Michel-Ange
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traversay1

4 479 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 juillet 2020
Michel-Ange représente l'artiste avec un grand A, torturé, génial et égocentrique. Il n'y a finalement que peu de films qui lui ont été consacrés, le plus connu étant le très hollywoodien L'extase et l'agonie. Le Michel-Ange de Konchalovsky est d'une toute autre matière, œuvre complexe et rugueuse qui trace du maître italien un portrait riche et contrasté. Le cinéaste russe a d'ailleurs choisi une période difficile de l'existence de Michel-Ange, celle où il est partagée entre deux familles, celles des Della Rovere et celle des Médicis, qui conquièrent tour à tour la papauté et deviennent ses mécènes. Juste après avoir peint le plafond de la chapelle Sixtine, Michel-Ange s'engage en parallèle dans plusieurs projets, au risque de l'inachèvement (c'est l'un des thèmes du film, celui de l'échec). Film sur la création artistique et ses entraves, c'est aussi une œuvre politique et un portrait saisissant d'une époque, la Renaissance, débarrassée des nombreux clichés habituellement véhiculés par les séries ou les films. A la beauté des paysages et des réalisations artistiques s'opposent la misère du peuple et l'atmosphère crasse et glauque qui rappellent que le Moyen-âge n'est pas si loin. Au plus proche de son héros, qu'il ne montre presque jamais au travail, Konchalovsky le dévoile fasciné par la matière, ce fameux marbre "blanc comme du sucre". Cela nous vaut les scènes les plus spectaculaires du film avec le déplacement d'un énorme bloc de Carrare qui n'est pas sans rappeler certains moments épiques du Fitzcarraldo de Herzog. Monumental, passionné et disparate, Michel-Ange peut assurément être vu comme un autoportrait de Konchalovsky qui a subi la censure soviétique et les exigences financières américaines. Au-delà, il est frappant de constater l'incroyable ressemblance de l'acteur Alberto Testone avec son modèle. Il incarne un Michel-Ange furieux, généreux et atrabilaire avec un réalisme stupéfiant. Une performance magistrale qui s'inscrit parfaitement dans un film insaisissable, fou, puissant et passionnant.
velocio

1 538 abonnés 3 497 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 décembre 2022
On a toujours un peu de mal à se rappeler que le réalisateur Andreï Kontchalovski est le frère ainé d'un autre réalisateur, Nikita Mikhalkov. Tous deux sont les fils d'un poète et écrivain célèbre, Sergueï Mikhalkov, mais Andreï a choisi de prendre comme pseudonyme le nom de son grand-père maternel, le peintre Piote Kontchalovski. Andreï Kontchalovski a connu l'URSS et la Russie, mais aussi les Etats-Unis, pays dans lequel il a vécu une dizaine d'années et réalisé une demi-douzaine de films. Coscénariste en 1966 de Andreï Roublev avec son réalisateur, Andreï Tarkovski, Kontchalovski revient un peu plus de 50 plus tard, avec "Michel-Ange", aux relations entre un artiste et le pouvoir. On se félicite que Andreï Kontchalovski ait choisi de concentrer son film consacré à Michel-Ange sur une période relativement courte de la vie de ce très grand artiste, un choix qui permet de donner un portrait complet de la personnalité de l'homme tout en évitant le papillonnage et de trop fréquentes ellipses. Le réalisateur avait pour objectif de capturer la véritable saveur de la Renaissance : des spécialistes ne tarderont pas à nous donner leur avis, mais, à la vision du film, on a l'impression que l'objectif recherché a été atteint. 
ANDRÉ T.
ANDRÉ T.

94 abonnés 485 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 octobre 2020
On est fasciné par la beauté de la photographie, la qualité des reconstitutions; qu’elles soient à Carrare, Florence ou Rome….
Bien sûr, j’avais imaginé un Michel-Ange raffiné, sophistiqué et j’ai vu un Génie trivial, coincé entre deux familles qui le soutiennent financièrement...et l'exploitent en rivalisant pour obtenir l'exclusivité.
Son financement assuré (auprès des deux mécènes!!!), il se débat au quotidien avec les ouvriers dont il a besoin pour réaliser ses projets et les mettre en place.…..
Quant au transport et à l’acheminement des blocs de marbre…..ce sont les « travaux d’Hercule » ....
C'est très beau !
did1577
did1577

