.C. Le pouvoir de l'image, déclencheur de situations guerrières. Cette réalisation filmera un panier de crabes rempli de comportements différents. Devant une bavure policière, les esprits s'échaufferont. Description d'une fragilité, d'une haine. Des forces de l'ordre autoritaires, mais impuissantes face à une anarchie populaire grandissante. Une histoire qui se clôturera par une terrible image, et cette question devant une telle sauvagerie: Où se trouvent les vraies victimes??????

Cette chance pour moi de vivre dans une région paisible, ce n'est pas non plus le pays des Bisounours, mais les gens se respectent (Oui! Oui! il y a aussi des personnes qu'on n'aime pas, mais bon… on fait avec), aucune angoisse pour sortir le soir, aucune nuisance sonore, la joie de profiter d'un calme venant d'un silence naturel (le cuicui des oiseaux, le clapotis des rivières, le petit zef du vent dans les arbres…), un silence qui appartient à tous, très peu de dégradations, des forces de l'ordre qui ne se prennent pas pour des cowboys, merci à eux pour notre sécurité et pour la sécurité de nos enfants (bien content de les voir arriver quand tout va mal. Dur! Dur! Pour ces gardiens d'une vie tranquille ). Notre société est faite de règles afin qu'elle ne devienne pas une Jungle, des règles pour le bien de tous, des règles pour préserver les richesses des générations futurs, alors, respectons les.
laurent t
laurent t

15 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 novembre 2019
Film plus vrai qu'un reportage, plus criant de vérité que le réel et que seuls les optimistes diront que la situation n'est pas désespérée.
À voir absolument.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 24 novembre 2019
sur la forme : remarquable , chef op sachant saisir visuellement la vie d'une cité , style michael mann
sur le fond : un remake soft bien pensant de la haine , hypocrite , cynique , reflet de notre société actuelle laquelle , comme les autruches se met la tete dans le sable , et qui va rapporter beaucoup de thune , flous , blé , fric..ca va plaire aux bourges de gauche biens pensants
étonnant que ce film soit proposé aux oscars
comment a t il été financé ?
néanmoins a voir et revoir graine de violence de richard brooks avec glenn ford
Alfred N.
Alfred N.

13 abonnés 44 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 27 novembre 2019
1/ La fable d'une banlieue oubliée par l'état est totalement fausse.
Elle ne prend pas compte le fait que depuis 1981 l'état s'engage à s'occuper de ces quartiers par la création de la ZEP et d'une commission dans ce but.

2/ Cette fable met en avant le fait que les cités HLM serait une prison à ciel ouvert destinée à ghettoïser les population ce qui est faux car cela fait fi de la réalité historique et géographique.

3/ L'historique du logement social à deux grandes phases :
a) La mise en place de logement collectif selon les théories d'utopie sociale de Charles Fourier : le Familistère (XIXème)
b) La Charte d'Athènes signé lors du CIAM (congrès international des architectes modernes) en 1933

4/ Les quartiers dans lesquels se trouvent les HLM sont reliés par un réseau de transports important (RER/TER, métro et bus) et sont à proximité de grands centres urbains où il est facile d'accéder aux services publiques (santé, éducation, sport, culture).

5/ Les HLM dépendent de bailleurs sociaux qui permettent de mettre en commun les ressources économiques dans la rénovation ce qui n'est pas possible pour le logement individuel. Les vraies victimes se trouvent dans la diagonale du vide.

6/ Le budget de l'ANRU, agence publique pour le renouvellement a représenté un coût total de 57 milliards d'euro (dont 12 par Action Logement - public). Et 50 milliards de plus prévus pour le Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain depuis 2014.

7/ La diagonale du vide est encore une fois victime de la désertification et de la métropolisation de plus en plus importante du XXème siècle par les quartiers dits défavorisés mais financièrement sur-favorisés.

8/ La désertification de cette zone est constatable mais elle n'indique pas non plus un désert total : plus de 60% des jeunes vivent dans la France périphériques comme l'indique le livre d' Erkki Maillard et de Salomé Berlioux.

9/ En conclusion les inégalités sont à la fois de l'ordre de la fable et du mépris de la réalité économique, historique et urbaine. La victimisation comme arme de chantage économique, voilà comment on pourrait résumer ce "film évènement".
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