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Jean-Marc Alvado
8 critiques
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4,0
Publiée le 5 décembre 2020
Magnifiquement filmé en noir et blanc. Les dialogues sont d'une rare finesse et intelligence. Très bonne surprise (inattendue) de Netflix pour ce long métrage.
1940. Immobilisé par une jambe dans le plâtre, le scénariste Herman J. Mankiewicz est confié aux bons soins d'une secrétaire et d'une infirmière dans un ranch au milieu du désert californien. RKO lui donne carte blanche pour écrire le scénario que tournera un jeune réalisateur venu du théâtre et du cinéma, précédé d'une réputation de génie, Orson Welles. Ce sera "Citizen Kane".
L'histoire a oublié Herman Mankiewicz. Le souvenir de son cadet, Joseph, le réalisateur de Eve et de Cléopâtre, a effacé sa mémoire. Pourtant il fut, dans les années trente, l'un des scénaristes les plus réputés d'Hollywood, signant pour la MGM les scénarios du "Magicien d'Oz" et de quelques uns des films des "Marx Brothers". Mais son fichu caractère, son alcoolisme chronique devaient l'éloigner du studio et de son tyrannique patron, Louis B. Mayer. En écrivant le scénario de American - ultérieurement rebaptisé "Citizen Kane" - il veut régler des comptes avec le magnat William Randolph Hearst, soutien de toujours de Mayer.
Sur la base d'un vieux scénario écrit par son propre père, David Fincher se livre à un exercice virtuose. On n'en escomptait pas moins du réalisateur de "Seven", de "Fight Club" ou de "The Social Network", absent des écrans depuis six ans, dont le retour était impatiemment attendu. Il réalise un pastiche somptueux des films de l'époque dont il a repris le noir et blanc satiné et la construction en flashbacks - qui constitua une des innovations de "Citizen Kane".
Que "Mank" ne soit pas sorti en salles, où il avait évidemment sa place, relance un vieux débat depuis "Roma" ou "The Irishman". Après Alfonso Cuarón, après Martin Scorsese, David Fincher a à son tour vendu son âme au diable Netflix. On l'excusera en avançant que, Covid oblige, "Mank" n'aurait pas pu sortir en salles - même si le lancement de sa production par Netflix est antérieure à la pandémie. On invoquera un argument autrement convaincant : les majors ont refusé de prendre le risque de produire ce scénario, seul Netflix acceptant d'en prendre le risque.
Il y a fort à parier que dans une année bien pauvre en chefs d'œuvre, "Mank" se retrouve dans tous les palmarès. On voit mal comment l'Oscar du meilleur acteur pourrait échapper à Gary Oldman. Son rôle d'ivrogne philosophe n'est pas sans rappeler l'interprétation d'Albert Finney dans "Au-dessous du volcan". Idem pour l'Oscar des décors et des costumes tant l'âge d'or d'Hollywood est filmé avec une élégante magnificence.
Pourtant, malgré toutes les raisons objectives d'encenser "Mank", j'avoue une certaine déception. Je ne suis pas rentré dans le film, comme déjà par le passé je n'étais pas rentré dans "The Social Network". La faute à des dialogues à la mitraillette dont je n'ai pas eu le temps, l'âge venant, d'en lire les sous-titres ? La faute à des références pas toujours compréhensibles à une période de l'histoire du cinéma dont les détails ne m'étaient pas familiers ?
La faute aussi à une attente déçue. "Mank" nous est vendu - et c'est ainsi d'ailleurs que je l'ai présenté - comme l'histoire de la confection de "Citizen Kane". On y apprend in extremis le vol de paternité dont s'est rendu coupable Welles en s'attribuant un scénario écrit par le seul Mankiewicz et en partageant avec lui un Oscar qu'il n'aurait pas dû recevoir. Mais on ne voit rien de "Citizen Kane" ou de son tournage. On n'y évoque même pas ce qui en fit un événement dans l'histoire du cinéma et dont le mérite revenait bien à Orson Welles et à personne d'autre : le recours aux flashbacks, l'utilisation innovante de la caméra (profondeur de champ, contreplongées). Rien de tout cela n'est évoqué dans "Mank" qui s'arrête avant le premier tour de manivelle de "Citizen Kane".