2 abonnés 2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 octobre 2020
Je serai donc la première à mettre 5 étoiles à ce film , car j'ai l'impression d'avoir vu un immense chef d'oeuvre.Jamais depuis les grands Pasolini je n'ai eu autant l'impression d'être plongée dans l'atmosphère d'une époque, ce seizième siècle italien avec son explosion artistique, des villes somptueuses, sa civilisation raffinée , mais aussi sa crasse et sa violence. Chaque image est un régal pour les yeux, aussi bien les palais princiers que les tavernes populaires, que les chantiers des carriers. Tous les acteurs sont remarquables, au premier rang Alberto Testone qui a sans doute trouvé là le rôle de sa vie. Il faut se dépêcher d'aller voir ce joyau à la diffusion restreinte qui sera écrasé rapidement par les monstrueuses machines hollywoodiennes
PLR
PLR

556 abonnés 1 768 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 23 octobre 2020
Ne pas s’y tromper. Il ne s’agit pas tellement d’un film sur l’œuvre créatrice de Michel-Ange, ses techniques, son inspiration mais plutôt sur le personnage lui-même et ses tourments. Ceci dans le contexte d’une (future) Italie de la Haute-Renaissance, encore très médiévale et pas folichonne, écartelée par les luttes d’influence et de pouvoir autour de l’Eglise et de la Papauté. C’est un peu difficile à suivre et à saisir pour le spectateur lambda, pas du tout familiarisé au sujet. Ça restera donc surtout un film pour érudit et un public trié sur le volet. Cela-dit, on apprend toujours un petit quelque chose de ce genre de biopic. C’est toujours ça de pris. L'absence de version autre que l'originale dans la langue de Dante (cité et évoqué plusieurs fois, vous voilà dans le contexte) n'aide pas non plus.
Yves G.

1 845 abonnés 4 017 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 23 octobre 2020
En 1512, Michel-Ange achève enfin la peinture du plafond de la chapelle Sixtine à laquelle il aura consacré quatre années de sa vie. Le pape Jules II, son mécène, lui a parallèlement demandé de réaliser son tombeau. Mais le pontife, membre de la puissante famille des Della Rovere, meurt l’année suivante avant l’achèvement de cette commande dont Michel-Ange ne pourra livrer que la sculpture du Moïse. Léon X, un Médicis, lui succède, qui exige de Michel-Ange qu’il se consacre à la façade de la basilique San Lorenzo à Florence. Le génial artiste, déchiré entre ses deux familles, part à Carrare à la recherche du meilleur marbre.

Le réalisateur russe Andreï Konchalovsky a quatre-vingt-ans passés. Il a connu tous les régimes, tous les cinémas, s’est marié cinq fois (sa dernière épouse, de trente-six ans sa cadette, fait un caméo dans "Michel-Ange") et a eu six enfants. Cet ogre avait co-écrit il y a plus de cinquante ans le scénario d’"Andreï Roublev" avec Tarkovski. Il s’intéresse à nouveau à un artiste et à ses relations avec le pouvoir.

Le portrait qu’il dresse du sculpteur de Moïse et du peintre de la Chapelle Sixtine est contrasté. Bien entendu, l’homme voue sa vie à son art au point de tout lui sacrifier. Il n’a aucune vie privée – Konchalovsky n’évoque pas l’homosexualité aujourd’hui bien documentée de l’artiste. Mais, à rebours d’une présentation manichéenne qui l’opposerait, dans la pureté de sa création, au machiavélisme de ses mécènes, sa rouerie sinon sa duplicité ne sont pas cachées. S’il est certes la victime de l’affrontement à mort des Della Rovere et des Médicis, il sait lui aussi jouer de cette rivalité et se vendre au plus offrant en trahissant sans vergogne sa parole et en cachant une incroyable avarice derrière des protestations pas toujours convaincantes de frugalité.

