L'Homme qui a vendu sa peau
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traversay1

4 479 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 octobre 2020
Le titre du nouveau film de la talentueuse réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania (Le Challat de Tunis, La belle et la meute) est singulier et intrigant : L'homme qui a vendu sa peau. Et la fable qu'il raconte ne l'est pas moins, original et très actuel, avec son héros syrien au tatouage dans le dos, mais aussi universel par son thème récurrent dans la littérature et le cinéma : le pacte méphistophélique. Le projet est excitant et moderne parce qu'il est parfaitement fidèle à notre époque étrange "où les marchandisent circulent mieux que les individus." C'est aussi un formidable film sur le pouvoir de l'art et ses limites avec son caractère provocateur et mercantile. Ceci fait que L'homme qui a vendu sa peau peut-être considéré, toute proportions gardées, comme un cousin d'une récente Palme d'Or, The Square. La dignité de l'homme et sa liberté relative face à une société cynique et récupératrice sont au cœur d'un récit admirablement construit et qui surprend constamment. S'y ajoute une histoire d'amour, plus convenue, mais qui ramène un peu d'humanité dans ce monde où la dictature de l'instant, de la publicité et du buzz imposent leur loi d'airain. Remarquablement scénarisé, L'homme qui a vendu sa peau est aussi un bel objet esthétique, mis en scène avec goût et virtuosité. Outre Monica Bellucci, très sobre, le film permet à deux acteurs peu ou pas connus de briller : la débutante Dea Liane et surtout l'ébouriffant Yahya Mahayni qui porte littéralement le film sur son dos !
Ciné-13
Ciné-13

171 abonnés 1 419 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 juin 2022
Fable critique de l'art moderne qui diabolise le mercantilisme. Cet objet d'art vivant existera grâce à une manipulation sordide : il pourra fuir la Syrie et aller voir sa bien-aîmée avec un VISA international sur le dos.
Mais ce pacte le transformera en "bête de foire". Pour s'en libérer il devra inventer un nouveau tour de passe-passe. Le scénario est habile et la beauté formelle est remarquable.
Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 657 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 mai 2021
L’Homme qui a vendu sa peau trouve dans l’art et son marché un biais audacieux au travers duquel aborder d’une part la migration causée par les régimes dictatoriaux et terroristes, d’autre part notre regard occidental sur ces réfugiés. La valeur du film de Kaouther Ben Hania tient justement à faire du scandale artistique un moyen de renouveler notre regard sur une réalité que nous méconnaissons et qui nous laisse souvent indifférents : il faut que le corps du migrant s’expose, s’exhibe, dénudé devant des foules, entouré d’objets hors de prix, pour que le spectateur se rappelle qu’il a ce corps en commun, pour qu’il s’interroge sur l’esthétique et les limites éthiques de son expression. Il y a donc à la fois dénonciation des travers de l’art contemporain et éloge de la puissance des paradoxes que l’art contemporain soulève, soit l’idée selon laquelle exploiter un être humain en faisant de lui un modèle lui permet de recouvrer son humanité et sa liberté. Nous reconnaissons là un même réquisitoire contre l’hypocrisie d’une certaine élite intellectuelle que menait il y a peu Ruben Östlund dans The Square (2017), dans la confusion entre un happening et la réalité, dans l’irruption de la bestialité primitive au sein d’un cadre normé et aseptisé – l’homme-primate d’un côté, le terroriste aux oreillettes de l’autre. L’intelligence du film de Kaouther Ben Hania réside également dans l’intrigue sentimentale qu’il tisse en parallèle et qui offre un fil directeur à la révolte de Sam Ali : la prostitution de son dos n’a d’égale que le mariage forcé d’Abeer, quoique la première ouvre à terme une porte de sortie et permette la réunion des deux amants. Malgré facilités, lourdeurs et répétitions, L’Homme qui a vendu sa peau s’affirme telle une œuvre audacieuse et mise en scène avec talent qui s’empare d’un problème de société pour mieux l’insérer dans une réflexion plus générale sur l’esthétique contemporaine.
Coric Bernard

455 abonnés 848 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 octobre 2020
Ce film raconte l'histoire étonnante et très originale de ce syrien qui parvient à émigrer en Europe grâce à l'art contemporain. Le scénario très bien construit est basé à partir de l'histoire vraie d'un suisse dont le tatouage sur son corps était devenu un chef d'oeuvre présenté dans les musées internationaux. La réalisation et l'interprétation sont soignés et réussis. Le film de cette réalisatrice tunisienne fait très bien ressortir les réalités extrêmes entre la survie dans un pays en guerre et les espérances douloureuses d'un exilé avec en fil rouge une belle histoire d'amour. Le film commence en Syrie et finit dans la folie de l'art contemporain où la réalisatrice jette un regard très critique.

