De Gaulle
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lhomme-grenouille

3 621 abonnés 3 170 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 26 mai 2020
Parfois, c’est dès la première scène – dès le premier plan – que tu sais quel va être le niveau du film que tu es en train regarder.
Et, pour le coup, ce « De Gaulle » en est un magnifique exemple.
Jugez par vous-même.
A votre avis, par quoi un biopic sur le Général de Gaulle va-t-il s’ouvrir ?
Réponse A : par sa naissance dans la résidence lilloise de ses parents ?
Réponse B : par son exil en Irlande, après sa débâcle du référendum de 1969 ?
Réponse C : par un de ses discours emblématiques (Londres / Alger / Orsay) ?
Réponse D : ou bien par une scène de cul entre le bon Charles et sa tendre Yvonne ?
Allez on ne triche pas.
On réfléchit bien.
On choisit sa réponse.
Vous êtes prêts ?

La réponse est…



…la réponse D !
Eh oui ! Incroyable mais vrai !

Bon alors après – c’est sûr – il s’agit d’une scène de cul pensée pour les auditeurs de RTL (producteur du film) donc ça reste très sage hein !
On se caresse. On se bécote. On garde ses vêtements. Rien de bien grivois…
Mais bon, enfin voilà quoi ! Un film sur de Gaulle qui commence par des poutous !
Non mais ça ne dit pas tout, ça ?!
Ça ne dit pas tout de l’ambition qu’a Gabriel Le Bomin pour son film ?
Pourquoi commencer par une scène de tendresse quand il s’agit de dresser un portrait du Général ? N’est-il pas manifeste qu’on cherche ici avant tout à attendrir le spectateur sur l’homme que certains pourraient juger trop dur ? N’est-il pas évident qu’on cherche avant tout à émouvoir, à s’attarder sur la bonté de l’homme plutôt que de questionner son œuvre, ses actes, sa pensée ?

Alors oui, certains films se révèlent dès la première minute, pour ne pas dire dès le premier plan.
Et ce que révèle ce « De Gaulle » c’est qu’il sera une hagiographie totalement décomplexée.
On ne questionna pas l’homme. On constatera juste sa grandeur.
Et surtout on remarquera à quel point la noblesse de ses actes n’est qu’à la dimension de la noblesse de son être.
Autant vous dire qu’après pareille introduction je me suis blotti bien au fond de mon fauteuil en regardant ma montre.
Le temps risquait d’être long…

Une heure et quarante-neuf minutes.
Voilà donc en tout et pour tout ce que dure cette longue et pénible panégyrique à la gloire du saint fondateur de la Ve République ; au père de la Victoire.
1h49 qui se révèlent en plus bien mollassonnes tant l’écriture et la mise-en-scène se veulent didactiques et unidimensionnelles.
On est à mi-chemin entre une émission de Stéphane Bern et un podcast de RTL.
On ne veut surtout pas ennuyer les gens avec de la politique ou des ambigüités, alors on va s’attarder sur la vie de famille et on va bien tout expliquer en dis-tin-guant-bien-cha-queu-syl-la-beu. Parce que – tu comprends – les vieux, ça comprend pas toujours tout, alors il faut leur expliquer simplement, longtemps et longuement.

Ainsi se retrouve-t-on avec un film incroyablement poussif, où chacun parle comme s’il participait à un concours d’orthophoniste, et où chaque propos ou situation est évoquée avec le plus de simplisme possible, histoire que personne ne soit perdu.
Les exemples sont légions, mais le meilleur moment reste encore quand Pétain dit en coulisse à Weygand : « Bientôt cette République tombera et nous pourrons alors prendre le pouvoir ! »
Ne manquait plus que le « Mouhahahahahaha ! » de gros méchant et les éclairs derrière lui.
Assez risible.

