Michel-Ange
Note moyenne
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Patjob
Patjob

43 abonnés 755 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 mai 2023
Ce film, intéressant sans être passionnant, n’est pas un « biopic » de Michel-Ange ; nous découvrons le personnage alors qu’il est déjà célébrissime pour son plafond de la Chapelle Sixtine, et nous ne saurons pas grand-chose de sa vie privée. Ce n’est pas un film sur la sculpture ou la peinture non plus ; aucune scène ne le montre pendant son travail créatif, et bien peu de ses œuvres apparaissent à l’écran. Le choix de Kontchalovski est ailleurs : il s’attache aux difficultés rencontrées et aux contraintes subies par l’artiste dans la conduite de sa démarche artistique. Ainsi l’exigence de perfection génère chez le créateur de terribles tourments. Ainsi l’approvisionnement en matière première (ici le marbre) se fait au prix d’obstination et d’efforts titanesques. Ainsi l’organisation de son travail (avec les œuvres sur commande) est-elle plus ou moins soumise aux volontés des pouvoirs politiques (la rivalité, la rouerie et la trahison sont monnaie courante, y compris chez Michel-Ange). On peut légitimement penser que le cinéaste parle ici de sa propre condition d’artiste en Russie, mais aussi plus universellement de celle de beaucoup de créateurs.
Le film est aussi une immersion dans la société de ce début de 16ème siècle ; hors des cabinets et demeures des gens de pouvoir, la population vit dans la crasse (il est difficile d’échapper aux eaux usées et excréments jetés des fenêtres), et son quotidien, empli de querelles, cris et altercations, est guidé par la satisfaction des besoins primaires. Ce qui par contraste donne d’autant plus de grandeur et de beauté à la démarche artistique et à la pureté des œuvres qu’elle produit.
Alain C.
Alain C.

26 abonnés 99 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 mai 2021
On ne voit pas le temps passer, les personnages vous embarquent dans la frénésie du moment, vous prennent dans des scènes poignantes, ça joue, c'est beau.
Ninideslaux
Ninideslaux

105 abonnés 284 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 octobre 2020

          Il devrait y avoir un avis avant la diffusion du film: toute ressemblance avec des personnages ayant réellement existé ne saurait être que fortuite....
       Car cet atrabilaire bipolaire et loqueteux qu'Andreï Konchalovski met magnifiquement en scène n'a probablement pas grand chose à voir avec le vrai Michel Ange; c'est en fait la figure même de l'artiste (pas vraiment maudit puisqu'il est le fournisseur préféré des Papes.... mais en tous cas torturé) que décrit le metteur en scène dans une optique totalement russe, retour aux sources pour quelqu'un qui a probablement pas mal gaspillé son talent à Hollywood. Il a 83 ans: il aura au moins réalisé, dans cette superproduction italo-russe, un film digne de ses origines (n'oublions pas que c'est le fils de Sergueï Mikhalkov, et le frère du très soviétique metteur en scène Nikita Mikhalkov). 
     L'artiste, éternel insatisfait de lui même. Arrogant, certes, vis à vis des autres, revendiquant son statut de "plus grand", mais voulant indéfiniment reprendre son travail, le modifier, le perfectionner, au grand dam de ses sponsors. Insatisfait de sa chapelle Sixtine!!! Dépendant des mécènes, tiraillé entre la famille Della Rovere de l'ancien Pape, son protecteur et celle des Médicis, le nouveau Pape, le nouveau bailleur de fonds.... Tiraillé, déchiré, à la limite de la misère (mais il entretient sa famille, un père et une tripotée de frères dont un moine admirateur de Savonarole), colérique, dépressif, et puis il n'aime pas se laver....c'est un personnage qui appartient bien plus à l'univers d'Andrei Roublev (rappelons que Konchalovski a commencé sa carrière cinématographique auprès d'Andreï Tarkovski) qu'à l'élégante Renaissance des films en costume.

