Pulsions
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201 critiques spectateurs

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Estonius

4 733 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 décembre 2012
Une géniale leçon de cinéma, un chef d’œuvre absolu maîtrisé de bout en bout ! Et qu'on ne vienne pas nous raconter que De Palma ne fait que copier Hitchcock. Il ne le copie pas, Hitchcock est son maître, il en retient toutes les leçons, mais les accommodent à sa façon. Là où Hitchcock suggère le sexe, De Palma le transcende de la façon la plus géniale qui soit en jetant au panier les codes de l'ordre moral... Ainsi toute la première partie est un hommage - oh combien sensuel - à la beauté mature d'Angie Dickinson (49 ans au moment du tournage) et à la liberté sexuelle. Ainsi l'auteur qui a confié à Nancy Allen le rôle d'une prostituée, à choisi délibérément d'en faire un personnage positif, parfaitement bien dans sa peau et qui s'assume complètement. L'érotisme est omniprésent, la sexualité aussi , le film n'a rien contre les transsexuels (il en est pour preuve que cette discussion surréaliste, - chirurgicale, devrait-on dire - entre Nancy Allen et le jeune Keith Gordon, vers la fin) il a par contre quelque chose contre la société qui les rejette. Mais Pulsions est d'abord un film d'angoisse, elle naît de suite, dès les premières minutes (ça nous change de certains films qui n'ont pas encore démarré au bout de 30 minutes) et ne nous quitte qu'avec l'apparition du mot fin. Et puis il y a cette maestria, la beauté et l'audace des plans, la musique, les acteurs... des scènes inoubliables... tout ! Un des grands films de l'histoire du cinéma., Merci Monsieur de Palma !
PS : Et honte aux crétins du Razzie Awards qui ont osé nominer trois fois ce chef d’œuvre.
Benjamin A

806 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 mars 2014
Pour son entré dans les années 1980, Brian De Palma nous livre "Pulsions", un thriller dans la veine "Hitchcockienne" (notamment sa période "Psychose", à travers certains scènes, des clins d’œil ou la construction), sans jamais tomber dans la caricature ou la parodie et en étant un peu plus explicite, notamment comme l'indique le titre Français sur les pulsions et l'érotisme. La force du film c'est l’atmosphère que lui insuffle De Palma, à la fois envoutante, sensuelle, malsaine et angoissante, à travers un scénario sombre et bien construit et nous proposant un vrai suspense et de la tension. Les personnages sont intéressants à suivre et bien écrit, montrant leur complexité et ambiguïté. Sa mise en scène est superbe et efficace. Les interprétations sont excellentes, que ce soit la belle Nancy Allen, Angie Dickinson ou Michael Caine. Un vrai bon film, bien rythmé, bien foutu et même si dans l'absolue l'élève ne dépasse pas le maitre, on aurait tort de se priver de ce film.
stebbins

563 abonnés 1 747 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 septembre 2006
L'un des meilleurs films de Brian de Palma, et certainement l'un des plus aboutits parmi les films dans lesquels le réalisateur rend hommage à son père spirituel Alfred Hitchcock. On retrouve la référence à Sueurs Froides ( Vertigo ) lors de la scène où Kate Miller visite un musée. Mais c'est principalement Psychose qui apparaît comme le film référenciel de Pulsions ( on retrouvera certains plans et le même genre de montage de la scène de la douche, actualisée ici dans un ascenseur ). Keith Gordon est la véritable révélation du film, dans lequel il joue Pete Miller, une sorte d'enfant surdoué et bricoleur à la Géo Trouvetou qui fait figure de héros ( Keith Gordon fut révélé un an plus tôt dans Home Movies, autre film de Brian de Palma ). Angie Dickinson, Michael Caine et Nancy Allen ( actrice fétiche du réalisateur depuis Carrie au bal du diable ) interprètent tous de façon magistrale leur personnages, et le scénario est captivant de bout en bout, digne du meilleur Hitchcock. Impressionnant de maîtrise et d'interêt...
chrischambers86