Alors forcément, avec pour seule et unique ambition de ne présenter de Gaulle que comme un général obstiné et soucieux du bien-être de sa famille, ces presque deux heures paraissent bien vides et bien creuses, surtout que l’intrigue entend se restreindre aux seuls mois de mai et de juin 1940 pour nous raconter ce que fut le Général.
Une idée un brin saugrenue quand on considère le peu de densité et de profondeur de la démarche mais une démarche qui s’explique assez manifestement dès que les premières typos en grande lettre blanche apparaissent.
En fait si « De Gaulle » est ainsi construit, c’est juste par mimétisme.
Un mimétisme qui entend singer plutôt qu’imiter les brillantes « Heures sombres » de Joe Wright, sorties deux ans plus tôt.

« Les heures sombres », c’est un film qui entend retracer la vie de Churchill au travers d’un seul instant de sa vie – sûrement le plus décisif – celui de sa nomination en pleine débâcle anglaise. L’intrigue ne s’étale que sur un mois, du 10 mai au 4 juin, mais durant ce court laps de temps, Joe Wright parvient à rappeler qui a été Winston Churchill ; ce qui l’a façonné.
Mais ce n’est pourtant pas ça qui en fait un grand film. Sa force, « les heures sombres » la tire du fait que Churchill n’est au fond qu’un sujet parmi tant d’autres.
Derrière le lion, Wright nous parle aussi du Royaume-Uni, de son parlementarisme presque ancestral et surtout de cette force qu’il parvient à dégager au-delà de la désuétude.
« Les heures sombres » n’est pas qu’un film sur la guerre et la politique, c’est aussi un film qui se déroule dans un gigantesque théâtre vivant, où les acteurs ne cessent de circuler entre ascenseurs et coulisses avant d’aller sur scène pour s’efforcer de donner vie à leurs mots, à leurs idées, à leur politique.
« Les heures sombres » est un film fort parce qu’il est un film complexe ; parce qu’il questionne tout aussi bien le fond et la forme, bien plus qu’il ne se contente de questionner les personnages.
Autant de choses que Gabriel Le Bomin a observées sans voir.
Un cécité qui l'a conduit à copier la surface sans être capable de saisir l’intérêt d’une telle structure narrative.

Parce qu’au fond, quel intérêt à suivre ce Général ainsi ?
Ce film ne dit rien de la France, de la République française et surtout il ne dit rien de la politique ni même de la guerre.
Alors certes, quelques images sauront peut-être sauver ce film d’un total naufrage sur la dernière partie du film, notamment quand il sera l’occasion de présenter l’Arrière. Et encore…
A part ça on nous présente un Général sans guerre ni soldat ; un politicien sans conviction ni discours politique ; un chantre d’une victoire qu’on ne verra jamais…
Ainsi, dans ce film, de Gaulle n’est au fond que peu de choses.
Il n’est qu’une icône lisse qu’on brandit pour qu’on la prie.
Mais cette icône est totalement désincarnée et désintellectualisée.
Elle n’est qu’une figure imprimée platement sur de la pellicule qui défile.

Pas de questionnement sur le de Gaulle ami de Maurras.
Pas de questionnement sur le de Gaulle chef du gouvernement provisoire.
Pas de questionnement sur le de Gaulle putschiste de 1958.
Au fond tout ce qui aurait pu être riche de réflexion et d’interrogation est ici éludé.
Le but n’était pas de comprendre ou de révéler ; d’interroger ou de méditer.
Non. Dans ce film, de Gaulle ne peut être que vénéré.

Et comme un autre symbole de cette démarche hagiographique, on pourrait notamment conclure en s’attardant sur sa fin.
Je disais tout à l’heure à quel point un premier plan pouvait être révélateur de ce qu’était un film, mais c’est au fond tout aussi vrai en ce qui concerne le dernier.
Car, voyez-vous, par quoi ce « De Gaulle » entend se conclure ?
Par de Gaulle accueillant les premiers Français libres ?
Par de Gaulle entamant les négociations et la collaboration avec les Britanniques ?
Par de Gaulle partant pour les colonies afin de poursuivre le combat ?
Non.
Rien de tout ça.
« De Gaulle » finit…

spoiler: …en précisant que sa femme et lui ont ouvert une fondation pour tous les petits enfants malades comme l’étaient leur petite Anne. Oui. Voilà. C’est donc cela qu’il faut retenir du Général de Gaulle. Certes, c’était un officier et politicien, mais surtout c'était un mec qui faisait des bisous à Yvonne, qui trouvait la force dans les petits carnets que lui confectionnait sa fille malade et qui, à la fin, reste un homme au grand cœur en pensant à tous ces petits enfants qui lui rappellent son amour plein et entier pour sa gamine.


