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GyzmoCA
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4,0
Publiée le 5 janvier 2024
Tarik Saleh déjà réalisateur de l'excellent Le Caire Confidentiel signe un film sur les liens entre la politique et la religion en Egypte. Farès Farès est comme à son habitude excellent dans son rôle de bras armé du pouvoir. On suit un étudiant dans une école religieuse au coeur des influences de la capitale. On comprend aisement pourquoi ce film a reçu le prix du scénario au festival de Cannes. Suspense tout au long du film et une morale interessante sur la fin.
Tarik Saleh m’avait bien plu dans « Le Caire confidentiel ». Ici, le sujet sur le conflit de pouvoir entre la religion musulmane, représentée par Al-Salah, sorte de Vatican local, et le pouvoir politique en place, est sans doute moins accrocheur que le précédent film plus classique, mais on retrouve le talent de conteur du réalisateur qui n’hésite pas à mettre en cause les rouages de l’Etat (du reste le film n’aurait pas été tourné en Égypte). Sur le plan technique, on apprécie la maitrise des prises de vue et la bande sonore, tout comme les acteurs, en particulier le jeune homme issu d’un milieu modeste parti faire ses études à Al-Salah pour devenir imam. Cette plongée dans la société égyptienne , accompagnée d’un stress de tous les instants pour les spectateurs que nous sommes, est une réussite indéniable et on apprend beaucoup sur le milieu musulman.
“Boy from Heaven” est un thriller de l’auteur Suédois d'origine Égyptienne à qui l’on doit le polar “Le Caire confidentiel” sorti en salles en 2017. Tarik Saleh nous emmène au cœur de la mosquée et université Al-Azhar au Caire. Adam, un fils de pêcheur sans histoire intègre ce haut lieu de l’Islam sunnite. Le jour de la rentrée, il assiste à la mort brutale du Grand Imam et se retrouve malgré-lui au cœur d’une lutte de pouvoir entre politique et religion. En effet, chacun veut décider qui sera le successeur de la plus haute fonction de la mosquée et Adam pourrait être le meilleur pion à manipuler. Le film s’aventure sur de fausses pistes pour véhiculer la paranoïa et poursuit dans une infiltration haletante pour mieux instaurer son dénouement. Si quelques longueurs sont regrettables, “Boy from Heaven” est un brillant thriller sur la corruption religieuse. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Prix du Scénario à Cannes, une plongée dans les arcanes du pouvoir égyptien et de l'université Al-Azhar, institution de l'Islam sunnite.
Entre le film d'infiltration (plutôt classique) et le film politique (moins classique), un thriller manipulateur dressant un portrait peu flatteur des hautes instances à la tête du pays.
Ou quand l'État cherche par tous les moyens à ce que la religion s'accorde avec lui. À découvrir.
Très bon film impressionnant qui tient en haleine du début à la fin, manipulation, pouvoir, tout y est aussi bien dans le milieu religieux que gouvernemental
Un thriller efficace mêlant militaire, religion, politique. Le jeune acteur Tawfeek Barhom sobre et profond contribue à nous captiver malgré quelques longueurs en son début qui laissent progressivement place à la progression de l’intrigue et à des rebondissements efficaces sinon spectaculaire.
Un bon film, assez linéaire mais avec suffisamment de rebondissements pour maintenir l'attention jusqu'au bout. Si on rajoute un aperçu de l’Égypte actuelle (la séquence de la boite de nuit où il n'y a que des garçons est un peu étrange), on a une bonne raison supplémentaire d'y aller.
Du très grand cinéma au croisement du thriller et de la synthèse politique. Une mise en scène au cordeau à l'atmosphère du "Nom de la rose", l'oeuvre met en lumière l'effondrement moral et la corruption politique et religieuse.
Sur un rythme de thriller, l'éternelle bataille du sabre et du goupillon, la raison d’État, la morale humaine et divine, le pouvoir des "services", les luttes de pouvoir au sein des institutions tant religieuses que politiques, la fin et les moyens... tout ça dans le cadre solennel mais pas si feutré que ça de l'université Al-Azhar.
Bien joué, avec des personnages d'autant plus crédibles qu'ils sont parfois à contre-emploi de leur physique -notamment un barbouze à l'allure de soixante-huitard et au regard si doux-, ce film fonctionne très bien et devrait avoir un gros succès.
