Adapté du roman éponyme (1951), le 5e à 49 ans de Louise de Vilmorin, centré sur un triangle amoureux classique [la comtesse Louise (Danielle Darrieux, 36 ans, 3e collaboration avec Ophüls) dont le patronyme n’est jamais audible, son mari général (Charles Boyer, 54 ans) et le baron Donati, ambassadeur italien (Vittorio de Sica, 52 ans), des boucles d’oreilles en diamant servant de fil conducteur, le cinéaste réalise, avec ironie et maitrise de la caméra (très mobile, filmant en plans séquence, notamment lors des scènes de bal, avec valse composée, à 83 ans, par l’Autrichien Oscar Strauss), un conte cruel sur l’hypocrisie de la bourgeoisie au XIXe s [on circule en voiture à cheval et Sarah Bernhardt (1844-1923) est en activité], le mensonge, personnifié, en premier lieu, par Mme de…, également frivole, dépensière et bigote. Malgré le titre, le personnage le plus intéressant est le général, mari non dupe de sa femme (qui « torture ses soupirants par l’espérance »), parfois inquiétant [qui rappelle son rôle de mari manipulateur dans « Hantise » (1944) de George Cukor] mais quand même aimant (
« Notre bonheur conjugal est à notre image, ce n’est superficiellement qu’il est superficiel »
).