16 160 abonnés 13 111 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 octobre 2012
Manipulateur, remarquable de tension et de noirceur, action permanente sur les nerfs du spectateur, "Dressed to Kill" est l'hommage de Brian De Palma à Sir Alfred Hitchcock (la douche) dont certains classiques du maître entrent en jeu dans cette histoire trompe-l'oeil! De "Vertigo" (dans la scène du musèe de peinture) à "Psychose" (où l'on s'attache à dècrire soigneusement un personnage qu'on tue ensuite), "Dressed to Kill" est un suspense virtuose avec quelques scènes de haut vol et constitue une synthèse de l'art de Brian De Palma entre ralenti, jeu sur le point de vue et split-screen! Les comèdiens sont ètonnants notamment Angie Dickinson et surtout Michael Caine en psy travesti (il serait injuste de ne pas citer la sexy Nancy Allen en call girl de luxe). Un film brillant qui poussera la provocation depalmienne encore plus loin avec le superbe et très maîtrisé "Body Double"...
AMCHI

6 942 abonnés 5 936 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 septembre 2008
De Palma frappe fort encore une fois avec ce magnifique thriller, il prouve bien qu'avec Hitchcock il est un des meilleurs metteur en scène de suspense. Atmosphère troublante et sulfureuse, très angoissant et cerise sur le gâteau la présence de Michael Caine.
Alain D.

734 abonnés 3 445 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 janvier 2019
Un bon Thriller noir écrit et mis en scène par Brian De Palma. Avec un montage subtil, le maitre du suspense et de la suggestion nous livre une intrigue mêlant fantasmes érotiques, scènes fantastiques et séquences d'horreur. Le casting est très solide avec des valeurs sures comme Michael Caine (Le Psy), Angie Dickinson dans le rôle de Kate l'assouvie aux fantasmes érotiques, Nancy Allen dans le rôle de Liz, la prostitué et Dennis Franz dans la peau de l'inspecteur Marino.
Même s'il reste efficace, dommage que ce film ait très mal vieilli et que le twist final soit assez prévisible.
Akamaru

3 502 abonnés 4 339 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 mars 2010
Franchement,Brian De Palma a beau s'inspirer régulièrement des films de Hitchcock,il le fait avec tant de maestria,de talent,d'amour pour le cinéma à suspense et l'envie de jouer avec les nerfs du spectateur,que chacun de ses films au tournant des années 80 sont des purs chefs d'oeuvre."Pulsions" s'ouvre sur une scène follement érotique,qui donne le ton d'un thriller au fort quotient sexuel,préoccupation universelle,toujours apte à mener en bâteau et en faisant montre d'une réalisation époustouflante.Techniquement,De Palma maîtrise tout avec une facilité insolente:split-screen,jeux de miroirs,plans-séquences en lieu clos,champ/contrechamp tenant en haleine.2 superbes blondes servent son propos paranoïaque:Angie Dickinson,la cinquantaine excitante et Nancy Allen,la call-girl stimulante.Epiées,traquées, menaçées physiquement;elles sont au coeur d'un meurtre bien trouble à la lame de rasoir dans un ascenseur.Voyeurisme,obessions et renversement de rôles sont au programme de "Pulsions",qui n'hésite pas aussi à aborder la question polémique(à l'époque)de la transsexualité.Avec peu de dialogues,De Palma parvient à distiller une attente insoutenable,que sert une mise en scène toujours surprenante,et pas uniquement esthétiquement. Louanges sans réserves pour cet exemple d'oeuvre plurielle et indémodable.
MaCultureGeek

1 161 abonnés 1 224 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 janvier 2014
Brian De Palma nous livre un très bon film qui fait froid dans le dos et qui accumule nombre de passages effrayants mis en scène avec brio.
elbandito

