A la fois remake et film original, "Pulsions" est l’un des plus beaux hommages qui soient au cinéma d’Hitchcock, la mise en scène de Brian De Palma atteint des sommets de style à travers ses longs plans-séquences. Une petite merveille.
Avec Pulsions, le génie Brian de Palma réalise un film au suspense et à la tension sexuelle incroyable! La première scène en est d'ailleurs une parfaite illustration. Ce thriller recèle également quelques scènes cultes (douche, musée...) et offre sans doute à Michael Caine son meilleur rôle.
La scène du musée restera ancrée dans ma mémoire et De Palma est vraiment un virtuose de la caméra, mais derrière tout ça se cache un scénario nettement moins enthousiasmant. Au bout de 30 minutes on devine ce qui se trame et le film perd son principal intérêt, et le rythme de "l'enquête" est vraiment lent n'arrangeant pas les choses. Un film en hommage à Hitchcock, encore une fois, mais qui n'a pas la puissance de Psycho.
Malgré des facilités scénaristiques et des éléments quelquefois un peu trop fantasmagoriques, on peut dire que De Palma a ici pondu un réel chef-d'oeuvre. En effet, Dressed to kill... ou comment mêler tension, classe, désir et justesse avec une harmonie si singulière, et tout cela dans un thriller psychologique aux débouchés inattendus. On pourrait même aller jusqu'à dire que la phrase qu'empruntait Godard a André Basin au début du "mépris" convient beaucoup mieux à "Pulsions" qu'au film du réalisateur français. Du grand art.. 19/20
Cette fois, De Palma se refait "Psychose" : tueur travesti à double personnalité, héroïne assassinée au bout de 30 mn, scènes de douche, etc... Il use et abuse des procédés du maître (le regard subjectif, l'étirement des scènes de meurtre...), à croire qu'il cherche à les épuiser (où à s'en délivrer, en vain ?). Mais il faut reconnaître que l'exercice à son efficacité : le cinéaste s'y montre souvent brillant (la scène du musée, le meurtre dans l'ascenseur...), quelque fois poussif (l'enquête en général...). De Palma parvient malgré tout à faire pousser ses obsessions (le voyeurisme, pas d'Éros sans Thanatos, la perte de l'innocence,...) sur ce lit maniériste. Le charme des comédiens finit de rendre l'ensemble attrayant, même si le cinéaste flirte parfois avec le mauvais goût.
L'ombre d'Hitchcock est plus présente que jamais dans ce film de De Palma, qui nous livre un hommage absolument pas déguisé au maître du suspense. Les nombreuses séquences sans dialogue, où seule la caméra intervient, sont formidablement maîtrisées et font passer le message du cinéaste avec virtuosité. Le cinéphile ne pourra que relever les innombrables clins d’œil (essentiellement à Sueurs Froides et Psychose, mais aussi à sa propre filmographie). De Palma a construit sur la base d'un scénario assez schématique et simple, une mise en images redoutablement efficace, servie par de jeunes acteurs brillants et un Michael Caine au flegme purement britannique.
Les films de De Palma sont pour tout cinéphile des fabuleux délices: ils sont d'une virtuosité sans pareille pour ce qui est de la mise en scène, ils sont intelligents, prenants, rythmés, bien ficelés... Et à cela s'ajoute dans le cas de "Pulsions" une ambiance érotique provocante et déroutante, tout à fait délectable et aussi très déstabilisante, ce qui n'est pas sans rajouter une atmosphère très originale à l'ensemble. Et quelque part, c'est un peu un "Psychose" des années 80, où la dimension perverse, le parcours freudien, la sexualité sont mille fois plus explicites. Mais justement, cette ambiance érotisante est parfois trop lourde, jusqu'à souvent faire sombrer des scènes-clé dans le grotesque. Et surtout, comme pour la majorité des films de De Palma que j'ai vus jusqu'ici, ça n'est pas vraiment mémorable. Est-ce du à l'impression de pastiche grossier? Est-ce du à sa rigueur formelle qui prendrait le pas sur l'émoi qu'il pourrait provoquer? Ou bien est-ce encore du au fait que De Palma est bien plus un metteur en scène doué pour les ambiances qu'un réalisateur qui fait naitre des sentiments profonds? Quoiqu'il en soit, malgré toutes ses qualités, "Pulsions" n'est pas plus qu'un bon film. Et ça c'est diablement frustrant.