Une hagiographie vous disais-je…

Alors bon…
On a le droit d’être auditeur de RTL et / ou admirateur du Général ; là n’est pas le problème.
Et si d’ailleurs c’est votre cas, faites vous plaisir : allez voir ce « De Gaulle ».
Mais si vous aimez un tant soit peu l’Histoire, la politique, les questionnements et – surtout – le cinéma, il me semble que la meilleure des solutions serait encore de laisser ce « De Gaulle » de côté et d’aller jeter un petit coup d’œil de l’autre côté de la Manche car, cela me parait assez évident, il y a des « heures sombres » qui vous attendent impatiemment…
selenie

7 460 abonnés 6 690 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 mars 2020
Premier long métrage de cinéma sur l'un des personnages historiques les plus fameux de notre Histoire national. On dit que derrière chaque grand homme il y a une femme, pour Charles De Gaulle c'est donc Yvonne... C'est sur ce point surtout que le film tombe un peu à côté de son sujet. En effet, le scénario scinde l'histoire en deux parallèles, De Gaulle qui lutte pour poursuivre la guerre, Yvonne qui emmène sa famille sur l'exode. Mais la force de l'épouse qui soutient son époux est très effleurée voir même sous-exploitée, Gabriel Le Bomin se focalise surtout sur la petite Anne, la petite dernière trisomique. Un moyen malhonnête et facile pour émouvoir mais aussi pour obtenir toute l'empathie possible pour Charles De Gaulle (qui en avait pas franchement besoin ?!!!). Outre que ça pousse le film dans la dimension du film hommage unilatérale sans la moindre remise en question, c'est aussi un peu hors sujet car les coulisses du 18 juin 1940 passent presque au second plan. Charles De Gaulle n'a pas encore droit à son grand film...
Site : Selenie
Cinemadourg

909 abonnés 1 796 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 décembre 2021
Entre Mai et Juin 1940, dans une France submergée par le Troisième Reich, nous allons suivre la destinée de Charles de Gaulle, dernière personne influente de l'hexagone à encore refuser radicalement la défaite.
Ce film, presque trop académique et trop lisse, nous dépeint non seulement le militaire et l'homme d'état qu'était ce résident de Colombey-les-Deux-Eglises (Lambert Wilson, impeccable et plausible), mais également le père de famille avec ses trois enfants (dont une fille handicapée).
Malgré certains bons passages (notamment avec le président du Conseil Paul Reynaud à Paris ou Winston Churchill à Londres), ce portrait manque tout de même singulièrement de punch en comparaison du très séduisant "Les Heures sombres" (2018) traitant à peu près de la même période.
Même si les enjeux politiques sont bien sûr au centre de ce biopic, une large part est dédiée à sa femme (Isabelle Carré, étincelante une fois encore) et à son entourage, plombant un peu le rythme général.
Instructif, mais un peu décevant au regard de l'excellent casting.
Site cinemadourg.free.fr
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 5 mars 2020
j'aime :
le coté historique du biopic de De Gaulle bien retranscrit dans son ensemble
Lambert Wilson remplit et joue très bien son rôle d'incarnation de la résistance
Des beaux plans qui mettent bien en valeur l'atrocité de la guerre et le combat que mène De Gaulle

j'aime pas :
manque de profondeur et d’émotions de certains personnages ainsi que l'histoire
des scènes pas toujours pertinentes , longues qui n'apportent que peu d’intérêt
un final un peu abrupte
Morgan J.
Morgan J.

