280 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
36 critiques spectateurs
5
3 critiques
4
13 critiques
3
8 critiques
2
9 critiques
1
3 critiques
0
0 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Agnes L.
232 abonnés
2 037 critiques
Suivre son activité
3,5
Publiée le 7 novembre 2025
Le début m'a beaucoup plu. Pendant une bonne demi-heure, sur la Costa del Sol, Gal, en retraite dans sa tête, se prélasse au bord de sa piscine et cela ne ressemble guère à un film policier. Puis le problème arrive en la personne du gangster Don Logan jouée avec brio par Ben Kingsley. C'est un personnage schizophrène, intimidant, aux antipodes de celui de Gandhi, comme quoi il peut tout jouer à la perfection. Le ton m'a parfois amusé et globalement, j'ai apprécié le traitement très créatif du réalisateur britannique, Jonathan Blazer
Qui est le film ? Sexy Beast est le premier long-métrage de Jonathan Glazer, cinéaste issu du monde du clip et de la publicité. Présenté en 2000, il s’inscrit dans une tradition britannique de films de gangsters qui s'intéresse moins au casse qu'aux rapports entre crime et identité. En surface, c’est l’histoire d’un homme qui a choisi le retrait, le soleil, l’oisiveté, et qui voit ressurgir la violence d’un passé incarné par un ancien compagnon venu le convaincre de prendre part à un dernier coup. Mais cette surface ne dit pas l’essentiel : Sexy Beast promet un récit de genre, et livre en réalité une étude sur la domination.
Que cherche-t-il à dire ? Le projet du film repose sur une tension simple mais féconde : l’idylle contre la coercition, la douceur domestique contre l’intrusion brutale. Le personnage de Gal, ancien gangster installé dans une villa espagnole avec sa femme et ses amis, incarne la tentation du repos. L’arrivée de Don Logan, envoyé pour le convaincre de participer à un braquage, brise ce fragile équilibre. Mais Glazer ne se contente pas de décrire une lutte entre deux personnages. Ce qu’il met en scène, c’est la mécanique du pouvoir : comment la loyauté, l’amitié, la peur et la rhétorique deviennent des instruments de contrôle.
Par quels moyens ? Le récit est réduit à sa plus simple expression : un retraité veut rester tranquille, un ancien camarade vient le forcer à reprendre du service. Cette simplicité ouvre l’espace à une succession de scènes qui prolonge la même question : céder ou résister ? Cette économie narrative permet au spectateur de sentir la pression monter sans distraction ni échappatoire.
Ray Winstone joue Gal comme une masse tranquille, lourde de chair et de fatigue, filmée d’abord dans la chaleur et la jouissance du quotidien. Ben Kingsley, en Don Logan, surgit comme un corps nerveux, sec, incapable de repos. Leur contraste visuel est la première forme de violence : l’un aspire à se fondre dans l’environnement, l’autre refuse tout apaisement.
Les dialogues, écrits par Louis Mellis et David Scinto, fonctionnent comme un rituel d’asservissement. Don ne discute pas, il martèle. Ses phrases sont des coups, ses répétitions une méthode de démolition psychique. Le spectateur est contraint d’écouter la violence dans la syntaxe elle-même, dans l’impossibilité d’échapper à la logorrhée. La criminalité n’est pas qu’une affaire de gestes, mais de mots.
Glazer transpose son expérience du clip dans une esthétique précise. Les textures sont sur-exposées : la peau brûlée par le soleil, le bleu artificiel de la piscine, les intérieurs britanniques étouffants. Les cadres serrés semblent chercher la faille dans la chair des personnages. L’Espagne solaire devient un décor qui surexpose. Le soleil ne réchauffe pas, il révèle trop. Cet excès de lumière, loin de consoler, met à nu la fragilité de Gal.
Le film ne parle pas seulement de braquage, mais de la manière dont des hommes se définissent par l’épreuve, l’obligation de prouver leur force ou leur loyauté. Don Logan n’impose pas seulement un travail, il exige une identité : être un homme, c’est obéir à la loi du groupe. La résistance de Gal est d’autant plus fragile qu’elle s’oppose à une injonction intime, presque ontologique.
Où me situer ? Là où l’on attendrait fusillades et casse spectaculaire, Glazer propose un film théorique sur l’emprise. Cette austérité est sa force. Mais elle est aussi son risque. Pour moi, le film reste fascinant justement par ce déséquilibre : un dispositif fragile où l’acteur devient concept, où la scène de parole devient plus violente qu’un braquage.
Quelle lecture en tirer ? Sexy Beast se lit moins comme un récit criminel que comme une méditation sur la possession : posséder une maison, une identité, une tranquillité ou au contraire posséder l’autre par la parole, l’obligation, la peur. La fin, ouverte, refuse une résolution morale claire. On sort du film avec une impression durable : celle que la violence laisse des traces, qu’elle s’infiltre jusque dans les interstices les plus intimes.
Premier long métrage du génie Jonathan Glazer. Par sa mise en scène, Glazer nous emmène dans une histoire particulière, avec un changement d'ambiance à plusieurs moments. Malgré de très bonnes idées, l'intrigue ne décolle pas plus que cela. Hormis aussi, une performance génial de Ben Kingsley, ce premier film est loin d'être parfait
Un film d'anti-gangster où l'on suit un gangster à la retraite, tout à fait sympathique, qui se voit rattrapé par son passé pour une nouvelle mission. Un premier film très réussi pour Glazer, encore assez sobre dans son symbolisme.