La Conspiration du Caire prend la forme d’un récit d’apprentissage, avec son personnage principal candide tiré de sa campagne pour gagner les rangs de l’université islamique al-Azhar, pour mieux en miner les codes et l’invalider. En quittant son foyer dans la perspective de cultiver sa foi et de devenir prêcheur, Adam découvre un microcosme peuplé de factions ennemies qui chacune instrumentalisent les écritures sacrées à des fins politiques : il devient alors tour à tour un infiltré, un complotiste, un traître, baladé d’une extrémité à l’autre de la cour centrale de l’établissement, en témoignent les plans répétitifs sur ses allers-retours, contraint de faire le mur régulièrement pour échanger avec l’État par téléphone portable alors que son ambassadeur est assis à côté de lui. Le film se plaît à révéler l’hypocrisie de ceux qui font des leçons de morale aux autres, intègre des éléments de la culture américaine dans des espaces fermés et a priori rigoristes, depuis le maillot de football encadré aux sodas et produits McDonald’s achetés en cachette. Tarik Saleh veille à montrer Adam comme un spectateur, si bien que ses actions le disqualifient parce qu’elles sont guidées par une instance supérieure se faisant passer pour Dieu ; il revient alors au personnage – et là réside le seul apprentissage – d’identifier et de confondre les menteurs qui exploitent la religion à des intérêts personnels, d’accepter en somme que la foi véritable ne se trouve ni à l’université ni dans la parole de ses prêcheurs mais au plus profond de lui-même. N’oublions pas que le titre original signifie « le garçon qui vient du Paradis » : le dialogue dernier avec le cheikh Ngem le consacre penseur autonome et l’invite à revenir au point de départ. C’est alors tout un monde qui s’effondre, celui de la grandeur de la capitale, du prestige des études, de la primauté du savoir appris sur la connaissance prédisposée. Ce mouvement de retour et de repli rappelle la clausule voltairienne de Candide, lorsque tous les personnages choisissaient de renoncer à se soumettre à une théorie pour éprouver l’existence collective par le travail ; la pêche encadre La Conspiration du Caire tel un contrepoint musical, laissant entendre le chant dissonant et simple du marin au milieu des sifflements des serpents pécheurs.
Une magnifique plongée de 2h dans les méandres politico-religieux Egyptiens, envoûtante et stressante ! Que ce soit l’interprétation magistrale de Tawfeek Barhom, ou de la qualité d'images, gros plans, éclairages, costumes, tout cela concoure au mystère qui constitue le fil rouge d'une remarquable mise en scène d'un pouvoir obscur ! Tarik Saleh n'est certes pas un inconnu, preuve "Le Caire Confidentiel" il y a 5 ans. Cette ambiance créée principalement au cœur de l' Université Al-Azhar, sorte de Vatican, est fascinante....et nous transporte dans le monde de l'intrigue.... A signaler et pas si courant... pas une Femme - en dehors de la maman du jeune Adam au tout début- et de la très jeune fille, au final - objet d'une guerre d' influence... Sans tout comprendre, je l'avoue car non spécialiste, on reste captivés et impressionnés par ce film passionnant ....!!**
Un thriller dépaysant et passionnant au cœur du pouvoir égyptien. Notamment les relations tortueuses entre État et religion. Un peu long et bavard mais superbement écrit.
« La conspiration du Caire » (2022) est loin d’être le premier film de Tarik Saleh, réalisateur né d’un père égyptien et d’une mère suédoise, auquel on doit le magnifique film « Le Caire confidentiel » sorti en 2017, et qui est interdit de séjour en Egypte. Adam (Tawfeek Barhom acteur israélien mais se définissant également comme Palestinien), fils d’un pauvre pêcheur analphabète, intègre la prestigieuse université Al-Azhar du Caire, cœur de l'Islam sunnite. Lors de la cérémonie d’accueil le Grand Imam meurt et la guerre de succession est ouverte entre les différentes factions religieuses dont celle de quelques Frères musulmans. A son insu Adam va être repéré puis manipulé par le colonel Ibrahim (Fares Fares acteur libano-suédois) du service de la sécurité nationale car dans ce pays, il faut qu’il y ait une concordance entre le pouvoir religieux et le pouvoir politique, l’un et l’autre s’appuyant sur la puissance et la force de l’autre. A noter que le titre originel du film est un « Garçon venant du Paradis » car en quelques mois ce jeune innocent, naïf mais rusé, repéré par l’Imam de son village, va mûrir sa réflexion sur la foi. Un thriller politico-religieux un peu trop long peut-être (2 h) s’essoufflant au bout d’une heure pour se terminer en beauté tel un film de Hitchcock. Un film travaillé avec de superbes images et qui a obtenu le prix du meilleur scénario à Cannes.
Tariq Saleh a réalisé un film d'une grande finesse sur un sujet politique passionnant : les relations entre Etat et religion dans l'Egypte d'Al-Sissi et, par extrapolation, dans l'ensemble du monde musulman. Le scénario est malin car il permet de voir les rivalités de pouvoir au sein de l'influente université islamique Al-Azhar au travers d'une histoire (globalement) crédible. Une petite critique cependant. A la fin du film, le général a cette formule "Le pouvoir est une arme a double tranchant. Elle peut te couper la main". Cet axiome est adaptable au film : à vouloir montrer comment l'Etat s'immisce dans les arcanes du pouvoir religieux pour se protéger de la radicalité menaçante des Frères musulmans, il laisse la possibilité d'une double lecture ; quant beaucoup y verront une critique de la dictature d'Al-Sissi, certains pourront voir les radicaux comme les victimes de cet autoritarisme et il serait dommage de faire de ces fous de dieu des martyrs. Malgré cela, c'est un excellent film à recommander en premier lieu aux étudiants en sciences politiques.
En 2022, le réalisateur suédois d'origine égyptienne Tarik Saleh livre un thriller politique assez coriace. Malgré un scénario nébuleux, l’analyse des jeux de domination entre monde politique et religieux reste captivante. L’histoire prend place au sein de la prestigieuse université Al-Azhar au Caire où un jeune étudiant d’origine modeste se retrouve pris au piège par une machination d’Etat. Si le suspense est total en dépit de quelques longueurs, on peut regretter que la description des luttes de pouvoir au sein des courants islamistes demeure superficielle. Néanmoins, la mise en scène soyeuse donne lieu à plusieurs séquences d’une grande beauté visuelle. Bref, un film d’espionnage efficace.