Creed III est un film efficace mais inégal, qui parvient à divertir sans totalement convaincre. Michael B. Jordan s’en sort bien pour sa première réalisation, avec une mise en scène énergique, notamment lors des combats qui sont immersifs et bien chorégraphiés. C’est d’ailleurs une belle évolution pour l’acteur, et ça fait plaisir de le voir passer derrière la caméra avec une vraie ambition.
Visuellement, le film tient la route et propose des séquences marquantes. Pourtant, difficile de ne pas se poser une question : où est Rocky ? On comprend la volonté de s’émanciper de la figure incarnée par Sylvester Stallone, mais il ne faut pas oublier qu’Adonis Creed est issu de cet univers. Le garder, même en simple entraîneur, aurait apporté une continuité et une certaine légitimité émotionnelle.
Le scénario, lui, reste assez classique et peine à créer des enjeux aussi forts que dans les précédents volets. Dans Creed II, l’antagoniste — le fils de Drago — s’inscrivait parfaitement dans l’héritage de la saga Rocky, avec un conflit chargé de sens et de passé. Ici, le rival repose sur une ancienne relation amicale introduite rapidement en début de film. L’idée de départ est intéressante, mais elle manque de développement, ce qui donne un antagoniste moins crédible et moins marquant. On a presque l’impression qu’il sort de nulle part, avec des enjeux moins assumés.
Ce manque d’impact est renforcé par un antagoniste qui, malgré son rôle central, manque cruellement de charisme, ce qui affaiblit la tension globale du film.
Malgré ces défauts, Creed III reste agréable à regarder, porté par une bonne intensité et des combats réussis. Le film fait le job en tant que divertissement, mais n’atteint pas le niveau émotionnel et narratif des précédents opus.