Bernard CORIC
Mla
Mla

38 abonnés 518 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 26 mai 2022
Pas grand chose à dire sur ce film , le sujet et la critique m’ont motivé mais au final le film est pas assez rythmé, on a du mal à comprendre le sens que veut donner le réa à son film , le final sauve un peu le tout .
Hotinhere

790 abonnés 5 461 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 avril 2022
Inspirée librement d’une histoire vraie et servie par une mise en scène brillante, une fable aussi déroutante qu’audacieuse et intrigante, qui traite aussi bien du pouvoir de l’art et de ses limites ,que du regard occidental sur les réfugiés (avec une partie sentimentale plus convenue). 3,25
Guillaume
Guillaume

155 abonnés 1 752 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 avril 2022
Un film intrigant, enveloppé de nombreux mystères, bousculant les codes de la bien-pensance avec un savoureux cynisme.
Un reflet dérangeant de notre monde, où les limites de l'acceptable ne sont plus qu'un vague concept. Un cinéma puissant.
kingbee49
kingbee49

53 abonnés 642 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 31 décembre 2023
Après "The Square", une autre fable moderne sur le rapport à l'art et à l'argent du grand capital. Déroutant, cynique et prenant. Et c'est globalement bien filmé avec tout un travail de mise en scène sur le hors champ, le reflet, le flou artistique. Seule l'histoire d'amour manque franchement d'épaisseur mais le tout est assez recommandable.
Cadreum
Cadreum

59 abonnés 777 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 décembre 2025
Qui est le film ?
Après ses films documentaires, Ben Hania signe ici une fable contemporaine qui s’aventure au cœur d’un système où la circulation des corps dépend de leur valeur marchande. Le film part d’un postulat simple : un homme qui veut rejoindre la femme qu’il aime. Mais l’époque transforme ce désir en impossibilité, si bien que la promesse initiale du récit tient dans ce paradoxe : pour se déplacer, il faut devenir œuvre. La tension naît de cette bascule, de ce moment où la peau cesse d’être un abri pour devenir un document, où la liberté individuelle s’égare dans les couloirs de l’économie de l’art.

Par quels moyens ?
Tout commence par Sam, réfugié syrien, qui ne peut circuler librement ; le film convertit alors ce blocage administratif en expérience cinématographique. Sa peau devient passeport, son dos un Visa. Le geste condense la violence du monde contemporain en une image presque trop lisible : pour être vu, pour être libre, il faut accepter d’être marchandisé.

Ben Hania tourne autour des milieux de l’art : les foires, les collectionneurs, les galeries, les interviews : tout respire l’économie globalisée, réglée sur le concept et la visibilité. L’artiste occidental "subversif" transforme Sam en opportunité spectaculaire. Le film montre cette mécanique sans lourdeur didactique, à travers des scènes où l’excitation du monde de l’art se confond avec un cynisme feutré. L’homme devient récit vendable. Il devient événement. L’exposition n’est plus un espace de rencontre mais un circuit de valeur.

La scène du contrat marque une bascule. Le papier, la signature, les regards qui se croisent : tout est chorégraphié comme un transfert de souveraineté. Ben Hania filme le droit comme une fiction sociale qui produit des identités nouvelles. Sam signe pour voyager, mais signe aussi pour perdre une part de lui. Le pouvoir du contrat n’est pas tant juridique que symbolique : il reconfigure l’être, il le reclasse. Dans cette seule scène, le film dit plus sur la modernité administrative que bien des discours théoriques.

