Le dialogue du début entre Villeret et Flon annonce la couleur : il n'y a aucune direction d'acteur, voir Flon débiter son texte de façon aussi scolaire fait pitié. Alors comme dans tous les films ou la direction d'acteurs est défaillante, chacun joue à sa façon et on a droit à toute la palette d'attitude possible, cela va du cabotinage insupportable (Prevost) au cabotinage élégant (Dussollier) ou tout simplement de la grande classe (Dominique Lavanant). Villeret pour sa part est bon, quant à Balasko, elle n'a pas le rôle facile… Pour le reste, c'est une comédie où l'on ne ri jamais, le sketch (parce que ce n'est pas autre chose) entre Villeret et Dussollier) est amusant, et la scène du procès trop longue avec des passages ridicules (la discussion philatélique). Bref pas de quoi fouetter un chat !
Dans Un crime au paradis, Becker n'oppose cette fois-ci pas la ville et la campagne mais deux personnages, deux paysans : Jojo à la figure ronde et débonnaire incarné par Jacques Villeret qui avait typiquement le physique de l'emploi et sa femme Lulu. Alors, elle, c'est un cas. Et un cas intéressant. Dire que c'est une mégère serait encore trop faible quand on voit ce qu'elle s'apprête à faire avant spoiler: sa mort accidentelle . Mais j'ai (un peu) de compassion pour elle qui ne semble jamais s'être remis de spoiler: la mort de sa sœur jumelle quand elle était enfant . Ce sont donc deux personnalités complexes qui ont le côté bourru mais humain de ceux qui habitent à la campagne. Et ça, Becker a toujours su très bien le retranscrire. La deuxième partie chez l'avocat et au tribunal m'a moins intéressé. Le film est moins méchant. Becker tente d'y ajouter un peu de tendresse et d'humour à travers le personnage du procureur, et des magouilles de l'avocat. Tous deux éberlués par le mode de vie campagnard de ces pécores venu soutenir leur copain. Balasko y trouve un de ces pires rôles. Ceux qui sont capables de vous jouer des tours dans la vraie vie. Quant à Villeret, là aussi, doit-on le plaindre ou spoiler: le tenir comme responsable de la mort de sa femme ? . Pas facile, je dois dire. Comme souvent chez Becker, on rit, on est ému et on s'interroge sur ces personnages qui sont tout et leur contraire à la fois.
Ils habitent au Paradis, mais vivent un enfer. Lulu & Jojo Braconnier ne vivent pas le grand amour, loin de là. Après des années de mariage, ils ne se supportent plus, malgré la bienveillance et la gentillesse (voir, la naïveté) de Jojo, sa femme est imbuvable et tous les deux vont finir par s’entretuer…
Jean Becker (Les Enfants du marais - 1999) réalise ici le remake de La Poison (1951) de Sacha Guitry et nous livre là une savoureuse comédie noire, entre un cultivateur bougre et collectionneur de timbres et une bobonne pochtronne vicelarde.
Le tandem formé par Jacques Villeret & Josiane Balasko est particulièrement piquant (dans le crêpage de chignon et où les insultes volent à tout va) et on savoure le rôle parfaitement détestable de Balasko.
Difficile de ne pas tomber sous le charme de cette irrésistible comédie qui fleure bon le terroir.
On ressort du film avec un sentiment jubilatoire : on éprouve beaucoup de plaisir à voir Jojo manipuler son avocat, on éprouve de la pitié pour Jojo réfugié dans les rêves nés de sa collection philatélique pour échapper à la réalité de sa vie avec Lulu. Tous les acteurs sont parfaits, le trio d'acteurs principaux et aussi les "revenants" comme Christine Delaroche, Valérie Mairesse, Gérard Hernandez et Roland Magdane. Un détail qui confirme les résultats de mon étude sur le lobbying de l'O.M. dans le cinéma français : après mes premières observations sur "Le Dîner de Cons", "Taxi" et "Le Placard", voici que le bar de ce film est décoré aux couleurs de l'Olympique de Marseille avec moult écharpes et maillots alors que l'action du film se situe entre 1980 et 1982, période où l'O.M. "végétait" en 2ème division, et que le village du film est situé en région Rhône-Alpes entre Grenoble et Lyon. Un dernier point positif : vu l'immoralisme affiché du film, cela fait au moins un film que les gros studios hollywoodiens ne nous achèteront pas pour en faire un remake !
Un remake de la poison. Jean Becker n'est pas Guitry, et la satire sociale se révèle assez gentille, sans réel mordant. Toutefois, ce film n'est pas honteux et se laisse voir avec un certain plaisir, grace notament a une galerie d'acteurs impressionnante ou Josiane Balasko se taille la part du lion tire son épingle du jeu. Honorable.
Sujet très original, comédiens très convaincants. Le film présente à la fois un drame à la fois une comédie. Le drame quand on voit le recueil de timbres de Villeret en Flammes et la comédie pour la surréalité de la méchanceté de Balasko.
"La poison" de Sacha Guitry est une superbe comédie à l'humour noir où Michel Simon excelle. Ce pâle remake n'a qu'un seul mérite, donner envie de voir ou de revoir l'original.
Emouvant, ce film nous fait passer du rire aux larmes. Villeret y est extrêmement touchant et on ne peut que regretter la mort d'un grand acteur comme lui. Le film réussit à toucher le spectateur et à le faire rire aux éclats la minute suivante. C'est ça le talent de Jacques Villeret.
Pour ce remake de "la poison" avec à l'origine Michel Simon dans une mise en scène de Sacha Guitry, le côté comédie sympathique est presque intégralement mis en avant. Dans la version originale le volet dramatique était plus appuyé (et fortement incarné par Michel Simon). Cette nouvelle version foisonne de seconds rôles que je retrouve toujours avec plaisir : Suzanne Flon, Valérie Mairesse ou encore Daniel Prevost. La rencontre entre Villeret et Dussolier est un grand moment. Bonne soirée de détente. 3.5 / 5