506 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
65 critiques spectateurs
5
18 critiques
4
16 critiques
3
18 critiques
2
12 critiques
1
1 critique
0
0 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Musomuse
12 abonnés
237 critiques
Suivre son activité
4,0
Publiée le 27 mai 2021
Un film impressionnant sur pleins de points. C'est amusant à regarder. Alors que le film est très calé, il est aussi très claire. Rien ne vient obscurcir le tableau.
Comme en témoigne le dernier plan, Madame de... est une œuvre sur la vanité terrestre, au point qu’une jeune femme accorde à ses boucles d’oreilles une valeur telle qu’elle est prête, pour les récupérer, à dégrader sa réputation et sa santé, ainsi que celles d’un époux et d’un amant. Max Ophüls compose un personnage principal instable et plutôt détestable, tant sa cupidité le conduit à se jouer des hommes, à devenir le sommet d’un triangle amoureux voué à la souffrance et à la destruction. Nous ressentons là la lecture d’une nouvelle bien-connue de Maupassant, « La Parure » (1884), qui mobilisait également une fascination pour un objet cristallisant des fantasmes et des angoisses avant de révéler à tous son artificialité fondamentale. La névrose liée aux jeux de hasard émane des tares chères aux auteurs naturalistes. En outre, nous connaissons l’attachement du cinéaste au romancier et nouvelliste, puisqu’il a brillamment adapté trois de ses nouvelles (Le Plaisir, 1952). Si le présent film donne parfois l’impression de se divertir du sort réservé à la comtesse Louise, regardée de haut pour mieux immortaliser sa lente mais certaine chute, il n’en demeure pas moins fort bien mis en scène et porté par d’excellents acteurs.
Il est toujours malaisé de tenter une critique de film sur une œuvre considérée comme un bijou du 7éme art. Car en effet, ici, la réalisation virtuose, une caméra enlevée et parfois même virevoltante pourrait donner le tournis et nous embarquer à jamais. L'histoire, sans grand intérêt, est portée à bout de bras par un scénario qui joue sur une originalité formelle : le destin amoureux d'un trio suspendu au voyage épique d'une boucle d'oreille en diamants. Le film de Max Ophuls est déséquilibré, semblant démarré comme une comédie de genre, jouant avec les codes sociaux de l'aristocratie et tombant dans un mélo dramatique surjoué, ponctués de traits d'humour censés alléger le propos, mais n'évitant pas les clichés à ses personnages. Mon intérêt pour ce film s'arrêtera à mon désir de creuser la filmographie de Danièle Darrieux, longue aventure en perspective puisque l'actrice a l'une des plus longues et prolifiques carrière cinématographique.
Mise en scène d’une belle précision et acteurs impeccables pour une observation cynique et sans jugement apparent de la haute société. Ce drame romantique et classe nous transporte de façon quasi documentaire dans un autre monde, un milieu, une époque avec ses mœurs, son code d’honneur et son cynisme : « Vous avez des remords et vous essayez d’en faire des souvenirs. »
Un magnifique film sur un amour tragique. Il faut voir comment le bijou devient un objet de désir. L’amour passionnel face à la jalousie. Et son brillant impressionne et étincelle au fur et à mesure de la déchéance de l’amante. Superbe film d’une élégance sublime.
De sa protagoniste superficielle et de son scénario anecdotique, Max Ophüls tire un très beau film - virevoltant, drôle, émouvant - et une héroïne inoubliable, sacrifiée en même temps qu'elle est sauvée. La cinématographie et les décors sont certainement parmi ce qui s'est fait de plus beau dans le cinéma français.
Un drame à la française (façon de l'époque), très codifié et nouant une intrigue à tiroirs autour d'une paire de boucles d'oreilles. C'est une mise en scène des plus sobres et classiques en son genre, jouant sur une addition de détails et de mots pour faire saisir au spectateur la catastrophe en marche. Plutôt bien interprété (même s'il n'y guère de séquences flamboyantes, on est plutôt dans la retenue), avec une reconstitution d'époque soignée, le film accuse un peu le poids des ans avec son style très ampoulé. A voir quand même.
