Décevant et ennuyeux. Marivaudage décalé, sans intérêt, plat. Pourrait s'intituler " Inconsistance et inconstance ". Dommage pour Camélia Jordana, Vincent Macaigne et Emilie Dequenne.
D'un ennui profond, bourré de clichés de sur jeu, de situations prévisibles et de fénéantise scénaristique. Le film n''a pas l'air de savoir où il va et ne donne pas l'impression de savoir ce qu'il veut dire. Rien n'est maitrisé et les acteurs sont souvent à côté. C'est un film d'auteur français bien cliché, qui résume toute l'incapacité d'une grande partie des réalisateurs et des scénaristes français à raconter une histoire intéressante et filmé avec talent.
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3,0
Publiée le 7 juin 2021
Un film sur l'amour au sens large avec toutes les subtilités qui peuvent faire ou défaire une relation. L'histoire s'articule autour de Maxime, qui rend visite à son cousin François, sauf que ce dernier a eu un empêchement donc il reste avec la compagne de ce dernier, Daphné, enceinte de trois mois. Les deux en profitent pour faire connaissance à travers notamment leurs histoires d'amour. Il s'agit d'une histoire à tiroirs avec des personnages secondaires qui sont introduits et qui amènent de nouvelles histoires. Si tout ne parait pas essentiel, le scénario d'Emmanuel Mouret est finalement bien ficelé et tout finit par avoir un sens. "Les choses..." est vraiment un film charmant, posé et subtil à l'ambiance poétique et dans un style théâtral parfaitement maitrisé. Les acteurs sont bons et les personnages attachants même si ce n'est pas toujours les bonnes valeurs qui sont mises en avant. On a quand même affaire à des personnes qui trompent et mentent comme si c'était normal. En plus, ils ne savent pas vraiment ce qu'ils veulent. Heureusement que l'écriture est délicate et que c'est raconté avec tendresse et légèreté sinon notre perception d'eux aurait pu être différente. Je ne suis pas vraiment un fan d'Emmanuel Mouret, mais ce film m'a fait passer un agréable moment.
Si l'on accepte cette écriture très dramaturgique, énonçant des commentaires ou des théories sur les sentiments, comme si les personnages analysaient leurs histoires et leurs sentiments, alors on peut se laisser flotter sur l'onde de ces dialogues emplis de fulgurances pertinentes et de délicatesse dans la peinture de protagonistes faillibles, sensibles, denses. Un joli marivaudage aux touchants accents oniriques.
Techniquement et artistiquement, ce film marche bien, c’est beau, c’est bien léché, c’est bien interprété dans le rôle qui leur incombe mais mon Dieu, que c’est long, que c’est surjoué. Alors oui ça se veut une pièce classique à la Marivaux adaptée à la sauce 21ème siècle mais c’est franchement indigeste et surcoté. Et cette fascination du cinéma pour les adultères…
Emmanuel Mouret abandonne le côté comique de ses films amoureux. Fini le temps où il tournait en dérision ses personnages. Dans son dernier film, le réalisateur peint les relations amoureuses de son époque. On trompe sans problème, pas de morale à ce sujet dans notre monde contemporain, on cède facilement à la tentation en changeant fréquemment de partenaires. Pas de respect pour l'autre, on consomme des relations fugaces et superficielles. Chacun a sa définition de l'amour mais Mouret montre que cette définition peut changer par les péripéties que l'on rencontre dans sa vie. Rien n'est sûr en amour, tout est changeant, rien n'est figé, tout est fragile. Le plaisir et la douleur y sont inhérents, rien n'est noir ou blanc. La complexité de l'amour est un thème constant dans ses oeuvres mais ce film est celui où il traite le plus profondément la question et de manière sérieuse, à l'instar de ce qu'il avait fait précédemment. J'ai été agréablement surpris par le jeu d'actrice de Camélia Jordana, elle est remarquable. Un film que j'ai apprécié bien que je préfère ses comédies sentimentales habituelles bourrées d'humour.
Un film très bavard sur le thème de l'amour : qu'est-ce qui crée, provoque l'amour ? A vrai dire, le film d'un texte bien écrit , parfois saoulant à écouter. Les hommes n'ont pas de caractères, les femmes sont compliquées. Et parfois l'on est perdu. Comme le héro du film qui écoute les explications de son copain. Je n'ai pourtant pas dormi. A la télé, je n'aurai pas tenu. Bien joué, belle caméra et prises de vue, choix musical de piano excellent. Heureusement, les personnages sont attachants !
