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Andrzej Żuławski réalise une œuvre radicale où l’horreur surnaturelle devient le prolongement d’un divorce apocalyptique. Emmenée par une Isabelle Adjani hallucinée et magistrale, Possession est une expérience fascinante.
Cette critique va contenir des spoilers
Réalisé après une rupture amoureuse, Possession nous emmène en plein Berlin-Ouest. Anna et Mark incarnent déjà au commencement la dérive d'un couple, entre l'absence de présence et de désir. Sam Neill campe un rôle de père absent, possessif, jaloux. Anna, elle, semble distante et les crises qui, au début, sont légères présagent déjà d'une faille psychologique née de son doute, de ses craintes, de la perte de repères sentimentaux, sexuels, existentiels. Isabelle Adjani livre une prestation réussie sur le plan hystérique (qui malheureusement sent trop souvent le surjoué) et peut prêter au rire au lieu d'installer le malaise.
Soucieux de préserver son image, son mariage, son enfant (Bob) Mark sombre dans une sorte de panique, cherche Anna, veut la contrôler ce qui renforcera la distanciation d'Anna vis à vis de Mark mais aussi d'elle-même, distanciation déjà amorcée un an avant avec Heinrich, l'homme poseur, superficiellement raffiné lui offrant une volonté d'harmonie avec elle-même, son corps dissocié et qui voudra éloigner Anna de son époux tout en proposant un accord d'échange libre sans droits et devoirs à ce dernier, incarnation d'un esprit un tantinet libertaire (lié sans doute au rejet de Zulawski pour le communisme). Mark incarne, lui, la figure purement autoritaire et "patriarcale".
Petit à petit, Anna va s'engouffrer dans une spirale infernale, coincée dans un appartement miteux et étalant les cadavres pour nourrir une créature hybride, fruit de la perte de son Moi. L'échange entre Heinrich (homme par ailleurs déjà marié) et Mark portant sur Dieu est révélateur. Mark pense que Dieu est une lèpre, assertion à laquelle Heinrich répondra que cette lèpre mène à Dieu.
Pendant qu'Anna s'enfonce dans sa folie (la scène de la salle de danse et celle iconique du métro), Mark doute de plus en plus, cherche l'harmonie, la tentation d'un Dieu et l'acceptation de sa faille, trouvant en Helen, double de Anna, une voie plus douce vers l'acceptation de soi. Cependant, cette scène du métro ne m'a pas convaincu voire m'a fait hurler de rire (dans une comédie c'est logique mais malheureusement ce n'était probablement pas l'intention du réalisateur).
Jusqu'au final où tout est remis en place, plus ou moins, par la révélation que cette créature nourrie de vomi, de haine, de mal, de rancœurs et de jalousie, de pulsions autodestructrices et de mort est justement cette "lèpre" qui amène à une réunification de l'âme dans le corps. Un Dieu perverti, double perfectionné de Mark, jusque alors présenté comme faible, lâche ou colérique. L'illustration finale de Bob dans son bain après la répétition de "N'ouvrez pas" et la lumière devant Helen illustrent d'un côté l'enfant qui subit ce qu'il ne peut comprendre et que la révélation divine n'est que grotesque, un vulgaire double.
Le bémol du film reste néanmoins dans l'hystérie, faisant plonger trop souvent le film dans une comédie involontaire.
Réalisé après une rupture amoureuse, Possession nous emmène en plein Berlin-Ouest. Anna et Mark incarnent déjà au commencement la dérive d'un couple, entre l'absence de présence et de désir. Sam Neill campe un rôle de père absent, possessif, jaloux. Anna, elle, semble distante et les crises qui, au début, sont légères présagent déjà d'une faille psychologique née de son doute, de ses craintes, de la perte de repères sentimentaux, sexuels, existentiels. Isabelle Adjani livre une prestation réussie sur le plan hystérique (qui malheureusement sent trop souvent le surjoué) et peut prêter au rire au lieu d'installer le malaise.
Soucieux de préserver son image, son mariage, son enfant (Bob) Mark sombre dans une sorte de panique, cherche Anna, veut la contrôler ce qui renforcera la distanciation d'Anna vis à vis de Mark mais aussi d'elle-même, distanciation déjà amorcée un an avant avec Heinrich, l'homme poseur, superficiellement raffiné lui offrant une volonté d'harmonie avec elle-même, son corps dissocié et qui voudra éloigner Anna de son époux tout en proposant un accord d'échange libre sans droits et devoirs à ce dernier, incarnation d'un esprit un tantinet libertaire (lié sans doute au rejet de Zulawski pour le communisme). Mark incarne, lui, la figure purement autoritaire et "patriarcale".