C'est l'avant-dernier film de Max Ophüls, situé entre Le Plaisir (1952) et Lola Montès (1955). Librement adapté d'un roman de Louise de Vilmorin, il repose en partie sur une jolie boucle scénaristique, structure pour laquelle Ophüls avait déjà manifesté son goût dans La Ronde (1950). La mécanique narrative est plaisante, rythmée et soutenue par une caméra d'une merveilleuse mobilité. Le début du film est éblouissant en termes de réalisation. Et la suite confirme cette science du mouvement qui épouse avec subtilité les mouvements du cœur de Madame de… Un cœur d'abord un peu vide et futile, accordé à bonne distance aristocratique à celui de son mari, et pratiquant "la torture par l'espérance" avec ses prétendants... Un cœur qui s'éveille peu à peu à l'amour d'un homme, au gré des bals, au fil de scènes de danse brillamment chorégraphiées, dialoguées et montées. La légèreté va laisser place à la gravité ; le vaudeville va basculer vers le drame ; l'élégance va se teinter de cruauté. On peut être plus ou moins sensible à l'enjeu dramatique du film, une histoire d'amour impossible dans la haute société, mais il est difficile de ne pas admirer les idées de mise en scène de Max Ophüls et les mots ciselés de Marcel Achard, le jeu nuancé de Danielle Darrieux et le sourcil circonflexe de Charles Boyer.
Mine de rien, j'ai vu très peu de films de Max Ophüls : il serait définitivement temps de corriger cette anomalie. Ce qui est désormais en cours avec « Madame de... » qui, sans m'avoir autant conquis que « Lettre d'une inconnue », reste du très, très grand art. Formellement, bien sûr : ces travellings, ces cadres, cette élégance se dégageant de chaque plan, peu de réalisateurs en sont capables : c'est clairement son cas. Cette beauté resplendissante, cette caméra constamment en mouvement pour filmer la complexité du sentiment amoureux est totalement au service d'un scénario minutieusement pensé, construit, faisant évoluer, toujours avec beaucoup de subtilité, de non-dits, les pensées, le comportement des trois personnages principaux, à commencer par celui de Danielle Darrieux (brillante, marquante), passant de la (charmante) bourgeoise frivole et détachée à l'amoureuse passionnée de façon troublante. Même si le résultat est un tout petit peu trop subjectif, « complexe » pour moi, il y a beaucoup de très belles idées, à commencer par celle qu'au fond, un objet n'a de la valeur spoiler: qu'à travers ce que l'on ressent pour celui qui nous l'offre , merveilleusement exploitée par une écriture à la précision millimétrée. Pas évident d'écrire une critique « normale » sur une telle œuvre, fonctionnant beaucoup à la sensation : en tout cas, voici un véritable travail d'orfèvre signé maître Ophüls auquel on sera plus ou moins sensible, mais où l'on ne pourra que saluer autant de talent et de subtilité.
Histoire captivante. Mise en scène virtuose. Dialogues étincelants. Le trio d’acteurs est magnifique. Trio au centre duquel Danielle Darrieux, radieuse, déploie toute l’étendue de son talent tant dans la frivolité que dans l’amour éperdu.
Ce genre de film faisait peut-être rêver dans les chaumières en 1953, je ne conteste pas que Ophüls soit une marque dans l'histoire du cinéma, mais quel ennui, ces gens trop exquis, leurs tourments amoureux, ce bijou qui voyage, quel ennui.
Ce film, vieux de près de 70 ans se regarde avec plaisir mais au final sans engouement. Ces boucles d'oreilles qui passent de mains en mains via un bijoutier qui les ahète et les revend sert de prétexte à un tableau bourgeoise et aristrocratique de la socité du début du siècle en suivant les relations amoureuses au sein d'un trio : le général, l'ambassadeur et Madame de, épouse du premier amoureuse du second. sous des airs mondains et policées, les moeurs sont ce qu'eles ont toujours été : infidélité, argent, dissimulation. C'est bien tourné, bien mis en scène, mais j'ai trouvé que la façon de jouer datait un peu, ce qui confère un aspect vieillot à ce film
L'intrigue est plaisante et bien scénarisée ; pour autant, rien d'enthousiasmant. La mise en scène est (trop) classique dans le cadrage. Néanmoins, ce qui est étonnement remarquable dans ce film ce sont les mouvements de caméra (les travellings) : ils sont d'une grande fluidité et d'une grande maîtrise. Rien que pour cela, les passionnés de l'art cinématographique apprécieront de voir ce film.
Max Ophüls réalise un drame flamboyant, des décors aux costumes, dans lequel irradie Danielle Darrieux et cette fameuse paire de boucles d'oreilles serties de diamants, métaphore de la vie amoureuse de l'héroïne.
Un beau scénario. La première partie offre des dialogues très bien écrits, avec un humour plein de finesse et d’ironie, très français, dans la veine d’un Maupassant ou d’un Zola. La deuxième partie, plus tragique, fait aussi penser au travail de ces auteurs, mais en moins réussi. Le pathos a ici moins bien vieilli que l’humour a mon avis. Ça reste un film réussi, avec une réalisation très soignée dans tous ses aspects, très classique mais qui réserve quelques belles trouvailles. Pourtant j’avoue m’être un peu ennuyé dans l’ensemble.