Enfin un chef-d'œuvre à la française ! Quand on pense au nombre de navets que produit le cinéma de l'entre-soi parisien, on ne peut que s'émouvoir de ce geste cinématographique majeur qui transcende les frontières de l'excellence et de la subversion. Reprenons. Dans le navet à la française, le sujet n'a ni originalité ni intérêt : que nous en sommes loin ici ! Partant d'une thématique forte et majestueuse organisée autour de trois questions majeures ("Qui a couché, qui couche, qui couchera?") le Cinéaste (comment omettre la majuscule?!) ouvre les champs du possible et s'affranchit des limites du corpus filmis en osant l'extension du débat à des hauteurs que l'on pourrait qualifier d'Everestesques ("Avec qui, en trompant qui, en pensant à qui?") le tout ouvrant d'ahurissantes perspectives de réflexion, nous explorons dès lors les tréfonds de l'âme humaine dans un déferlement d'émotions toutes plus sincères que les autres que l'on pourrait qualifier de jubilatoire, et qui évoque ce grand classique intellectualiste-naturiviste qu'est "Le doutage" par Les Inconnus. Evidemment dans le navet à la française les meilleures intentions sont généralement noyées sous des dialogues dont la pédanterie la dispute à la futilité, mais heureusement foin de tout ceci ici : grâce à des dialogues puissants, ciselés, passionnants (me préférence à ce "Daphné, Daphné, oh Daphné ? … Daphné ! … Daphné, oh… Oh, Daphné… Oui, Daphné… Non… Daphné?" déclamé avec emphase par un Macaigne prodigieusement concerné par son texte qui a visiblement pris comme source d'inspiration le lyrique film d'art et d'essai "Theresa" par Les Inconnus, encore une fois), textes parfaitement déclamés par des acteurs et actrices investis à 100% et qui non seulement ne donnent à aucun moment l'impression de réciter un texte appris par cœur tout en se demandant ce qu'il/elle fait là, mais surtout parlent de façon aussi crédible que naturelle, prenant bien soin de ne pas donner l'impression de forcer la prononciation à chaque mot pour sonner comme au théatre de la cour de Louis XIV. Evidemment, dans les navets à la française, le point de vue est systématiquement celui du réalisateur généralement masculin, et le film tire vite donc vers une représentation plus que complaisante de l'amour, où l'amour n'est que physique, où les femmes sont toutes des chaudasses pour ne pas dire des professionnelles qui s'ignorent, et où la tromperie est justifiée par de grandes principes moraux qui le rendent merveilleux et intellectuel, fort et beau, le tout pour éviter de dire simplement: "Je trompe car je pense avec ma b..." ce qui ne serait pas séant pour un parterre d'intellectuels mâles parisiens bobos. Heureusement, ici le réalisateur ne tombe aucunement dans ce travers, magnifiant au contraire l'amour courtois et le sentiment aux dépens de la simple b... qui finirait par apparaître dégradante hors salon feutré parisien bobo-isé. On ne saurait aussi oublier de mentionner le fait que le navet à la française présente des personnages caricaturaux, toujours les mêmes, par exemple un personnage écrivain (de préférence ne pouvant pas écrire dont on notera le message puissant de métaphore sexuelle, idée d'une originalité telle que personne ne se doutera que la relation charnelle conditionnera en définitive la verg… verve artistique!), une femme prétendant ne pas être amoureuse mais tout de même soumise à l'homme par le déni de son désir même, une relation entre un homme mûr et une jeunette exprimant le fantasme du réalisateur lui-même, le mariage vu comme chose dont il faut se gausser et s'affranchir en vue d'exprimer une rébellion de bon aloi (on est un intellectuel de gauche subversif ou on ne l'est pas, Que Diable), enfin bref, une galerie de personnages que l'on ne risque pas de retrouver ici, dans ce grand œuvre dont les cop… critiques des Césars ont fort judicieusement reconnu la qualité et le rang de chef-d'œuvre.