Finalement, après deux heures (dont il serait malhonnête de dire qu'elles sont trop longues), si on le débarrasse de tout ce qui l'encombre, "Mank" se révèle pour ce qu'il est : le portrait d'un homme piégé par le pacte faustien qu'il a passé avec Hollywood. C'est déjà beaucoup mais c'est trop peu par rapport aux attentes que ce film avait fait naître.
En adaptant un scénario de son père, David Fincher filme finalement moins la genèse de "Citizen Kane" que le rapport d'Herman Mankiewicz au milieu hollywoodien dans lequel il évolue. À la fois ancré dans un système (le salaire de Mankiewicz est autant payé par le producteur Louis B. Mayer que par le magnat de la presse William Randolph Hearst) et en dehors de celui-ci, dans la mesure où les divergences politiques sont frappantes : Mankiewicz, dissident socialiste, est notamment humilié lors d'une soirée de gala qui voit l'Etat de Californie remporté par le parti républicain. Toutes les scènes qui tournent autour des manipulations médiatiques et politiques sont les plus incarnées, car leur documentation est raccordée à une précision du point de vue ; en effet, Fincher jette un regard acerbe et dénonciateur sur la légèreté avec laquelle Hollywood considère le nazisme et les stratagèmes propagandistes mis en place par les professionnels du cinéma qui sont tout autant totalitaires. Néanmoins, si Fincher réussit à donner de la chair au lien entre industrie cinématographique et politique, il reste trop superficiel dans sa description de l'avancée du scénario de "Citizen Kane" et dans les errances de Mankiewicz. Quand bien même le film évite d’adopter une forme imitant celle du film de Welles, il peine à extraire un sens supérieur dans ces moments purement descriptifs : ceux-ci forment une sorte de panorama alambiqué, et tentent ainsi d’échapper à « l’effet wikipédia » en brisant la linéarité de la narration et en mettant en scène des discussions très sophistiquées. Mais les moyens employés, s’ils donnent une forme originale à la somme d’explications données, ne parviennent pas à les diluer totalement. Le film mérite donc d’être salué pour son exigence formelle, mais peine à incarner chacune de ses nombreuses facettes. Film très bavard, parfois harassant et dont le caractère déambulatoire se révèle étrangement glacial, « Mank » n’est pas le chef-d’œuvre défendu par bon nombre de critiques, mais un long-métrage qui ne tient que partiellement ses promesses. De la part de Fincher, on était en droit d’attendre un film plus mystérieux et surtout plus consistant.
Pour son premier film pour support Netflix, fincher a mis les petits plats dans les grands. Pour évoquer le Hollywood des années 30, a travers les souvenirs caustiques d un célèbre scénariste, finxher s est appliqué pour sa mise en sc. Dan sun superbe noir et blanc, chaque séquence léchée évoque un aspect et un personnage fondamental de cette époque. Brillamment écrit, formidablement interprété, le film de fincher est finalement une déception tant tout cela paraît froid et distant. C'est la même sensation que j avais eu devant le roma de cuoron. Ces cinéastes semblent oublier que ce nouveau support doit être abordé différemment, finalement la série Hollywood était plus enthousiasmante car faite pour les plateformes.
David Fincher nous offre un film hommage à l'âge d'or du cinéma Américain, ou en tout cas ce qu'il va devenir, pour cela il choisit le noir et blanc, il choisit un film iconique, Citizen Kane, il choisit de mettre en lumière un réalisateur controversé, Orson Wells, il parle de cette industrie du cinéma, de la mainmise des studios sur les acteurs, mais aussi des scénaristes, comme ce Herman Mankiewicz, dont on a retenu plus facilement le nom de son frère Joseph, puisqu'il nous a offert en tant que réalisateur certaines œuvres majeures. Nous voici plongé dans l'univers impitoyable des studios de Hollywood, Fincher, va jusqu'à incorporer les marques des changements de bobines dans son film. Il livre une belle satire de ce monde artistique, mais il faut bien avouer, que même si Gary Oldman est pour une fois dans la retenu, qu'il ne grimace pas, ne se caricature pas, le film est un peu trop long, et donc, un peu trop bavard, et on en perd un peu l'intérêt. Cela reste intéressant à découvrir et spécialement pour ceux qui aime cette période du cinéma Hollywoodien.