Le motif du tatouage est le cœur pulsant du film. La caméra s’approche, scrute, transforme la peau en cartographie géopolitique. Le tatouage blesse pour signifier. La peau, ce qui protège normalement, devient ce qui expose. Le film observe de près la circulation d’une image dans la sphère publique. Dès que Sam devient œuvre, tout s’accélère. Les caméras affluent, les interviews se multiplient, les réseaux s’emparent de l’affaire. L’émotion collective n’est jamais gratuite : elle est une matière première, une ressource convertible. Ben Hania souligne cette logique en filmant les téléphones et les flashs.

Sam n’est pas un martyr docile. Le film lui accorde une complexité réelle : ses colères, ses hésitations, ses stratégies, son amour. Il cherche à reprendre la main, mais chaque tentative révèle un autre pan de l’ordre qui l’écrase. Sa liberté nouvellement acquise repose sur une aliénation encore plus subtile : il ne peut plus se mouvoir sans être regardé. Ses gestes se transforment en performances.

Les scènes d’exposition constituent les moments les plus glaçants du film. Sam est assis comme une sculpture vivante, surveillé, commenté, photographié. Les visiteurs ne voient plus un homme. Ils voient une pièce. Les personnages occidentaux, quant à eux, oscillent entre fascination, paternalisme et bonne conscience performative. Le film ne les accuse jamais frontalement, mais il expose leur malaise, leur contradiction, leur désir de sauver en exploitant.

Où me situer ?
La pertinence de son idée initiale frappe, son déploiement narratif intrigue, son sens de la mise en scène surprend. On sent que chaque scène ne cherche pas à imposer une thèse, mais à faire éprouver un système. Et même là où il simplifie ou esquive certaines questions, il ne triche jamais sur la violence du monde qu’il décrit. Sa lucidité garde la chaleur humaine de Sam comme boussole. C’est un film qui regarde frontalement, mais qui sait aussi écouter.

Quelle lecture en tirer ?
Au terme du parcours, Ben Hania organise une danse complexe entre visibilité et dépossession, entre circulation des images et immobilisation des corps. Le film montre comment un homme peut gagner le monde au moment même où il perd son intimité.
bendelette
bendelette

34 abonnés 281 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 avril 2022
Une critique du monde de l'art d'aujourd'hui où tout est permis mais aussi en arrière plan la dénonciation de l'horreur en Syrie.
Norbert Sautelles
Norbert Sautelles

19 abonnés 675 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 janvier 2024
spoiler: A travers sa conduite, son intrigue et le personnage principal, l'homme qui a vendu sa peau, le film évoque la création artistique et la précarité. Cet homme qui a vendu sa peau est interprété par Yahya Mahayni, qui est tout en subtilité. Nous comprenons ses motivations à travers ses comportements. Mais son personnage garde une part de mystère, ce qui maintient l'empathie et l'intérêt du spectateur. Il y des motivations très élémentaires : sauver sa peau d'immigré, retrouver un amour. Mais le personnages ajoute de petites touches qui font qu'il ne peut être réduit à ces deux motivations. Le film pose une question intéressante à une époque où les tatouages sont généralisés. Ici, un artiste reconnu (Koen De Bouw, tout en ironie) tatoue le dos d'un immigrés syrien. Le tatouage est un passeport. L'oeuvre est le tatouage mais aussi la peau de l'individu tatoué. Il a un contrat où il doit se présenter à intervalle régulier à des expositions, où il est exposé lui même : il montre son dos. Puis il est vendu. Problématique de marchandisation de l'individu, qui peut être une métaphore pour d'autres problématique de marchandisation des corps. Un film subtile et riche de thèmes multiples.
Pierre-François Dumas
Pierre-François Dumas

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4,5
Publiée le 11 avril 2023
Une parabole qui nous interroge sur la valeur de la vie humaine que l’on soit né à Bruxelles ou à Damas et, en même temps, jusqu’où peut-on aller pour sauver sa… peau.
A voir. Absolument.
Nessim Chihi
Nessim Chihi

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0,5
Publiée le 21 juillet 2025
A FUIR

Dialogue ennuyeux et prévisible, à part l'intrigue qui semble être sympathique, aucun sujet n'est traité jusqu'au bout, on s'ennuie dans ce film ou une pseudo critique est annoncé alors que l'on s'occupe que d'une vulgaire histoire d'amour .

Le personnage principal n'est pas du tout attachant, il est égoiste et totalement perdu.

Dommage que le sujet de la guerre et de l'exil ne soit pas mieux traité
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