121 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
18 critiques spectateurs
5
0 critique
4
6 critiques
3
5 critiques
2
5 critiques
1
2 critiques
0
0 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Dora M.
79 abonnés
547 critiques
Suivre son activité
3,5
Publiée le 27 mars 2020
"Le cri du hibou" est l'histoire d'une femme (Juliette) qui tombe amoureuse d'un homme (Robert) qui était fasciné par elle mais qui ne veut pas bousculer la vie de la jeune femme, peut-être par peur de lui même. Malgré lui, tout éclate dans la vie de Juliette et Robert, à tel point qu'on l'accuse de crimes qu'il affirme ne pas avoir commis. Il a malheureusement le profil du coupable idéal et malgré sa bonne volonté, il ne parvient pas à s'extirper de ces situations. Les personnes qu'ils croisent sur son passage sont néfastes pour lui alors que la société, de manière générale, ne semble pas les juger, eux. Il reste longtemps incompris par presque tous. Il y a une certaine tension tout au long du film, jusqu'à la dernière seconde, surprenante, qui laisse le spectateur en haleine. On ne s'ennuie pas, c'est riche en rebondissements.
Initiée par la rencontre entre un homme dépressif et une jeune femme fragile, cette intrigue psychologique feutrée prend progressivement, à l'apparition des premiers incidents, un tour policier et la dimension d'un fait divers provincial. Le dessein de Claude Chabrol est d'associer à la personnalité déprimée et pessimiste de Robert une influence morbide, faisant de cet inoffensif dessinateur un type funeste, spoiler: porteur de mort (n'apparait-il pas à Juliette-Mathilda May -symbole un rien grandiloquent- au milieu des flammes?) . A vrai dire, Chabrol ne convainc guère tant le comportement et les dispositions psychologiques du personnage de Christophe Malavoy l'éloignent peu de la normalité. Le film, sans perdre au demeurant de son intérêt, se montre simultanément insuffisant et excessif. Car les proportions dramatiques que prend l'intrigue semblent en décalage avec la nature très ordinaire des protagonistes. C'est aussi l'impression qui prévaut concernant le rôle de Juliette. "Le cri du hibou" reste néanmoins un film chabrolien, où la noirceur cohabite avec l'ironie et la dérision, comme en témoignent les seconds rôles de JP Kalfon et Virginie Thévenet, le premier en commissaire de police désinvolte, la seconde en ex-épouse de Robert, perfide et revancharde.
Ce film de Chabrol semble être presque oublié - compte tenu des quelques commentaires imprimés ici et du fait qu'il est peu probable qu'il soit mentionné parmi les chefs-d'œuvre de maestros. Bien qu'il soit basé sur un roman de Patricia Highsmith et qu'il y ait une certaine tension, "Le Cri du Hibou" n'attire pas vraiment le spectateur dans le petit monde de ses quelques personnages. Tout le monde dans ce film semble avoir sa névrose privée, et lorsque le destin les lie tous ensemble, il en résulte un mélange explosif.