Sexy Beast est le premier long metrage de Jonathan Glazer. A mi-chemin entre le film de mafia et le film de casse à la Soderbergh, il est particulièrement déroutant dans son écriture et sa réalisation. L'œuvre parvient sans cesse à nous surprendre, et nous emmène hors des sentier battus. Il s'en dégage une énergie folle et une tension de tous les instant. Il faudra faire avec un personnage de Don assez insupportable, mais qui remplit parfaitement son rôle d'antagoniste.
Une bonne surprise... Film étrangement méconnu, l'interprétation est excellente ! Il a le mérite de ne faire qu'une heure vingt, on ne s'ennuie pas. Un bon film !
Un polar de gangster stylé et prenant, qui brille plus pour ses personnages insolites (avec un très bon Ben Kingsley en truand givré), que pour son intrigue un peu décousue.
6 217 abonnés
18 103 critiques
Suivre son activité
1,0
Publiée le 15 octobre 2020
L'un des rares films de moins de 90 minutes qui n'a presque rien à faire. Je n'ai pas trouvé ça excitant, humoristique engageant ou même divertissant. C'était juste là et cela m'agace que ce film existe. Les dialogues sont presque indéchiffrables, ils sont rempli de blasphèmes à perte de vue et pourquoi ?. Quand Ben Kingsley jouait Ghandi il était si intelligemment et ironique. Je ne sais pas comment cela a été fait ou pourquoi les gens le regardent ou l'aiment. Le seul avantage de ce film est qu'il est court. Alors que les gens dans la vraie vie peuvent parler de manière incompréhensible quand ils sont représentés à l'écran il devrait y avoir un effort pour communiquer avec le public. J'ai complètement manqué le point et pourquoi on l'appelle Sexy Beast je ne le saurai jamais...
Avec ses airs tarantinesques, "Sexy Beast" est un film de gangsters qui a de quoi séduire. En premier lieu, le jeu des acteurs est très bon avec une mention spéciale pour Ben Kingsley, plus psychopathe que jamais. L'intrigue démarre plutôt bien et nous fait entrevoir un film déjanté, à l'humour noir, souligné par une mise en scène ambitieuse. Mais n'est pas Tarantino qui veut et la réalisation de Jonathan Glazer manque d'un surplus de folie appréciable. Le scénario lui-même prend une direction plus classique vers le milieu du film et perd grandement de sa saveur. Finalement, on ne voit pas bien où le cinéaste a souhaité nous amener et il manque à "Sexy Beast" ces scènes marquantes qui sont la marque de nombreux films de ce genre. Sympathique donc, mais sans plus...
Un film juste fait pour le génie de Ben Kingsley ! Des dialogues incisifs et des faux rythmes volontaires pour narguer le spectateur. Brillant et habilement réalisé, on ne peut que penser à un certain Mr T. (pas Barracuda hein !)
Les réflexes de réalisateur de clips de rock de Jonhatan Glazer se ressentent dès les premières minutes extrêmement maniéristes de son premier long-métrage, mais la suite semble pâlir d’une mise en scène bien plus fade. Si beaucoup y ont vu une inspiration des films de Tarantino, c’est uniquement dans la place que vont prendre de longs dialogues sans intérêt dans le développement d’une intrigue qui tient sur le dos d’un timbre. Cette absence de risque dans la description du quotidien de mafieux anglais se ressent également dans le rôle transparent de Ray Winstone. Heureusement, face à lui, Ben Kingsley livre une prestation particulièrement survoltée qui, à elle-seule, rend surprenante la première heure du film. Dans la dernière demi-heure le montage va enfin s’enflammer et réussir à donner toute son ampleur à la violence de ce milieu. Avec très peu de passages marquants (tel que l'énigmatique plan de fin) pour un scénario insipide, Sexy beast reste un petit film de gangster pas désagréable, ce qui laisse à croire que Glazer est un réalisateur plus habile qu’il n’y parait.
sexy beast est un de ses film decaller qui nosu fait penser directement a du tarantino!! il se passe pas grand chose dans ce soit disant polar noire!! reserver aux fan de film decaller comme tarantino ou ritchie!! le reste circuler y'a rien a voir malgre ben kingsley qui s'en donne a coeur joie!! une perte de temps!!! malgre quelques dialogues bien croustillants!!
Je vais rester dans le cliché, mais ce qui fait de Sexy Beast un excellent film (du moins il est de bonne facture, quoiqu'on en dise!) c'est aussi ce qui en fait ses défauts : en fait le film a un parti pris assez important!
Ce parti pris, c'est que le film est cérébral : la mise en scène, le mouvement de l’œuvre, les personnages restent des archétypes (même s'ils sont parfaitement maîtrisés par Jonathan Glazer) ce qui compte c'est qui sont les individus qui viennent jouer le rôle de ces archétypes. Ce n'est donc pas ce qu'ils le font, mais comment ils vivent leurs actes et leur histoire. Et, pour moi, le film est entièrement voué à cela : si on ne cherche pas à rentrer dans la tête des personnages, le film est d'un ennui terrible! Et je ne pense pas qu'un film doive exiger un tel effort de la part du spectateur.
Après, dans sa démarche, le film est parfait, rien à dire (enfin de mon point de vue) et j'ai pris pas mal de plaisir à le voire ...