J'étais le premier à estimer que Creed avait besoin à présent de voler de ses propres ailes, tout en me demandant si Michael B. Jordan allait réussir à porter le film sur ses seules épaules, sans que l'absence de Rocky/Stallone ne se ressente, et à ce titre là, c'est réussi. Mais s'il y parvient, cette suite reste tout de même assez classique tout en proposant des choses originales.
Le premier Creed avait apporté un vrai vent de fraicheur à la franchise, sans doute lié à l'écriture et la réalisation de Ryan Coogler alors que sa suite écrite par Stallone était plus dans le schéma traditionnel des Rocky. Ce troisième volet parvient à proposer un bon film sans Stallone (l'histoire de Rocky a trouvé une très bonne fin dans "Creed II"), et sans que son absence ne se ressente (une petite phrase que se répète Creed avant son combat rappelle tout de même son ancien entraineur), mais en restant malgré tout dans des schémas plus classiques un peu comme le second. On retrouve un peu des éléments de Rocky 3 (Creed devenu riche et vivant dans le luxe, face à un boxeur enragé), dans le décors de Los Angeles (la course qui se finit sur la montagne d'Hollywood au lieu des marches de Philadelphie), mais aussi quelques éléments originaux comme l'histoire de la fille de Creed, mais celle-ci est à peine effleurée, mais surtout celle d'Adonis et Dam. La mise en scène est réussie, la BO aussi (toujours sur du RnB, avec deux petites incursions discrètes de thèmes de Rocky, histoire de), le casting est bon, et le combat final propose notamment une chose originale, mais malgré tout la construction générale reste classique. Mais difficile après 9 films de totalement innover.
Si j'ai apprécié le film, on ressens à nouveau qu'on est arrivé au bout du sujet, et donc qu'un Creed 4 ne sera pas nécessaire, même si on peut soupçonner que l'histoire de la fille de Creed ait été pensée pour une éventuelle suite dans plusieurs années sur une boxeuse, histoire de féminiser encore tout ça. Mais là encore, ce n'est pas nécessaire. Si le succès est là, on devine qu'ils continueront...