Michel-Ange
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Loïck G.

391 abonnés 1 831 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 octobre 2020
L’artiste n’a pas vraiment intéressé jusqu’à ce jour le cinéma qui lui rend enfin grâce, même si le contenu ne me semble guère consistant au regard de l’homme et de son œuvre. On ne la voit quasiment pas, excepté sur le générique de fin qui nous invite au musée. Andrey Konchalovsky évite le biopic, et pourquoi pas, en ne se concentrant que sur la période de gloire de Michel-Ange confronté à de nombreux concurrents et à une guerre interne entre les della Rovere et les Médicis. C’est principalement ce que j’ai vu et plus ou moins apprécié dans ce film qui ne montre pas vraiment qui était Michel-Ange l’artiste, mais plus l’homme un brin canaille, et cupide. Talentueux aussi, on le sait, on le devine , mais on ne l’aperçoit que très peu et s’il ne fallait retenir qu’une séquence, celle du bloc de marbre à retirer des carrières de Carrare est un beau moment de cinéma.
Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Epikouros
Epikouros

53 abonnés 45 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 octobre 2020
Dès les premières images, j'ai été happé par cette œuvre (aussi passionnante qu'exigeante) qui n'a rien à voir avec le film hollywoodien qui l'a précédé (avec Charlton Heston dans le rôle principal). Ici, c'est puissant, intense, âpre et le vrai message, ce ne sont pas les péripéties d'un biobic mais les affres de la création artistique. Qui a dit : "Créer, c'est vivre deux fois" ? Notre Buonarotti (magistral Alberto Testone) ici vit cent fois ! Pas toujours sympathique, l'homme est dévoré par un feu intérieur, à une époque où la papauté est consternante ainsi que les luttes de pouvoir entre deux grandes familles qui, moyennant moult ducats, se disputent le grand artiste. Je conçois que ce genre de cinéma aux reflets pasoliniens puisse laisser... de marbre ! (de l'action, de l'action !!!) Quant à moi, j'ai été aussitôt ébloui, touché par cette figure de l'Artiste rugueux et indomptable dont la seule passion est celle-ci : apprivoiser la Nature, l'humaniser, comprendre LA roche, ses veines, sa "blancheur de sucre", ses pulsations prêtes à s'incarner dans une touchante Pietà ou un pathétique Esclave mourant. J'ai été surpris qu'aucune allusion ne soit faite aux amours (homosexuelles ) du sculpteur. Mais Buonarotti en avait-il le temps ? Tout à sa soif aussi immense qu'insensée, à sa quête indomptable, à ses hallucinations mystiques, à ses colères pathologiques, à ses mesquineries et filouteries aussi... dans un monde où la compassion n'a guère de place. Quel destin ! Quel génie surhumain ! Et à la fin du film, caresser — enfin ! — du regard les fameux chefs-d’œuvre extraits de leur gangue minérale, quel plaisir pour le spectateur, quelle émotion, quelle récompense après 2h 16 d'une projection fiévreusement habitée. Oui, oui, l'Homme peut être parfois génial. Et un cinéaste âgé aussi. Car le 7ème Art, celui d'Andreï Konchalovsky, permet célébration, intériorisation et sublimation. Grazie ou, comme on dit en russe, благодарю вас !
islander29

1 036 abonnés 2 687 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 octobre 2020
Cela aurait pu faire un petit "chef d'œuvre" ???? A condition de n'avoir pas négligé une moitié du film, "la forme" ..On constate dans le film l'absence de couleurs (c'est presque un monochrome), l'absence de musique, l'absence de travelling, entre autres.....Cela a donc formellement la sobriété d'un téléfilm.....Par contre ce que raconte le film, même si certaines parties sont longuettes, adhère l'intérêt du spectateur que je suis, et qui finit par se passionner pour l'histoire de Michel Ange (la rivalité entre deux clans, dont les Médicis, Les Querelles avec Carrare, pour son marbre réputé , le modèle présumé de la Pietà, le tombeau du pape Jules II ???, etc.)....Bref il faut le souligner, c'est un film qui nourrit parce qu'il l'informe, l'esprit. UN peu moins le cœur (une certaine froideur)...Le projet est intéressant, il est je dirais d'une certaine manière "abouti", et la richesse de la démonstration, fait que c'est un film historique dont on se souviendra quelques temps, C'est un peu France culture
sur un sujet rarement traité...A vous de voir...
did1577
did1577