390 abonnés 992 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 septembre 2010
Librement inspiré du célèbre «Psychose» de son mentor Alfred Hitchcock, Brian De Palma réalise un thriller érotique de haute volée mais qui a malheureusement beaucoup vieilli. La cinquantaine épanouie, Angie Dickinson est magnifiée par la caméra virtuose du réalisateur et Michael Caine habite un psychiatre perturbé très intelligemment. A retenir de superbes plan-séquences sans dialogues mais en musique et quelques scènes étourdissantes au suspense insoutenable.
Julien D
Julien D

73 abonnés 696 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 juin 2013
Une réalisation exceptionnelle et un véritable coup de maître. Il suffit de voir la magnifique scène du meurtre dans l'ascenseur (probablement la plus belle de son auteur, et pourtant sa filmo ne manque pas de séquences cultes...) pour se convaincre de la maîtrise et de l'inventivité de la mise en scène de Brian De Palma. Le film est tour-à-tour sensuel, troublant, angoissant et effrayant. Un léger bémol est toutefois à mettre sur le compte d'une crédibilité pas toujours heureuse, afin de servir des effets de style pourtant très réussis et une fin vraiment savoureuse. Un mal pour un bien donc... Un must !
pietro bucca
pietro bucca

89 abonnés 1 343 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 février 2013
Du mystere,du mystique,du suspens...Et tout ca filmé de merveilleuse facon a la De Palma...Ca donne un grand film.
gimliamideselfes

3 429 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 novembre 2016
J'avais Dressed to Kill depuis des années, mais je n'avais jamais pris la peine de le voir, allant même jusqu'à oublié que c'était Pulsions de De Palma en VO lorsque je le voyais dans ma "collection numérique tout à fait légale" et qu'est-ce-que c'était brillant. Je le disais hier encore avec Phantom of the Paradise, mais De Palma sait prendre ses influences, ici on n'est pas loin de Psychose pour en faire quelque chose qui lui est propre, qui a son identité et qui dépasse par conséquent le simple hommage tout à fait stérile.

De plus le film est incroyablement stressant, j'ai lu le synopsis (surtout si on lit celui d'Allociné qui détaille le film jusqu'à 10min de la fin...), comme beaucoup de gens avant de voir le film, je savais donc que l'héroïne que l'on suit au début n'allait pas être l'héroïne durant tout le film, qu'elle allait se faire tuer, comme dans Psychose, ce qui est d'ailleurs annoncé par une prémonition, et c'est fou comme De Palma joue avec ça, notamment dans le musée, où l'on ne sait pas trop ce que c'est, si c'est une jeu sexuel, si c'est de la peur, si c'est un jeu de chasseur et de proie... Tout ça est très ambigüe, le spectateur, comme l'héroïne ne savent pas sur quel pied danser. La séquence de course poursuite (?) dans le musée est juste magistrale, parce que ça met une tension de fou alors qu'en vrai c'est rien du tout, c'est deux types qui se tournent autour : "vais-je te rendre ton gant ou pas ?", mais en sous-texte le spectateur comprend : "vais-je te sauter ou te buter ?".

De Palma c'est vraiment le roi de la tension et il le fait avec trois fois rien, pour trois fois rien et ça fonctionne du feu de dieu.

J'aurai cependant un défaut, c'est que parfois on voit à quoi pense le personnage, sauf qu'on n'avait pas besoin de le voir, on avait compris, lorsque la fille cherche sa culotte on a compris qu'elle la cherchait, et on a compris qu'elle a compris où elle l'avait laissé, pareil pour la bague, on n'avait pas besoin de cette information jetée de manière aussi grossière sur l'écran. Et ça jure d'autant plus avec le reste que les séquences sont assez longues et détailles ce qui fait que l'on comprend sans qu'on nous le dise. ll y a peut-être un ou deux deus ex machina (dont un qui est préparé, mais qui, lorsqu'il arrive, fait vraiment deus ex machina) mais rien de bien grave non plus.

