Si on excepte la photographie du film que je trouve vraiment particulière (mais toujours plus belle que certains films plus récent de Soderbergh tournés en numérique où il a fait lui-même la lumière), c'était vraiment bien. En fait j'ai l'impression de revoir Cartel de Scott, mais en réussi, où cette fois il y a réellement des enjeux clairs et explicites aux actions des personnages.
En fait Soderbergh arrive ici à peindre un portrait assez vaste et détaillé du monde des cartels de la drogue, que ça soit dans la lutte contre la drogue au sein de la famille, au niveau politique, au niveau de la police américaine, mexicaine et comment les mecs arrivent à s'en tirer malgré tout. Ici rien n'est réellement manichéen, parce qu'on ne peut pas agir dans le milieu, arrêter des gens sans que ça favorise un autre Cartel qui prendre la place de celui que l'on vient de démanteler. On a beau arrêter des gens, tant qu'il y aura des consommateurs il y aura de l'offre quelque part sur le marché.
Bref, j'ai trouvé que le film arrivait superbement à rendre toutes ces subtilités. Et c'est peut-être ce qui fait qu'on arrive à tenir face à un film aussi long et où il se passe si peu de choses. On a un film qui sait jongler entre ses différents personnages, qui arrive à les rendre attachant, Douglas avec sa fille, Don Cheadle avec la complicité qu'il a avec son coéquipier, Catherine Zeta-Jones avec ses embrouilles qu'elle n'a pas demandées. Reste juste Del Toro que j'ai eu plus de mal à cerner quel il jouait réellement, mais qui est assez charismatique pour réussir à porter son histoire sans que l'on baille.
J'aime ce côté film choral pour raconter cette grande histoire de la lutte contre la drogue, et qui se fait sans oublier de montrer les dégâts de la drogue, sans trop en fait non plus, sans être misérabiliste.
J'ai trouvé le film très bien dialogué, on a plein de répliques vraiment efficaces, le coup des deux lettres de Gorbatchev, le coup des 100 000 blancs qui vont demander de la drogue aux noirs ou bien encore la perte du pucelage de Don Cheadle.
Le film au lieu d'être déprimant, sans que la lutte soit terminée de manière naïve, arrive néanmoins à montrer un progrès, une lueur d'espoir, par l'amélioration des conditions de vie.
Avec "Traffic", Steven Soderbergh tisse une mosaïque ambitieuse sur la lutte antidrogue à travers des récits croisés. Bien qu'audacieuse, la mise en scène avec ses filtres de couleurs distincts pour chaque intrigue n'est franchement pas très belle. Heureusement, les performances donnent une intensité à cette fresque dense et complexe.
Il y a une bonne heure en trop dans cette reconstitution assez datée du trafic de drogue. J’ai souvent eu la sensation de tourner en rond, le récit ne sachant vraiment quelle direction prendre. Ne vous attendez pas à une vraie histoire mais plutôt à une plongée sensorielle dans trois histoires différentes et inégales.
L’histoire la plus intéressante, à mon sens, est celle du personnage incarné par Michael Douglas, qui grimpe les échelons de la lutte anti-drogue pour être nommé directeur de la DEA. Il découvre alors l’ampleur du trafic et l’ingéniosité de ses acteurs pour contourner les pièges tendus par les autorités américaines. Son côté volontariste mais pas naïf le rend complexe et intéressant. D’autant plus lorsqu’il est confronté au comportement destructeur de sa propre fille.
En revanche, l’histoire de sa fille ressemble plus aux spots de prévention diffusés dans les lycées qu’à une retranscription réaliste de ce monde, tellement l’escalade est exagérée.
La partie avec Benicio del Toro est aussi intéressante, entre ripoux, membres de cartels et politiciens véreux. Toute une intrigue avec des jeux politiques dont on ne perçoit jamais vraiment les ficelles et qui maintient le spectateur en haleine.
En revanche, la troisième histoire, celle de la femme d’un membre d’un cartel arrêté et jugé est ennuyeuse car inintéressante. Sa femme semble débarquer et tout semble la dépasser. A tel point qu’elle n’a rien à dire et rien à raconter. Seule la partie avec les policiers qui tentent de faire tomber son mari justifie réellement sa présence dans ce film.
Vous l’aurez donc peut-être compris, pour moi l’intérêt majeur du film, ce sont ses personnages.
Ce n’est certainement pas sa photographie, Soderbergh a d’ailleurs gardé la main sur cet aspect du film, où on a un filtre bleu quand on est avec Douglas et un filtre jaune quand on est avec Del Toro. Ni subtil, ni esthétique.