       Le film, très hautain, ne fait qu'effleurer l'homosexualité de Michel Ange. Da Vinci? on n'en parle pas. Mais il confronte son héros au mondain et charmant Raphaël, autre génie qui hélas n'aura qu'une vie bien brève. Et cet univers mondain, on ne fait qu'y passer, en particulier au cours des rencontres du peintre avec les Papes et leurs prélats, avec les furieux Della Rovere... (on y voit, ravissante, une jolie dame câlinant un hermine....) On est surtout dans l'univers des petites gens, en particulier des travailleurs de la pierre, car une grande partie du film, passionnante, se passe dans les carrières de Carrare. On suit, comme un thriller, les pérégrinations du "Monstre", le plus gros bloc de marbre jamais extrait, dont Michel Ange veut disposer dans son intégrité, qu'il va donc falloir descendre de ces montagnes abruptes, avec toute une machinerie, des treuils, des cordes, avant de le tracter vers le port de Carrare par un attelage à une trentaine de magnifiques, puissants boeufs aux cornes en forme de lyre.... Ce marbre, ce marbre, quel rapport sensuel il entretient avec lui!

       Les images sont d'une beauté! Je ne sais pas qui est le chef opérateur, mais je n'ai jamais vu rendu avec une telle poésie la transparence, la luminosité d'un ciel. Quant aux paysages de Toscane, ils sont à rêver.

       On se croit dans ces quartiers populaires de Rome, de Florence, avec son petit peuple loqueteux, les pots de chambre qui tombent du ciel, les tavernes avec ces trognes qui bafrent comme des animaux. 

       Le magnifique Alberto Testone ressemble étonnamment à Michel Ange tel que restitué par les portraits d'époque. 

       Historique? probablement pas. Mais chef d'oeuvre, oui, absolument!

Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 658 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 juin 2021
S’il porte certes sur Michel-Ange, sa vie et son œuvre, Il Pecato investit surtout la figure du pécheur dans une Italie chrétienne pour interroger la sacralité de l’art ainsi que la justesse du geste de l’artiste qui, en représentant des scènes tirées de la Bible, tend à détourner le fidèle de sa méditation pour l’engager dans une contemplation profane. Avec ce film, Andreï Kontchalovski pose plusieurs questions, reliées entre elles par une dialectique certaine entre le sacré et le profane : le péché peut-il créer de la sacralité ? toute représentation du sacré ne dégrade-t-elle pas ce dernier en fantasme né de l’imagination d’un homme à destination des autres, sans élévation aucune ? Le personnage de Michel-Ange apparaît comme un être tourmenté, incontrôlable : il ne tient pas en place parce qu’il louvoie entre deux rives qui ne sauraient se voir franchies toutes les deux et qui se repoussent l’une l’autre. Il a conscience que l’inspiration divine qui le force à créer s’apparente à de l’orgueil, qu’il entreprend des œuvres qui atteignent moins Dieu qu’elles ne dépassent davantage la mortalité de la condition humaine, tel un affront fait à ce même Dieu. L’art, pour Kontchalovski, réside dans la tension entre une démarche personnelle et l’allégeance à une puissance supérieure : religieuse, politique. Nul hasard, par conséquent, si le contexte historique, marqué par la rivalité entre deux grandes familles italiennes, occupe une place de choix et engage l’artiste dans une série de contrats qui jamais n’aboutissent. Le cinéaste semble se reconnaître en Michel-Ange et relier la Renaissance à la Russie contemporaine, construisant une passerelle évidente lors de sa clausule qui bascule de la reconstitution à la sculpture visible aujourd’hui dans les musées. En outre, l’intelligence du film est d’interroger la sacralité de l’art dans un contexte culturel marqué par la réforme protestante dont l’une des revendications consistait à rejeter les icônes en raison d’un potentiel de séduction en opposition à la prière. Nous saluerons enfin l’incarnation de la figure de l’artiste qui échappe en partie au parcours linéaire biographique pour devenir un corps meurtri par le temps et par son propre génie, un corps en prise avec d’autres corps, notamment ce bloc de marbre brut qu’il faut transporter et qui symbole à l’écran l’ambition démesurée de Michel-Ange tout autant que son orgueil, péché qui l’entraîne avec lui dans sa chute. Un immense long métrage, interprété à la perfection et magnifiquement photographié.
Isabel I.
Isabel I.