Je pinaille, parce que c'était réellement excellent, jouissif à souhait, notons par ailleurs une séquence à la fin où les spectateurs voyeurs sont représentés comme des aliénés juste bons à encourager des meurtres sordides. Voilà qui remet chacun à sa place.

Mais je pense que finalement la séquence la plus tendue c'est la séquence de toute fin, absolument parfaite, en plus on voit des seins... De Palma maîtrise exactement ce qu'il fait, c'est absolument glaçant tant la tension est à son comble. Limite c'est dommage que De Palma n'ait pas fait (à ma connaissance) de réel film d'horreur, parce que là on en est pas loin et finalement la tension exacerbée fait bien plus peur que n'importe quel navet, remake de slasher des années 80 qui sortent de nos jours.

Notons par ailleurs que Madmoizelle.com doit adorer ce film et vu que je suis Charlie, ça me réjouit au plus au point.
Yannickcinéphile

2 878 abonnés 4 582 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 janvier 2016
Un film de très belle facture que Pulsions, film qui pour moi a un petit bémol, sa conclusion. Pour être très franc elle n’est pas aussi surprenante que cela, on peut aisément s’en douter car le film propose peu de personnages. Cela gomme un peu le suspens.
Mais enfin, pour le reste c’est du très bon, digne des meilleurs gialli. Le casting est sublime, évidemment, avec un trio principal composé de Dickinson, excellente dans son rôle et d’une beauté lumineuse, de Nancy Allen, actrice toujours très talentueuse que je regrette de ne pas avoir vu dans davantage de rôles marquants, et Michael Caine, qu’on ne présente plus. Celle qui tire quand même son épingle du jeu c’est Nancy Allen, et elle forme un duo de premier ordre avec le moins connu Keith Gordon, qui ne manque pas de se trouver une place au milieu du reste du casting prestigieux. Pour ma part j’ai trouvé que les acteurs étaient réellement bien utilisés, avec des personnages consistants, et je trouve personnellement qu’il y a deux très beaux portraits de femmes dans ce film.
Le scénario comme je l’ai dit est un peu affadi par sa conclusion pas très surprenante. Mais pour le reste le film est doté d’une narration fluide, le film ne manque pas de rebondissement mais sait aussi prendre son temps quand il le faut. Pulsions est réellement bien maitrisé dans son récit, et c’est important dans ce genre de film car en plus il y a deux parties bien distinctes, qui auraient facilement pu se heurter et ne pas se fondre correctement. Sinon bon travail sur la psychologie des personnages, sujet original, tensions, perversité, bref, que du bon !
Visuellement Brian de Palma signe un film de très belle qualité. Sa mise en scène pleine d’inventivité, aux cadrages audacieux, à la magnifique exploitation des jeux de miroir, est une très grande réussite qui donne tout de suite une personnalité au film, et le rend fascinant. Comme je dis souvent un film c’est avant tout un travail visuel, c’est l’arme déterminante et on sent ici toute l’importance de la mise en scène, mais aussi celle des décors et de la photographie, tout aussi fouillés et impeccables dans Pulsions. Une bande son magnifique complète le tout comme une cerise sur le gâteau.
En clair Pulsions est un métrage qui m’a vraiment séduit, et c’est peut-être car tout du long il m’a réellement plu que la fin m’a paru en-dessous. La sortie est un peu trop facile, dommage, mais enfin, cela ne doit pas ternir la qualité du reste. 4.5.
EricDebarnot
EricDebarnot