2 abonnés 2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 octobre 2020
Je serai donc la première à mettre 5 étoiles à ce film , car j'ai l'impression d'avoir vu un immense chef d'oeuvre.Jamais depuis les grands Pasolini je n'ai eu autant l'impression d'être plongée dans l'atmosphère d'une époque, ce seizième siècle italien avec son explosion artistique, des villes somptueuses, sa civilisation raffinée , mais aussi sa crasse et sa violence. Chaque image est un régal pour les yeux, aussi bien les palais princiers que les tavernes populaires, que les chantiers des carriers. Tous les acteurs sont remarquables, au premier rang Alberto Testone qui a sans doute trouvé là le rôle de sa vie. Il faut se dépêcher d'aller voir ce joyau à la diffusion restreinte qui sera écrasé rapidement par les monstrueuses machines hollywoodiennes
Yves G.

1 856 abonnés 4 065 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 23 octobre 2020
En 1512, Michel-Ange achève enfin la peinture du plafond de la chapelle Sixtine à laquelle il aura consacré quatre années de sa vie. Le pape Jules II, son mécène, lui a parallèlement demandé de réaliser son tombeau. Mais le pontife, membre de la puissante famille des Della Rovere, meurt l’année suivante avant l’achèvement de cette commande dont Michel-Ange ne pourra livrer que la sculpture du Moïse. Léon X, un Médicis, lui succède, qui exige de Michel-Ange qu’il se consacre à la façade de la basilique San Lorenzo à Florence. Le génial artiste, déchiré entre ses deux familles, part à Carrare à la recherche du meilleur marbre.

Le réalisateur russe Andreï Konchalovsky a quatre-vingt-ans passés. Il a connu tous les régimes, tous les cinémas, s’est marié cinq fois (sa dernière épouse, de trente-six ans sa cadette, fait un caméo dans "Michel-Ange") et a eu six enfants. Cet ogre avait co-écrit il y a plus de cinquante ans le scénario d’"Andreï Roublev" avec Tarkovski. Il s’intéresse à nouveau à un artiste et à ses relations avec le pouvoir.

Le portrait qu’il dresse du sculpteur de Moïse et du peintre de la Chapelle Sixtine est contrasté. Bien entendu, l’homme voue sa vie à son art au point de tout lui sacrifier. Il n’a aucune vie privée – Konchalovsky n’évoque pas l’homosexualité aujourd’hui bien documentée de l’artiste. Mais, à rebours d’une présentation manichéenne qui l’opposerait, dans la pureté de sa création, au machiavélisme de ses mécènes, sa rouerie sinon sa duplicité ne sont pas cachées. S’il est certes la victime de l’affrontement à mort des Della Rovere et des Médicis, il sait lui aussi jouer de cette rivalité et se vendre au plus offrant en trahissant sans vergogne sa parole et en cachant une incroyable avarice derrière des protestations pas toujours convaincantes de frugalité.

Cette duplicité même rend le personnage peu attachant. Et elle le rend aussi paradoxalement assez pauvre. Car, une fois qu’on a compris que Michel-Ange, tel que le décrit Konchalovsky, était à la fois génial et cupide, les scènes censée se dérouler à Rome, à Florence et à Carrare deviennent vite répétitives sans éclairer l’exaltation créatrice du héros ni la puissance de ses réalisations.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 22 octobre 2020
La vie de Michel-Ange est si mouvementée que le cinéaste a pris le parti de montrer les vingt ans de sa maturité, l’époque où deux familles papales ennemies se disputaient ses œuvres. Le film est touchant et puissant, il élimine tout romantisme en montrant la vie rude et sans pitié de la renaissance, le trait semble parfois un peu caricatural et outrancier mais l’ensemble reste passionnant.
Il faudrait lire mon essai « Secrets ésotériques de la sculpture et de l’architecture » pour apprendre quelle sculpture l’a rendue célèbre du jour au lendemain (Ce n’est pas la Piéta) et comment le génie de la sculpture taillait ses marbres et quelles étaient ses secrets »
https://www.amazon.fr/Secrets-%C3%A9sot%C3%A9riques-sculpture-larchitecture-Kooken/dp/B077R32LVT?fbclid=IwAR3jkhOL1oW7JU7GGLdSu4e_Y398Od-2O2CB6BMsqR8IJwgKzXgJTwUuAt8
Pour ce qui est du bloc de marbre monumental de carrare, le Monstro, dont le cinéaste nous montre admirablement l’extraction, le film ne dit pas ce qu’il est devenu.
BEVENUTO CELLINI précise dans une lettre à qui il a été attribué
" Sachez, Monseigneur, que ce bloc de marbre dont BANDINELLI a tiré son
groupe d'Hercule et Cacus avait été extrait de la carrière pour l'admirable
MICHEL-ANGE, qui avait établi le modèle d'un Samson accompagné de
quatre autres figures. C'eut été le plus bel ouvrage du monde. Votre
BANDINELLI n'en a tiré que deux figures, mal faites et toutes
rapetassées...
Si les gens qui avaient été chargés de cette affaire se sont montrés assez
stupides pour enlever à MICHEL-ANGE ce beau marbre... Souffrirez vous
jamais que le bloc actuel qui est encore plus beau ne soit pas confié à
un homme de talent "
Cette fenêtre cinématographique sur la maturité créatrice de ce génie de l’Art et de la sculpture nous éclaire sur sa vie et son œuvre et son époque, à voir absolument.
Jacky Kooken Sculpteur
Cristina Crisci
Cristina Crisci

