On ne sait ce qui est pire, dans ce film : la superficialité de la forme, abêtissante et convenue (en dépit de son esprit alter'), ou la bêtise crasse d'à peu près tout ce qui s'y dit, et qui soulève le cœur - s'il ne l'a pas déjà anesthésié.
Paradoxe : voulant dénoncer une civilisation inhumaine et artificielle, et réhabiliter la gentillesse "made in Dupontel", Dupontel nous inflige un film superlativement artificiel, d'où l'humain (complexe, étrange, insaisissable - et non prévisible, mécanique et manichéen) a totalement déserté.
L'humanité, selon Dupontel, c'est une espèce de fantasme populo-arrogant sans la moindre ombre de réalité ni d'épaisseur, et qui ne va résonner que dans l'esprit d'un bourgeois triste ayant passé jeunesse, déçu de lui-même, et donc de la vie - malheureusement, ça fait beaucoup de monde, et garantit quelques César dans Paris.
La superficialité la plus autosatisfaite, ce film s'attache, avec succès, à s'y vautrer, et il nous donne à observer, barbotant dans sa fange ignoble et repoussante, des personnages en plastique (pas même en cire - en tout cas, creux) auxquels on ne croit pas un instant, et qu'on voudrait n'avoir jamais connus, eux, maltraités et mis en cage, non par la méchante société, mais par le réal' lui-même - et qui n'ont d'autre âme ni odeur que les "idées" informes sortant de son magma interne et toxique, qu'on n'ose appeler esprit, et qui prévient toute possibilité de profondeur de jeu.
Un étonnement demeure : qu'on soit parvenu à gâcher autant d'argent et de temps dans ce monstrueux Zéro.
Adieu les cons, bonjour tristesse...