239 abonnés 1 262 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 25 septembre 2011
Ça fait drôle de revoir aussi longtemps après l'un de ces polars baroques de la période post-hitchcockienne de la carrière de De Palma : on est immédiatement frappé par tout ce que "Dressed to Kill" a de déviant, de hors normes par rapport à la production hollywoodienne, d'alors comme d'aujourd'hui. Un scénario passant le relais entre les personnages, avec d'étonnantes digressions "gratuites" (la superbe visite du musée), une méchanceté assez dégueulasse, ou en tout cas peu politiquement correcte, envers la sexualité féminine, une direction d'acteurs tellement relâchée que personne - même les plus professionnels comme Michael Caine - n'est jamais crédible... "Dressed to Kill", jusque dans sa conclusion cauchemardesque des plus déjantées, a tout du foutoir, si ce n'était bien sûr ce qui intéresse vraiment De Palma (et là, on ne rigole plus...) une mise en scène parfaite, d'une inventivité constante, mais qui reste en permanence au service du travail théorique poursuivi par De Palma, en poussant des concepts hitchcockiens jusqu'à leur point de non retour, sur la vision et le pouvoir qu'elle confère à ceux qui la contrôle. Sous cet angle-là, "Dressed to Kill" devient un film vraiment réussi. Et tout-à-fait impressionnant.
soniadidierkmurgia