Mank est un film très réussi sur le plan visuel (par un très beau noir et blanc) et porté par l'excellente performance de Gary Oldman (qui n'a jamais vraiment produit de performances moyennes). Le film s'adresse en revanche plutôt à un public cinéphile du fait de son sujet : Herman J. Mankiewicz : scénariste (et donc homme de l'ombre) derrière le script de Citizen Kane. Un bon film pour les amateurs de cinéma : dommage qu'il n'ait justement pas connu de sorti en salle puisqu'il s'agit d'une production Netflix.
Boursouflé et bavard, plein de références obscures que perso je ne possède pas, l'acteur nous fatigue a force de logorrhée, plus une musique permanente histoire d en rajouter dans l exercice de style esthétisant. ca n est pas Citizen Kane, mieux vaut le revoir au moins on est pas déçu. Et Trumbo dans le même style biopic de scénariste contestataire était d une autre trempe. Clairement Fincher s est fourvoyé en se tirlipotant à faire son The Artist a lui, mais avec les dialogues en trop.
La mise en scène est ouf ; elle fait énormément référence aux années 1930 et même au cinéma plus largement, que ce soit dans sa réalisation, et dans les détails comme les intertitres. La mise en scène est même une référence directe à la façon de raconter du film “Citizen Kane”. Que ce soit dans les bruitages, dans la musique ou dans la qualité de l’image ; tout laisse à croire que ce film se passe dans les années 1930.
Le récit est un chouille long et peut paraître chiant mais personnellement j’ai trouvé le scénario passionnant et prenant. Les personnages sont intéressants à suivre et on s‘attache facilement aux protagonistes surtout à Mank.
Mon seul regret, c’est qu’un film qui parle de cinéma, c’est à découvrir au cinéma ; or il est directement sorti sur Netflix, mais bon, c’est pas si grave.
Je conseille ce film pour les amoureux de cinéma ou pour les curieux car il peut plaire à un bon nombre de gens qui se laissent porter par l’histoire.
Tous les grands cinéastes ont fait un film sur les studios hollywoodiens. Tim Burton a réalisé Ed Wood, l’un de ses chefs-d’œuvre, les frères Coen Hail, Caesar !, Quentin Tarantino Once Upon a time…in Hollywood, Woody Allen Café Society, David Cronenberg Maps to the stars, David Lynch Mulholland Drive, Robert Zemeckis Who Framed Roger Rabbit, Michel Hazanavicius The Artist, etc. Comme un passage obligé, la volonté d’un cinéaste de se confronter à une industrie par rapport à laquelle il se situe et qu’il critique essentiellement par le prisme de la satire, de la parodie ou de l’hommage. Il manquait donc à David Fincher son film sur l’âge d’or hollywoodien, il le tient avec Mank, diffusé sur Netflix en cette fin d’année. Deux intérêts sont à lui trouver : il y a d’abord la qualité de la reconstitution historique qui immerge le spectateur dans un Hollywood plus vrai que nature, tout droit exhumé des archives ; il y a ensuite l’interprétation remarquable de Gary Oldman dans le rôle-titre, décidément habile à se transformer au gré des projets. Deux intérêts que court-circuitent et la démarche du cinéaste et sa mise en scène. Pendant deux heures un quart, Fincher se pavane, use et abuse de dialogues interminables construits sur des allusions et remarques érudites que débitent des comédiens caricaturaux, à commencer par Amanda Seyfried dont le jeu paraît constamment forcé. Le noir et blanc, les effets de transition « à l’ancienne », les repères de changement de bobines, le surdécoupage des scènes, tout cela n’est qu’artifice clinquant et stérile posé sur un scénario inutilement complexifié avec moult ellipses et flashbacks, rappelant certes la construction du long métrage Citizen Kane. Fincher est à ce point fasciné par le film d’Orson Welles, aveuglé par son immensité et son statut d’intouchabilité, qu’il tourne autour pour espérer en saisir des bribes d’authenticité, voire pour se persuader qu’il réalise à son tour, en qualité de témoin, un Citizen Kane. Il tient là l’opportunité de régler ses comptes avec les studios qui jadis le brimèrent – pensons à Alien3 – en défendant la liberté de l’artiste dans le processus de création et de réalisation, artiste qui, à mesure qu’il donne la vie, fait des concessions sur la sienne, se sacrifie, se réincarne en matière cinématographique. Tout cela aurait été passionnant si le film ne se cantonnait pas à la surface du mythe, s’il prenait le risque de le déconstruire, de l’interpréter, de lui donner du sens. En lieu et place, un éparpillement ronflant qui dilue la vision portée sur l’artiste non dans un alcool susceptible de le revigorer mais dans le formol le plus lénifiant qui soit.