Petit à petit, Anna va s'engouffrer dans une spirale infernale, coincée dans un appartement miteux et étalant les cadavres pour nourrir une créature hybride, fruit de la perte de son Moi. L'échange entre Heinrich (homme par ailleurs déjà marié) et Mark portant sur Dieu est révélateur. Mark pense que Dieu est une lèpre, assertion à laquelle Heinrich répondra que cette lèpre mène à Dieu.
Pendant qu'Anna s'enfonce dans sa folie (la scène de la salle de danse et celle iconique du métro), Mark doute de plus en plus, cherche l'harmonie, la tentation d'un Dieu et l'acceptation de sa faille, trouvant en Helen, double de Anna, une voie plus douce vers l'acceptation de soi. Cependant, cette scène du métro ne m'a pas convaincu voire m'a fait hurler de rire (dans une comédie c'est logique mais malheureusement ce n'était probablement pas l'intention du réalisateur).
Jusqu'au final où tout est remis en place, plus ou moins, par la révélation que cette créature nourrie de vomi, de haine, de mal, de rancœurs et de jalousie, de pulsions autodestructrices et de mort est justement cette "lèpre" qui amène à une réunification de l'âme dans le corps. Un Dieu perverti, double perfectionné de Mark, jusque alors présenté comme faible, lâche ou colérique. L'illustration finale de Bob dans son bain après la répétition de "N'ouvrez pas" et la lumière devant Helen illustrent d'un côté l'enfant qui subit ce qu'il ne peut comprendre et que la révélation divine n'est que grotesque, un vulgaire double.
Le bémol du film reste néanmoins dans l'hystérie, faisant plonger trop souvent le film dans une comédie involontaire.
Encore un film pendant lequel j'ai perdu 2h de mon temps. Il faudrait que le réalisateur m'explique le sens de son film. C'est peut être la folie. En tout cas, il a trouvé en Isabelle Adjani l'actrice idéale pour raconter son histoire. La scène dans le couloir du métro où Anna est en plein délire est impressionnante.
Mais, je mets deux étoiles pour mon avis personnel du film.
Mais, je mets deux étoiles pour mon avis personnel du film.
le film en lui meme est moyen mais Adjani par moment est exceptionnelle. c’est complètement fou et rare donc oui il faut le voir mais ce n’est pas spiderman ou conventionnel hâte de voir la version us haha
Considéré par certains comme un chef-d’œuvre, j’ai personnellement trouvé ce film d’une prétention difficilement supportable. Les performances des acteurs frôlent l’archi-théâtralité, donnant l’impression de regarder un mélange entre un cinéma d’auteur et une série Z horrifique.
Cependant, il y a un point positif : Isabelle Adjani incarne son rôle avec une telle intensité qu’elle parvient à se démarquer, même si son jeu est clairement dans le surjeu voulu par le réalisateur. Le film se veut une allégorie sur la séparation amoureuse, mais, à mon sens, elle passe complètement à côté de son objectif. 2/10
Cependant, il y a un point positif : Isabelle Adjani incarne son rôle avec une telle intensité qu’elle parvient à se démarquer, même si son jeu est clairement dans le surjeu voulu par le réalisateur. Le film se veut une allégorie sur la séparation amoureuse, mais, à mon sens, elle passe complètement à côté de son objectif. 2/10
Avec Possession, Andrzej Żuławski transforme le drame conjugal en expérience hystérique où le fantastique surgit comme une excroissance du réel. La mise en scène, convulsive et sans répit, épouse la décomposition psychique de ses personnages jusqu’à l’épuisement. Isabelle Adjani livre une performance sidérante, corps traversé de crises qui deviennent le cœur organique du film. Żuławski refuse toute lecture stable, laissant coexister métaphore intime et horreur viscérale dans une ambiguïté troublante. Une œuvre extrême et fascinante, où la rupture amoureuse se mue en cauchemar métaphysique.
Un film qui est à son univers, on m'a conseillé de le voir, pour un enrichissement culturel. Je suis d'un avis tout à fait mitigé... Entre ennui et réflexion, c'est le genre de film qu'il faudra revoir plusieurs fois pour se faire un avis. Rien d'exceptionnel à mes yeux pour cette vieille découverte. ----Mars 2026----
: Certainement le plus intellectuel des films d’épouvante. C’est d’ailleurs cette difficulté qui fait que le film a mal vieillit. Tourné pourtant par un virtuose du cinéma, très belles images, beaux cadrages, et fantastique direction d’acteurs, à la limite du gourou.