1 432 abonnés 4 330 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 janvier 2016
Quand il met en chantier “Pulsions », Brian De Palma âgé de 40 ans a réalisé douze longs métrages depuis 1966 dont quelques succès assez retentissants comme « Phantom of the Paradise » (1974), « Carrie » (1976) ou « Furie » (1978) qui le placent parmi les réalisateurs qui comptent même si spécialisé dans le cinéma de genre, il se situe dans l’esprit de la critique américaine un cran en dessous de ses « copains barbus » du nouvel Hollywood (expression empruntée à Billy Wilder alors qu’il évoquait ses difficultés à monter « Fedora ») qui ont à leur actif des succès mondiaux qui leur ont valu l’adoubement de la critique et la reconnaissance des festivals (« Taxi Driver » pour Scorsese, « Le Parrain » pour Coppola et « Les dents de la mer » pour Spielberg). Pas étonnant dès lors qu’il soit engagé sur des projets ambitieux comme « Cruising » ou « Le Prince New York », tous deux finalement réalisés par William Friedkin et Sidney Lumet. Frustré comme il le dit lui-même par sa difficulté à monter le projet autour du livre qu’était en train d’écrire Robert Daley sur sa propre expérience de commissaire délégué face à la corruption qui gangrénait le NYCPD dans les années 1970 (cf, « Le Prince de New York »), il rédige très promptement le scénario de « Pulsions » à partir d’articles et de livres sur le phénomène de la transsexualité qui l’intrigue et le fascine. Comme toujours chez De Palma, l’histoire est agrémentée d’éléments autobiographiques (ici le jeune héros joué par Keith Gordon accro aux nouvelles technologies, clone du De Palma adolescent qui espionnait caméra à la main son père adultère). Son agent, vend illico le scénario aux enchères pour 200.000 dollars (somme rondelette à l’époque). « Pulsions » est désormais sur les rails. De Palma, même s’il s’en défend, puise une nouvelle fois son inspiration de mise en scène chez Hitchcock, ouvrant et concluant son film par un hommage appuyé à la fameuse scène de la douche de « Psychose » (1960). Idem pour les thèmes qui rythment l’action comme le voyeurisme, le sexe refoulé puis réprimé ou l’obsession pour les femmes blondes. C’est d’ailleurs en référence à « Psychose » qu’il construit le premier tiers de « Pulsions », réussissant à crée le même sentiment de malaise indéfini que l’on ressentait face à Janet Leigh, héroïne furtive de « Psychose », secrétaire en fuite après avoir dérobé le magot de son patron. Mais nous sommes en 1980, soit vingt ans après le film choc que fut « Psychose » et De Palma peut maintenant exposer clairement les fantasmes sexuels qu’Hitchcock se contentait de suggérer avec son habituel sens de la dérision. L’accomplissement sexuel est clairement la quête de Kate Miller (Angie Dickinson), sémillante quinquagénaire dont nous allons partager pendant une demi-heure grâce à la virtuosité de la caméra de De Palma (Ralf D. Bode à la photographie) le très troublant, sensuel et maladroit cheminement vers le plaisir. spoiler: D’abord par une scène d’onanisme sous la douche qui en ouverture nous dévoile quel sera le ton du film mais aussi le degré de frustration atteint par cette femme recourant à la psychanalyse pour tenter de calmer le flot d’émotions contenues qui la submerge
. Ensuite par une scène d’anthologie au Metropolitan Museum of Art de New York (scène tournée en réalité à Philadelphie), variation virtuose autour de la scène du musée de « Vertigo » où une partie de cache-cache tout à la fois mutine et onirique met Kate Miller sur la piste de son accomplissement. La quête effrénée trouvera son acmé dans le cri de jouissance lâché en pleine circulation après un abandon aux foucades d’un inconnu sur le siège arrière d’un taxi. spoiler: Mais comme Hitchcock avait choisi de livrer sauvagement Janet Leigh à la lame tranchante de Norman Bates (Anthony Perkins) après nous avoir mis en sympathie avec elle, De Palma nous prive d’Angie Dickinson à peu près dans les mêmes délais et de manière aussi brutale, une cabine d’ascenseur remplaçant la célèbre cabine de douche. La pulsion sexuelle vécue de manière coupable par Kate Miller, sa réprimande en deux temps par la découverte tout d'abord de la maladie transmissible de son partenaire puis ensuite par la fin tragique de la candidate au plaisir
seront fortement reprochées à De Palma comme l'affirmation de sa part d'une position antiféministe dans la droite ligne de la reprise en main puritaine qui sourd depuis la fin du flower power née quelque part aux abords de Cielo Drive, là-même où Sharon Tate, la femme de Roman Polanski, avait trouvé la mort sous les coups de poignard des séides de Charles Manson (le 9 août 1969). Une régression brutale bientôt confortée par l'apparition du Sida, vue par les milieux réactionnaires comme le réveil de la volonté divine du retour à un ordre établi. Extrapolation erronée selon De Palma d'une critique toujours prompte à faire dire aux films plus que leurs auteurs avaient en tête. La polémique qui liguera contre le réalisateur les milieux féministes et gay (transposition sur l'homosexualité de son approche répressive de la transsexualité) suivie de la mini bataille d'Hernani que se livrent les critiques Pauline Kael, fervente avocate de De Palma depuis ses débuts, et Andrew Sarris l'accusant d'être un Hitchcock aux petits pieds. Tous ces remous feront beaucoup pour le succès du film qui sera le plus rentable de la carrière du réalisateur sans aucun doute conscient au préalable du parti à tirer de la marque transgressive des thèmes choisis. La suite du film consacrée à la traque du tueur s'éloigne quelque peu de l'esprit hitchcockien, nous rappelant que De Palma est de la génération des Spielberg, Dante et autres Lucas, mêlant humour potache de l'adolescence et emprunt aux slashers qui font rage depuis l'avènement du "Halloween" de John Carpenter (1978). Cette deuxième partie du film est tout aussi virtuose grâce à l'acuité visuelle de De Palma dont les effets parfois jugés tocs comme le split-screen ou l'utilisation d'une lentille bifocale pour juxtaposer deux plans distants montrent aujourd'hui toute leur pertinence et leur originalité pour donner à "Pulsions" toute sa force suggestive. Le duo formé par Keith Gordon et la pulpeuse Nancy Allen (femme de De Palma) est complètement opérationnel grâce à l'incongruité et l'ambiguïté de leur association (un geek de prime abord asexué et une prostituée). Michael Caine et Angie Dickinson qui s'immiscent pour la première fois dans l'univers "de palmien" sont bien sûrs parfaits et n'ont pas eu à regretter ces deux rôles marquants de leur filmographie. Ajoutez à tout cela la musique envoûtante de Pino Donaggio, fidèle compositeur de De Palma depuis "Carrie" et vous obtenez la preuve qu'un cinéma hautement référentiel peut trouver le chemin de l'originalité si le mélange est réalisé par un savant alchimiste.
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