Eh ben, sous les allures des années 30 rien pourtant ne fait nous sentir à cette époque... De plus le niveau des répliques est d'une faiblesse ennuyeux..
Ce film m'a donné envie de visionner CITIZEN KANE en donnant du corps à son scénariste. J'ai découvert la société RKO. J'ai découvert MANK et Hollywood "panier de crabes" avec son aréopage d'actrices, de producteurs,... M.G. Mayer avec son lion Léon est fascinant d'autorité pour annoncer les 50% de moins de salaire Il faut s'accrocher pour la compréhension des paraboles de Don Quichotte ou du petit singe de cirque. Orson Welles est intrigant. Les cinéphiles mettront certainement 5 étoiles.
On a ici un très bel hommage au cinéma, puisque le film est en noir et blanc et beaucoup de techniques filmographiques de l'époque sont réutilisées ici. On va suivre comment Mank, a écrit le scénario de Citizen Kane de Orson Welles (qui est préférable d'avoir vu avant ce film). Gary Oldman est excellent, il n'y a rien a dire la dessus, il ne joue pas son personnage, il est son personnage, Lily Collins est très bonne aussi bien qu'un peu inutile car le personnage vraiment intéressant c'est Mank. Niveau mise en scène, David Fincher excelle comme a son habitude, avec la caméra qui suit les personnages et même quelques plans séquences.
C'est curieux. Le film parait interminable. Pourquoi? Est-ce parce qu’aucun des personnages ne suscite l'empathie ou un intérêt particulier? Le scénariste du Citizen Kane d'Orson Welles, Mank, alcoolique, mais doué, misogyne, mais respectant sa femme (à sa manière), n'est pas un personnage intéressant. La dimension de création artistique de son travail n'est pas évoquée (hormis son alcoolisme, mais il n'a jamais été démontré que l'alcool procure du talent) et manque... Les scènes les plus intéressantes concernent ses réunions mondaines avec le gratin d'Hollywood de l'époque où beaucoup de noms résonnent sur le plan historique, réunion d'ailleurs avec William Randolph Hearst (interprété par Charles Dance) qui est le modèle du personnage de Charles Foster Kane d'Orson Welles. Ces scènes évoquent la montée du nazisme (en Europe), et contiennent des joutes verbales qui mettent en avant l'ironie et le sens du bon mot de Mank. La performance technique est au top, les acteurs sont bons et Gary Oldman produit une performance de haut vol. Mais le personnage nous indiffère. Il y a beaucoup d'énergie, beaucoup de travail, pour un résultat qui fait pschitt... Et le noir et blanc ne produit aucun effet notable. Sur les activités d'un scénariste à Hollywood, le film de Nicholas Ray (Le Violent, 1950) est plus intéressant avec moins de furie et moins de personnages (il est vrai que dix ans séparent les deux diégèses).
Fincher a la carte absolue alors son film est encensé... mais faut se détendre un peu C'est un élégant biopic avec un très bau noir et blanc, un bel ouvrage pour aller chercher des Oscar. Mais ça n'a ni chaire, ni âme... C'est gentiment ennuyeux ... Déjà Gone Girl était décevant, alors David... réveille toi