Cette duplicité même rend le personnage peu attachant. Et elle le rend aussi paradoxalement assez pauvre. Car, une fois qu’on a compris que Michel-Ange, tel que le décrit Konchalovsky, était à la fois génial et cupide, les scènes censée se dérouler à Rome, à Florence et à Carrare deviennent vite répétitives sans éclairer l’exaltation créatrice du héros ni la puissance de ses réalisations.
Cinememories

583 abonnés 1 664 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 novembre 2020
Si l’homme ne constitue qu’une empreinte dans son séjour éphémère sur terre, certains préfèrent la sceller au fond d’une toile, d’une idée ou des mémoires. Celui dont on s’intéresse ici l’aura fait dans le marbre, une roche aussi blanche que sa pureté, sa dureté et sa monstruosité. Andreï Konchalovski, qui arrive sans doute au bout de son parcours, ne lutte pas en vain en préférant se limiter à l’antre de la folie, d’un artiste par son talent et d’un homme par sa sensibilité. Et sur cette voie sacrée et sacrifiée de la conception de chef-d’œuvre en devenir, le réalisateur russe nous promène à travers divers décors décrivant, amplement et simplement, la prison mentale et spirituelle de Michelangelo. Il s’agit ainsi d’une vision, d’une expérience qui appelle aux sens du deuxième art, reposant sur la majestuosité d’un environnement mélancolique et sauvage.

De cette manière, la matière brute est palpable. Les contours et la profondeur des modèles séduisent le regard d’un homme, asservi par son propre génie et malgré lui. Et c’est pourtant de là qu’il puisera toute sa force de résister, face aux péchés et à la brutalité de ses commanditaires, se succédant et campant sur le fantasme de l’éternel. Michelangelo sert ainsi les hommes, mais répond d’une divinité qui lui est accessible par le biais de sa folie et son individualisme tranchant. Alberto Testone le campe magnifiquement, permettant d’affiner le portrait de l’artiste au sommet de sa conception, au sommet de son ardeur artistique. Il fait alors face à la vanité des hommes, qui se piétinent exactement pour les mêmes richesses que convoite Michelangelo. L’aboutissement de son projet dépend ainsi de la souveraineté, qui se garde le contrôle du financement et donc l’indépendance du misérable. Cet écho semble tout à fait pertinent, sachant le parcours du réalisateur, qui jongle encore entre sa mère-patrie et son antipode.

Ce biopic ne reste donc pas forcément authentique, car c’est avant tout le portrait de Konchalovski qui en ressort ébranlé. Consciencieux du personnage qu’il traite, il y trouve une voie métaphysique, qu’il sert avec grande une finesse. Son seul désir est de dévoiler le potentiel de la pureté, que l’on devine rapidement être la beauté, et ce en toute chose sur cette bonne terre barbare et sans compromis. C’est pourquoi la folie des grandeurs pousse Michelangelo à vouloir transformer une créature marbrée en un portrait divin et éternel. Ce symbole de puissance écrase littéralement les hommes et surtout celui qui désire le soumettre à son influence artisanale. Ses limites s’entrechoquent donc au même rythme qu’il sombre dans la déchéance, la trahison et l’espoir de poncer lui-même son Graal. Le diable aux trousses, le fouet mental en face, il ne lui reste plus grand-chose pour comble un appétit féroce et déraisonnable, qui donne lieu à de la mise en scène religieuse et crasseuse, comme si nous venions partager ses regrettables maux et dilemmes.

L’œuvre se tourne vers l’essentiel et uniquement cela. La recherche de la bonne paye conduit à la bonne pierre. Il n’en faut pas plus et on le comprend instinctivement en y regardant de plus près. Le marbre constitue le péché de Michel-Ange (Il Peccato), mais également sa rage dans toute sa quête de l’impossible et du merveilleux. Konchalovski se livre ainsi, par la même occasion, à travers sa matière première. Elle divise les hommes, ses richesses et ses divers pouvoirs, alors que l’intérêt passe au préalable dans les traits du visage, du corps et du mal, que l’on décrit avec ce qu’il faut de subtilité pour qu’on se laisse tenter par nos propres interprétations. Une œuvre monumentale qui régale par le sang et la sueur, non pas dans la sculpture en elle-même, mais dans l’effort et l’appréhension d’un monde d’hommes qui ne cessent de bafouer ce que l’on possède et ce que l’on désire.
Cinephille
Cinephille

174 abonnés 634 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 octobre 2020
Un sujet peu traité et traité sur un registre original.. je ne suis pas assez historienne pour me prononcer sur la pertinence historique mais la vision des villes et campagnes italiennes me semble intéressante. La violence des relations est sans doute juste. En revanche le film aurait beaucoup gagné à faire une demi-heure de moins et à être moins hystérique.
Edgar B
Edgar B

