Chère Léa se revendique de la tranche de vie, de la discussion de comptoir spontanée et éphémère telles que le réalisateur les partageait, selon ses dires, avant de les transformer en matière première de son film. Pourtant, ce goût pour l’inattendu se corrompt au contact d’un scénario qui enferme ses personnages et leurs enjeux dans un dispositif artificiel : la temporalité contrainte – une seule journée – et les entrées et sorties de figures hautes en couleur invalident l’errance de Jonas parce que tout semble concerté et réduit à des étapes censées le libérer de ses dépendances négatives. Dès lors, avec ses airs de cocker mélancolique, le protagoniste agace par ses apitoiements larmoyants qui ne concernent que lui, sans jamais tendre vers l’universalité : son prétendu génie d’écriture reste à l’état d’intention de scénario – nous n’avons jamais accès au contenu de ladite lettre, stratégie d’évitement qui résonne davantage comme un aveu de faiblesse. L’ensemble apparaît bouffi d’orgueil et dépourvu de personnalité, fétichise les malheurs de son héros pour mieux se complaire dans une vision misanthrope du monde où les amants d’autrefois deviennent de simples supports à l’avènement d’un poète maudit, forcément parisien et forcément incompris.
Voici une comédie sentimentale qui permet de passer un bon moment si on aime ce genre de film. C'est drôle tout en apportant une réflexion sur l'amour et les sentiments qu'on peut développer dans les couples notamment ceux qui viennent de se séparer. Les acteurs sont parfaitement dans leur rôle. Découvrir la vie du quartier en suivant les habitués du café est toujours intéressant. Un peu déçu de la fin qui ne correspond pas forcément à l'attente du spectateur ou qui peut induire une suite ce qui ne serait pas forcément la meilleure solution pour ce type de film
"Chère Léa", comédie dramatique et romantique française réalisée par Jérôme Bonnell, sortie en 2021. Un bon film, bien réalisé, avec Grégory Montel, Grégory Gadebois, Anaïs Demoustier, Léa Drucker et Nadège Beausson-Diagne. Une belle histoire, presque en huis-clos de quartier entre un bar, l'appart en face et la boulangerie en bas quelque part dans Paris. Une journée particulière avec les personnages gravitant dans ces lieux, un film humain, tendre, avec un Grégory Gadebois très bon au centre de toutes ses tranches de vie. Un bonne petite surprise.
« Chère Léa », on ne te voit pas beaucoup, tu es souvent hors champ, tu nourris l’obsession de Jonas, ton ex-amant. L’autre Léa n’est pas un personnage comme toi, c’est Léa Drucker, l’actrice, qui interprète Harriet, ex femme de Jonas. Encore et toujours Jonas. La scène entre Léa Drucker, l’actrice et Jonas, le personnage, est de mon point de vue la plus réussie du film. Autre Léa qu’on ne voit pas beaucoup mais en une scène Léa Drucker impose sa présence alors qu’elle est simplement assise à une table d’un café de la gare de l’Est. C’est bien la seule scène qui génère un peu d’émotion qui en manquait jusqu’à présent. Au bout du compte, je ne sais pas si je m’adresse à Léa, personnage interprétée par la radieuse Anaïs Demoustier ou à Léa Drucker, l’actrice ? Deux Léa, deux Grégory : Montel le premier dans le rôle de Jonas, mari et amant éconduit qui va passer sa journée dans un bistrot qui donne en face de l’immeuble de Léa ; Gadebois, le deuxième Grégory, joue le patron du bistrot prénommé Mathieu, il est amoureux des lettres dans tous les sens polysémique du mot. « Chère Léa » je n’en attendais pas grand-chose, donc je ne suis pas déçu hormis le fait de n’avoir pas pu profiter davantage d’Anaïs Demoustier, c’est-à-dire de la « Chère Léa… » Frustration.
Elle est pas seule sur terre. Elle est pas commode. Elle est pas froide. Elle est pas méchante. Mais p. qu'est-ce qu'elle est chiante. Gaetan Roussel a aimé.
Comédie douce-amère entre légèreté et gravité, autour d'une rupture sentimentale, avec quelques dialogues qui retiennent l’attention, mais hélas il manque une histoire, avec un casting sous-exploité. 2,25
Pas forcément convaincu par Chère Léa, qui nous perd dans une histoire à plusieurs tiroirs un peu confus. Pas évident non plus de suivre la psyché du personnage principal.
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2,0
Publiée le 21 août 2022
Après avoir été rejeté, Jonas, un homme qui n'a pas fait le deuil de sa relation, s'installe dans un café en face de chez Léa pour lui écrire une lettre d'amour. "Chère Léa" se déroule au cours d'une même journée et se présente comme une parenthèse, un petit instant de vie durant lequel Jonas apprend à mieux connaître ses sentiments. Un café est un lieu de rencontres et c'est exactement sur cela que compte Jérôme Bonnell pour rythmer son film et faire doucement évoluer son personnage. Qu'ils soient importants ou pas, chaque personnage, y compris les secondaires, apporte sa petite contribution à une histoire qui est mise en scène comme si l'on regardait une pièce de théâtre avec tous ces gens qui vont et viennent. Cette journée que l'on passe avec ce romantique maladroit n'est pas désagréable, mais elle manque d'enjeux dramatiques. Le film peut compter sur un bon casting et des acteurs qui font tous le travail, mais le scénario est beaucoup trop léger pour enthousiasmer malgré cette petite touche de poésie et de burlesque. Décevant.
Le film typique du film français plutôt pénible. Il ne se passe rien, c'est une chronique de la vie quotidienne, on ne s'attache pas aux personnages, pourtant il y a Anaïs Demoustier, mais rien n'y fait, on est juste soulagé quand la fin arrive, et ça parait long, très long....
Chère Léa, c’est entre autres une ambiance de bar de quartier sur toute une journée, des rencontres, des impromptus, des humains, des mecs en joggings menaçants à 09H30, des canapés à déménager à 10H00, comme autant d’histoires et de romans. Jonas fait du bistrot son bureau, son QG. Il arrive avec son amour, ses lettres, son téléphone pas chargé, ses galères de boulot. Ce véritable petit théâtre, il va avoir un mal fou à le quitter, métaphore du mal fou à quitter Léa. Le huis-clos s’installe doucettement, avec élégance et humanité. Dans la douceur d’un partage d’intimité et de désespoir avec des inconnus.
Dans Chère Léa, on cherche, on quitte, on se libère, on s’ancre ailleurs. C’est un décryptage de la tyrannie des sentiments et d’une constante valse amoureuse. Sont ici ébauchés le droit au bonheur, sans le faire exploser inconsciemment et cette complexité folle d’être à soi en se donnant à l’autre.
Au final, Chère Léa, sans prétention particulière est juste une tranche de vie dans un moment singulier, qui est tout sauf une comédie légère, sans revêtir pour autant les atours de la tragédie d’auteur. Il y a comme une élégance à ne pas choisir, et le moment sans être révolutionnaire est subtil et délicat.