1 abonné 11 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 21 octobre 2020
Voilà l'illustration que ce n'est pas suffisant une histoire pour faire un film! Long, manque de rythme, surjoué, répétitif...bref, ennuyeux !
velocio

1 543 abonnés 3 519 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 décembre 2022
On a toujours un peu de mal à se rappeler que le réalisateur Andreï Kontchalovski est le frère ainé d'un autre réalisateur, Nikita Mikhalkov. Tous deux sont les fils d'un poète et écrivain célèbre, Sergueï Mikhalkov, mais Andreï a choisi de prendre comme pseudonyme le nom de son grand-père maternel, le peintre Piote Kontchalovski. Andreï Kontchalovski a connu l'URSS et la Russie, mais aussi les Etats-Unis, pays dans lequel il a vécu une dizaine d'années et réalisé une demi-douzaine de films. Coscénariste en 1966 de Andreï Roublev avec son réalisateur, Andreï Tarkovski, Kontchalovski revient un peu plus de 50 plus tard, avec "Michel-Ange", aux relations entre un artiste et le pouvoir. On se félicite que Andreï Kontchalovski ait choisi de concentrer son film consacré à Michel-Ange sur une période relativement courte de la vie de ce très grand artiste, un choix qui permet de donner un portrait complet de la personnalité de l'homme tout en évitant le papillonnage et de trop fréquentes ellipses. Le réalisateur avait pour objectif de capturer la véritable saveur de la Renaissance : des spécialistes ne tarderont pas à nous donner leur avis, mais, à la vision du film, on a l'impression que l'objectif recherché a été atteint. 
traversay1

4 502 abonnés 5 400 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 juillet 2020
Michel-Ange représente l'artiste avec un grand A, torturé, génial et égocentrique. Il n'y a finalement que peu de films qui lui ont été consacrés, le plus connu étant le très hollywoodien L'extase et l'agonie. Le Michel-Ange de Konchalovsky est d'une toute autre matière, œuvre complexe et rugueuse qui trace du maître italien un portrait riche et contrasté. Le cinéaste russe a d'ailleurs choisi une période difficile de l'existence de Michel-Ange, celle où il est partagée entre deux familles, celles des Della Rovere et celle des Médicis, qui conquièrent tour à tour la papauté et deviennent ses mécènes. Juste après avoir peint le plafond de la chapelle Sixtine, Michel-Ange s'engage en parallèle dans plusieurs projets, au risque de l'inachèvement (c'est l'un des thèmes du film, celui de l'échec). Film sur la création artistique et ses entraves, c'est aussi une œuvre politique et un portrait saisissant d'une époque, la Renaissance, débarrassée des nombreux clichés habituellement véhiculés par les séries ou les films. A la beauté des paysages et des réalisations artistiques s'opposent la misère du peuple et l'atmosphère crasse et glauque qui rappellent que le Moyen-âge n'est pas si loin. Au plus proche de son héros, qu'il ne montre presque jamais au travail, Konchalovsky le dévoile fasciné par la matière, ce fameux marbre "blanc comme du sucre". Cela nous vaut les scènes les plus spectaculaires du film avec le déplacement d'un énorme bloc de Carrare qui n'est pas sans rappeler certains moments épiques du Fitzcarraldo de Herzog. Monumental, passionné et disparate, Michel-Ange peut assurément être vu comme un autoportrait de Konchalovsky qui a subi la censure soviétique et les exigences financières américaines. Au-delà, il est frappant de constater l'incroyable ressemblance de l'acteur Alberto Testone avec son modèle. Il incarne un Michel-Ange furieux, généreux et atrabilaire avec un réalisme stupéfiant. Une performance magistrale qui s'inscrit parfaitement dans un film insaisissable, fou, puissant et passionnant.
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