Les quelques films en tête sur cette thématique de la transsexualité n’allaient pas aussi loin dans l’accomplissement d’un acte qui nous conduit cette fois à la prise en compte maternelle du personnage. Devenu Benjamin, le compagnon d’Aude entreprend les démarches nécessaires afin de porter l’enfant qu’elle ne peut avoir. Ce qui déstabilise un récit clairement exprimé par la mise en scène de Marie-Castille Mention-Schaar qui une fois encore nous met au pied du mur. Accepter, ou être indifférent à la situation qui se présente ? La repousser ? La famille est tout aussi circonspecte, voire hostile à un tel engagement qui relève d’une liberté de couple joliment filmé entre deux comédiennes sur la même longueur d'onde, Noémie Merlant et Soko. Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
La réalisatrice Marie-Castille Mention-Schaar de « Les héritiers » que j’avais apprécié m’offre un récit assez surprenant. J’avoue avoir regardé vierge de toute information et fus agréablement surpris. spoiler: J’avais de suite reconnu, dès les premières images, les traits de Noémie Merlant mais j'ignorai encore ce qu’il allait advenir.
Je partage complètement les propos de la réalisatrice sur le choix de Noémie Merlant ; au-delà de son talent, il est incroyable que les transgenres se déclarent mieux placés pour jouer son rôle. Si la réalisatrice ne trouve pas le talent, il est tout à fait légitime qu’elle se tourne vers les cis puisqu’il faut les nommer ainsi ! Et puis, y en a assez de cette dictature du profil adéquat. Un acteur a pour fonction de jouer, de faire croire. Dans jouer, il y a jeu.
spoiler: Ce qui est appréciable c’est que la réalisatrice a fait jouer l’acteur transgenre Jonas Ben Ahmed un cisgenre dans le rôle de Neil !
S’est-on élevé du côté des cis pour réclamer ce rôle ?!
Entre tout remettre en question, notre Histoire, l’Histoire du monde, le monde Wok, le #meeToo et autres précautions de langage, l’art finit par s’autocensurer. Et ce n’est ni rendre justice à l’art, ni rendre justice à toutes les minorités dites invisibles y compris les communautés qui revendiquent aussi leur part du gâteau. Ce n’est pas ainsi que je comprends l’art.
« A Good Man » est un récit classique dans sa mise en scène, toutefois les interprétations assurées avec talent par Noémie Merlant (Benjamin) et Soko (Aude) permettent de se focaliser sur le récit que sur la mise en scène. La réalisatrice ne se contente pas de me narrer une histoire insolite, les sentiers qu’elle emprunte ne sont pas balisés avec la place d’Aude dans ce couple hors norme. spoiler: Elle est victime d’un vide juridique puisqu’elle sera considérée comme mère adoptive de son enfant, quelque part.
spoiler: On peut lui en vouloir de ne pas accompagner Benjamin lors de l’accouchement, mais on peut tenter de comprendre sa déprime, ses interrogations.
Alors me direz-vous, tous les haineux du mariage pour tous, crieront que seuls un vrai père et une vraie mère permettent d’éviter cette situation incongrue ; rien de mieux que la normalité ! Il faut aussi que la normalité soit deux pères, deux mères, spoiler: un transgenre qui accouche etc…
spoiler: La normalité c’est aussi de faire jouer des cisgenres à la place de transgenres si le casting ne le permet pas ! Et vice versa !
Il faudrait arrêter de parler de norme, de normalité. Le divertissement comme le cinéma est l’art de l’illusion ; ce n’est pas de placer des acteurs nécessairement concernés par un rôle. Si le cinéma s’inscrit dans une certaine normalité, alors le cinéma perdra tout son intérêt et ne sera plus considéré comme un art. Le cinéma ne peut pas, ne doit pas s’inscrire dans une normalité. Il est là aussi pour nous conter des récits hors normes afin de faire progresser les mentalités et la société.
Quelle performance de Noémie Merlant, métamorphosée pour incarner le rôle de Benjamin! Celle-ci ou celui-ci, décide de porter l'enfant que sa compagne ne réussit pas à avoir. Film dérangeant pour certains car non interprété par un acteur trans, j'ai trouvé pour ma part que cette oeuvre dégageait une grande leçon de tolérance. J'ai découvert que ce phénomène était assez courant aux Etats-Unis, et Marie-Castille Mention-Schaar dépeint à merveille le regard de l'entourage proche à travers l'attitude du frère (Vincent Dedienne) ou le meilleur ami. L'ensemble peut susciter le débat mais soulève la question de la transidentité et de la maternité.