50 abonnés 317 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 mai 2021
Michel - Ange
LE peintre qui a marqué son temps
Peintre au magnifique talent
Inoubliable
Un génie...
L' homme est menteur, profiteur, égoïste...
Homme fou
Fou de sa passion
Folie démesurée
L'homme est moins séduisant que l'artiste.
Un film sur  Michel -Ange
qui permet de découvrir
Une peinture de la Renaissance
Les villes italiennes
Découvrir le marbre matériau noble et assassin .
Des photos comme des toiles de maîtres
Et ces ambiances italiennes...
remyll
remyll

256 abonnés 578 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 mai 2021
C’est bien l’âme du maître Michelangelo, ses tourments, ses relations avec ses élèves, sa famille, ses protecteurs puissants et rivaux, et bien entendu la Sainte Eglise Vaticane qui est traitée magnifiquement dans ce film.
Certains regretteront que son œuvre si connue depuis des siècles n’y soit finalement que très peu montrée, juste effleurée. Mais c’est le choix du réalisateur. Jamais on ne voit l’artiste à l’œuvre proprement dite, on en ressent une petite frustration, mais il est vrai qu’il peut paraître bien présomptueux de montrer à l’écran comment un génie travaille...
Des lors plus modestement mais avec une qualité d’image remarquable, le réalisateur choisit surtout de privilégier l’homme, délibérément il choisit d’illustrer, de symboliser son œuvre colossale, par le biais de l’extraction oh combien difficile d’un immense bloc de marbre très péniblement mais astucieusement dégagé des carrières de Carrare.
On sait que les plus célèbres des sculptures de Michel-Ange comme Le David et surtout La Pietà par exemple, ont été taillées par le maître dans un seul énorme bloc de marbre.
Un film puissant.
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 410 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 juillet 2021
Andrei Kontchalovski réussit dans sa biographie de Michel Ange, un hommage à cet artiste de génie. La photographie est très belle ainsi que la mise en scène. Si l'on cherche un défaut au film , on le trouvera dans le scénario, sans doute un peu léger au regard de l'ensemble. En ce qui me concerne, c'est le plus beau portrait d'un peintre, que j'aie vu dans un film de fiction, après celui d'Andrei Roublev , un des chefs d'oeuvre de Tarkovsky. Ici, Kontchalovski souligne les enjeux politiques auxquels l'artiste peut-être confronté. On retiendra toutefois qu'aujourd'hui c'est bien Michel Ange qui survit à travers ses œuvres et que tous ces puissants sont oubliés presque de tous. C'est la force de l'art quand il se combine au génie. Le beau est ici finalement le grand vainqueur. Un film d'esthète.
Spider cineman
Spider cineman

213 abonnés 2 530 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 août 2022
Je ne m attendais pas à une vision réaliste de la vie Michel-Ange mais c'est réussi. On découvre un personnage plein de doute et qui ne semble pas maîtriser tout son entourage, perfectionniste. Un portrait surprenant dans le superbe contexte de Florence
William Dardeau
William Dardeau

36 abonnés 176 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 octobre 2021
Le film de Konchalovsky s’intéresse à une période précise de la vie de Michel Ange : le peintre et sculpteur vient d’achever la chapelle Sixtine (dont d’ailleurs il n’est pas satisfait) et il doit exécuter des sculptures de commande pour la famille Della Rovere, mais les Médicis s’en mêlent. Il va devoir louvoyer entre les deux familles rivales pour continuer son œuvre. Michel Ange est décrit comme un artiste exalté (excellent Alberto Testone) peu soucieux des autres, admirateur de Dante et prêt à tout parvenir à achever son œuvre. Konchalovski insuffle une puissance certaine dans ce biopic assez passionnant, fort d’une reconstitution impressionnante. Les scènes dans la carrière de marbre sont particulièrement fortes. L’ensemble manque parfois de rythme et le découpage peut paraître chaotique. Tout à fait recommandable néanmoins.
Pierre Kuzor
Pierre Kuzor