2 abonnés 13 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 mars 2020
Je mets 4/5.
Bon film, avec de très bons jeux d’acteurs et le réalisateur a joué sur la Grandeur de La France qui a su résister et se défendre jusqu’au bout, malgré tout.
(Enfin un film où les américains ne sont pas mis en avant !)
Très bons plans de caméras et bien filmé.
Le cinéma français fait des progrès.
En revanche les points négatifs : il manque une touche épique au film ... je trouve ça dommage.
Bien que la fin reste bien installée dans la continuité du film.
(On aurait pu éviter certaines scènes familiale pour en placer certains extraits ou l’ont voit l’armée française se battre, par exemple.)
Ça reste un film à voir !
Sophie D
Sophie D

3 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 mars 2020
Très beau film. Très belle prestation des acteurs. J'ai vraiment adoré ce film plein de belles émotions
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 5 mars 2020
Un très (très) beau film! Le jeu des acteurs, les décors et les costumes nous plongent immédiatement dans cette sombre époque de l'histoire de France. Un film sur la guerre donc, mais pas que. Il aurait été de toute façon impossible de faire un film "biopic" sur l'intégralité de la vie de de Gaulle. Je trouve donc particulièrement intelligent d'avoir choisi de traiter exclusivement cette période (hautement importante: le moment du basculement de la France dans la capitulation avec le nazisme) car elle permet de mettre en miroir la vie de l'homme avec celle du militaire. Cela nous permet de découvrir avec étonnement le côté "père de famille" de cette figure historique de notre pays. Mention spéciale à Lambert Wilson et Isabelle carré qui sont tout simplement parfaits en Charles et Yvonne de Gaulle. Alors que débute une grande année de commémoration de la vie du général de Gaulle, ce film est à voir d'urgence !
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 5 mars 2020
Déçu. Un film bien plat et qui sonne creux, qui traite pourtant un sujet sensible et profond de l'Histoire de France. A aucun moment la tension dramatique d'une telle période n'arrive jusqu'à nous. L'interpretation de De Gaulle est pour moi sans relief, même si elle représente bien la droiture du personnage. La prestation de Churchill est quant à elle à mon sens réussie. Pour finir, la fin du film arrive comme un cheveu sur la soupe, comme si la fin du cours était précipité par la sonnerie de l'école.
Philippe Delbos 83
Philippe Delbos 83