Aude et Benjamin s’aiment et vivent ensemble depuis 6 ans. Aude souffre de ne pas pouvoir avoir d’enfant alors Benjamin décide que c’est lui qui le portera.
C’est une réalisation commune de Marie-Castille Mention-Schaar qui avait fait en 2016 la pépite Le Ciel Attendra. Le scénario a été écrit avec Christian Sonderegger qui avait travaillé avec elle sur Les Héritiers en 2014. A Good Man a fait partie de la Sélection Officielle de Cannes 2020.
Même si le thème est fort, jamais le film ne décolle et je l’ai trouvé seulement pas mal.
A Good Man va s’appuyer sur plusieurs faits afin de se construire. To son frère Jacob Hunt, née Suzanna ut d’abord, le documentaire Coby réalisé par Christian Sonderegger. Il va aborder le frère de celui-ci, Jacob Hunt, née Suzanna, qui avait voulu porter l’enfant de sa compagne avant la fin de sa transition mais avait renoncé à le faire. Jacob est décédé un an avant la sortie du film. L’inspiration va aussi venir de Thomas Beatie, un homme trans Américain, qui a porté ses trois enfants car sa compagne était stérile. Aux États-Unis, il y aurait environ 2.000 par an dans cette situation.
Ce sujet va être plus ou moins bien traité. Il présente bien les choses en ce qui s’agit du cercle familial interne. La relation entre Benjamin et Aude va être pleinement affecté par cette décision. Au fur et à mesure, les difficultés vont se présenter. L’aspect psychologique, même s’il aurait être plus poussé, est bien montré. Je pense que cela manque un peu de recul par moments. On voit aussi bien les conséquences de ce choix sur les relations avec le frère et la mère. Chacun va y aller de son argumentaire que ce soit “pour” ou “contre”. Par contre, je n’ai pas aimé que le rapport avec l’extérieur soit un peu mis sous silence. Il y aura juste un échange avec son meilleur ami sur la situation. C’est un peu faible sachant dans un petit village tout le monde parle.
Le plus gros problème du film vient de son rythme. Il est beaucoup trop lent. Au bout de 30 minutes, j’avais l’impression que plus d'une heure était passée. C’est dommage car on peut parler du sujet le plus intéressant du monde, si on le présente sous la forme d’un somnifère, l’effet ne peut pas être des meilleurs. La cause vient aussi du manque d’implication émotionnelle. Alors que la thématique est puissante, jamais on ne va le sentir décoller de ce point de vue. Il n’y a pas de scène marquante.
Par contre, impossible de ne pas être impressionné par la performance de Noémie Merlant. Sa présence a créé la polémique. En effet, certaines personnes de la communauté transgenre n’ont pas apprécié que le rôle soit interprété par une actrice “cis”. La réalisatrice va assumer son choix et la prestation de Noémie Merlant lui donne entièrement raison. Elle est bluffante du début à la fin. Soko en tant que compagne aussi rempli bien son rôle, tout comme Vincent Dedienne plus dramatique qu’à l’accoutumer pour sa troisième apparition de 2021 après La Fine fleur et L'Etreinte. Je voulais saluer aussi Gabriel Almaer vu cette année dans le film Netflix Sentinelle.
J'ai été bluffée. La bande annonce me présentait un film sur un sujet qui m'intriguait. Le film m'a permis de découvrir une toute autre histoire qui en fait est tirée d'un fait réel. Alors surtout un conseil : voir ce film sans rien en savoir . Fuyer les critiques trop bavardes et promis je ne divulguerai rien . Je ferai donc court de peur de trop vous en dire. Le film peut éventuellement poser des questions d'ordre éthique : ici les réponses on les trouve dans l'amour, la tolérance l'acceptation de la différence ,le don de soi. Le jeu des acteurs est excellent, troublant ; on peut ressentir un certain malaise devant une certaine ambiguïté mais l'émotion l'emporte et on finit par être heureux pour eux, comme eux.
Une histoire d'amour et de tolérance, tout en finesse et en sensibilité. L'actrice qui joue Benjamin est tout à fait crédible, pas de voyeurisme, on est plein d'empathie pour les protagonistes. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre, j'ai été agréablement surprise, un très bon film!