Isabelle Adjani fournit une performance exceptionnelle, je crois que c’est du jamais vu, la plus grande simulation de folie, d’hystérie, d’envoutement, jamais montrée au cinéma. Elle puise au fond d’elle-même, au tréfond de son âme. Elle avouera d’ailleurs y avoir laisser des plumes et avoir mis longtemps à se remettre de ce tournage, on n’est pas étonné.
Mais le scénario est trop alambiqué, mélangeant trop les genres, avec ces allégories confuses, la dernière demi-heure est particulière lourde, trop d’effets miroirs abscons, d’invraisemblance. Là où Roman Polanski avait réussi un film culte avec « Rosemary Baby » sur une thématique similaire , Zulawski se plante et nous ennuie souvent, malgré les effets spéciaux de la bête qui sont particulièrement réussis.
Isabelle Adjani fournit une performance exceptionnelle, je crois que c’est du jamais vu, la plus grande simulation de folie, d’hystérie, d’envoutement, jamais montrée au cinéma. Elle puise au fond d’elle-même, au tréfond de son âme. Elle avouera d’ailleurs y avoir laisser des plumes et avoir mis longtemps à se remettre de ce tournage, on n’est pas étonné.
Mais le scénario est trop alambiqué, mélangeant trop les genres, avec ces allégories confuses, la dernière demi-heure est particulière lourde, trop d’effets miroirs abscons, d’invraisemblance. Là où Roman Polanski avait réussi un film culte avec « Rosemary Baby » sur une thématique similaire , Zulawski se plante et nous ennuie souvent, malgré les effets spéciaux de la bête qui sont particulièrement réussis.
"Possession", réalisé par Andrzej Żuławski, est souvent considéré comme une œuvre marquante du cinéma fantastique et psychologique. Pourtant, l’expérience peut aussi laisser une impression plus mitigée. Le film propose avant tout une vision très intense de la rupture amoureuse et du divorce, et c’est sans doute dans cette dimension qu’il fonctionne le mieux. La relation qui se dégrade entre les personnages interprétés par Isabelle Adjani et Sam Neill est montrée de manière brutale et presque hystérique, ce qui traduit bien la violence émotionnelle d’une séparation. Cette approche donne au film une dimension symbolique intéressante, où le fantastique semble parfois refléter l’état psychologique des personnages.
Cependant, l’intrigue en elle-même peine vraiment à captiver. Le récit est volontairement étrange et chaotique, et le mélange entre drame conjugal, fantastique et horreur peut donner une impression d’incohérence. Si cette ambiguïté fait partie du projet du réalisateur, elle rend aussi l’histoire difficile à suivre et parfois peu engageante. De plus, l’aspect épouvante ou horreur, souvent associé au film, paraît finalement assez limité : l’atmosphère est dérangeante, mais les éléments horrifiques restent relativement discrets.
Les performances d’acteurs constituent un autre point souvent loué du film. Il est vrai que le jeu d’Adjani et de Neill est très intense et physique, mais il peut aussi sembler excessif par moments. Sans être mauvais, ce jeu très démonstratif n’apparaît pas forcément aussi exceptionnel que ce que sa réputation laisse entendre, et peut même rendre les personnages plus difficiles à comprendre ou à apprécier.
Au final, Possession reste un film intéressant par son approche symbolique de la rupture et par son atmosphère singulière, mais l’intrigue peu captivante, le mélange de genres parfois confus et un registre horrifique assez léger empêchent l’ensemble d’être vraiment convaincant. L’expérience n’est pas désagréable, mais elle ne laisse pas non plus un souvenir particulièrement marquant.
Cependant, l’intrigue en elle-même peine vraiment à captiver. Le récit est volontairement étrange et chaotique, et le mélange entre drame conjugal, fantastique et horreur peut donner une impression d’incohérence. Si cette ambiguïté fait partie du projet du réalisateur, elle rend aussi l’histoire difficile à suivre et parfois peu engageante. De plus, l’aspect épouvante ou horreur, souvent associé au film, paraît finalement assez limité : l’atmosphère est dérangeante, mais les éléments horrifiques restent relativement discrets.
Les performances d’acteurs constituent un autre point souvent loué du film. Il est vrai que le jeu d’Adjani et de Neill est très intense et physique, mais il peut aussi sembler excessif par moments. Sans être mauvais, ce jeu très démonstratif n’apparaît pas forcément aussi exceptionnel que ce que sa réputation laisse entendre, et peut même rendre les personnages plus difficiles à comprendre ou à apprécier.
Au final, Possession reste un film intéressant par son approche symbolique de la rupture et par son atmosphère singulière, mais l’intrigue peu captivante, le mélange de genres parfois confus et un registre horrifique assez léger empêchent l’ensemble d’être vraiment convaincant. L’expérience n’est pas désagréable, mais elle ne laisse pas non plus un souvenir particulièrement marquant.
Performance exceptionnelle et dérangeante d'une superbe actrice ... maltraitée par un réalisateur.
voilà ce que disait Sam Neill : "Je n'aime pas beaucoup [Zulawski] ; ce qu'il voyait comme de la direction d'acteurs était juste de la maltraitance (...). Il y a des moments où il criait sur [Isabelle Adjani] collé à son visage. C'était pénible à voir"
à part la performance d'Adjani, le film n'a pas grand chose à raconter.
et vu les moyens utilisés pour y arriver, ce film n'est vraiment pas indispensable.
à éviter
voilà ce que disait Sam Neill : "Je n'aime pas beaucoup [Zulawski] ; ce qu'il voyait comme de la direction d'acteurs était juste de la maltraitance (...). Il y a des moments où il criait sur [Isabelle Adjani] collé à son visage. C'était pénible à voir"
à part la performance d'Adjani, le film n'a pas grand chose à raconter.
et vu les moyens utilisés pour y arriver, ce film n'est vraiment pas indispensable.
à éviter
Deux heures à regarder une bonne femme hystérique hurler des dialogues incomprehensibles... Je comprends pas comment on peut aimer ça. C'est juste fatiguant et je cherche encore l'horreur...
C'est un film avec une note à géométrie variable. L'on peut passer de un à cinq étoiles. La preuve que les acteurs sauvent des films. Sam Neill et Isabelle Adjani sauvent le film. Sans eux, ce film reste un nanar. D'ailleurs, Isabelle Adjani a obtenu le césar de la meilleur actrice en 1982 et le prix d'interprétation féminine au festival de Cannes de 1981. Le film exprime l'angoisse et la dépression. Un couple en guerre. Le film est tourné à Berlin ouest proche du mur. Des avenues vides et des stations de métros vides, presque aucun habitants. Au casting, il y a aussi Heinz Bennent, un acteur allemand, le père à David Bennent, l'acteur principal dans le film, le Tambour sorti en 1979. C'est sûrement un film culte. Effectivement, il y a plusieurs niveau de compréhention dans ce film. Un budget de 2,5 millions de dollars pour un box office de 1,1 millions de dollars. Un film culte diffusé sur la chaine Arte, donc pour la rentabilité, il faut oublier.
Long, lent, laborieux, incompréhensible et pénible. tout ce foin, Cannes et autre pour ça? Je ne comprends pas
Quarante ans plus tard, l'arnaque est encore plus visible ! Certes Isabelle Adjani fut admirable et son jeu reste très actuel mais tout le reste est littéralement m'as-tu vu, maniériste et complaisant.
Finalement, un film désolant !
Finalement, un film désolant !
Possession est un film qui se ressent plus qu'il ne se comprend. Le film est tellement chaotique, il a un tel trop d'idées, que je me demande si Zulawski n'a pas tourné la première version de son scénario, celle que l'on écrit avec le coeur, la passion (dans son cas motivé par la douleur de son divorce), plutôt qu'une version polie, cohérente, et simplifiée. Entre l'allégorie du mur de Berlin, avec les deux Allemagnes représentant le couple en divorce, le monstre aux tentacules, le doppelgänger de Isabelle Adjani, l'homme aux chaussettes roses, et les personnages agissant sous le coup de l'impulsion pure, le film perd (peut-être intentionnellement) le spectateur. Mais je n'ai pas trouvé qu'il le faisait avec autant de force qu'un film de David Lynch, comme Mulholland Drive, qui malgré son chaos, semble étrangement cohérent tant au niveau émotionnel que thématique. Le jeu des acteurs dans Possession est empreint du même niveau d'impulsivité, de passion, tombant souvent dans l’exagération, au dépend de la subtilité et de la crédibilité. Là encore, on peut défendre cette approche, qui souligne la folie absurde d'une séparation douloureuse, où les couples se déchirent verbalement et physiquement pour un rien. La direction photo vient pousser la folie encore plus loin, avec les grands angles exagérant les mouvements des personnages. Le choix de l'architecture brute, grise et délabrée est également parfait pour externaliser le tourment intérieur des personnages, dévastés et perdant leur humanité.
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