87 abonnés 102 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 21 octobre 2021
A aucun moment on le voit travailler ses œuvres, mais plutôt s'agiter comme un fou, sans arrêts tout au long du film. Michel est fatiguant ! Il n'y a pas grand chose d'intéressant chez ce personnage qui lasse vite. On s'attache au "Monstre", ce bloc de marbre qui doit descendre de la carrière... Prouesse impressionnante de ces ouvriers et à tous ces décors, ces costumes d'époque... Mais c'est bien à peu près tout.....
francoisjhn
francoisjhn

35 abonnés 82 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 23 octobre 2020
Passionné d'histoire, j'étais content d'aller voir ce film... qui s'est révélé d'un ennui mortel. Il n'y a pas "des" longueurs, mais bien une seule longueur, qui dure 2h09 ! Au final, rien ne ressort de ce film surjoué, ni l'immense talent de Michel-Ange, ni même l'histoire et le contexte qu'on finit malheureusement par oublier dans cet océan d'ennui.
islander29

1 028 abonnés 2 662 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 octobre 2020
Cela aurait pu faire un petit "chef d'œuvre" ???? A condition de n'avoir pas négligé une moitié du film, "la forme" ..On constate dans le film l'absence de couleurs (c'est presque un monochrome), l'absence de musique, l'absence de travelling, entre autres.....Cela a donc formellement la sobriété d'un téléfilm.....Par contre ce que raconte le film, même si certaines parties sont longuettes, adhère l'intérêt du spectateur que je suis, et qui finit par se passionner pour l'histoire de Michel Ange (la rivalité entre deux clans, dont les Médicis, Les Querelles avec Carrare, pour son marbre réputé , le modèle présumé de la Pietà, le tombeau du pape Jules II ???, etc.)....Bref il faut le souligner, c'est un film qui nourrit parce qu'il l'informe, l'esprit. UN peu moins le cœur (une certaine froideur)...Le projet est intéressant, il est je dirais d'une certaine manière "abouti", et la richesse de la démonstration, fait que c'est un film historique dont on se souviendra quelques temps, C'est un peu France culture
sur un sujet rarement traité...A vous de voir...
GilJan
GilJan

6 abonnés 12 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 24 octobre 2020
Ce film est une insulte au génie de Michel Ange à la Renaissance Italienne et à l'art. Un sujet en or traité avec des sabots de plouc. À fuir !
norman06

425 abonnés 1 821 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 juillet 2022
Modèle de biopic, rigoureux sans être académique, inventif sans être abscons. Cette coproduction russo-italienne marque le grand retour de Kontchalovsky après une série d'œuvres inégales.
Oliv_78
Oliv_78

52 abonnés 86 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 5 juin 2021
Globalement déçu par ce film. On s'attendait à voir un biopic de MichelAnge, à le voir dans son travail de création du plafond de la Chapelle Sixtine. A la place on a une histoire concentrée sur ses problèmes d'argent, écartelés entre deux familles de pouvoir, et sa quête de blocs de marbre. Un film trop long et trop limité. Dommage, il y a de très belles images, mais quel gâchis d'autant de moyens pour ce résultat
Loïck G.

389 abonnés 1 825 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 octobre 2020
L’artiste n’a pas vraiment intéressé jusqu’à ce jour le cinéma qui lui rend enfin grâce, même si le contenu ne me semble guère consistant au regard de l’homme et de son œuvre. On ne la voit quasiment pas, excepté sur le générique de fin qui nous invite au musée. Andrey Konchalovsky évite le biopic, et pourquoi pas, en ne se concentrant que sur la période de gloire de Michel-Ange confronté à de nombreux concurrents et à une guerre interne entre les della Rovere et les Médicis. C’est principalement ce que j’ai vu et plus ou moins apprécié dans ce film qui ne montre pas vraiment qui était Michel-Ange l’artiste, mais plus l’homme un brin canaille, et cupide. Talentueux aussi, on le sait, on le devine , mais on ne l’aperçoit que très peu et s’il ne fallait retenir qu’une séquence, celle du bloc de marbre à retirer des carrières de Carrare est un beau moment de cinéma.
Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
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