Ce n’est pas non plus le montage ou l’histoire puisque, comme je l’indiquais, il aurait fallu couper beaucoup plus.
Pas inintéressant, pas incontournable non plus, « Traffic » me semble un tantinet surestimé.
L'un des meilleurs films de Steven Soderbergh, une oeuvre complète et puissante qui aborde un sujet difficile via plusieurs angles, et qui bénéficie d'une réalisation de haute-volée. Excellent !
Ambitieux film chorale, abouti et puissant, dirigé de main de maître par un Soderbergh très en avance sur Denis Villeneuve et son Sicario. Lui aussi s’intéresse au trafic de substances illicites en bordure mexicaine. Mais les paradis artificiels sont pour lui le départ d’une vaste étude de mœurs, où se mêlent les aspects politiques, sociétaux, économiques et même familiaux. Le pape de la lutte antidrogue voit sa fille se shooter entre amis dans les beaux quartiers. Les flics infiltrés, éblouis par la fortune adverse, hésitent à se laisser corrompre. On embarque un caïd, et c’est un paisible foyer bourgeois qui d’un coup s’écroule. Il en a à dire, le cinéaste, et il ne se prive pas. Mais c’est au prix d’un immense travail dans les détails, d’un effort acharné dans la mise en place de son intrigue. La photo filtrée, la musique atmosphérique, la caméra qui semble flotter sur les personnages, tout participe d’une ambiance éthérée, et à la fois sordide, comme si tout ça n’était au fond qu’un cauchemar, phénomène trop complexe pour notre concentration. C’est un film à voir, à goûter tout le long, et c’est sans doute là où le réalisateur s’est montré à son meilleur.
Traffic regroupe plusieurs histoires, tous du même sujet, qui nous font comprendre une chose; le combat de la drogue est long, chers et sans fin... voir inutile. Un grand film basé sur la réflexion. Rien à voir avec un bon Scarface brutal et sanglant. Un petit chef d'oeuvre. -----Août 2014----
Trafic : Un film qui fait le portrait d’une Amérique et du Mexique envahie par la drogue et ses conséquences. Et il projette donc ce sujet sur plusieurs personnages et ça sur deux camps : entre la mafia qui contre attaque avec les flics ou encore un père de famille politicien qui agit contre la drogue mais qui voit aussi sa fille chuté dans cette spirale infernale. Donc de chaque coté, les personnages sont intéressants et c’est une bonne idée de voir les deux camps. Mais le problème est la narration qui plombe tout car on passe trop souvent d’un camp à un autre et les scènes sont souvent coupées alors qu’on aurait bien voulu que ça continu. Non vraiment, il y a un problème de rythme et l’intérêt baisse trop vite, c’est dommage car il y avait du potentiel dans ce film, surtout que le film dure 2H30 mais il n’exploit pas bien le scénario et le temps devint long. Mais globalement, on a envi quand même de continué. Ensuite, les acteurs sont convaincants et le casting de premier ordre. Et pour finir, autre point en dent de scie, la réalisation qui je trouve est foiré car il y a des choix de mise en scène très bizarre, surtout avec l’exploitation des couleur dominante avec le jaune et bleu, je trouve ça moche et il y a un manque de cadrage, trop approximatif. Donc voila, un film qui aurait mérité plus de soin mais il y a du potentiel.
Réalisé en 2001, "Traffic" demeure l'un des coups de maître du jeune retraité Steven Soderbergh. Depuis longtemps le cinéaste nourrissait le souhait réaliser un grand film choral sur la drogue, non en partant des drogués mais de ceux qui les combattent. La vision du film nous fait mieux mesurer la minutie de son propos ; à l'inverse de l'inégalité de nombre de long-métrages choraux, celui-ci constitue un ensemble parfaitement construit et cohérent, bénéficiant en outre d'un travail magnifique sur la photographie solaire du Mexique pour mieux souligner l’ambiguïté de cette frontière. Sans tomber dans le style faux documentaire et restant bel et bien dans le domaine de la fiction, le cinéaste orchestre magistralement une dizaine de portraits bien creusés, où le maître mot semble bien celui de la vanité. Porté par une galerie d'interprètes remarquables, "Traffic" est donc un polar efficace et extrêmement bien écrit, captivant de bout en bout. On en sort secoué, laminé, enragé et surtout, désespéré.
Un thriller implacable mais un peu long tout de même... Le scénario est en béton, rien à redire la dessus. Le casting est royal tout simplement. La mise en scène tient bien la route et le mélange des destins des différents personnages est habilement monté. Dans le fond on tient un film grandiose sur le trafic de drogue. Mais dans la forme le point négatif c'est la durée du film... Pour moi c'était un peu trop long car certains passages sont trop lent et au final cela s'en ressent sur le rythme global du film. En dehors de ça, on tient à n'en pas douter un remarquable thriller!
Steven Soderbergh est un réalisateur inclassable qui s'est illustré par des oeuvres auteuristes à la limite du regardable mais qui s'est fait un nom grâce à des films bien plus abordables et grand public. "Traffic" marque sans doute le début de ce virage dans la carrière du réalisateur (après une amorce avec "Hors d'atteinte") et réussit à convaincre alors que je craignais un film chiant à mourir. Mieux, "Traffic" parvient à traiter d'un sujet habituel au cinéma (la drogue) avec une subtilité et un sérieux qui force le respect. Peu de film peuvent se vanter d'un traitement aussi complet et original. Car Soderbergh ne se contente pas de raconter une histoire, il raconte les différentes facettes (ou plutôt les différents drames) liés au trafic de drogue, en s'intéressant tant au travail de la police mexicaine qu'au rôle des politiques américains en passant par le procès d'un baron. Un sacré challenge donc que Soderbergh a choisi de rendre abordable en utilisant un filtre de couleur différents en fonction de l’intrigue qu'il suit (des couleurs chaudes de l'Amérique du Sud où la drogue est produite au bleu glacé de Washington où elle est consommée). On se prend donc à se passionner pour ces différentes histoires qui brille par leur justesse de ton et par les cas de conscience qu'elle pose. Comment ne pas se sentir concerné par ce politicien anti-drogue découvrant que sa fille est une junkie ? Comment ne pas être émue par le combat de cette femme enceinte qui va engager un tueur pour assassiner le témoin à charge contre son mari, baron de la drogue ? Idem pour les états d'âmes du flic mexicain qui se considère comme un traître. Quant au casting, il est tout simplement impressionnant avec, pêle-mêle, Michael Douglas, Catherine Zeta-Jones, Benicio Del Toro, Don Cheaddle, Dennis Quaid, Erika Christensen, Steven Bauer, Benjamin Bratt, Topher Grace... Pour autant, "Traffic" reste un film assez austère dans son propos et son traitement (le sujet ne se prêtait pas forcément aux envolées lyriques) ce qui l'empêche d'être toujours efficace. Ce qui ne l'empêche pas d'être l'un des meilleurs films de Soderbergh (après "Ocean's Eleven", bien évidemment).
Ce film est le plus aboutit de Steven Soderbergh, porté par un excellent casting, il dépeint aux différents rangs de la société les rouages et les problèmes liés à la drogue. Un film qui décrit ce commerce tout en laissant la liberté aux spectateurs de se forger une idée ou un point de vue sur celui-ci. Le seul bémol est la longueur dans la durée du récit qui lasse le spectateur.
Peut être l'un des films les plus justes sur la réalité de la drogue aux États-Unis. Une réalisation bien cadrée, avec une photo assez spécifique, même trop accentuée en ce qui concerne les filtres de couleurs. Un casting impressionnant, où tout les acteurs font oublier qui ils sont, chose assez rare quand autant de stars se présentent dans un seul film. On comprend comment fonctionne le trafic de drogue, et où s'arrête le pouvoir de chacun. La solution ou partie de celle-ci, venant souvent de là où on l'attend pas. Une belle réflexion sur ce qu'est ce grand problème des États-Unis nous est amenée par ce film, et chacun voit ainsi où s'arrête l'efficacité de son point de vue dans la lutte.
Doté d'un scénario très bien écrit et réaliste, "Traffic" emmène le spectateur dans une histoire entraînante. La réalisation aide vraiment avec un rythme soutenu, des effets différents pour chaque région qui collent parfaitement. De plus, les acteurs sont convainquants, surtout Benicio Del Toro qui est excellent ! Ainsi, le film captive par un ensemble réussi mais s'il y a certains côtés moins au niveau.
Excellente réalisation avec une photographie des plus réussi. De très bons acteurs avec en première ligne un Benicio Del Toro incroyablement bluffant. Sa performance est impressionnante, quel charisme... Un scénario coup de point basé sur la drogue, ses causes, ses conséquences et enjeux. Une scène remarquable notamment avec M.Douglas et Topher Grace ou celui-ci dénonce le système économique de la drogue par le biais de réplique terriblement efficace.
Très grand réussite de Steven Soderbergh, le réalisateur réussi à faire un film monde à partir du destin croisé de 4 personnages principaux. Très impressionnant !