6 abonnés 28 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 5 mars 2020
De Gaulle, ou plutôt deux mois dans la vie de De Gaulle. Biopic. Pourtant, après 'Rocketman', j'aurai dû m'en douter : les biopics, c'est imbuvable. Ici, tout est problème, et donc, empêche d' « entrer » véritablement dans le film . Premier problème, la recherche de ressemblance physique : Non, Lambert Wilson ne ressemble pas à De Gaulle. Donc, on transforme des parties du visage pour qu'elles ressemblent à De Gaulle, et pas d'autre pour qu'elles ressemble à Lambert Wilson, sinon, à quoi bon l'avoir embauché ? Avec un maquillage particulièrement loupé. Le pire, c'est le phrasé : de bons acteurs qui ne savent plus dire un texte ! Pourquoi ? Parce qu'ils tentent d'imiter la façon de parler des personnes reconstituées... Et pas uniquement la façon de parler, mais la démarche, etc... Le pire, dans tout ça, c'est Pétain, joué par un Philippe Laudenbach ici nullissime ! Oups, j'ai oublié Churchill : Comme on a une haute idée des capacités intellectuelles des spectateurs (on pense qu'ils ne peuvent lire deux phrases d'affilée), on lui fait dire une phrase en anglais sous-titrée, deux en français, une en anglais sous-titrée, deux en français, etc... ridicule ! C'est donc très mal joué. On y croit pas. Ceci dit, vous connaissez, vous, Yvonne, son épouse, et Clémence, sa fille trisomique ? Non. Moi non plus. Donc, elles n'ont pas besoin, elles, de « ressembler ». Et donc, comme par miracle, nous avons deux superbes interprétations : Clémence Hittin, impeccable. Seule ressemblance, une trisomie. L'interprète a une sobriété déterminante dans la qualité de son jeu. Isabelle Carré est d'un naturel et d'une légèreté de jeu qui fait du bien. Mais quand elle est avec Lambert Wilson, la différence de la qualité de jeu fait franchement mal pour lui... Alors que lorsqu'on laisse un acteur exister rien qu'un peu plus au risque de ne pas parfaitement ressembler ni adopter le phrasé de son personnage historique, ce peut être très intéressant : Jean Yanne fut un excellent Laval... Second problème : On raconte quoi ? L'homme historique ou le père de famille ? Et le film ne cesse de courir sur les deux tableaux. Finalement, l'homme privé, honnêtement, on s'en fout, non ? Si l'on vous dit 'De Gaulle' vous pensez à l'homme privé ? Or, cela occupe les deux tiers du film. Que reste-t-il  de l'homme historique ? Rien que nous ne sachions déjà. Service minimum. Et donc, inintéressant. Mal joué et inintéressant. Troisième problème : ce film souffre du syndrome du « Toubib », le film raté de Pierre Granier-Deferre avec Delon : le manque de moyen. Quand on n'a pas les moyens et que l'on veut tout mettre dans le salaire des acteurs, on fait du huis clos. Et on n'en sort pas. Regardez « La controverse de Valladolid ». Or là, on tente des scènes de massacre. Sur une route. Quand on filme ce type de scène, la caméra ne doit pas déborder le champ du décors. Sinon, on n'y croit pas. Décidément, difficile d' « entrer » dans ce film ! Autant les premières minutes du film retraçant la percée de De Gaulle dans le front allemand est convaincante, fracassante de bruit et de fureur, autant d'autres sont loupées. Dommage. Pourtant, il y a des réussites : la traversée en bateau de la famille et les retrouvailles avec le Général à Londres. Émouvant.
Que dire d'autre ? Beaucoup d'effets de caméra, parfois inutiles, qui donnent l'impression d'un catalogue pour apprentis cinéaste. Une musique discrète mais efficace, qui fait tout ce qu'elle peut pour qu'on puisse entrer dans ce film, bravo, mais vraiment, le jeu catastrophique des acteurs masculins rend ce film indigeste.
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 5 mars 2020
Nul ,10€ pour rien,mal joué,long ,mou,fade ,très déçu, pourtant un bon casting a la base ,le maquillage ne suffit pas a faire un général et un bon film
benoitG80

3 595 abonnés 1 464 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 mars 2020
« De Gaulle », rien que par son personnage difficilement transposable à l’écran et donc assez peu montré dans le cinéma français, méritait bien d’avoir enfin son biopic enfin réalisé !
C’est chose faite avec cette réalisation très parcellaire en terme de temporalité, puisque l’on se situe sur quelques semaines en juin 40, ce qui met le célèbre appel du 18 juin sous les feux des projecteurs.
Campé par Lambert Wilson, le personnage de De Gaulle semble dans un premier temps assez artificiel malgré les prothèses portées par l’acteur.
Puis petit à petit, on finit par s’habituer à ce physique, malgré la voix réellement gênante qui ne restitue absolument pas celle si particulière de cet homme iconique !
A travers ce film, on sent bien les intentions de Gabriel Le Bomin, c’est à dire montrer la force et la faiblesse de De Gaulle par son attachement passionné à sa famille, à sa femme Yvonne et surtout à sa dernière fille handicapée, Anne.
Isabelle Carré dans le rôle d’Yvonne de Gaulle, fait preuve d’une grande douceur, doublée de bienveillance et de compréhension, et surtout d’un soutien indéfectible envers son mari, sans compter cette scène d’ouverture particulièrement surprenante et démonstrative !
Tout cela surprend vraiment et ne colle pas trop avec cette distance qu’il y avait entre ce père de famille et les siens, alors que le vouvoiement était de plus de rigueur...
Et donc de cet amour pour sa famille sur lequel on insiste vraiment, on sent évidemment la volonté de montrer cette inquiétude qui ronge ce Général quand le doute l’envahit, et qui lui donne un élan incroyable quand on le voit tout à coup rassuré...
À ce niveau, le parallèle est ici très bien mis en avant et donne à voir un autre côté de sa personnalité, qui modifie bien l’image toute faite que l’on se fait de cet homme un peu raide et gauche, perdu dans ce grand corps.
Alors entre cette vie privée illustrée de moments tendres, et ce contexte très tendu et bien particulier de juin 40, où Charles de Gaulle s’exile à Londres, on reste un peu partagé par cette tentative de vouloir humaniser l’homme rigide et droit, et le fait de vouloir le montrer également et a fortiori en tant qu’homme de toutes les chances, face au maréchal Pétain...
La petite histoire très romancée, ainsi glissée dans la grande, prend donc un peu trop d’importance en limitant l’ambition et la force de ce biopic.
Le réalisateur semble en effet être tiraillé entre ces deux aspects, en surfant un peu trop de l’un à l’autre.
L’enjeu historique attendu finit par être complètement dilué, et encore plus lorsque l’on connaît bien la réalité des faits, bien plus complexe que ce que l’on voit à l’écran.
La peinture de l’homme est donc ici préservée, voire peut-être arrangée, au détriment d’une vérité qui aurait mérité d’être plus développée, et plus nuancée.
C’est bien là toute la difficulté de ce genre d’entreprise que de vouloir privilégier un moment essentiel de la vie d’un « Grand homme », tout en essayant d’en faire en parallèle son portrait, au risque de passer à côté de l’essentiel.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 5 mars 2020
Les images sont magnifiques, le jeu des acteurs est vraiment bon. Le côté historique est vraiment intéressant.
Le film est bien rythmé entre la partie politique et l'histoire familiale qui offre beaucoup d'émotions.
Un film à voir!
Cool_92

