Madeleine Collins est une réponse au Vertigo d’Alfred Hitchcock, en ce qu’il prend soin de redistribuer le point de vue de l’homme comme épicentre à la femme, qui encadre le long métrage par la présence de deux personnages dont le lien de parenté demeurera caché jusqu’à la clausule. Le réalisateur, Antoine Barraud, refuse de cataloguer son héroïne comme une hystérique et laisse les considérations cliniques aux personnages masculins en rendant possible la double identité ; c’est alors l’avalanche de circonstances extérieures à Judith qui feront d’elle une bipolaire coincée entre deux histoires, entre deux pays et entre plusieurs langues qu’elle comprenait jusqu’alors, en témoigne son métier de traductrice diplomatique. Une très belle séquence la place à l’opéra en position de spectatrice d’un « Ave Maria » qui produit en elle une émotion telle qu’elle doit impérativement quitter la représentation ; ce lieu, et cette rencontre avec la sensibilité la plus authentique et nue, la raccorde à la distance géographique et physique qui sépare son foyer d’origine, mais fantomatique, de son foyer d’adoption, rendu concret par la simplicité de l’appartement et les projets en commun que l’on y conçoit. Il n’est pas anodin que l’époux chef-d’orchestre, interprété par Bruno Salomone, souhaite déménager, trouvant dans le mouvement une fuite hors de la réalité. La mise en scène, d’abord très posée, épouse les dérèglements intérieurs de sa protagoniste pour revendiquer une esthétique caméra à l’épaule, donnant lieu à un plan de toute beauté et significatif de deux mains tenues en direction du domicile paternel. Malgré un manque d’émotions et une linéarité scénaristique somme toute prévisible, Madeleine Collins brosse avec justesse le portrait d’une femme soucieuse de mener de front sa vie professionnelle et ses vies personnelles, quitte à se dédoubler pour y parvenir. Une métaphore pertinente.
D'emblée le ton est donné avec une scène d'introduction glaçante. "Madeleine Collins" est un thriller psychologique particulièrement tortueux qui pourra en déstabiliser certains. Sans vouloir spoiler la fin, Judith (Virginie Efira) mène une existence dangereuse tant elle prend des risques pour assurer une double vie. Virginie Efira est une nouvelle fois époustouflante en héroïne hitchcockienne, mais Antoine Barraud abuse peut-être un peu trop de fausses pistes risquant de faire perdre le fil de l'intrigue au spectateur. Pour ma part, j'ai trouvé ce film assez haletant mais accouchant d'une fin qui m'a laissé dans l'incompréhension. Frustrant.
L’histoire semble, au départ, conventionnelle avec une femme (Virginie EFIRA), interprète, qui a 2 foyers, l’un en France avec un mari, Melvil Fauvet (Bruno SALOMONE) chef d’orchestre et deux adolescents, l’autre, en Suisse, constitué d’Abdel Soriano [Quim GUTIÉREZ, acteur espagnol ayant joué notamment dans « Abracadabra » (2017) de Pablo Berger] et de la petite Ninon. On découvre peu à peu qu’il ne s’agit, ni d’adultère, ni de bigamie car le réalisateur construit son film comme un puzzle qui se découvre lorsqu’un maximum de pièces sont reliées les unes aux autres : la scène initiale, filmée en long plan séquence, ne trouve sa signification que vers la fin, tout comme le titre dont le prénom est, vraisemblablement, une référence au personnage jouée par Kim Novak dans « Vertigo » (1958) d’Alfred Hitchcock. Les acteurs sont tous excellents [quel plaisir de retrouver Jacqueline BISSET, en mère de Virginie Efira, à la longue filmographie dont « La nuit américaine » (1973) de François Truffaut et « Au-dessous du volcan » (1984) de John Huston] mais c’est Virginie Efira qui porte le film (belle scène à l’opéra où elle ressent, de façon imperceptible, un sentiment de faiblesse voire d’angoisse), en femme double (Judith et Margot), schizophrène, s’enfermant dans ses mensonges qui la mènent à la frontière de la folie. D’où sa proximité avec le personnage titre de « Pas de printemps pour Marnie » (1964) d’Alfred Hitchcock. Sans oublier la musique angoissante de Romain TROUILLET qui avait composé celle du film « Edmond » (2019) d’Alexis Michalik.
Comment échapper à une vie de couple ennuyeuse où l’épouse n’existe que pour la représentation et l’accompagnement d’un chef d’orchestre célèbre? La solution trouvée même malheureusement au chaos. Le thème est riche mais le film manque d’intensité et de relief et ne permet pas d’avoir de l’empathie pour les personnages.
Ce film n'est pas mauvais mais sincerement ca ne casse pas 3 pattes a un canard. c'est vraiment juste moyen et il est difficile de comprendre pourquoi il ya d'aussi bonnes notes de la presse. aussitot vu, aussitot oublié...
Judith mène une double vie entre la Suisse et la France. D’un côté Abdel, avec qui elle élève une petite fille, de l’autre Melvil, avec qui elle a deux garçons plus âgés. Peu à peu, cet équilibre fragile fait de mensonges, de secrets et d’allers-retours se fissure dangereusement. Prise au piège, Judith choisit la fuite en avant, l’escalade vertigineuse.
C’est une réalisation d'Antoine Barraud. Il a écrit le scénario avec Helena Klotz qui avait été directrice artistique sur le film Dheepan, Palme d’or au Festival de Cannes 2015.
Amateur de Virginie Efira, j’attendais donc Madame Collins que j’ai trouvé bien.