Brian De Palma n'aura peut être jamais fait de film aussi grand, aussi éclatant voire aussi noble que "Dressed to kill" : ce n'est sans doute pas l’œuvre ultime comme "Blow out", ni la synthèse hitchcockienne parfaite comme "Body Double", ou encore moins le grand délire jouissif qu'est "Phantom of the Paradise". C'est une toute autre chose : il s'agit de l'essence même du remake parfait, celui qui sait à la fois innover et reprendre avec intelligence et maestria chaque élément du film original pour le transcender et lui faire atteindre l'immortalité. La moiteur et la sexualité implicite de "Psychose" devient ici la base explicite du film : de la victime frustrée à l'héroïne prostituée en passant par le psychopathe soumis à ses pulsions antagonistes, De Palma retravaille le chef d’œuvre d'Hitchcock en un tourbillon ouvertement pervers et sanglant où chaque scène transformée, en plus de son intérêt de remodelage d'un mythe, trouve sa propre identité cinématographique. Ainsi, la séquence de l’ascenseur, image démesurée de la légendaire scène de la douche, devient à son tour une pure leçon de mise en scène, un instant d'une intensité unique, un moment capable à lui seul de faire atteindre le nirvana cinéphile à n'importe quel spectateur. Chaque correspondance entre les deux œuvres semblent faire fi de toute notion d'obstacle temporel : le cinéaste montre avec brio que les chefs d’œuvres du passé sont toujours matrices des générations à venir, et que se tourner vers eux n'est en rien un mouvement vers l'arrière. C'est là le principe même de l'influence artistique. A la fois la plus belle référence et le plus bel hommage à l’œuvre hitchcockienne que De Palma ait jamais fait, "Dressed to kill" est un film important ; capital même. Le thriller de type hitchcockien porté à son plus haut niveau pour une réflexion essentielle sur le passage à la postérité.
Je n'ai vu q'un De Palma, Les Incorruptibles, dont je ne suis pas fan, bon faut dire que je l'avais vu dans une version à la qualité pourrie, difficile de faire pire. Aussi j'avais l'impression qu'il n'était pas allé au bout de son délire. Mais Pulsions m'a bien plu je dois dire. Dès le début on voit que c'est pas le film qui va faire dans la sobriété, et ma foi voir ça de la part d'un film hollywoodien ça fait du bien. Pour une fois qu'on a droit de voir une femme nue sans que ce soit coupé. De Palma est vraiment remonté dans mon estime. Déjà on un film très bien réalisé, rien à dire là-dessus, c'est fluide, très propre, on sent qu'il connaît son métier, que ce n'est pas un yes man aux mains de producteurs peu scrupuleux (bon en même temps un yes man ne réaliserait pas ce genre de films). C'est un mélange entre un thriller un peu horrifique et un film érotique (bon ça ne va pas bien loin non plus, mais en tous cas un film sur le sexe). Et les deux vont plutôt bien ensemble. C'est vraiment du Hitchcock en un peu plus trash. spoiler: D'ailleurs le film est un gros hommage à Psychose, de toute évidence (même façon de tuer l'héroïne après 30 min, même scène de fin après la révélation) et ce n'est pas pour me déplaire . La révélation je m'y attendais un peu, mais De Palma arrive à créer une vraie tension, un suspens de folie lors de plusieurs scènes, je pense à celle au musée ou celle dans le métro. Du coup je suis content, et ça va me motiver pour voir Body Double ou Blow Out. Bon film.
Imaginez la scène où Kim Novak, dans Vertigo (Hitchcock), est assise dans un musée et regarde un tableau. Etirez cette scène, dans la durée et la diégèse : vous obtenez un hommage parfaitement maîtrisé à Alfred Hitchcock. Un film pour cinéphiles.
Empruntant à Dario Argento son travail sur les reflets et les apparences souvent trompeuses, DePalma signe un thriller en trompe-l'oeil sensuel au suspense implacable, jouant sans cesse avec les références (voir le magistral pied de nez final) afin de livrer une sorte de version giallesque et érotique de Psychose.
PULSIONS de Brian De Palma un thriller a la Hitchcock à travers certaines scènes, Les personnages sont intéressants à suivre, montrant leur ambiguïté. Sa mise en scène est superbe et efficace. Les interprétations sont excellentes, la belle Nancy Allen, Angie Dickinson ou Michael Caine. Un vrai bon film,
Scénario tortueux et torturé poussé à l'extrême, plans ingénieux comme seul De Palma sait les faire, ce film est aussi un de ceux ou le réalisateur tire trop sur les situations abracadabrantes. L'interprétation est suffisamment bonne pour nous tenir en haleine tout de même et on frissonne dans certaines scènes. Un film presque rococo mais tout même vénéneux.
De Palma nous livre un suspense et un scenario parfait. Les acteurs sont tres bon. La seule déception vient du début du film qui est un peu long mais la musique est exceptionnelle.