368 abonnés 708 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 5 mars 2020
Une vraie déception. J'ai trouvé ce film long et ennuyant, un comble vu l'enchaînement des événements depuis la défaite éclair de mai 1940 et ce destin hors norme.

Le problème est d'abord le fait que l'histoire familiale ralentit trop souvent le rythme du film, ne nous procure aucune émotion particulière et sert avant tout à nous montrer la dramaturgie des combats et l'horreur de la guerre (oh la la, la pauvre Yvonne De Gaulle qui fait un trajet sous les bombardements....va-t-elle s'en sortir?). J'ai trouvé Isabelle Carré vraiment anecdotique. L'histoire de ce couple est tellement mal amenée, même le problème de santé de leur enfant Anne est très mal développée. On a 2 scènes sans queue ni tête pour montrer que le couple a des difficultés dans leur intimité.

Au niveau politique et historique, la reconstitution est la réelle réussite du film. Notamment les scènes entre hommes politiques, entre De Gaulle et Churchill. Il manque cependant une réelle tension, un vrai scénario qui aurait pu nous accrocher à cette histoire. Comme l'a pu le faire le biopic sur Churchill récemment. LE moment fort du film, le discours du 18 juin, fait finalement pschiit, car ce n'est ni épique, ni bouleversant, il n'a aucune conséquence dans le film puisqu'on passe directement à la Libération sans aucune transition. Pas de scènes montrant un français écoutant son message, rien, pas d'organisation de la résistance, non plus.

Pour moi le problème réside aussi dans son acteur principal. Physiquement, il n'y a aucun problème, on y croit car il y a une certaine ressemblance mais dès que Lambert Wilson parle ce n'est plus crédible. Et je n'ai jamais oublié Lambert dans ce personnage.

Le cinéma français doit encore faire ses preuves dans le biopic. Un tel personnage méritait beaucoup mieux qu'un petit téléfilm France 2...
Yves 4.
Yves 4.

123 abonnés 642 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 mars 2020
très beau biopic sur le destin d'un homme qui va marquer l'histoire de France , le destin partager avec l'amour de sa vie , sa femme Yvonne.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 4 mars 2020
Très bon film
Les acteurs sont très bons, l'histoire est racontée d'un point de vue du gouvernement Français. On comprend mieux l'importance du général dans l'honneur de la France.
Images et sobriété sont présentes.
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