176 abonnés 567 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 octobre 2020
Ai vu le très très beau film "Michel-Ange" de Andrey Konchalovsky. Tout d'abord émerveillement formel, la lumière, la photographie, les reconstitutions historiques d'une grande modernité, la mise en scène. Le film n'est en aucun cas un biopic sur Michel-Ange, mais relate un moment précis de la vie de cet homme qui est englué dans les querelles historiques entre les familles Médicis et Della Rovere qui après s'être disputées le Saint-Siège, s'arrachent le Génie en le noyant de commandes qu'il ne pourra tenir. Cette situation intenable met au grand jour l'avarice, la malhonnêteté, les caprices, les mensonges, la lâcheté, l'infidélité de l'Artiste. Mais surtout le vrai sujet du film est celle du "Monstre" immense bloc de marbre d'un blanc étincelant de Carrare. Michel-Ange déploie ciel et terre pour faire descendre de la carrière jusqu'à Rome ce bloc monumental et intransportable dont il sait qu'il fera un chef-d'oeuvre. Vrai film sur l'artiste au sens général, ses inspirations, ses tourments, ses doutes, son mal être par rapport à la concurrence, sa non adaptation à la vie quotidienne et politique, sa bassesse et son génie. Konchalovsky filme de façon aussi saisissante l'humain, le minéral et le végétal, tout les plans sur la campagne toscane sont des tableaux en soi. Le film prend son temps avec un rythme lent (parfois un peu répétitif) où l'on ne verra jamais Michel-Ange sculpter ou peindre et où plus gênant il ne sera jamais fait mention de son homosexualité (production Russe oblige probablement). Alberto Testone est un acteur magnétique et très physique qui interprète Michel-Ange avec une énergie et une fougue hypnotisante.
lecinema_clem
lecinema_clem

64 abonnés 283 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 31 octobre 2020
Un joli et plaisant portrait du peintre/sculpteur où l'on s'attache plus à sa personnalité qu'à ses réalisations et ses techniques. Je ne suis pas assez historien pour m'assurer de la véracité des faits tout au long du film mais j'ai trouvé ça plutôt crédible. A vérifier pour les plus érudits. Voir un tel film en VOST (film russo-italien) apporte évidemment tout son charme dans cette Italie de la Renaissance. Le film est beau, passionnant. Ç'aurait par contre gagné en intérêt d'être un peu plus court (2h13) et moins hystérique dans la plupart des dialogues.
Framas54
Framas54

19 abonnés 120 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 octobre 2020
La magie du cinéma nous plonge au cœur du 15eme siècle en Italie, à Florence, Carrare et Rome. Un beau film sombre, à la russe, qui conte les tribulations de Michel Ange aux prises avec ses mécènes, les familles Della Rovere et Medicis.. l’artiste face aux pouvoirs.. évidemment Kontchalovski sait de quoi il parle.. en fait ce qui est fascinant c’est d’abord la formidable reconstitution de l’époque et de l’univers des carriers de Carrare, la bouille de chacun des ouvriers, et puis la langue italienne bien sûr qui nous enchante.
Cet acteur est fabuleux, Alberto Testone, hirsute et mangé de barbe noire, économe de ses paroles, aux gestes un peu désarticulés, habité par la sculpture, à la recherche des plus beaux marbres.
Au final une illustration de la Renaissance italienne qui vaut 10, et un film sans compromission.
guillaume lejeune
guillaume lejeune

2 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 3 juin 2021
Le metteur en scène se vautre dans le sordide en tous genres du début à la fin du film. Amateurs de la renaissance italienne et de Michel-Ange s'abstenir. Je n'arrive pas à comprendre les éloges aussi bien des spectateurs que des journalistes.
ArtistsOfKrypton
ArtistsOfKrypton

4 abonnés 19 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 13 mars 2023
(Pas vu jusqu'à la fin)

+ Plans, images et paysages sublimes
+ Jeu d'acteur du personnage principal

- Michel Ange ne peint/sculpte jamais
- Ses plus belles œuvres sont déjà crées
- Perdu dans la Timelapse du film
- Trop politique
- Pas assez d'art
Hulufo
Hulufo

7 abonnés 67 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 mai 2021
Photographie sculptée dans le marbre rappelant ainsi les couleurs du chef d'œuvre de Hou Hsiao-Hsien, "The Assassin". "Michel Ange" installe un portail d'images parfaites venue d'un autre temps... La reconstitution n'a jamais été si belle.
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