Décidément, j'ai un peu de mal à m'emballer pour ce réalisateur, en l'occurrence Emmanuel Mouret. Après "Mademoiselle de Joncquières" que j'avais trouvé moyen, son dernier film sur les atermoiements amoureux de ses personnages m'a souvent plongé dans l'ennui. Et pourtant, le cinéaste sublime ses acteurs (Camélia Jordana en est la preuve) pour chercher en eux le meilleur. Malheureusement, ce récit des relations amoureuses est trop scolaire et trop bavard pour narrer au final cette somme de marivaudages. Pour conclure, on suit sans déplaisir la naissance de ces amours et de ces ruptures mais sans crier au génie comme l'a fait la presse française.
Comme un retour aux sources : le verbe est volubile et porté haut. Pour les initiés du cinéma d'Emmanuel Mouret allez-y les yeux fermés (ou presque...). Pour les autres ce sera l'occasion d'une belle immersion dans son univers. Niels Schneider est formidable. peq
Après le très littéraire "Mademoiselle de Joncquieres", le très sensible Emmanuel Mouret continue à explorer les rives de la relation amoureuse, et notamment ce petit territoire bavard qu'est le marivaudage, autrement dit, tout ce que le désir et l'amour suscitent chez l'être humain dans la parole et l'échange. Une fois de plus, c'est un langage très écrit, très dense, pétillant d'intelligence, et sans doute moins naturel de nos jours qu'au temps de l'amour courtois. Mais, une fois la chose acceptée, comment ne pas se laisser emporter par ces récits amoureux que deux étrangers se font l'un à l'autre, dans un relâchement total de toute pudeur et distanciation ? C'est subtil et d'un naturel totalement confondant au point que le spectateur se laisse happer dans une douce complicité avec ces personnages pour rentrer dans leur intimité et se laisser balloter à leur suite dans les tourments de l'amour partagé-non-partagé-trompé-oublié-renaissant. J'ai personnellement adoré... Pour mettre ces sentiments en musique, le réalisateur a réalisé un très beau casting, même si le choix de Vincent Macaigne, brut, barbu et toujours aussi lunaire, n'était pas consensuel. Mais les filles sont extraordinaires dans leur jeu. Elles sont toutes lumineuses, et donnent corps à l'idée que les femmes sont souvent les maîtresses de ce jeu vibratoire où leur sensibilité leur donne souvent un coup d'avance. Une mention spéciale à Emile Dequenne dans le rôle de la femme bafouée qui va rétablir la situation par un incroyable don de soi. Son regard de femme amoureuse est d'une telle intensité que le spectateur masculin de la scène tombe totalement sous le charme. Sa déclaration d'amour est transcendante et laisse sans voix. Quel beau personnage !... La scène finale est belle et fait penser à la chanson de Brassens "Les passantes"... Toutes ces relations qu'on a laissé passer, et qui restent seulement des souvenirs. Emmanuel Mouret est un esthète de la relation amoureuse. Toute référence à Eric Rohmer serait réductrice. Mouret nous donne simplement du plaisir en nous replongeant dans les affres de la rencontre et de la naissance du sentiment amoureux. Après tout, cela reste la période de la vie la plus stimulante... Il peut continuer sur ce registre, je continuerais à vibrer avec lui et ses personnages.
Je ne pensais pas aller le voir (mais carte oblige).Nous allons d'une histoire d'amour à une autre avec il est vrai l'envie d'en connaître davantage. Exceptée Emilie Dequenne que j'ai trouvé très bien. Je pense vraiment qu'il y a eu un mauvais choix d'acteurs - pour moi, ce film avec d'autres acteurs aurait pu prendre une tout autre dimension! Dommage car parfois en + de dialogues (disons sans plus), c'est très & trop mielleux: qu'on se croirait en exagérant un peu dans 'hélène et les garçons'.
A l’issue de la vision du film d’Emmanuel Mouret, on comprend mieux pourquoi Eric Rohmer nous manque. Mouret se réclame bien sûr du maître, mais là où Rohmer proposait des films en apparence légers sur des thèmes profonds, Mouret livre un film lourd concernant des thèmes superficiels. Jenna Thiam a beau chercher à imiter la diction de Béatrice Romand, on est loin des contes des 4 saisons. Avant de songer à imiter Rohmer Mouret devrait tenter de comprendre les films de ce dernier, et ne pas les réduire à des marivaudages crétins. A éviter