Cette histoire va donc se pencher sur une femme jouant un jeu dangereux, celui d’avoir une double vie. J’ai aimé dans un premier temps comment s'est mis en scène. Il y a beaucoup de mystère pour identifier les éléments de chacune. Ensuite, la voire jongler habilement entre les deux, changeant d’identité à la guise de l’homme l’accompagnant. Tout n’est pas servi sur un plateau et il faut un peu de temps pour bien tout cerner.
Par contre, une fois que ça s’éclaire j’ai été un peu déçu. En effet, la phase intrigue va laisser place à la phase observation de ces deux vies. Là se soulève la question de savoir si ce qui nous est montré est plausible. Mine de rien, c’est une donnée importante car dans ce type de drame, si on n’arrive pas à croire aux événements, alors comment vibrer totalement pour lui. La double vie en soi n’est pas un problème, c’est la pertinence de cette situation précise qui laisse plus à désirer. Je ne pense pas que cela aurait pu se produire sans soulever une vague d’éléments la rendant impossible.
Après le personnage de Judith est vraiment bien travaillé. Sa complexité psychologique permet de maintenir en haleine le film tout du long. À force de mener cette double vie, les choses vont devenir trouble pour elle, et ça ne sera pas sans conséquence. Sans surprise, Virginie Efira est impeccable dedans. Encore une raison de la placer dans le top des actrices françaises.
Par contre, les personnages secondaires sont vraiment bâclés. Il va avoir de grandes zones d’ombre autour d’eux, que ce soit les maris ou les enfants. On peut se poser beaucoup de questions par rapport à leur comportement pas toujours cohérent. Dommage car en matière de casting Quim Gutiérrez et surtout Bruno Salomone sortent une belle performance. L’occasion aussi de revoir Thomas Gioria découvert dans le Césarisé Jusqu’à la Garde en 2017.
Ce film est inquiétant, bouleversant et totalement fou, comment cette femme mène une double vie pendant des mois sans que personne soit contre cela... Efira est juste extraordinaire dans ce film, elle joue de plus en plus de film touchant et celui ci en est un
j'ai beaucoup aimé ce film, j'ai trouvé le scénario très original et Virginie Efira extraordinaire comme d'habitude. J'ajoute qu'il y a un certain Pascal dans les critiques (qui a mis deux étoiles ça c'est son droit ) qui dévoile absolument tout du film ce qui m'a bien énervée!!!!!!!!! à bon entendeur...
Un thriller psychologique troublant, subtil, haletant ! Sans jamais pourtant céder au pathétique, "Madeleine Collins" relate comment une forteresse de mensonges spoiler: (lourds à porter ) forgée par une femme spoiler: (plus généreuse que perfide) se fissure peu à peu, pour enfin se fracasser. Ce thriller élégant installe doucement le mystère, puis le malaise, autour des raisons profondes de ce « jeu d'identité » La double vie et le mensonge s’exténuent à vue d’œil chaque geste répété s’additionne, accable et ouvre le précipice du personnage Le réalisateur mène la narration avec une forme habile de suspense : il entretient à égalité les deux histoires parallèles de cette femme,spoiler: ( ici épouse parfaite et là mère aimante.) ,qui intrigue durablement pour une fin troublante . Dans ce thrilleur (qui fait penser à « Vertigo »), le personnage central nécessitait une actrice «blonde, hitchcockienne, moderne" toute en nuances et en puissance tranquille » : Virginie Effira l’incarne et s’y montre« spoiler: (diablement) fascinante, avec la finesse de la personnalité trouble d’une femme à la double vie dont l’identité se perd sous le poids de ses mensonges. L’actrice maîtrise idéalement ce genre de rôle de femme au bord du gouffre, perdant peu à peu pied, avec la double réalité, (combinée avec deux pays) . Elle est impressionnante
Avec la scène d'ouverture, étrange et virtuose, on se dit qu'on va enfin avoir un film avec de la mise en scène, du secret, des comédiens qui intriguent (du cinéma quoi !). Hélas, à force de psychologiser (même le policier suisse s'improvise thérapeute), de placer des caméos cinéphiles chic un peu ballots (Valérie Donzelli en cantatrice exaltée et improbable, Nadav Lapid en faussaire déglingué mais qui sait voir le "vrai"...), le film finit par s'empêtrer dans son intrigue à tiroirs. Et même le jeu clair, au cordeau, précis comme une lame de Virginie Efira finit par s'enliser dans des cadres souvent étouffants (l'absence de profondeur de champ comme indice des déséquilibres du personnage ?) et d'interminables nappes de musique. Répliques sur-signifiantes et notations psychologiques finissent par dépouiller le personnage central de son mystère - ce qui est un comble avec l'une des plus délicieusement opaques des comédiennes actuelles (il n'y a qu'à voir ce que faisait Efira dans le "Benedetta" de Verhoeven). Bref, tout ici semble vouloir être si bien ficelé (scénario, casting...) qu'on a l'impression d'assister à une nouvelle forme de "qualité française".
Une femme qui vit alternativement avec 2hommes, sous une double identité, avec la complicité de l'un des deux Mais une fois qu'on a compris de qui elle a un pris la place, on se lasse vite de ce va et vient permanent entre les 2 foyers. De même qu'on ne comprend pas pourquoi celui qui est à l'origine du "système", décide subitement de tout envoyer valser. Cependant Virginie Efira par un jeu exceptionnel sauve le film.
Long même si on est porté doucement vers la fin, qui bouleverse bien les données de ce qu'on croit avoir compris. Reste des doutes sur l'intérêt du scénario compliqué mais qui finalement montre beaucoup de scènes de la vie courante de famille ou la femme travaille avec de nombreux déplacements.
5 étoiles pour Virginie Efira qui éblouissante dans ce rôle totalement borderline. Le film est un peu linaire, mais encore une fois ça passe par l'interprétation de la comédienne.