A Good Man aborde les questions de l'identité, de la différence, du regard des autres, du rapport que chaque être humain entretient avec son propre corps, et du combat.
Le long-métrage nous raconte l'histoire de Benjamin et de son combat pour s’accepter et pour être accepté, et celle du couple de Benjamin et Aude, qui aimeraient avoir un enfant, ce qui est compliqué, Aude ne pouvant porter d’enfant, son corps ne le lui permettant injustement pas, alors qu’elle est femme, décision étant alors prise que Benjamin, n’étant pas encore tout à fait au bout de son changement physique car disposant encore d’un appareil génital féminin, portera leur enfant.
Le film traite de la lutte de Benjamin, qui était Sarah, et qui souhaite devenir un homme en tous points, et de sa compagne, afin que leur entourage ainsi que la société comprennent, acceptent leurs choix.
Il est évidemment difficile de voir cet homme confronté à la violence, de son frère confondant indulgence et acceptation; des propos de sa mère qui aurait aimé avoir une fille avec laquelle être complice; d'Aude, dans ses propos et sa décision vers la fin du film, même si elle n'est que temporaire, leur amour étant profond, magnétique, irrésistible, et l'un des points les plus touchants du film.
Aude est le pilier de Benjamin, elle le soutient dans toutes ses épreuves, dont elle pâtit également, étant elle aussi victime de violence, je pense notamment à une scène d'agression.
Je trouve que la réalisatrice aborde ces sujets avec beaucoup de subtilité et de délicatesse. Sa caméra illustre très bien la douleur qui sillonne le chemin de Benjamin, qui est né Sarah mais ne s'est jamais senti bien dans son corps avant son changement d'identité (tel qu'illustré par les flashbacks qui, comme la totalité des autres scènes, sont marquants car s’attardant sur les expressions et l’intériorité des personnages), et elle parvient également à illustrer avec douceur les trop rares moments de bonheur et d’apaisement que vit le couple.
Je vous encourage grandement à aller voir ce film qui ne mérite pas du tout ses mauvaises critiques !
film d'une justesse inouïe dans lequel Marie Castille nous emporte délicatement pour nous faire découvrir l'histoire de Aude et Benjamin. Le film est très émouvant. à voir absolument.
Puissant, parfois manquant de justesse dans l’interprétation mais délicat dans sa mise en scène, ce film s’équilibre entre remises en question et parenthèses dans les paysages bretons où la nature apaise les maux, renvoie à l’universalité de l’homme et invite au partage, à la communion.
Sujet inédit dans le cinéma et pourtant intéressant. Malgré les critiques de ne pas avoir engagé un acteur trans pour incarné le rôle de Benjamin, la réalisatrice Marie-Castille Mention Schaar fait le très bon choix de Noémie Merlant. L'actrice est impeccable dans le rôle d'un homme trans qui décide de porter le bébé du couple car sa femme Aude ,jouée par Soko, ne peut pas tomber enceinte. Noémie Merlant mériterait une nomination au César de la meilleure actrice. On sent le gros travail de l'interprète. Elle a même travaillé sur la tessiture de sa voix pour coller au mieux au personnage. La réalisatrice a par la suite utilisé un logiciel pour retravailler encore la voix du personnage trans. On soulignera également, l'interprétation de Soko dans le rôle de Aude. Personnage plein de vie, soutenant Benjamin dans tous ses choix mais qui est confronté à tout ce qu'implique une grossesse comme celle-ci. Elle subit le poid de la place qu'occupe Benjamin. Petit bémol, je trouve que les flashbacks ne sont pas super bien réalisés. Ça manque de réalisme. Petit point anecdotique, des scènes ont bien été tournées à Aix-en-Provence. Les paysages de l'île de Groix apportent de la distance, de l'éloignement dans le film. Merci à Marie-Castille Mention-Schaar pour avoir abordé ce sujet.
C'est pas un film où ça cause de trop! L'idée est pas mal mais je voyais une mise en scène beaucoup plus rythmée, plus fun aussi. Il manque quelques éclats de voix à mon goût. Belle prestation de Noémie Merlant.
Sublime film d'une rare et subtile émotion. Bouleversant d'humanité et d'amour, ces mots si galvaudés vous disent-ils quelque chose?Si oui, si vous ne craignez pas d'être bouleversés au plus profond de votre être, allez voir: